Étudier les répercussions des tsunamis au Canada

Par Chantal Hunter
avril 2014

Des scientifiques se penchent sur un tsunami survenu en 2012 sur la côte ouest du Canada pour améliorer la modélisation des tsunamis et diminuer les répercussions que pourraient entraîner ces phénomènes.
Image d’instruments de GPS utilisés pour mesurer le tirant d’eau du tsunami à Haida Gwaii

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Instruments de GPS utilisés pour mesurer le tirant d’eau du tsunami à Haida Gwaii à l’aide d’algues retrouvées sur des branches d’arbres au Sunday Inlet, sur l’île Moresby, C.-B.

Sous l’océan, les mouvements de l’écorce terrestre attribuables aux séismes sous-marins peuvent faire mouvoir d’énormes quantités d’eau. Les vagues de tsunami qui en dérivent peuvent, selon leur ampleur, mettre en péril des vies humaines ainsi que des infrastructures côtières.

Bien qu’ils soient rares au Canada, les tsunamis de grande envergure constituent néanmoins un risque permanent du fait des mouvements sismiques à travers le monde. Dans la foulée du séisme survenu en 2011 à Tohoku, au Japon, un avis de tsunami a été diffusé pour la côte ouest du continent nord-américain. Plus près encore du Canada, un séisme de grande magnitude s’est produit au large des côtes de Haida Gwaii, en C.-B., le 27 octobre 2012. Ce tremblement de terre a engendré un important tsunami. Dans certaines anses de la côte ouest de Haida Gwaii, la hauteur des vagues a atteint plus de sept mètres.

Des scientifiques de la Commission géologique du Canada (CGC), un organisme qui relève de Ressources naturelles Canada (RNCan), se penchent sur les effets de cet événement récent. Avec des collègues du ministère des Pêches et des Océans (MPO), ils cherchent à réduire les possibles répercussions des tsunamis le long du littoral canadien en améliorant les modèles utilisés pour estimer la hauteur des vagues qui pourraient atteindre les côtes.

L’étude d’un tsunami survenu au Canada

Images de débris du tsunami au Mike Inlet, à Haida Gwaii

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Débris du tsunami au Mike Inlet, à Haida Gwaii, C.-B.

Le tsunami à Haida Gwaii, qui a été provoqué par un séisme d’une magnitude de 7,7 survenu au large de la côte sud-ouest de cet archipel britanno-colombien, a été le plus puissant à l’échelle de la planète en 2012.

Dans le cadre du déploiement de l’équipe d’intervention en cas de séisme de RNCan, deux scientifiques de la CGC se sont rendus à Haida Gwaii au cours des mois qui ont suivi ce tremblement de terre. Leur mission? Étudier les répercussions du tsunami. À l’aide d’observations aériennes, les deux scientifiques se sont mis à la recherche d’indices témoignant du passage du tsunami le long d’une portion du littoral située à proximité du foyer du séisme.

Les scientifiques ont en outre collaboré avec des collègues du MPO, qui conçoivent des modèles informatiques pour repérer les endroits où pourraient avoir eu lieu les vagues de tsunami les plus hautes. La première version du modèle a incité les chercheurs à examiner des anses en particulier le long du littoral. Les recherches ont permis de découvrir plusieurs éléments qui indiquaient qu’un tsunami avait eu lieu.

« Nous avons trouvé des débris, dont des objets en plastique, du bois de grève et des poissons morts, qui avaient été rejetés dans la forêt, à l’extrémité d’anses, bien au-delà de la portée des vagues de tempête, a expliqué Jan Bednarski, chercheur scientifique à la CGC. À certains endroits, il y avait des indices qui conduisaient à penser que de très grandes grumes au sol avaient été déplacées, et des algues ont été trouvées sur des branches d’arbres, bien au-dessus du niveau du sol. »

De meilleures évaluations des dangers liés aux tsunamis

Image d’une grande grume déplacée de son emplacement par le tsunami à Haida Gwaii

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Grande grume déplacée de son emplacement par le tsunami à Haida Gwaii, dans l’anse Pocket, à l’île Moresby, C.-B.

Les données recueillies à Haida Gwaii aident à perfectionner les modèles informatiques pour mieux comprendre la formation des tsunamis. En retour, ces connaissances approfondies permettront d’améliorer les évaluations des dangers liés aux tsunamis que réalisera la CGC.

« Outre des données concernant des tsunamis survenus récemment ou par le passé, ces évaluations incluent des informations sur la taille de failles et sur les mouvements tectoniques », a expliqué Lucinda Leonard, bénévole à la CGC et professeure adjointe à l’Université de Victoria. Par ailleurs, la conception de modèles de tsunamis par le MPO pour simuler la formation de vagues attribuables à un séisme et leur propagation au-dessus du plancher océanique est envisagée.

« Si le tsunami s’était produit au cours de l’été ou dans une région à plus forte densité de population, la vie de kayakistes, de plaisanciers, de campeurs ou même de résidants aurait pu être en danger, a fait valoir Mme Leonard. Les informations recueillies grâce à nos recherches à Haida Gwaii seront d’une grande utilité pour les efforts actuellement déployés pour aider les collectivités côtières à être prêtes pour d’éventuels tsunamis. »

Pour des articles reliés aux séismes et tsunamis, consultez Dangers naturels.