L’application Mon arbre peut vous aider à choisir un arbre bien adapté à votre terrain

Par Anna Reepschlager
Le 18 avril 2018

L’application Mon arbre peut vous aider à choisir un arbre bien adapté à votre terrain

« Cela aurait été vraiment charmant de dormir dans un cerisier sauvage aux fleurs immaculées sous le clair de lune, ne trouvez-vous pas? »
— Anne Shirley, dans le roman Anne… La Maison aux pignons verts, écrit en 1908 par Lucy Maud Montgomery

Est-ce que les cerisiers sauvages pousseraient sur l’Île-du-Prince-Édouard aujourd’hui? Est-ce que les pommes pousseraient dans le verger autour de Green Gables? Il existe maintenant une application, appelée Mon arbre, pour trouver réponse à ces questions.

Conçue par des chercheurs et des responsables des politiques de Ressources naturelles Canada (RNCan), l’application Mon arbre permet à l’utilisateur d’obtenir une liste des arbres les mieux adaptés à l’emplacement de son choix.

Une appli sur les arbres aux solides fondements

Cette appli repose sur la toute dernière carte des Zones de rusticité des plantes au Canada, qui décrit dix zones climatiques en fonction de facteurs tels que les températures maximales et minimales, la période exempte de gel et les précipitations. Ces zones aident les jardiniers, entre autres, à déterminer à quel endroit différents végétaux (arbres, fleurs, etc.) peuvent pousser.

Mon arbre donne aussi de l’information sur les principales caractéristiques des arbres, dont la taille, les besoins de luminosité, le type de sol, la coloration automnale et la nature indigène ou introduite de l’espèce. Une bonne partie de cette information supplémentaire provient de la publication définitive du Service canadien des forêts (SCF) de RNCan, Les arbres du Canada.

Agriculture Canada a créé la première carte des zones de rusticité des plantes du Canada dans les années 1960. Des mises à jour ont été produites en 2000, puis en 2013, par Dan McKenney, Ph. D., et ses collègues du SCF. Cette série montre comment les zones climatiques du Canada changent au fil du temps.

Changements frappants dans les zones climatiques

Des comparaisons entre les cartes originales et les plus récentes montrent que certaines régions du nord de la Colombie-Britannique se sont réchauffées au point d’être décalées de trois zones de rusticité, passant de la zone 0 à la zone 3. Des portions de l’île de Vancouver sont maintenant classées 9a – une zone qui n’existait pas auparavant au Canada. Les changements dans l’est du pays sont moins frappants, mais ils sont tout de même notables et liés au réchauffement climatique.

Une application aux nombreuses utilisations pratiques

Que vous aménagiez un jardin ou une forêt, ces mises à jour récentes des zones de rusticité peuvent vous aider à prendre en considération l’évolution du climat. Elles pourraient vous amener à envisager des espèces ou des variétés qui sont nouvelles dans votre région.

« Ce genre de science touche des intérêts aussi variés que le jardinage, la gestion des espèces envahissantes par l’Agence canadienne d’inspection des aliments et la planification forestière à long terme », signale M. McKenney.

Lui et ses collègues continuent à mettre au point de nouveaux produits liés au climat et de nouvelles données sur les aires de répartition des végétaux grâce à l’information recueillie par les chercheurs et la population. Ils comptent poursuivre la mise à jour de la carte des zones de rusticité des plantes et quantifier les exigences climatiques d’un vaste éventail d’espèces végétales à l’aide de l’approche de l’enveloppe climatique.

Par rapport à l’information générale tirée des zones de rusticité des plantes, l’approche de l’enveloppe climatique donne des cartes plus raffinées sur la capacité éventuelle de chaque espèce de pousser à un endroit précis. Le site Web sur la rusticité des plantes, http://rusticitedesplantes.gc.ca/, fournit actuellement des cartes et des modèles applicables à plus de 3 000 espèces végétales.

Quand la jungle de béton rencontre la forêt urbaine

La diversité et la santé des arbres dans les milieux urbains suscitent elles aussi un vif intérêt de nos jours. Des études révèlent qu’une forêt urbaine saine peut attirer les promeneurs, les adeptes de course à pied et les gens qui recherchent un lieu paisible et beau, en plus de fournir un habitat pour diverses espèces sauvages et d’éviter le ruissellement au sol. Une forêt urbaine diversifiée est également moins vulnérable aux insectes nuisibles tel l’agrile du frêne, qui continue à faire des ravages dans différentes forêts au pays.

« Au moment de planifier la plantation d’arbres, il faut déterminer quelle espèce pourra être plantée à un endroit donné et y vivre pendant des décennies », rappelle Verna Crossman, une conseillère en matière de sciences et de politiques à RNCan, qui a collaboré à la création de l’appli Mon arbre. « Beaucoup de gens croient que la Ville est la seule responsable de la forêt urbaine, mais en réalité elle n’en gère qu’une petite partie. En effet, il y a beaucoup d’arbres dans les arrière-cours. Le citoyen doit donc avoir les connaissances nécessaires pour planter la bonne espèce au bon endroit. »