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Indicateur : Émissions et absorptions de carbone

En 2017, le total des émissions nettes en équivalent dioxyde de carbone (éq. CO2) provenant des forêts aménagées du Canada (terres forestières aménagées pour la production de bois d’œuvre) s’élevait à environ 217 millions de tonnes métriques.

On calcule le total des émissions nettes en additionnant les émissions et les absorptions causées par les activités humaines aux émissions et absorptions causées par les perturbations naturelles à grande échelle dans les forêts aménagées du Canada.

Les activités humaines dans la forêt aménagée du Canada ont permis d’absorber environ 20 Mt éq. CO2 en 2017, tandis que les perturbations naturelles à grande échelle ont généré des émissions d’environ 237 Mt éq. CO2, ce qui a entraîné des émissions nettes de 217 Mt éq. CO2.

Les forêts canadiennes émettent et absorbent du dioxyde de carbone (CO2) atmosphérique. Au cours d’une année donnée, selon les zones de perturbations naturelles telles que les feux de forêt, les invasions d’insectes et les chablis, les forêts du Canada constituent soit une source, soit un puits de CO2. Les données de 2017 suggèrent que les forêts étaient une source nette de CO2 en raison des 1,5 million d’hectares de superficie brûlée.

Ces chiffres comprennent les émissions de monoxyde de carbone ainsi que les émissions en 2017 provenant de produits fabriqués à partir de bois récolté au Canada depuis 1900. Les deux types d’émissions sont présentés dans des catégories distinctes dans le Rapport d’inventaire national 1990 à 2017 d’Environnement et Changement climatique Canada.

  • Les terres aménagées pour la production de bois et les émissions provenant des produits du bois récolté de ces terres ont constitué un puits continu de carbone (20 Mt éq. CO2 en 2017).
  • En 2017, la superficie des forêts aménagées au Canada ayant brûlé était de 1,5 million d’hectares, soit près du double de la superficie ayant brûlé en 2016. Cela s’est traduit par des émissions plus élevées qu’en 2016.
  • La tordeuse des bourgeons de l’épinette a des répercussions de plus en plus importantes dans l’est du Canada en raison des transferts notables de biomasse vivante vers des réservoirs de matière organique morte, ce qui entraîne des émissions indirectes à mesure que cette matière organique morte se décompose sur de nombreuses années.

Émissions nettes de carbone dans les forêts aménagées du Canada : Superficie touchée par des activités humaines, de 1990 à 2017

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Résumé du graphique

En général, la superficie annuelle perturbée par les activités forestières a augmenté de 1990 à 2003, avant de diminuer jusqu’en 2009, puis d’augmenter légèrement et de se stabiliser jusqu’en 2017. Les émissions nettes annuelles de gaz à effet de serre (GES) attribuables aux zones perturbées par les activités forestières ont augmenté en général de 1990 à 2005, avant de diminuer jusqu’en 2009, puis d’augmenter légèrement et de se stabiliser jusqu’en 2017.

Données du graphique
Le tableau ci-bas présente l’évolution des émissions et de l’absorption de gaz à effet de serre dans les forêts aménagées du Canada entre 1990 et 2017 (en million de tonnes d’équivalent de dioxyde de carbone par année). Un nombre positif indique une émission nette d’équivalent de dioxyde de carbone par les forêts aménagées du Canada. Un nombre négatif indique une absorption nette. Le tableau présente également la superficie des activités forestières dans les forêts aménagées du Canada en hectares.
Année Aménagement forestier
(en hectare)
Émissions et absorptions de gaz à effet de serre
(million de tonnes d'équivalent C02 par année)
1990 933 628 -80,3
1991 896 372 -85,5
1992 991 588 -75,5
1993 991 406 -67,5
1994 1 041 093 -65,7
1995 1 093 170 -51,1
1996 1 087 802 -58,5
1997 1 148 962 -58,9
1998 1 094 943 -65,0
1999 1 198 215 -53,7
2000 1 253 435 -38,3
2001 1 182 699 -53,5
2002 1 237 086 -38,2
2003 1 228 826 -43,2
2004 1 348 826 -19,0
2005 1 334 949 -12,4
2006 1 219 889 -20,3
2007 1 077 706 -22,6
2008 949 373 -28,1
2009 836 498 -40,0
2010 975 556 -22,4
2011 1 010 823 -22,8
2012 1 024 805 -26,2
2013 1 049 653 -24,5
2014 1 048 488 -24,9
2015 1 056 225 -18,8
2016 1 036 808 -20,1
2017 1 069 323 -19,6

Dans les forêts aménagées du Canada, les activités d’aménagement, comme la récolte, le brûlage des débris forestiers et la régénération, tout comme l’utilisation et l’élimination des produits du bois récolté, correspondaient à un puits d’environ 20 Mt éq. CO2 en 2017.


