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Les femmes au service de l'avenir de la science

Regardez bien autour de vous! Saviez-vous que ce sont des femmes travaillant dans l’ombre qui sont à l’origine de plusieurs percées scientifiques exceptionnelles comme Apollo 11, le vaccin contre la variole ou la découverte de la matière noire dans l’espace? Dans cet épisode, nous nous intéressons à l’apport des femmes et au rôle qu’elles ont joué pour faire de la science et de notre monde ce qu’ils sont aujourd’hui. Vous rêvez d’explorer l’Arctique, de partir à la recherche de fossiles ou de devenir un ou une gourou de l’énergie verte? Écoutez attentivement!

Transcript

Joël Houle

Qu’est-ce qu’on ferait sans les femmes? Bon, je n’apprends rien à personne en disant que la contribution des femmes est indispensable! Mais saviez-vous que ce sont des femmes travaillant dans l’ombre qui sont à l’origine de plusieurs percées scientifiques comme Apollo 11, le vaccin contre la variole et la découverte de la matière noire dans l’espace? Souvent, c’est en travaillant ensemble et en s’entraidant qu’elles parvenaient à faire ces découvertes. Dans cet épisode, nous nous intéressons à l’apport des femmes et au rôle qu’elles ont joué pour faire de la science et de notre monde ce qu’ils sont aujourd’hui. Nous allons également parler des changements excitants à venir et des façons dont les femmes – et les hommes – peuvent façonner notre avenir. Vous rêvez d’explorer l’Arctique, de partir à la recherche de fossiles ou de devenir une ou un gourou de l’énergie verte? Que faut-il faire pour travailler en sciences? Écoutez attentivement!

Joël Houle

Bienvenue à un nouvel épisode de La science, tout simplement! Le balado qui discute du travail scientifique incroyable qui se fait ici à Ressources naturelles Canada. Je suis votre animateur, Joël Houle. Aujourd’hui, nous avons une invitée spéciale : ma collègue Lian Al-Qadomi se joint à nous à titre d’animatrice invitée. Lian, ça va bien?

Lian Al-Qadomi

Ça va très bien, merci. Je suis très contente d’être ici pour parler des femmes en sciences, de mentorat et de l’impact des femmes. J’ai une question pour toi, Joël. En pourcentage, combien penses-tu qu’il y a de scientifiques et de chercheurs qui sont des femmes?

Joël Houle

En pourcentage, je dirais environ 40, 45 %.

Lian Al-Qadomi

En fait, les femmes représentent seulement 30 % des scientifiques et chercheurs dans le domaine.

Joël Houle

Seulement 30 %!

Lian Al-Qadomi

Seulement 30 %. Alors même si on a fait des progrès, il y a encore beaucoup de travail à faire. Et j’ai eu la chance de parler avec une de nos ingénieures ici à RNCan pour justement jaser de l’état des femmes en sciences et élaborer sur les différentes manières d’inciter les jeunes scientifiques à entrer dans le domaine.

Joël Houle

Est-ce que tu es prête à nous présenter ton entrevue?

Lian Al-Qadomi

Allons-y!

Lian Al-Qadomi

Aujourd’hui, on a le plaisir d’accueillir Wahiba Yaici, scientifique à RNCan. Nous sommes ravis de vous avoir avec nous! Wahiba, parlez-moi de votre rôle en tant que scientifique. En quoi consiste-t-il exactement?

Wahiba Yaici

Mon rôle… En fait, je travaille en tant que chercheure scientifique au Laboratoire des systèmes d’énergie hybride. C’est un groupe des bâtiments et des énergies renouvelables. Je travaille sur les systèmes énergétiques pour lesquels on aimerait améliorer l’efficacité énergétique, réduire le plus possible les gaz à effet de serre. Et aussi regarder vers d’autres technologies, justement à long terme. Donc, ajouter des énergies renouvelables, vraiment des systèmes très avancés. Je fais la conception, la réalisation de ces systèmes. Il y a aussi l’aspect expérimental. Donc c’est vraiment différentes étapes de projets, mais c’est vraiment très intéressant. Toutes les étapes sont vraiment très intéressantes.

Lian Al-Qadomi

Qu’est-ce que vous trouvez le plus passionnant dans votre domaine?

