Les bioraffineries transforment l’industrie forestière du Canada

par Chantal Hunter

Les usines de pâtes et papiers au  Canada se transforment en bioraffineries modernes pour produire une vaste gamme de nouveaux produits forestiers.
Photo d’une usine de pâtes en Colombie-Britannique

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Une usine de pâtes en Colombie-Britannique

Les usines canadiennes de pâtes et papiers se sont réinventées au cours des dernières années pour répondre à la concurrence internationale accrue et faire face à la demande mondiale réduite pour des produits forestiers tels que le papier journal.

Par conséquent, de nombreuses usines ont commencé à intégrer des procédés de conversion de la biomasse et de l’équipement à leurs activités afin de produire une grande variété de bioproduits non traditionnels. Surnommées « bioraffineries forestières », ces usines ont commencé à produire du biocarburant, des matières et une quantité de produits biochimiques.

La cellulose nanocristalline et les filaments de cellulose sont deux de ces matières offrant un vaste potentiel. Elles peuvent améliorer les produits industriels existants tels que les textiles, les papiers, les plastiques et les enduits spécialisés. Ces produits proviennent de la fibre ligneuse. Le bioéthanol et le biométhane sont d’autres exemples de ces produits.

Transformer les usines de papier Kraft en bioraffineries forestières

Un diagramme circulaire décrivant les étapes de la bioraffinerie

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Un diagramme circulaire décrivant les étapes de la bioraffinerie.

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Les sources de biomasse sont déchiquetées en copeaux, qui sont dirigés soit vers une usine de pâte, soit à la pré-extraction et purification. La pâte est ensuite envoyée au prétraitement et à l’hydrolyse ou à la plateforme de la lignine. De là, la pâte est envoyée à la plateforme de la lignine ou à la plateforme des sucres. À partir des plateformes des sucres et de la lignine, les microorganismes sont transformés en produits biosourcés, en biocomposites ou en biocarburants avancés. Ces produits sont ensuite transformés en nouveaux produits chimiques qui sont envoyés à l’industrie chimique et à d’autres industries.

Une usine de pâte kraft à Boyle, en Alberta, est en voie de devenir une bioraffinerie. L’installation d’Alberta Pacific Forest Industries Inc. a commencé à produire du biométhanol de qualité commerciale. Le gaz sera vendu et aussi utilisé dans les activités de l’entreprise, permettant ainsi à l’usine d’élargir sa gamme de produits tout en fabriquant un produit industriel écologique.

Établir des partenariats pour les bioraffineries forestières

Les scientifiques et les chercheurs de Ressources naturelles Canada travaillent avec l’industrie afin de soutenir cette transformation. Par exemple, les scientifiques de CanmetÉNERGIE collaborent avec l’industrie et les autres intervenants afin d’élaborer des outils qui aideront à évaluer la viabilité économique et les impacts environnementaux découlant de l’intégration de diverses stratégies pour les bioraffineries dans les usines de pâtes et papiers.

Aussi, un nouveau programme logiciel élaboré par CanmetÉNERGIE aidera les usines à déterminer quel équipement de bioraffinerie répond le mieux à leurs besoins, et à déterminer l’emplacement optimal dans les usines pour mettre en œuvre cet équipement. « La mise en œuvre des technologies de bioraffinerie dans les usines de pâtes et papiers nécessite une série d’opérations successives qui traitent et transforment la biomasse, comme le bois laissé sur place résultant des activités de récolte, des opérations d’usinage et des infestations de ravageurs, en une variété de produits commerciaux ayant une incidence sur le profil énergétique de l’usine, indique Eric Soucy, directeur de l’Optimisation des procédés industriels de CanmetÉNERGIE. Nos recherches aideront les usines de pâtes et papiers à sélectionner la meilleure technologie de bioraffinerie et leur permettront d’accéder à une variété de bioproduits adaptés à chaque usine. »

Recherches futures en matière de bioraffinage

RNCan et FPInnovations mènent des recherches avec des partenaires tels que les universités et les entreprises de services publics. Ces recherches profitent de l’initiative sur la bioraffinerie de FPInnovations, laquelle permet à de nombreuses usines de pâtes et papiers d’offrir et de partager les données requises pour les analyses.

« Le but ultime est de contribuer à la revitalisation de l’industrie des pâtes et papiers en permettant aux usines d’accéder aux marchés des nouveaux bioproduits tout en demeurant concurrentielles sur le marché traditionnel des pâtes et papiers », affirme Glenn Mason, sous-ministre adjoint du Service canadien des forêts.

Pour obtenir de plus amples renseignements, visitez le site Web de Ressources naturelles Canada.