Une nouvelle vie pour les données sur le plancher océanique

Par : Shaun Casey
janvier 2014

Au moment même où les données du gouvernement sont converties en formats électroniques, des documents sur le plancher océanique sont transformés en images et réutilisés à l’aide d’outils externes comme Google Earth.
Image de données de levés en support papier

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Données de levés sur le plancher océanique en support papier

Dans la foulée de la tendance vers la numérisation et le libre accès aux données du gouvernement, des documents en version papier qui étaient tombés dans l’oubli depuis longtemps retrouvent une vie. Un exemple? Les données de géologie marine sur la géologie et de la géographie du plancher sous-marin canadien recueillies par la Commission géologique du Canada (CGC), de Ressources naturelles Canada (RNCan).

« À l’origine, les levés de fonds marins étaient réalisés pour cartographier et mieux comprendre la masse terrestre canadienne, y compris le plateau continental », a expliqué Gary Sonnichsen, chef de sous-division au bureau de la CGC à Dartmouth, en Nouvelle-Écosse. « Grâce à un procédé de numérisation novateur et à une conversion vers un format les rendant accessibles au moyen d’un logiciel externe, ces données sont utilisées pour un large éventail d’activités, dont certaines n’avaient jamais été imaginées au moment de la collecte des données. »

La plupart des ensembles de données ont été convertis et téléversés vers Internet et ils sont consultables par l’intermédiaire du portail GéoGratis. Les outils de visionnement comme Google Earth peuvent permettre de voir des images du plancher océanique le long des côtes du Canada. Ces informations sont utilisées à des fins très diverses, allant d’évaluations environnementales à des revendications touchant la frontière internationale.

La transformation de l’information

Image d’une employée de RNCan qui numérise des données sismiques

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Marie Baker, une employée de RNCan, numérise des données sismiques

Les données amassées par la CGC proviennent de plus de 320 expéditions qui ont permis la réalisation de levés du plancher océanique au cours des 50 dernières années et plus. « Ces données ont coûté des millions de dollars à recueillir et elles se dégradaient en version papier », a expliqué Gary. Grâce à une technique de compression numérique conçue à RNCan, des documents sur papier qui étaient ingérables ont été convertis en données utilisables et gratuites accessibles à tous.

« Essentiellement, nous avons converti les données en un format électronique et les avons regroupées en ensembles pour qu’elles puissent être cataloguées et distribuées », a expliqué Bob Courtney, le scientifique à l’origine de la technique de compression numérique. Une classe enveloppante courante a été utilisée pour permettre l’exportation et l’utilisation des données avec des programmes comme Google Earth. Dans le cadre de ce projet, les données ont été organisées en pensant à des services comme Google Earth pour qu’elles soient facilement repérables et utilisables.

Il est maintenant possible de créer une représentation visuelle de ce qui était auparavant des données sur papier conservées dans des archives. « La combinaison de différents ensembles de données, comme des données de balayage latéral, d’échosondeur et sismiques ainsi que la taille des grains des sédiments, génère une image plus complète du plancher océanique, a expliqué Bob. Une image offre une manière simple de détecter visuellement des lacunes dans des ensembles de données pour lesquels des informations de plus pourraient être recueillies lors de futurs levés. »

Demandes de données

Image à haute résolution du port de Halifax combinée à une image de cartographie topographique lidar dans Google Earth

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Transparent d’une image à haute résolution de bathymétrie par secteurs du port de Halifax combinée à une image de cartographie topographique lidar dans Google Earth

Les mêmes données recueillies par la CGC pour cartographier le plancher océanique sont maintenant utilisées pour observer le courant des marées et réaliser des analyses sédimentaires dans le but de trouver les meilleurs emplacements pour installer des turbines marémotrices dans la baie de Fundy. Ces données sont également utilisées pour cartographier un tracé le long du plancher océanique dans le cadre d’évaluations techniques concernant un câble électrique sous-marin s’étendant du Labrador à la Nouvelle-Écosse.

Sur la scène internationale, la présentation du Canada à la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer (UNCLOS) a tiré avantage de ce projet. Des données sismiques historiques recueillies concernant le plateau continental sont réinterprétées avec un logiciel moderne pour aider à délimiter le plateau continental étendu du Canada. « Éventuellement, de nouveaux gîtes minéraux ou gisements de pétrole et de gaz pourraient être trouvés à l’intérieur des limites territoriales sous-marines du Canada, améliorant du même coup le potentiel économique du pays », a fait valoir Bob.

Le travail se poursuit pour numériser les documents de la CGC et améliorer l’accès à ceux-ci. « Le but général est de convertir toutes les données sur le milieu marin de la CGC en des formats consultables et utilisables pour favoriser les activités au large des côtes », a confié Gary.

Pour consulter les données numérisées sous forme de carte, téléchargez le fichier KMZ et ouvrez-le avec un visualiseur comme Google Earth.

Pour obtenir d’autres données, cartes et publications gratuites, consultez le portail GéoGratis.

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