Mange, piste, aime – pour mettre un frein à la tordeuse des bourgeons de l’épinette

La tordeuse des bourgeons de l’épinette est un insecte destructeur qui sévit dans les forêts de l’est de l’Amérique du Nord. Aujourd’hui, une épidémie est en cours au Québec, et les populations de tordeuses sont en croissance au Nouveau-Brunswick. Nous devons intervenir, car cet insecte indigène constitue une sérieuse menace pour nos forêts.

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Défoliation

La dernière grande épidémie de tordeuse dans l’Est canadien, qui remonte aux années 1970 et 1980, a causé des dommages sur plus de 50 millions d’hectares, une superficie supérieure à celle du Yukon. La bonne nouvelle, c’est que nos scientifiques étudient la tordeuse des bourgeons de l'épinette depuis de nombreuses décennies. Ces travaux de recherche de longue durée ont débouché sur une stratégie d’intervention précoce qui donne des résultats prometteurs.

Mange…

Les scientifiques s’efforcent de suivre la migration de la tordeuse des bourgeons de l’épinette au moyen de marqueurs ou codage à barres de l'ADN (PDF). De nombreux prédateurs, parasitoïdes et pathogènes vivant sur le sapin baumier – principale source de nourriture de la tordeuse – contribuent à lutter contre celle-ci de façon naturelle.

Le codage à barres de l’ADN aide les scientifiques à déterminer quels organismes vivant sur le sapin baumier sont susceptibles de représenter un danger pour la tordeuse des bourgeons de l’épinette. Savoir « qui est qui » et « qui mange qui » facilite l’identification des ennemis naturels de l’insecte. Cela permet également aux chercheurs de mieux comprendre les conséquences des décisions de gestion de la tordeuse sur les autres organismes (PDF).

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Larve de tordeuse sur épinette

Piste…

En faisant la chasse à ces herbivores, une équipe de citoyens scientifiques aide les chercheurs à assurer la surveillance de la tordeuse dans l’Est canadien. Les pisteurs de tordeuses utilisent des pièges pour collecter certains de ces ravageurs, que les chercheurs étudient ensuite pour se faire une idée plus précise des quantités de tordeuses de bourgeons de l’épinette présentes dans les provinces de l’Atlantique et au-delà. Le projet fait participer les citoyens aux travaux scientifiques et leur permet de voir de leurs propres yeux ce qui se passe sur leurs terrains.

Aime…

Le chercheur Peter Silk, Ph. D., explore la possibilité d’utiliser un autre outil pour lutter contre ce ravageur : les phéromones sexuelles de la tordeuse des bourgeons de l’épinette. Composés chimiques émis par les individus d’une espèce, les phéromones agissent comme messagers à l’intérieur même de cette espèce ou entre différentes espèces. L’équipe du chercheur a synthétisé des phéromones en laboratoire afin de s’en servir pour attirer les insectes dans des pièges ou pour perturber leurs cycles de reproduction.

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Mites dans le stationnement

Prévenir en intervenant sans tarder

Ces projets de recherche novateurs, qui s’inscrivent dans une stratégie d’intervention précoce, nous aident à mieux comprendre les conditions de vie de la tordeuse, son écologie, ses prédateurs ainsi que les moyens qu’elle emploie pour s’adapter et survivre en forêt.

« Il s’agit d’une approche stratégique de la gestion de la tordeuse, qui consiste à traiter les zones abritant des populations en croissance ou “ points chauds ” à l’aide de produits antiparasitaires autorisés bien avant que ne survienne une épidémie », explique Rob Johns, Ph. D., chercheur principal.

Désireux de freiner la propagation de la tordeuse des bourgeons de l’épinette avant qu’elle ne cause encore plus de dommages à nos forêts, l’industrie et des collectivités ainsi que de nombreux acteurs du secteur forestier et d’autres secteurs de l’Est canadien ont formé le Partenariat pour une forêt en santé afin de coordonner les travaux de recherche. Ce partenariat aidera à protéger nos forêts contre les effets d’une épidémie sur l’environnement et l’économie.


Quelques vidéos sur ces importants travaux de recherche :