Photographie aérienne au Canada

Bref historique

La photographie aérienne s'est répandue tôt et rapidement au Canada, principalement en raison des efforts de pionnier d'Édouard G.D. Deville, arpenteur en chef des terres fédérales du Canada de 1885 jusqu'à sa mort en 1924. Deville était un remarquable scientifique, inventeur et administrateur. Au début de sa carrière, par exemple, les cartes étaient tracées d'après des photographies prises depuis des sommets de montagnes. En 1920, on effectuait régulièrement d'un bout à l'autre du pays des missions photographiques aériennes pour la cartographie et les inventaires forestiers, en grande partie suite aux efforts de Deville et à ses convictions quant aux possibilités de cette nouvelle méthode d'arpentage.

Équipage de Viking Vickers posant avec un appareil-photo de reconnaissance.

La photographie aérienne a véritablement pris son envol suite au don au Canada par la Grande-Bretagne de quelques hydravions à coque du temps de la guerre et par la création en 1919 de la Commission de l'air du Canada qui donna des ailes aux photographes alpinistes. La Commission de l'air, qui était responsable du contrôle des vols commerciaux et non militaires du gouvernement, organisa en 1920, avec le service de Deville, le premier levé expérimental au-dessus d'Ottawa.

Les résultats furent assez encourageants pour conférer à la photographie aérienne le statut de méthode révolutionnaire d'arpentage à des fins topographiques. C'est ce qui fait que le Canada dispose aujourd'hui du plus imposant inventaire de photographies aériennes au monde dont il peut faire profiter tous les utilisateurs.

C'est en 1925 que furent créés le Comité interministériel des levés aériens et la Photothèque nationale de l'air (PNA) afin de prendre en charge toutes les activités fédérales non militaires de photographie aérienne. Ces organismes faisaient à l'origine partie du ministère de l'Intérieur et sont aujourd'hui des sections importantes au Centre canadien de cartographie et d'observation de la Terre, qui fait partie du Secteur des sciences de la Terre de Ressources naturelles Canada. Si de nos jours le Canada dispose des compétences voulues pour participer activement aux programmes les plus évolués de levés aériens, c'est en grande partie en raison des efforts persistants du Comité interministériel des levés aériens et de la Photothèque nationale de l'air, qui ont réussi à garder le pays au pas des progrès les plus récents dans ce domaine.

Jusqu'en 1956, la plupart des photographies aériennes étaient prises par les Forces canadiennes. Mais les temps ont bien changé, et ce sont désormais des entreprises commerciales spécialisées en levés aériens qui prennent toutes les photographies utilisées en cartographie pour le gouvernement fédéral. Cependant, c'est ce dernier qui entreprend les démarches nécessaires en ce qui concerne la majeure partie de la production de photographies aériennes au Canada. Ensuite, c'est au Comité interministériel des levés aériens qu'il incombe de superviser et de choisir, à l'aide d'un processus de sélection, l'entrepreneur qui se chargera de la photographie; puis de présenter les spécifications à suivre. Le Comité interministériel des levés aériens coordonne toute la photographie aérienne, et travaille conjointement avec les provinces afin de veiller à ce qu'il n'y ait pas de divergence entre les programmes des gouvernements provincial et fédéral. Le Comité interministériel des levés aériens prévient la duplication, établit les priorités et, généralement, fait en sorte que le maximum de profit soit tiré de chaque vol.

Au fil du temps, on s'est servi régulièrement des photographies aériennes en cartographie pour la conception de cartes hydrographiques, la construction de routes, la planification municipale, ainsi que pour mesurer un volume ou effectuer des changements engendrés par des activités au sol. C'est également grâce à la photographie aérienne qu'on a pu estimer pour une première fois la dimension réelle de la surface du Canada et figurer le relief de celui-ci sur des cartes. Au cours des cinquante dernières années, elle a joué un rôle essentiel dans divers travaux d'ingénierie, tels que l'autoroute trans-canadienne, la ligne de chemin de fer du Labrador et la Voie maritime du Saint-Laurent. La photographie aérienne s'est avérée très utile pour accéder au Nord canadien, et aussi pour évaluer les ressources forestières canadiennes. Aujourd'hui, elle demeure un outil indispensable en cartographie, dans la gestion des forêts et des eaux, pour mesurer le niveau de pollution et les dommages qu'il cause à la végétation, ainsi que dans la planification urbaine et la gestion environnementale.

La Photothèque nationale de l'air tient lieu de centre d'archivage, de préarchivage et de bureau des commandes. On y indexe et remise les photographies du Canada, dont certaines ont été prises pendant les années 20. Pour chaque photo, il existe un renvoi à une carte-index ou à un rapport de vol qui indique avec exactitude la trajectoire et l'altitude de vol, donne le type de pellicule, le numéro de pellicule, le centre de la photo et précise la date, l'heure d'exposition, l'appareil-photo ainsi que les conditions météorologiques lors du parcours. La Photothèque considère toutes les demandes de renseignements concernant la photographie aérienne pour le gouvernement fédéral, et s'occupe également d'y répondre. Le public peut se rendre à la Photothèque et au centre d'ouvrages de référence pour y admirer l'image photographique du panorama canadien et ce, à différentes époques.

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