Wahiba Yaici

Mon domaine, je dirais, c’est vraiment l’énergie. On ne peut pas dire que c’est pas un domaine... Il y a énormément de défis. Il y a énormément de choses à découvrir. Et puis on apprend et, en même temps, on contribue. Il s’agit d’améliorer des technologies, trouver des systèmes innovateurs qui vont être opérés dans 30 ans, 50 ans. On travaille dans cet horizon-là en tant que chercheure scientifique. Je suis ingénieure de base, ce qui veut dire qu’il y a quand même des systèmes de démonstration avec des clients, etc. Il y a tellement de choses, même des systèmes qui sont déjà commercialisés. Il y a toujours des défis, il y a toujours des choses. C’est vraiment très varié. C’est tellement intéressant que, bon, on ne n’ennuie pas. On ne fait jamais les mêmes choses, donc c’est très incitatif.

Lian Al-Qadomi

Et puis, y a-t-il des femmes qui vous ont inspirée à ce moment-là? Des scientifiques particulières qui ont frappé votre imagination et que vous aimeriez faire connaître à nos auditeurs?

Wahiba Yaici

C’est vraiment une question très, très intéressante. C’est incroyable, mais évidemment, on parle de femmes bonnes en science en général, des femmes ingénieures. Il y a tellement de très bons exemples déjà qui ne sont même pas connus des femmes ingénieures... Je ne dirais pas qu’ils sont cachés, mais disons qu’ils sont connus au niveau de la communauté de l’ingénierie ou scientifique. Mais je pense qu’au niveau utopique, la première femme que j’ai trouvée fantastique, par exemple, au début du siècle, en 1911, c’est Marie Curie, qui a obtenu le prix Nobel de physique et, en même temps, le prix Nobel de chimie. Ça, c’est du côté science. Et évidemment, il y a eu d’autres femmes très intéressantes, telles que des astronautes, à la base ingénieures. Il y a eu la première femme en 1983, qui s’appelle, je pense, Sally Ride. Et puis, celle qui est venue après. C’est une neurologue, bon, une scientifique. Il y a eu ensuite Julie Payette, qui est ingénieure en électricité. Je pense que les jeunes étudiantes peuvent s’inspirer de ces exemples-là, mais il y en a tellement. Je ne pourrais pas les citer. C’est vraiment impressionnant. Les femmes qui sont dans ces domaines-là, mais qui sont peut-être un petit pourcentage.

Lian Al-Qadomi

Dites-m’en davantage. Comment ont-elles influencé votre carrière?

Wahiba Yaici

J’étais attirée par les mathématiques, les sciences physiques et ensuite l’ingénierie, le génie et la technologie. Bon, je voulais vraiment travailler dans le développement des technologies en général. Je n’ai pas vraiment regardé ces femmes-là directement, mais je voulais faire moi-même mon parcours. Égalité hommes-femmes, hein? Parce qu’on parle d’égalité hommes-femmes. Bon, je me suis dit : « Oui, il n’y a aucune différence, alors pourquoi n’irais-je pas faire du génie? » À cette époque, ou même jusqu’à présent, les femmes représentaient peut-être 10, 15, 20 % maximum en génie. Donc, devant nos compatriotes dans ce domaine-là, on se dit : « Bon, si lui l’a fait, pourquoi pas moi? »

Lian Al-Qadomi

Et justement, comme vous dites, le domaine des sciences est un domaine très masculin. Alors, dites-moi, à quel point est-il important pour les femmes de se sentir aussi représentées dans ce domaine?

Wahiba Yaici

Oui, ça, c’est une excellente question. Ça peut donner des exemples, quand on parle d’égalité hommes‑femmes. Peut-être que, dans des secteurs sous-représentés par les femmes, c’est bon. Je veux dire : bon de montrer qu’il y a quand même des femmes qui peuvent faire ces métiers-là, réservés aux hommes. Et peut-être que c’est juste une habitude. Les femmes, en général, elles aiment bien travailler dans les sciences médicales, dans les sciences sociales, etc. Mais l’ingénierie en général, c’est réservé aux hommes. Donc il y a quand même ces femmes-là, peut-être une proportion de 15-20 %, qui sont aussi compétentes, qui travaillent très fort et qui sont, dirais-je, plus qualifiées que les ingénieurs hommes.

Lian Al-Qadomi

Vous est-il arrivé de vous sentir seule dans ce monde d’hommes?

Wahiba Yaici

Oui, jusqu’à présent. Mais ce n’est pas une surprise pour moi. Je me suis habituée. J’ai travaillé dans le secteur privé pendant plusieurs années. J’étais peut-être la seule femme en meeting, dans les réunions. Je suis la seule femme, mais ce n’est pas grave. Quand on est compétente, on s’impose par sa compétence. Actuellement, je vais en conférence, je regarde autour de moi dans une salle de 500 personnes, je regarde, je trouve deux, trois femmes seulement. Mais bon, quand on est là pour présenter notre travail, on s’impose. On ne fait pas de différence si c’est un homme ou une femme.

