Une nouvelle méthode pour détecter le nématode des pins

Par Chantal Hunter

Une nouvelle méthode pour détecter le nématode des pins facilite l’exportation des produits forestiers canadiens.

Le Canada est le premier exportateur mondial de bois d’œuvre résineux, ses exportations totalisant quelque huit milliards de dollars annuellement. Le bois d’œuvre qui provient de conifères comme le pin, le sapin ou l’épinette, est utilisé à diverses fins, allant de la construction de maisons aux produits de papier.

Toutefois, certains marchés à l’étranger ont imposé des restrictions commerciales sur le bois d’œuvre canadien de crainte qu’il ne contienne des nématodes des pins, ce qui pourrait être nocif pour leurs conifères.

Étudier le nématode des pins

Les nématodes des pins sont des vers microscopiques qui tuent des arbres en pénétrant dans leur système vasculaire et en les privant de nutriments vitaux. Les nématodes se propagent d’arbre en arbre en se servant des longicornes du pin comme vecteurs. Ils pénètrent par les fissures créées par les longicornes lorsqu’ils se nourrissent dans des arbres sains.

Une équipe de scientifiques de Ressources naturelles Canada (RNCan) a mis au point une méthode pour détecter la présence de nématodes vivants dans les pins dans le but de rassurer les pays importateurs à propos de la sécurité des produits forestiers canadiens.

Détecter le nématode des pins

À l’heure actuelle, pour détecter la présence de nématodes dans des pins, des échantillons d’arbres sont plongés dans l’eau pendant de 24 à 48 heures. Le liquide est ensuite analysé au microscope pour déterminer s’il y a présence de nématodes et pour identifier leur espèce. Plusieurs espèces de nématodes peuvent être présentes, mais elles ne sont pas toutes nocives pour les pins. Par ailleurs, cette méthode de détection ne permet pas de distinguer les nématodes vivants des nématodes morts. Étant donné que seuls les organismes vivants sont réglementés, la mise au point d’une méthode de détection qui permet de prouver qu’un produit du bois est exempt de nématodes vivants est considérée comme une avancée importante.

Il existe plusieurs méthodes de détection moléculaire pour identifier le nématode des pins à partir seulement de l’ADN, la molécule qui transmet les caractéristiques génétiques de toutes les formes de vie. Toutefois, ces techniques ne sont pas utiles pour déterminer si les méthodes de transformation du bois, comme le traitement thermique, ont réussi à tuer les organismes dans le produit fini.

Une nouvelle méthode diagnostique

« Nous avons mis au point une méthode de diagnostic moléculaire basé sur l’ARN, une molécule messager beaucoup plus transitoire, qui permet de distinguer les nématodes vivants des nématodes morts dans le bois », a expliqué Isabel Leal, chercheure scientifique à RNCan. « L’ARN n’étant pas présent dans les nématodes morts, cette méthode permet de détecter la présence de nématodes vivants. »

Une norme mondiale

La Convention internationale pour la protection des végétaux, un traité adopté par l’Organisation des Nations Unies pour protéger les plantes de la Terre des organismes nuisibles, a récemment adopté un protocole de diagnostic normalisé à l’échelle mondiale pour le nématode des pins, protocole qui est en partie fondé sur les recherches réalisées par Isabel Leal et ses collègues.

« En garantissant que les produits du bois exportés sont exempts de nématodes des pins, la nouvelle méthode permet de protéger les forêts des pays qui importent des produits du bois canadiens contre les infestations de ce ver », a expliqué Isabel Leal.

Pour en savoir davantage, consultez le site Web de Ressources naturelles Canada.

Pour lire des articles traitant de sujets connexes, consultez la section Industrie forestière.