Renforcer la capacité de recherche sur les matériaux

Par: Chantal Hunter
Juillet 2014

De récentes ententes de recherche concertée permettent d’accroître la capacité de recherche de laboratoires du gouvernement et d’établissements d’enseignement canadiens.
Photo du laboratoire de CanmetMATÉRIAUX de RNCan à Hamilton, en Ontario

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Le laboratoire de CanmetMATÉRIAUX de RNCan, à Hamilton, en Ontario (Photo : Donna MacInnis Photography)

Ensemble, les chercheurs des universités canadiennes et des installations de recherche fédérales avancent à grands pas dans le domaine de la recherche sur la technologie des matériaux. Parmi les avancées récentes figurent des structures légères pour les véhicules ainsi que des matériaux de pointe pour les pipelines, qui ont permis d’améliorer l’efficacité et la sécurité.

La collaboration entre ces deux intervenants a longtemps fait partie de la découverte scientifique. Aujourd’hui, des efforts sont déployés pour établir des liens officiels avec le milieu universitaire pour mettre en commun connaissances et infrastructures.

C’est dans cet esprit que des ententes de recherche concertée (ERC) ont été signées entre le laboratoire de CanmetMATÉRIAUX, de Ressources naturelles Canada (RNCan), et plusieurs universités et collèges. Ces ententes sont mises en œuvre pour tirer avantage des forces de chaque organisation dans le but d’offrir une valeur accrue à l’industrie.

« L’établissement d’ententes de collaboration efficaces qui mobilisent la pleine capacité du système canadien de science et d’innovation dans les secteurs des ressources naturelles contribuera à l’expansion de la capacité en S et T du Canada aux échelles nationale et internationale », a expliqué le directeur général de CanmetMATÉRIAUX, Philippe Dauphin.

Mettre en commun des infrastructures de recherche

Photo d’un technologue de RNCan avec le prototype d’une colonne d’amortissement en magnésium

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Frank Benkel de RNCan, avec le prototype d’une colonne d’amortissement en magnésium dans le cadre d’un projet de collaboration avec l’Université de Waterloo

En raison des coûts élevés et de la complexité liés à l’exploitation d’équipement de grande puissance pour le coulage et le formage des métaux, les universités travaillent souvent avec de plus petites quantités de matériaux. Cette situation peut restreindre le potentiel en ce qui concerne les connaissances acquises, car cela empêche les universités d’élever leurs procédés à des niveaux de projet pilote à l’échelle de l’industrie. La mise en commun de ressources augmente les possibilités de découverte.

Par exemple, l’Université de Waterloo cherche à mettre à l’essai une technologie qu’elle a élaborée pour capter de l’énergie de la combustion des moteurs d’automobiles en utilisant des matériaux thermoélectriques à faible coût. Ces matériaux captent une partie de la chaleur perdue lors de la combustion des moteurs pour produire de l’électricité. RNCan met ses installations pilotes et ses scientifiques à la disposition des chercheurs universitaires, leur donnant ainsi accès à une plus grande capacité en équipement et à une vaste expertise en caractérisation et en production de matériaux de pointe.

Alors que la production de matériaux par une université se chiffre en grammes, le laboratoire de CanmetMATÉRIAUX est en mesure d’accroître la production à plusieurs kilogrammes dans un seul cycle de production.

De même, des universités ont pu offrir leur équipement et leurs analyses pour des essais plus poussés. Les chercheurs du laboratoire de CanmetMATÉRIAUX à Hamilton prennent part à la conception d’une structure en magnésium pour les véhicules qui pourrait permettre de réduire le poids des avant-trains de près de 40 kilogrammes.

Les chercheurs de l’Université de Waterloo et leurs partenaires industriels ont fourni un outillage prototype pleine échelle pour produire des composants pour la nouvelle structure en utilisant la machine à couler sous haute pression de 1 200 tonnes de CanmetMATÉRIAUX. Le tout nouveau traîneau de choc de cette université est utilisé pour tester la résistance aux chocs et la durabilité du sous-ensemble et pour concevoir des modèles informatiques de réaction aux chocs.

Explorer les possibilités de recherche

Photo montrant un alliage en magnésium avant et après son extrusion sur un traîneau de chocs

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Photo montrant un alliage en magnésium avant et après son extrusion sur un traîneau de chocs

Les ERC procureront aux universités une fenêtre de cinq ans pour profiter de possibles occasions. Ces ententes sont renouvelables et elles seront encadrées par un comité directeur sur la collaboration en recherche (CDCR) qui sera formé de hauts représentants de RNCan et des universités concernées.

« Les ERC entre nous et RNCan maximisent la synergie entre nos organisations et améliorent notre capacité à former collectivement des étudiants hautement qualifiés et à offrir une science des matériaux de haute qualité », a expliqué Gianluigi Botton, professeur en sciences et génie des matériaux à l’Université McMaster.

Parmi les établissements d’enseignement ayant conclu une entente figurent l’Université McMaster, l’Université de l’Alberta, l’Université de Calgary, l’Université de Waterloo, l’Université de Windsor, l’Université de la Colombie-Britannique et le Mohawk College of Applied Arts and Technology.

« Une science des matériaux de grande qualité est indispensable à la fiabilité, à la sécurité publique et à la protection de l’environnement, a fait valoir Philippe Dauphin. Ces ententes de collaboration permettront de nous assurer que la qualité et la portée de la recherche sur les matériaux au Canada demeurent à la fine pointe. »

Pour en savoir davantage, consultez la page Technologie des matériaux.

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