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Comment les perturbations façonnent-elles les forêts du Canada?

Chaque année, les insectes, les maladies, les feux de forêt et la sécheresse touchent plus de 18 millions d’hectares de forêts au Canada. En tuant les arbres, les perturbations naturelles augmentent la pénétration de la lumière et perturbent le sol dans des proportions différentes, selon le type de perturbation et sa gravité. Ces changements permettent à leur tour à de nouveaux arbres de germer, de croître et d’amorcer une nouvelle succession forestière – voilà comment des forêts entières repoussent.

La succession façonne les paysages en produisant divers types de forêts, avec des arbres d’âges et d’essences différents qui contribuent à la biodiversité. En tuant les arbres, les perturbations naturelles contribuent au cycle des nutriments et offrent également un habitat à de nombreux insectes, oiseaux et animaux qui se nourrissent de bois mort, ou y vivent. Les perturbations naturelles génèrent une multitude de types de forêts à l’échelle du Canada.

Perturbations naturelles d’origine abiotique et biotique

Les perturbations naturelles peuvent être causées par des facteurs abiotiques (c’est-à-dire les composantes non vivantes de l’environnement, comme la température, l’eau ou le vent) ou biotiques (c’est-à-dire les parties vivantes des écosystèmes, comme les insectes, les champignons ou les bactéries). Les perturbations abiotiques sont causées par des forces naturelles comme le vent, l’eau ou le feu. Les perturbations biotiques sont causées par des populations élevées d’un organisme, comme la tordeuse des bourgeons de l’épinette ou le dendroctone du pin ponderosa. Les perturbations abiotiques et biotiques ont des caractéristiques différentes.

Perturbations abiotiques

  • sont causées par des conditions météorologiques extrêmes et sont presque impossibles à prévoir.
  • ne durent que quelques heures ou quelques jours et tuent la plupart des arbres pendant cette période.
  • tuent les arbres sains.
  • touchent la totalité ou la quasi-totalité des essences.
  • perturbent physiquement les sols.

Perturbations biotiques

  • peuvent être prévues grâce à une surveillance efficace.
  • peuvent durer une décennie, par conséquent, les arbres mettent plusieurs années à mourir.
  • tuent les arbres faibles, car ceux-ci sont affaiblis pendant plusieurs années avant de mourir.
  • touchent généralement un nombre limité d’essences.
  • ne perturbent pas physiquement les sols, mais les épidémies d’insectes peuvent améliorer le cycle des nutriments du sol par les excréments des chenilles.
 
Gros coléoptère de couleur noire pourvu d’antennes plus longues que son corps reposant sur un tronc d’arbre.
Longicorne noir

Perturbations naturelles et biodiversité

Contrairement à la croyance populaire, les forêts brûlées ne sont pas des déserts pour la biodiversité. Par exemple, pendant les semaines ou les mois qui suivent un feu de forêt :

  • Les bleuets et les morilles colonisent rapidement les forêts brûlées, tandis que d’autres plantes, comme le pin gris, ne se régénèrent que dans les sols brûlés par les feux de forêt.
  • Le nombre d’espèces d’insectes présentes dans les forêts récemment brûlées est deux fois plus élevé que dans les forêts non brûlées.
  • La fumée attire de nombreux insectes dans les forêts brûlées, et plusieurs espèces d’insectes vivent dans des arbres brûlés, mais encore sur pied, appelés chicots. Ces insectes associés aux brûlis sont rarement présents dans les forêts vertes.
  • L’écorce offre une isolation contre la chaleur et, même dans les arbres brûlés, le bois sous l’écorce demeure nutritif pour de nombreux insectes xylophages après un incendie. Cette caractéristique est particulièrement vraie pour les arbres ayant une écorce épaisse ou après des feux d’intensité faible ou modérée.
  • Dans la forêt boréale, après que les longicornes ont colonisé les chicots brûlés, on constate une forte augmentation du nombre de pics à dos noir, qui se nourrissent de ces insectes.

En revanche, les épidémies d’insectes ne provoquent pas de changements aussi rapides au niveau des peuplements. La biodiversité reste semblable à celle observée lorsque les populations d’insectes étaient à un niveau endémique et en équilibre avec leur environnement. Par exemple, on trouve peu de longicornes dans les arbres tués par la tordeuse des bourgeons de l’épinette, par rapport aux arbres tués par le feu. Il n’y a pas d’insectes précis « associés aux épidémies », alors qu’il existe de nombreux insectes « associés aux brûlis ». Cependant, la biodiversité change progressivement à mesure qu’une épidémie progresse, comme dans le cas des épidémies de dendroctone du pin ponderosa ou de tordeuse des bourgeons de l’épinette, qui ont touché des millions d’hectares de forêt au cours de la dernière décennie.

Pic de couleur noire et blanche orné d’une tache jaune en forme de couronne perché sur un tronc d’arbre à l’entrée de son nid.
Pic à dos noir

Perturbations naturelles et qualité du bois

Chaque type de perturbation naturelle entraîne la colonisation par un groupe unique d’insectes des arbres morts qui en résultent. On les appelle les insectes colonisateurs primaires, et ce sont les premiers insectes qui font des arbres morts leur habitat. Chaque type d’insecte colonisateur primaire affecte différemment la qualité du bois des arbres morts.

Par exemple, à la suite d’un feu de forêt, le longicorne noir creuse des trous profonds dans le bois, ce qui réduit rapidement la valeur du bois d’œuvre pour la coupe de récupération, c’est-à-dire la récolte des arbres après une perturbation naturelle. En revanche, les arbres tués par la tordeuse des bourgeons de l’épinette sont colonisés par des insectes et des champignons qui provoquent une diminution progressive de la qualité de la fibre de bois.

Sur le plan écologique, la colonisation des chicots par les insectes et les champignons favorise la décomposition du bois, mais sur le plan économique, cela diminue la qualité et la valeur du bois. Les plans de coupe de récupération doivent être adaptés à chaque type de perturbation afin d’éviter les peuplements gravement touchés par les insectes colonisant le bois. Cette adaptation permet non seulement de maximiser les avantages pour le secteur, mais aussi d’assurer la conservation de la biodiversité, car ces peuplements sont considérés comme ayant une grande valeur de conservation pour la biodiversité.

Sources et renseignements
Références photographiques
  • Photo du longicorne noir par Jocelyn Lebel, Ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs du Québec.
  • Pic à dos noir nourrissant ses petits, image de photothèque par Frank Fichtmüller pour iStockphoto/Getty Images.

 

Table des matières — Rapport sur l'état des forêts au Canada

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