La biomasse pour un développement urbain durable

Par : Emmanuelle Brière
novembre 2013

Un nouveau complexe de bâtiments à Québec utilise des chaudières à biomasse et d’autres mesures d’efficacité énergétique pour réduire sa consommation d’énergie et améliorer son rendement environnemental.
Photo du silo de granules de bois de la chaufferie de la Cité Verte

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Vue extérieure du silo de granules de bois de la chaufferie de la Cité Verte.

Un nouveau projet multirésidentiel à Québec utilisera la biomasse d’une usine locale de produits forestiers pour chauffer ses installations, contribuant ainsi à diversifier les sources d’énergie renouvelable. Grâce à une aide provenant du Fonds pour l’énergie propre de Ressources naturelles Canada (RNCan), SSQ Immobilier achève l’aménagement de La Cité Verte. Cet écoquartier utilisera des granules de bois pour le chauffage, une première en Amérique du Nord.

Le système de chauffage central à la biomasse de La Cité Verte produira jusqu’à 5 mégawatts de puissance calorifique pour alimenter près de 800 logements et 6 500 m2 de locaux pour bureaux et commerces quand le projet sera terminé. De plus, comme les granules sont fabriqués avec des résidus de bois ou du bois brûlé récupéré après des incendies de forêt, l’énergie produite est considérée comme étant neutre en carbone.

Un système à la biomasse en zone urbaine

Le système de chauffage central du complexe compte quatre chaudières, lesquelles sont situées dans le bâtiment résidentiel principal. Des granules de bois sont utilisés pour chauffer deux réservoirs d’eau de 22 000 litres. Une fois chauffée, l’eau est distribuée par un réseau de chauffage hydronique à faible température. Ce réseau est relié par 2,2 kilomètres de conduits souterrains qui transportent l’eau chauffée du bâtiment principal vers les sous-stations installées dans chaque bâtiment de La Cité Verte.

Photo des chaudières à la biomasse et du dispositif de contrôle de la pression du réseau

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Vue d’ensemble des chaudières à la biomasse et du dispositif de contrôle de la pression du réseau (à droite).

En tout, les chaudières brûleront quelque 2 600 tonnes de granules de bois par année. Fournis par une usine de produits forestiers de St-Félicien, les granules seront transportés par camions à Québec. Les camions faisant des livraisons aux fermes à proximité de l’usine retourneront à Québec avec un chargement de granules de bois, ce qui permettra de réduire les émissions de gaz à effet de serre liées au transport.

Mesures écologiques

Pour favoriser l’écologisation, des mesures sont prises pour aider les résidants à surveiller leur consommation d’énergie personnelle. Par exemple, chaque appartement et local commercial de La Cité Verte est équipé d’une interface à écran tactile qui fournit des données sur l’utilisation des ressources, notamment l’énergie consommée pour le chauffage, l’eau chaude et l’électricité ainsi que la consommation générale d’eau. Ces données deviendront aussi une source importante pour la recherche sur les bâtiments intelligents à consommation d’énergie nette zéro qui est menée à l’Université Concordia.

Photo de la salle de contrôle de la centrale d’énergie et du réseau de chauffage urbain

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Salle de contrôle de la centrale d’énergie et du réseau de chauffage urbain.

Des mesures ont également été prises pour réduire l’utilisation d’eau potable. En plus d’un équipement de plomberie efficace, un système collectera l’eau de pluie qui sera utilisée, entre autres, pour arroser les pelouses et nettoyer les rues. « Nous espérons réduire de moitié la consommation d’eau, ce qui représente une diminution de 131 millions de litres d’eau par année, ou l’équivalent de 52 piscines olympiques », dit Éric Deblois, directeur principal, Développement et Opérations, à SSQ.

Le complexe résidentiel est aussi doté d’un système de collecte des matières résiduelles. Les occupants déposeront leurs déchets dans des bornes sur les étages ou près des bâtiments qui sont reliées à des terminaux. Les déchets sont ensuite acheminés par des conduits souterrains vers des stations de collecteurs sur place. Ce système réduit de 33 p. 100 la distance que les camions de collecte doivent parcourir et, par la même occasion, les émissions de CO2.

Les premiers résidants ont déjà emménagé dans le complexe, dont quatre bâtiments sont chauffés avec des chaudières à biomasse. « Le Canada contribue depuis longtemps à la mise en place de systèmes énergétiques communautaires qui utilisent des sources comme la biomasse. L’application pratique de cette technologie montre que c’est une étape qui nous rapproche d’une utilisation plus répandue », dit Rob Brandon, directeur adjoint de portefeuille, Électricité et énergies renouvelables, à RNCan.

Pour de plus amples renseignements, visitez le site du Bureau de R-D énergétiques.

Pour lire des articles sur ce sujet, voir Énergie renouvelable.

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