Émissions nettes de carbone dans les forêts aménagées du Canada : Superficie touchée par des perturbations naturelles, de 1990 à 2017

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Résumé du graphique

La superficie brûlée a été très variable au fil des années, enregistrant des sommets en 1995, 1998, 2002, 2015 et en 2017. La superficie perturbée par des infestations d’insectes est demeurée plutôt faible jusqu’en 1998, avant d’augmenter en général jusqu’en 2002, de diminuer jusqu’en 2010, puis d’augmenter jusqu’à nos jours. Les émissions nettes annuelles de GES attribuables aux zones sujettes aux perturbations naturelles ont été très variables mais ont tendance à augmenter en moyenne au fil des années, enregistrant des sommets en 1995, 1998, 2002, 2004, 2011, 2015 et en 2017.

Données du graphique
Le tableau ci-bas présente l’évolution des émissions et de l’absorption de gaz à effet de serre dans les forêts aménagées du Canada entre 1990 et 2017 (en million de tonnes d’équivalent de dioxyde de carbone par année). Un nombre positif indique une émission nette d’équivalent de dioxyde de carbone par les forêts aménagées du Canada. Un nombre négatif indique une absorption nette. Le tableau présente également les zones annuelles de forêts perturbées (en hectare) entre 1990 et 2017 par les deux agents que sont (1) les incendies de forêt et (2) les insectes.
Année Incendies de forêt
(en hectare)
Insectes
i (en hectare)
Émissions et absorptions de gaz à effet de serre
(million de tonnes d'équivalent C02 par année)
1990 278 644 442 247 -23,2
1991 583 301 346 556 4,7
1992 107 860 98 699 -47,5
1993 686 300 27 718 1,6
1994 568 968 41 907 13,4
1995 2 273 569 59 997 188,4
1996 638 703 62 680 10,3
1997 173 486 81 698 -37,8
1998 1 607 547 433 362 171,4
1999 644 371 1 473 947 33,6
2000 93 145 2 544 546 -41,9
2001 202 897 3 234 629 -15,7
2002 1 445 685 3 861 216 135,8
2003 767 614 5 263 168 79,1
2004 947 406 1 959 207 134,7
2005 639 617 5 009 788 46,4
2006 662 462 7 384 966 75,2
2007 736 598 6 352 347 81,7
2008 390 212 4 574 926 30,4
2009 379 874 1 842 509 54,8
2010 982 154 1 348 995 121,0
2011 1 108 888 1 523 003 137,7
2012 928 260 2 024 464 114,8
2013 480 146 2 705 182 45,5
2014 1 281 563 3 648 846 170,8
2015 2 048 949 3 668 286 255,6
2016 766 144 3 458 692 97,7
2017 1 475 403 4,190,207 236,9

Les perturbations naturelles ayant eu lieu dans les forêts aménagées du Canada ont mené à l’émission nette d’environ 237 Mt éq. CO2 en 2017. Les émissions de GES provenant des forêts étaient semblables à celles de 2015, en grande partie à cause de la superficie brûlée de 1,5 million d’hectares en 2017.


Émissions nettes de carbone dans les forêts aménagées du Canada : Toutes les superficies, de 1990 à 2017

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Résumé du graphique

Les superficies brûlées et perturbées annuellement par les insectes et les activités forestières sont les mêmes que celles décrites dans les deux diagrammes ci-dessus. Les émissions nettes annuelles de GES attribuables à toutes ces zones combinées ont été très variables mais ont tendance à augmenter en moyenne au fil des années, enregistrant des sommets en 1995, 1998, 2002, 2004, 2011, 2015 et en 2017.

