Des détails sur le séisme de 1855 dans les Maritimes retrouvés dans des archives de journaux

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Les récits trouvés dans les archives de journaux tels que The Head Quarters, British Colonist et The Acadian Recorder aident les scientifiques à comprendre un séisme qui a secoué Moncton en 1855, soit bien avant l’invention du sismographe.

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Pour mieux comprendre les tremblements de terre survenus au Canada, comme celui qui s’est produit au Nouveau-Brunswick en 1855, Maurice Lamontagne, sismologue à RNCan, épluche les archives de journaux.

Le matin du 8 février 1855, en raison d’un séisme de magnitude 5,2 près de Moncton, au Nouveau-Brunswick, de forts grondements se sont fait entendre un peu partout dans les Maritimes et dans le Maine. Les premiers sismographes ne sont certes apparus qu’une centaine d’années plus tard dans la région, mais les archives des journaux de l’époque ont permis aux chercheurs scientifiques de découvrir beaucoup d’information sur cet événement, le plus important du genre jamais signalé dans le sud-est du Nouveau-Brunswick.

Le sismologue de Ressources naturelles Canada, Maurice Lamontagne (Ph. D.) et son collègue de l’Université du Nouveau-Brunswick, Kenneth Burke (Ph. D.), ont recueilli plus de 50 rapports publiés les jours et semaines après l’événement, principalement à partir d’archives de journaux. Ces articles racontent l’histoire d’un séisme ressenti sur la majeure partie du Nouveau-Brunswick, en Nouvelle-Écosse, et même au sud-ouest jusqu’à Boston, au Massachusetts.

Des témoignages de première main

Les articles dénichés dans les archives de journaux contenaient des détails intéressants sur cet événement. Les histoires décrivaient les dommages mineurs causés aux cheminées à Moncton et comment, à Hopewell, près de l’épicentre, le plâtre des murs dans certaines maisons s’était fissuré et craquelé de haut en bas. À Amherst, le British Colonist a décrit le choc de ce séisme matinal : « Sur des milles à la ronde, les maisons ont été secouées dans tous les sens, les portes ont claqué, se sont rouvertes et refermées, les lits ont fortement vibré. Le passage de l’onde de choc du nord au sud était accompagné d’un fort grondement, semblable à celui du tonnerre au loin, ou encore d’une calèche lourdement chargée ou d’un train traversant un pont. De nombreuses personnes se sont réveillées en sursaut ». Le Head Quarters, un journal de Fredericton, signalait que, « au Bend [comme s’appelait Moncton à l’époque], il a brisé quelques fenêtres et, à part le fait qu’un angélique nourrisson a été éjecté de son berceau, c’est le pire qu’on puisse en dire ».

 

Connaître le passé permet de mieux se préparer pour l’avenir

C’est grâce à ces récits historiques qu’on a pu estimer la magnitude et l’emplacement du séisme. On s’en sert aussi pour élaborer des dispositions et des codes tels que le Code national du bâtiment du Canada. « Avec ces informations, on peut définir ce qu’on appelle le zonage sismique, c’est-à-dire les zones qui sont le plus actives au point de vue des tremblements de terre, explique M. Lamontagne. Ces informations sont utiles pour déterminer le niveau de mouvement de sols, de vibrations auquel les édifices doivent pouvoir résister. C’est dans cette optique que le travail est fait. »

 

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Emplacements et intensité du tremblement de terre survenu en 1855. Source : Google Earth

Les Maritimes ne sont pas à l’abri des tremblements de terre

Ces faits historiques importants nous rappellent que les tremblements de terre peuvent bel et bien survenir au Nouveau-Brunswick et dans l’est du Canada. Selon M. Lamontagne, le Nouveau-Brunswick est dans une zone modérée au point de vue des tremblements de terre.

« Quand on pense aux séismes du Canada, on pense habituellement à la Colombie-Britannique, en raison de ses plaques tectoniques qui sont actives et son potentiel pour de grands séismes, précise M. Lamontagne. Dans l’est du Canada, malgré qu’ils soient moins fréquents, les séismes modérés peuvent avoir lieu, comme on l’a vu en 1855 et plus récemment, en 1982, dans la région de Miramichi. »

Les travaux de messieurs Lamontagne et Burke sont désormais accessibles publiquement en tant que dossier public sur GEOSCAN, la base de données bibliographiques de Ressources naturelles Canada pour les publications scientifiques. Pour en savoir davantage sur les tremblements de terre survenus récemment, consultez la carte interactive de Séismes Canada.