Le longicorne brun de l’épinette - Vidéo

Transcription

NARRATEUR :
Le longicorne brun de l’épinette est un insecte envahissant de 1 à 1,5 cm de longueur originaire d’Europe. Depuis sa découverte à Halifax en Nouvelle-Écosse en 1999, il a tué des milliers d’épinettes dans cette province. Les spécialistes pensent qu’il a atteint l’Amérique du Nord dans des matériaux d’emballage en bois transportés à bord de navires porte-conteneurs en provenance de l’Europe.

JOHN SWEENEY:
Le longicorne brun de l’épinette attaque toutes les espèces d’épinettes que nous connaissons et que nous avons testées. Au Canada, son hôte de prédilection est l’épinette rouge, mais il attaque également l’épinette blanche, l’épinette noire et même l’épinette de Norvège, une espèce non indigène plantée comme arbre d’ornement en Amérique du Nord. Les larves du longicorne brun de l’épinette finissent par tuer leur hôte en se nourrissant dans le phloème, tissu riche en sucres et autres substances nutritives situé entre l’écorce et le bois qui assure le transport des substances nutritives du feuillage au reste de l’arbre. Lorsque les larves sont nombreuses, elles peuvent provoquer l’annélation de leur hôte. En deux à quatre ans, elles finissent par entraver complètement la circulation de la sève dans le phloème. Durant cette période, le transport des substances nutritives vers les racines est progressivement interrompu. Privées de nourriture, les racines commencent à mourir, entraînant le dépérissement de l’arbre. À mesure qu’il s’affaiblit, l’hôte est infesté de nouveau chaque année. Selon leur état de santé au moment de l’infestation initiale, les arbres infestés peuvent mettre entre un à cinq ans à mourir.

NARRATEUR :
Les signes d’infestation incluent la présence d’écoulements de résine le long du tronc, des trous d’environ 4 mm de diamètre dans l’écorce et des galeries en forme de « L » dans le bois.

Comme le ravageur passe la majeure partie de sa vie dans l’écorce ou le bois de l’hôte, il est difficile à combattre et facilement transporté par accident dans des grumes ou du bois de chauffage. Dans le but de prévenir la propagation artificielle du ravageur, l’Agence canadienne d’inspection des aliments restreint le transport de grumes brutes et d’écorce hors de la zone infestée.

En collaboration avec leurs partenaires, des scientifiques de Ressources naturelles Canada s’emploient à mettre au point des outils destinés à ralentir la propagation du longicorne brun de l’épinette. Ils ont notamment constaté que le ravageur utilise une phéromone d’agrégation. Cette découverte a mené à l’élaboration d’un outil d’enquête amélioré et de certaines méthodes de lutte novatrices. Des essais expérimentaux ont révélé que l’application aérienne de flocons biodégradables non toxiques renfermant la phéromone sur les forêts infestées perturbe la communication entre les longicornes et réduit d’environ 50 % le succès d’accouplement.

PETER SILK:
En diffusant de grandes quantités de phéromone sexuelle de synthèse du longicorne brun de l’épinette sur des superficies relativement grandes de 5 à 10 hectares, nous provoquons une confusion sexuelle chez le ravageur. L’air étant saturé de cette phéromone, l’accouplement est perturbé, car les mâles et les femelles ne parviennent plus à se rejoindre. Cette stratégie nous a permis de réduire considérablement les taux d’accouplement chez le ravageur.

NARRATEUR :
La dissémination d’un champignon pathogène à l’aide de pièges à phéromone est une autre méthode prometteuse actuellement à l’essai. Attirés vers les pièges, les longicornes entrent en contact avec les spores du champignon avant de pouvoir en ressortir. Le pathogène se propage d’un adulte à l’autre durant l’accouplement, et les longicornes infectés meurent plus rapidement et pondent moins d’œufs. Cette technique comporte également l’avantage de réduire considérablement l’exposition des espèces non ciblées au champignon.

Les chercheurs de Ressources naturelles Canada poursuivent leurs travaux en vue d’élaborer des outils de lutte écologiques permettant de réduire l’impact de cette espèce envahissante.

Nous pouvons tous contribuer à ralentir la propagation des insectes envahissants en évitant de déplacer du bois de chauffage. Par lui-même, le longicorne brun de l’épinette ne semble pas se déplacer sur de grandes distances, mais caché dans du bois de chauffage, il peut franchir de grandes distances.