Données du graphique
Le tableau ci-bas présente l’évolution des émissions et de l’absorption de gaz à effet de serre dans les forêts aménagées du Canada entre 1990 et 2017 (en million de tonnes d’équivalent de dioxyde de carbone par année). Un nombre positif indique une émission nette d’équivalent de dioxyde de carbone par les forêts aménagées du Canada. Un nombre négatif indique une absorption nette. Le tableau présente également les zones annuelles de forêts perturbées (en hectare) entre 1990 et 2017 par les trois agents que sont (1) l’aménagement forestier, (2) les incendies de forêt et (3) les insectes.
Année Aménagement forestier
(en hectare)
Incendies de forêt
(en hectare)
Insectes
(en hectare)
Émissions et absorptions de gaz à effet de serre
(million de tonnes d'équivalent C02 par année)
1990 933 628 278 644 3 567 171 -103,5
1991 896 372 583 301 1 068 104 -80,8
1992 991 588 107 860 118 534 -123,0
1993 991 406 686 300 196 467 -65,9
1994 1 041 093 568 968 343 233 -52,2
1995 1 093 170 2 273 569 444 862 137,3
1996 1 087 802 638 703 257 592 -48,1
1997 1 148 962 173 486 248 173 -96,7
1998 1 094 943 1 607 547 542 304 106,4
1999 1 198 215 644 371 1 625 948 -20,1
2000 1 253 435 93 145 2 744 263 -80,2
2001 1 182 699 202 897 3 895 452 -69,2
2002 1 237 086 1 445 685 5 448 568 97,6
2003 1 228 826 767 614 8 692 480 35,9
2004 1 348 826 947 406 5 775 158 115,7
2005 1 334 949 639 617 9 138 869 34,0
2006 1 219 889 662 462 12 234 676 54,9
2007 1 077 706 736 598 9 954 448 59,1
2008 949 373 390 212 7 833 815 2,4
2009 836 498 379 874 4 752 245 14,7
2010 975 556 982 154 4 586 512 98,6
2011 1 010 823 1 108 888 4 610 864 114,9
2012 1 024 805 928 260 4 171 583 88,5
2013 1 049 653 480 146 5 308 834 21,0
2014 1 048 488 1 281 563 6 972 380 145,9
2015 1 056 225 2 048 949 7 563 633 236,8
2016 1 036 808 766 144 7 245 791 77,6
2017 1 069 323 1 475 403 7 294 195 217,2

Les émissions totales nettes et les absorptions des forêts aménagées du Canada – activités humaines et perturbations naturelles considérées – ont été d’environ 217 Mt éq. CO2 (-20 + 237 = 217) en 2017. Cela comprend les émissions liées à la récolte du bois au Canada depuis 1900 et à l’utilisation des produits du bois au Canada et à l’étranger.

Pourquoi cet indicateur est-il important?

  • Le carbone présent dans l’atmosphère sous forme de CO2 et de méthane (CH4) contribue de manière importante au réchauffement planétaire.
  • Le secteur forestier canadien contribue à la fois aux émissions et aux absorptions de carbone de l’atmosphère.

Quelles sont les perspectives?

  • Il est difficile de prévoir l’impact des changements climatiques sur le bilan des GES de la forêt canadienne. Il pourrait être positif dans certaines régions (augmentation de croissance forestière menant à de plus gros puits de carbone) et négatif dans d’autres régions (augmentation du taux de mortalité des arbres, plus de feux de forêt ou d’épidémies d’insectes). Compte tenu de la vaste superficie brûlée en 2018, surtout en Colombie-Britannique, nous nous attendons à la production d’émissions de GES similaires à celles de 2015.
  • Les perturbations naturelles, pour la plupart indépendantes de la volonté humaine, ont un impact considérable sur la capacité des forêts aménagées du Canada d’absorber en continu plus de CO2 qu’elles n’en émettent.
  • Des modifications apportées à l’aménagement des forêts et à l’utilisation des produits du bois récolté peuvent contribuer à atténuer l’impact des changements climatiques.
  • L’accroissement de l’utilisation des produits ligneux durables à des fins de séquestration du carbone dans le milieu bâti et l’utilisation de produits du bois pour remplacer des matériaux qui génèrent beaucoup d’émissions, comme le béton, l’acier et les carburants fossiles, offrent des possibilités d’atténuation des changements climatiques.
Carte du Canada qu’indique la forêt aménagée aux fins de déclaration des émissions de gaz à effet de serre.

À titre de signataire de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC), le Canada doit rendre compte une fois par an des émissions de GES de la forêt aménagée.

La forêt aménagée est composée de toutes les forêts sous l’influence directe de l’humain. Il s’agit d’un sous-ensemble de la superficie forestière totale du Canada, qui comprend les forêts aménagées à des fins de récolte, celles qui font l’objet de gestion des feux ou d’insectes et les forêts protégées, comme les forêts des parcs nationaux et provinciaux. Cependant, la superficie comprise dans les rapports sur le carbone diffère quelque peu de la superficie totale selon ces classifications d’aménagement comme le montre la carte « Les forêts du Canada : Aménager pour l’avenir », laquelle figure au début du présent rapport.

Les données de cet indicateur correspondent à celles des rapports de la CCNUCC. Pour obtenir de plus amples renseignements sur les définitions et les méthodes, consultez le Rapport d’inventaire national 1990-2017 du Canada (2019).

