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Atténuer les ravages de Dothistroma : un travail de collaboration

No 8

 

Les forêts du Canada ressentent les effets des changements climatiques, qui augmentent la fréquence et l’intensité des feux de forêt et des sécheresses. Ils peuvent également avoir une incidence sur le comportement des pathogènes forestiers en raison des interactions tridirectionnelles entre l’hôte, l’agent pathogène et l’environnement. L’un de ces pathogènes est Dothistroma septosporum, l’agent causal de la brûlure en bandes rouges.

Les chercheurs croient que les changements climatiques sont à l’origine de la poussée de ce champignon indigène dans le nord‑ouest de la Colombie‑Britannique, où il occasionne d’importants dommages aux plantations de pins tordus latifoliés (Pinus contorta var. latifolia) depuis le début des années 2000 et qui a causé la mort de certains arbres matures. Également connu sous le nom de « maladie des bandes rouges », le champignon affecte plus de 80 espèces de pin et d’autres conifères. Il attaque et tue les aiguilles du pin, ce qui réduit la capacité de l’arbre à effectuer la photosynthèse. Bien que l’agent pathogène infecte principalement le pin tordu latifolié en Alberta, il peut aussi infecter le pin gris (Pinus banksiana).

Six membres de l’équipe Dothistroma se tiennent debout dans une forêt. Photo : Tod Ramsfield

Quelques membres de l’équipe de recherche sur Dothistroma en 2015. De gauche à droite : Deogratias Rweyongeza, Brad Tomm, Alex Woods, Tom Hutchison, Andy Benowicz et Tod Ramsfield.

Des chercheurs albertains ont détecté ce pathogène à l’Alberta Tree Improvement and Seed Centre [en anglais seulement] en 2012 et l’ont identifié plus tard à d’autres endroits dans la province. En 2013, à la demande de la province de l’Alberta [en anglais seulement], le Service canadien des forêts (SCF) s’est joint aux chercheurs des provinces de l’Alberta, de la Colombie Britannique [en anglais seulement] et de la Saskatchewan [en anglais seulement], ainsi que de l’Université de la Colombie Britannique, afin de mieux comprendre le risque et l’incidence de Dothistroma sur le pin gris et de trouver des solutions pour cet arbre de la forêt boréale qui revêt une importance aussi bien sur le plan économique qu’écologique. « C’est un travail de collaboration entre des chercheurs de plusieurs organisations qui s’échangent des renseignements et qui travaillent main dans la main dans un but commun : éliminer ou atténuer l’incidence de Dothistroma dans les plantations importantes de l’Alberta », explique Tod Ramsfield, chercheur scientifique au SCF, qui étudie la pathologie forestière au Centre de foresterie du Nord à Edmonton, Alberta.

« Par exemple, Alex Woods, chercheur en pathologie pour le ministère des Forêts, des Terres, des opérations relatives aux Ressources naturelles et du Développement rural de la Colombie Britannique [en anglais seulement], a mis son expertise à contribution pour comprendre le lien entre Dothistroma et les facteurs météorologiques et le climat. Son expertise a aidé notre équipe à comprendre l’incidence générale de Dothistromla dans la forêt boréale », indique Tod Ramsfied.

Un pin tordu mourant

Pin tordu latifolié infecté par la brûlure en bandes rouges.

« L’équipe du programme de levé aérien de la Saskatchewan a également joué un rôle clé. En survolant la forêt, elle a été en mesure de repérer des peuplements de pin gris qui semblaient avoir été infectés par Dothistroma. Après une vérification au sol effectuée dans les environs, l’absence du champignon a été confirmée. Ainsi, notre équipe a pu rétrécir sa zone de recherche dans ce vaste territoire qu’est la forêt boréale », ajoute Tod Ramsfield.

« Grâce aux conseils que le SCF nous a donnés sur la façon de gérer l’agent pathogène, nous avons été en mesure de réduire l’étendue des zones infectées de façon considérable après les avoir traitées », mentionne Erica Samis, directrice de la Forest Health and Adaptation Section du ministère de l’Agriculture et de la Foresterie de l’Alberta.

« À l’aide des cultures prélevées en Colombie‑Britannique et en Alberta, notre équipe à l’Université de la Colombie‑Britannique utilise des outils génomiques pour comprendre le lien entre les isolats prélevés dans le cadre de cette étude. La compréhension des liens entre les populations facilitera la gestion de la maladie à l’avenir », fait observer Richard Hamelin, professeur.

Les chercheurs qui s’intéressent au risque posé par Dothistroma dans la forêt boréale et aux répercussions possibles sur le pin gris sont toujours à l’œuvre. Une fois le risque déterminé, ils auront une meilleure idée de la vulnérabilité des terres forestières de l’Alberta face au pathogène. La réussite du projet à ce jour repose sur la collaboration des différents chercheurs de divers ordres de gouvernement et du milieu universitaire. La concertation de toutes ces organisations en vue de comprendre le pathogène forestier est un excellent exemple de la façon dont de multiples administrations et chercheurs peuvent collaborer pour le bienfait des forêts du Canada.

 

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