Lian Al-Qadomi

Pensez-vous que les femmes apportent une perspective différente aux travaux scientifiques?

Wahiba Yaici

Oui, je pense que les femmes… La façon d’approcher les choses des femmes… [est différente]. C’est pour cela que, peut-être, on peut dire qu’on est complémentaires. Les femmes sont très méthodiques, regardent plus dans les détails. Quand elles présentent un travail, elles le présentent d’une façon... Je ne dirais pas que les hommes ne le font pas de la même façon, mais les femmes vont un peu plus dans les détails. C’est quand même des aspects pour lesquels les hommes peut-être vont dire : « OK, non, ce n’est pas grave. On ne regarde pas cet aspect-là. » Mais les femmes, elles, ont tendance, disons, à raffiner un peu plus les choses. Mais globalement, je pense que la méthodologie est la même en génie. On travaille peut-être de la même façon, mais c’est juste un petit peu du côté, peut-être, présentation des choses. Mais évidemment, la science est la science, ou le génie, c’est le génie. Donc, quand on présente une innovation, elle a des règles. Je veux dire des standards qui sont pareils, que ce soit pour un homme ou pour une femme.

Lian Al-Qadomi

Pourquoi, d’après vous, est-il important d’encourager les femmes à aller en sciences?

Wahiba Yaici

Oui, ça, c’est quand même très important, je pense que ça va évoluer et j’en suis sûre. C’est juste peut-être que les filles, quand elles étaient au primaire, au secondaire, on ne les a peut-être pas encouragées. Il y a quand même des préjugés. Les femmes, évidemment, n’ont peut-être pas la même chance que les hommes de poursuivre leur carrière un peu plus d’une façon avancée parce qu’elles doivent s’occuper de leur famille. C’est ces aspects-là. Donc, il y a l’aspect coaching et il faut encourager quand même les filles, justement à poursuivre ces études-là et leur montrer que ce n’est pas difficile de poursuivre ses études d’ingénierie. Moi, je parle de génie parce que c’est le domaine où vraiment les femmes sont sous-représentées. Si on parle en sciences, par exemple, à l’université, il y a plus de 50 % de femmes. En médecine, c’est dirais-je, 55 %. En droit, c’est peut-être un peu plus, 60 %. Elles sont tout à fait capables. Il y a des préjugés qui disent que les filles ne sont pas capables de comprendre les maths et la physique. Non, c’est peut-être l’orientation. C’est au niveau de l’éducation peut-être. On ne les a pas peut-être un petit peu assez poussées et encouragées. Donc ça, c’est très important en fait de rétablir cette, comme vous dites, égalité hommes-femmes dans tous les domaines. Donc, ce serait intéressant d’avoir partout 50 %. Il y a des hommes qui n’aiment pas travailler, peut-être, un peu plus en médecine. Je veux dire, les femmes aiment bien s’occuper, s’occuper de l’environnement, s’occuper des aspects sociaux, mais ce serait intéressant de basculer un petit peu dans ce domaine-là.

Lian Al-Qadomi

Et puis, parlons des mentors. Avez-vous déjà agi comme mentore auprès de jeunes scientifiques? Et quel est le conseil le plus précieux que vous pouvez leur donner?

Wahiba Yaici

Tout à fait. J’ai toujours agi et encouragé. J’ai été professeure déjà, quand j’ai terminé mon Ph. D. J’avais quand même toujours des étudiants qui venaient me voir et me demander des conseils, etc. Je continue jusqu’à présent, après 30 ans de carrière. Particulièrement en génie. Je pense que bon, les garçons, les étudiants, ils étaient toujours plus actifs, plus proactifs, ils venaient demander des conseils. Les filles, elles étaient un peu... J’avais en classe des étudiantes brillantes, mais elles sont un peu timides, etc. Donc, je trouve, quand il m’arrive justement d’encourager, d’inciter justement ces étudiantes à venir me voir, je les conseille moi-même quand je vois qu’elles ont des capacités un petit peu plus, les coacher, si je puis dire, leur montrer que c’est faisable. Elles me posent cette question : « Est-ce que c’est difficile? » Non, ce n’est pas difficile. Vous êtes brillante, vous pouvez. Allez-y, choisissez ce que vous aimez. Mais quand on aime une chose, on peut la faire, même si c’est difficile. Donc, il y a toujours une solution.

Lian Al-Qadomi

Et pourquoi est-il important de faire du réseautage, d’avoir des mentors?

