Étudier les effets des tremblements de terre de grande ampleur

Par Chantal Hunter
octobre 2013

Les scientifiques étudient le deuxième tremblement de terre le plus important enregistré au Canada survenu au large des côtes de la Colombie-Britannique en 2012. Le but est d’acquérir de nouvelles connaissances de la géologie de la région et d’aider à se préparer pour les prochains tremblements de terre.
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Étude sismique
Haida Gwaii 2012 - Video

Le 27 octobre 2012, un tremblement de terre d’une magnitude de 7,7 a frappé la côte sud-ouest de l’archipel de Haida Gwaii en Colombie-Britannique. Quelques minutes plus tard, un tsunami provoqué par le tremblement de terre a frappé la côte ouest du sud de Haida Gwaii. Durant les jours et les semaines qui ont suivi, des milliers de répliques sismiques et plus de 100 glissements de terrain sont survenus partout dans la région. Heureusement, en raison de la faible densité de la population et du peu d’infrastructures, le nombre de victimes et les dommages n’ont pas été importants, bien que de nombreux résidents aient été traumatisés par l’événement.

Les scientifiques de la Commission géologique du Canada (CGC) de Ressources naturelles Canada (RNCan) ont été mobilisés pour apprendre de ce tremblement de terre de grande amplitude afin de minimiser l’impact des prochains tremblements de terre dans des régions plus densément peuplées.

Découvertes initiales

Le tremblement de terre est survenu dans la zone à forte activité sismique située entre les plaques du Pacifique et de l’Amérique du Nord, le long d’un système de failles connu sous le nom de faille de la Reine-Charlotte. Cette limite active génère de fréquents tremblements de terre de diverses magnitudes.

Photo du technologue de la CGC installant une antenne et un récepteur GPS à Haida Gwaii.

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Le technologue Brian Schofield (CGC) installe une antenne et un récepteur GPS à Haida Gwaii

Au cours des semaines qui ont suivi le séisme, les chercheurs de la CGC ont déployé dans la zone des appareils de surveillance à intervention rapide appelés trousses de répliques sismiques. Peu de temps après, des récepteurs d’un système de localisation (GPS) de haute précision, des sismomètres solaires et des émetteurs satellites ont été installés. Quatorze capteurs de fond océanique ont également été installés au large des côtes directement au-dessus de la zone de rupture afin d’obtenir une image améliorée de la zone de faille et de l’emplacement précis des répliques.

Selon les formes d’onde sismiques et le modèle des répliques découlant du tremblement de terre, les chercheurs ont déterminé que le séisme était une activité « de chevauchement ». Un tremblement de terre de compression est un événement sismique qui survient lorsque l’une des plaques tectoniques terrestres est subduite ou chevauchée par une autre.

Analyser le mouvement des plaques et les dangers

« Les données du GPS peuvent nous indiquer l’ampleur du glissement ou du mouvement de la Terre durant et après le tremblement de terre », affirme Mike Schmidt, chef du Service de la déformation crustale de la CGC. « Nous avons déterminé qu’au moment du séisme, il y a eu un déplacement d’environ 1,2 mètre dans la zone la plus près de l’épicentre de l’île Moresby. Un mouvement léger mais mesurable continu d’être enregistré dans presque toute la région à la suite du tremblement de terre. »

Photo du matériel d’élingage utilisé par les hélicoptères sur un site de recherche.

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Matériel d’élingage utilisé par les hélicoptères sur un site de recherche dans la réserve du parc national de Gwaii Haanas

En plus de la dynamique tectonique, les chercheurs étudient les effets découlant du tsunami résultant et les glissements de terrain survenus après la secousse sismique. Une analyse approfondie des dangers causés par ces types d’événements sera d’une très grande valeur pour la calibration des modèles de tsunami et de glissement de terrain ailleurs au Canada.

« On continue les recherches et l’analyse des données afin de calibrer les modèles physiques pour la production de tremblements de terre et de tsunamis », indique Michael Riedel, chercheur scientifique de la CGC. « Les connaissances acquises feront notamment en sorte d’améliorer les codes du bâtiment pour que l’infrastructure puisse être construite de façon à résister davantage aux tremblements de terre, et d’améliorer également les scénarios d’intervention lors de séismes et de tsunamis. »

L’équipe d’intervention de la CGC tient à remercier les gens de Haida Gwaii pour leur aide et leur soutien, sans lesquels les recherches auraient été impossibles.
 
Pour obtenir de plus amples renseignements, visitez le site de Séismes Canada de RNCan.

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