Tordeuse des bourgeons de l’épinette - Vidéo

septembre 2013

Transcription

La tordeuse des bourgeons de l’épinette est un des plus importants ravageurs des épinettes et des sapins indigènes au Canada dans les régions forestières boréale, des Grands Lacs et acadienne. Les chenilles du dernier stade mesurent entre 20 et 25 mm de longueur. Leur tête est brun foncé luisant, et leur corps est brun rougeâtre avec des taches blanches ou jaunes.

Lorsqu’elles se maintiennent au niveau endémique, les populations de tordeuses des bourgeons de l’épinette causent peu de dommages et constituent une composante normale et importante des écosystèmes forestiers sains au Canada. Toutefois, tous les 30 à 40 ans, les populations augmentent graduellement pour atteindre des proportions épidémiques. Durant ces périodes de graves infestations, qui peuvent se prolonger sur plusieurs années, le ravageur peut défolier des dizaines de millions d’hectares de forêt. Des défoliations répétées entraînent le dépérissement de la cime après environ 3 ans et la mort des arbres infestés après environ 5 ans.

(Louis de Grandpré) : Quand une épidémie de tordeuse qui affecte les arbres, elle se manifeste par des réductions de croissance au niveau des arbres parce que comme la tordeuse mange le feuillage des arbres, les arbres poussent moins bien, puis on est capable de reconstruire donc à partir de ces diminution croissance-là, l’historique des épidémies de tordeuse et on peut remonter souvent jusqu’à 300 ou 400 ans dans le passé, puis ces études-là ont permis de voir qu’il y avait une périodicité dans la cyclicité des épidémies, c’est qu’à tous les 30 ou 40 ans, on revoit, une augmentation de population des tordeuses, qui vont entraîner la réduction de croissance et de la mortalité chez les arbres.

Les dommages causés par la tordeuse des bourgeons de l’épinette sont habituellement plus apparents au niveau du houppier, le feuillage des arbres attaqués virant au brun rougeâtre.

Entre le début de juillet et le début d’août, les femelles déposent leurs œufs sur les aiguilles des épinettes et des sapins. L’éclosion survient dans les deux semaines qui suivent. Les chenilles du premier stade muent presque aussitôt dans un abri de soie (hibernacle). Le printemps suivant, elles émergent de leur hibernacle et s’attaquent au jeune feuillage. En l’espace de quelques semaines, elles subissent plusieurs mues puis se transforment en chrysalide. Au cours de l’été, les adultes émergent et se reproduisent, poursuivant ainsi le cycle.

Divers facteurs de régulation des populations tels que les prédateurs naturels contribuent à maintenir la densité des populations à de faibles niveaux entre les infestations.

(Véronique Martel) : On a des insectes qui donc attaquent les petites larves. La majorité vont attaquer les larves plutôt au printemps donc à différentes tailles, différents âges, mais on a également certaines espèces de parasitoïdes qui vont attaquer les pupes, donc qui vont attaquer la chrysalide et se développer à l’intérieur et puis finalement on a également des parasitoïdes œufs, qui vont pondre leurs œufs à l’intérieur des œufs de la tordeuse et donc les tuer avant de sortir en tant qu’adulte.

Des chercheurs de Ressources naturelles Canada réalisent des expériences biologiques dans des parcelles de recherche permanentes dans des forêts situées près de Baie-Comeau, au Québec. En précisant les processus responsables de la dynamique des infestations et en étudiant la réponse des forêts, ces travaux contribueront à accroître l’efficacité de la lutte contre les populations de tordeuses des bourgeons de l’épinette et de la surveillance du comportement et de l’écologie du ravageur. Dans la région du bas Saint-Laurent, au Québec, d’autres chercheurs appliquent des stratégies d’intervention précoce dans le but d’évaluer la possibilité d’enrayer l’infestation en traitant les foyers d’infestation apparents avec des insecticides et des phéromones, l’hypothèse de départ étant qu’il devrait être possible de prévenir les infestations en maintenant la densité des populations à des niveaux relativement faibles. Les ennemis naturels, le comportement migrateur du ravageur et l’échec de la reproduction comptent parmi les facteurs de régulation étudiés dans le cadre de ce projet de recherche pluridisciplinaire.

(Deepa Pureswaran) : Un de nos principaux projets de recherche vise à évaluer l’impact de la tordeuse des bourgeons de l’épinette sur la forêt boréale, où l’épinette noire est l’essence dominante. Nous étudions la façon dont le ravageur défolie les arbres et nous comparons son comportement dans les peuplements dominés par le sapin baumier et dans les peuplements dominés par l’épinette noire. Un autre projet pluridisciplinaire vise à déterminer comment l’écosystème de forêt boréale nordique réagit à cette forme de perturbation.

Dans le cadre d’un autre projet, nous évaluons l’efficacité de diverses stratégies d’intervention précoce et nous tentons de déterminer à quel stade de l’infestation il convient de mettre en place ces stratégies pour réprimer les populations et maintenir ces dernières à des densités endémiques de manière à freiner leur croissance et à les empêcher d’augmenter de nouveau. Nous souhaitons déterminer les facteurs qui contribuent à maintenir les populations sous cet état de faible densité ainsi que ceux qui stimulent la croissance des populations et favorisent l’émergence de nouvelles infestations.