Wahiba Yaici

Ça, c’est encore une autre excellente question. Ça, c’est absolument fondamental. Évidemment, dans une carrière, vous ne pouvez pas y arriver tout seul. Vous avez besoin d’aller chercher de l’aide. Vous avez besoin de contacter des gens, de travailler dans ce réseautage-là, comme vous le dites, dans le but justement d’améliorer sa carrière. Vous savez, en tant qu’ingénieur, en tant que scientifique, on ne reste pas dans son trou et à travailler très fort et ne pas justement diffuser l’information ou essayer de renforcer la recherche en collaborant. Donc, c’est mieux représenté quand vous présentez un travail et que vous dites que vous l’avez fait avec une équipe, une en Europe et l’autre qui se trouve aux États-Unis, ça fait mieux. Et ça vous donne plus d’idées, plus justement toutes ces affaires au niveau de l’avancement des travaux en général. Donc ça, c’est très, très important. Et aussi demander de l’aide auprès d’autres personnes qui ont plus d’expérience. C’est important pour vous orienter dans les bonnes choses, etc. Ça, c’est fondamental. Je pense que personne n’a réussi comme ça sans avoir reçu de l’aide, que ce soit une indirecte ou directe. Oui, ça, c’est très important.

Lian Al-Qadomi

Et puis, dites-moi pour les jeunes qui nous écoutent maintenant, quelles sont les possibilités de carrière que la fonction publique fédérale offre dans le domaine des sciences?

Wahiba Yaici

J’ai constaté que très récemment, disons les cinq dernières années, la fonction fédérale, je pense qu’elle a mis pas mal, je ne suis pas vraiment au courant de toutes les initiatives, mais tout ce que je sais, c’est qu’elle encourage vraiment les femmes à aller dans ces carrières-là. Spécifiquement en sciences en général, mais aussi en génie, qui est le secteur le plus déficitaire. Et donc encouragé dans le sens ou dans le recrutement. Je ne vous dirai pas que l’on recrute parce qu’on a besoin d’une femme. Non, il y a énormément de femmes très compétentes qui ont un bagage aussi impressionnant que les homologues hommes dans le domaine, mais qui peut-être, n’osent pas postuler, etc. Donc, je pense que le fédéral ouvre les portes pour justement recruter les femmes. C’est vraiment intéressant et je pense qu’ils mettent beaucoup d’efforts pour donner cette information-là et inciter ces femmes. Parce que bon, je répète encore, en génie, malheureusement, on est très, très sous-représentées. Je suis sûr que ça va changer avec cette aide du gouvernement pour encourager les femmes à étudier ou à travailler dans ces domaines-là qui sont réservés en général aux hommes.

Lian Al-Qadomi

À votre avis, que pouvons-nous faire davantage pour que l’histoire de nos fabuleuses scientifiques soit mieux connue? Par exemple, est-ce qu’on devrait davantage les mettre en valeur dans la culture populaire, les films, les livres, dans les milieux universitaires? Qu’en pensez-vous?

Wahiba Yaici

Oui, absolument. Il faudrait, oui, l’information, l’aspect communication. Il devrait être là pour justement informer. Comme je vous ai dit, il y a énormément de femmes brillantes qui ne sont pas connues. Donc, c’est intéressant de mettre en valeur ces femmes-là qui ont contribué pour la science en général et comment elles ont fait leur chemin. J’ai déjà assisté à pas mal d’activité là-dessus. Et puis là, j’ai été stupéfaite. Je me suis dit : « Ah mon Dieu, mais ce n’est pas possible. Je ne connais pas ces personnes-là, mais elles ont fait des choses impressionnantes. » Effectivement, la communication est la clé pour diffuser de l’information. Ça aide. Ça catalyse, ça donne un effet positif pour encourager et avoir plus de postulantes, de jeunes filles et de femmes. À s’orienter dans ces domaines-là de la science. Parce que les femmes, tout comme les hommes, contribuent absolument de la même façon. C’est juste peut-être une opportunité de renforcer un peu plus le pourcentage de ces femmes-là dans ces domaines.

Lian Al-Qadomi

Vous avez parfaitement raison. Je vous remercie énormément Wahiba d’être avec nous aujourd’hui. On a eu beaucoup de plaisir de passer ce moment avec vous, merci.

Wahiba Yaici

Merci beaucoup pour l’invitation.

Joël Houle

Lian, c’était une entrevue super intéressante! Merci Lian d’avoir partagé ce reportage avec nous.

Lian Al-Qadomi

Ça me fait plaisir, Joël!

Joël Houle

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