L’eau peut servir à extraire les sucres hémicellulose

Par David Tuck
Avril 2015

Une nouvelle écotechnologie permet à une usine de pâtes et papiers du Québec d’extraire l’hémicellulose, un sucre cellulosique dérivé du bois aux multiples usages.
Photo aérienne de l’usine de la division Norampac de Cascades Canada à Cabano, au Québec

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Vu aérienne de l’usine de la division Norampac de Cascades Canada à Cabano, au Québec (Photo : Cascades Canada)

Les entreprises forestières canadiennes, soucieuses de demeurer concurrentielles dans le monde, sont toujours à la recherche de nouveaux produits et de nouveaux procédés.

L’usine de la division Norampac de Cascades Canada à Cabano, au Québec, offre un bel exemple d’une avancée technologique. Avec l’aide de Ressources naturelles Canada, Norampac est la première usine de pâtes et papiers au Canada à employer de l’eau chaude pour extraire l’hémicellulose des copeaux de bois de feuillus.

Un polymère naturel que l’on trouve dans les parois cellulaires des végétaux, l’hémicellulose peut être transformée en un sucre liquide concentré. Ce sucre, une fois extrait, peut servir dans la fabrication d’une vaste gamme de produits allant des biocarburants aux édulcorants acaloriques.

L’extraction de l’hémicellulose du bois

Les cellules du bois comportent trois constituants – la lignine, la cellulose et l’hémicellulose. L’isolation et l’extraction de ces composants offre la possibilité de diversifier la gamme de produits des usines de pâtes et papiers.

La division Norampac de Cascades, forte d’un investissement de 10 millions de dollars du programme Investissements dans la transformation de l’industrie forestière (ITIF) de Ressources naturelles Canada, remplacera le procédé de réduction en pâte chimique à base de carbonate de sodium utilisé à son usine de Cabano par le nouveau procédé à l’eau chaude pour extraire l’hémicellulose. Ce nouveau procédé, outre l’extraction de l’hémicellulose, permettra le maintien de la production actuelle de papier cannelure.

Avantages pratiques

Cette nouvelle façon de faire offrira de nets avantages.

Photo de l’usine de la division Norampac de Cascades Canada à Cabano, au Québec

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L’usine de la division Norampac de Cascades Canada à Cabano, au Québec (Photo :  Cascades Canada)

« Le nouveau procédé d’extraction de l’hémicellulose est beaucoup plus écologique, affirme Jean-François Levasseur, Chef du programme ITIF à RNCan. L’eau utilisée est recyclable et remplace des produits chimiques qui autrement devraient être achetés, expédiés et mis au rebut de manière responsable. »

En outre, comme le nouveau procédé requiert moins d’opérations et moins d’énergie, il coûte moins cher que le procédé actuel de réduction en pâte chimique et est donc plus intéressant sur le plan des affaires.

Un fort potentiel commercial pour l’hémicellulose

L’extraction de l’hémicellulose au moyen d’eau chaude est un procédé que peuvent adopter d’autres usines de pâtes au pays. Ces usines pourraient donc par ce moyen générer plus de valeur à moindre coût sans augmenter le nombre d’arbres récoltés.

Le projet offre de nombreuses possibilités aux usines de pâtes, ce dont pourront bénéficier les collectivités qui en dépendent. Une gamme de produits diversifiée peut donner aux  usines une plus grande résistance aux changements du marché.

« Les collectivités où sont implantées les usines en tirent un avantage sous forme d’emplois plus stables, déclare Jean-François. Le projet d’extraction de l’hémicellulose par eau chaude de Cascades répond à tous les critères d’une innovation susceptible de stimuler le dynamisme du secteur forestier canadien au cours des prochaines années. »

Photo de l’usine de la division Norampac de Cascades Canada à Cabano, au Québec

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L’usine de la division Norampac de Cascades Canada à Cabano, au Québec (Photo :  Cascades Canada)

Le gouvernement du Québec a aussi donné son soutien au projet avec un investissement de 4 000 000 $, ce qui représente un autre vote de confiance dans le potentiel offert par le concept de la bioraffinerie dans le secteur forestier.  Cascades Canada contribuera la balance des fonds, soit  10 730 000 $ pour un total de 25 130 000 $ pour ce projet.

«  Grâce à ces investissements, l’usine de Cabano aura la chance de diversifier sa production et de poursuivre sa croissance, tout en réduisant son empreinte écologique », a déclaré Marc-André Dépin, président et chef de la direction de Norampac, une division de Cascades.

Pour obtenir de plus amples renseignements, consulter ITIF dans le site Web RNCan.

Pour lire des articles sur ce sujet, voir Industrie forestière.