À quels cadres de production de rapports cet indicateur contribue-t-il?

Sources et renseignements
  • Environnement et Changement climatique Canada. 2019. Rapport d’inventaire national 1990-2017 : Sources et puits de gaz à effet de serre au Canada. (document consulté le 16 avril 2019).
    • L’indicateur est évalué tous les ans au moyen du Système national de surveillance, de comptabilisation et de production de rapports concernant le carbone des forêts de Ressources naturelles Canada. Le Système intègre les informations relatives aux inventaires des forêts, à la croissance de la forêt, aux perturbations naturelles, aux activités d’aménagement des forêts et au changement d’utilisation des terres dans l’évaluation des stocks de carbone, des modifications de stocks et des émissions de GES autres que le CO2 dans les forêts aménagées du Canada. Le système évalue les changements dans les réservoirs de biomasse, de débris ligneux, de litière et de carbone du sol. Le Système évalue les transferts vers le secteur de la production ainsi que le devenir des produits ligneux fabriqués à partir du bois récolté au Canada depuis 1900. Cela comprend le stockage du carbone et les émissions résultant de ces produits, peu importe la région du monde où ces émissions se produisent.
    • L’expression « terres aménagées » englobe toutes les terres aménagées pour la production de tout type de produit ligneux ou de bioénergie issue du bois à des fins de protection contre les perturbations naturelles ou de conservation des valeurs écologiques. Au sein de ces terres aménagées, le mot « forêt » inclut les superficies d’un hectare ou plus qui ont le potentiel de développer un couvert forestier doté d’une fermeture minimale de 25 % et dont la hauteur minimale des arbres est de 5 m à maturité in situ.
    • Les superficies touchées par les insectes (voir la deuxième figure) comprennent seulement les superficies exposées aux perturbations naturelles et pour lesquelles la mortalité des arbres causée par des insectes excédait 20 % de la biomasse.
    • Dans la troisième figure, toutes les superficies touchées par les insectes sont présentées (activités humaines et perturbations naturelles).
    • Lorsqu’un peuplement est ravagé par un feu qui le renouvelle, les émissions qui en résultent et leur élimination subséquente durant la régénération sont comptabilisées dans la catégorie « perturbations naturelles ». Lorsque les peuplements en processus de renouvellement atteignent la maturité aux fins de l’exploitation commerciale, les émissions et les absorptions sont comptabilisées dans la catégorie « mesures de gestion ». Les peuplements touchés par des perturbations partielles causant plus de 20 % de mortalité sont comptabilisés dans la catégorie « perturbation naturelle » jusqu’à ce que se rétablisse la biomasse perdue.
    • L’estimation des émissions issues des produits ligneux récoltés fait appel à la « méthode de production » du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat et inclut les émissions annuelles de tous les produits ligneux récoltés au Canada depuis 1900, peu importe leur emplacement actuel. On suppose que les transferts des produits du bois et du papier dans les sites d’enfouissement s’oxydent instantanément en CO2.
    • Dans le cas des terres forestières touchées par un changement d’utilisation, les chiffres sur le déboisement et le boisement rendent compte des taux annuels. Les chiffres sur les émissions et absorptions d’éq. CO2 rendent compte de l’année en cours, ainsi que des émissions de l’année visée par le rapport provenant de terres forestières qui ont été converties au cours des 20 années antérieures. Ainsi, les chiffres sur les émissions d’éq. CO2 comprennent les émissions résiduelles des zones déboisées au cours des 20 dernières années. Les chiffres sur l’absorption d’éq. CO2 durant l’année visée par le rapport comprennent les absorptions continues de l’ensemble des zones reboisées des 20 dernières années.
      • Les émissions sont caractérisées par le signe positif. Les absorptions sont caractérisées par le signe négatif.
    • À partir de 2015, les règles internationales des rapports sur les émissions de GES découlant des produits ligneux récoltés ont changé. Par conséquent, le Canada déclare le bilan net des GES des écosystèmes forestiers et le bilan net des GES des produits ligneux récoltés. Par le passé, on assumait que tout le bois récolté dans une forêt libérait instantanément tout le carbone stocké dans l’atmosphère, on ne tenait pas compte du stockage à long terme du carbone dans les maisons et autres produits du bois de longue durée. Faire rapport sur le sort du carbone dans le bois récolté favorise tant la gestion durable des forêts que la gestion des produits ligneux récoltés qui permet de prolonger le stockage du carbone.
    • Pour obtenir de plus amples renseignements, voir :
 

Table des matières — Rapport sur l'état des forêts au Canada

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