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Transformation de la chaleur résiduelle d’une usine de pâte à papier en millions de concombres

Une histoire de durabilité environnementale

In 1989, la petite ville de Saint-Félicien, au Québec, a été confrontée à un problème de gestion des déchets de bois provenant des scieries locales, qu’on appelle les résidus, c’est-à-dire une biomasse de faible qualité et de faible valeur apparente. Après mûre réflexion, la ville a décidé de faire de ces résidus une précieuse source d’électricité. En 1996, elle avait construit une centrale de cogénération alimentée à la biomasse, fournissant de l’électricité à 23 000 foyers, de la vapeur pour les séchoirs à bois d’une scierie, des cendres résiduelles pour l’amélioration des sols agricoles et de l’eau chaude pour répondre aux besoins énergétiques agricoles locaux.

Vue aérienne des Serres Toundra.
Le complexe des Serres Toundra.

Une vision de l’avenir

Cette ville du nord du Québec, qui compte 10 000 habitants, n’en avait pas fini avec l’aménagement durable des forêts. En 2014, la ville de St-Félicien s’est jointe à Eric Dubé, la famille Fradet et les Produits forestiers Résolu. Ce partenariat a permis de construire l’un des plus grands complexes de serres au Québec : les Serres Toundra, des installations à la fine pointe de la technologie. L’objectif des Serres Toundra était d’aider le Québec à produire une plus importante proportion des légumes consommés par sa population, réduisant ainsi l’importation des produits provenant de l’extérieur de la province et contribuant à la création d’une chaîne d’approvisionnement plus résiliente. La serre a été conçue pour utiliser les résidus — dans le cas présent, l’eau et le CO2 — provenant de Produits forestiers Résolu, une usine de pâte adjacente basée à Saint-Félicien, afin de compenser les vastes besoins énergétiques d’une grande serre. Le concept derrière l’utilisation de serres pour faire pousser des légumes n’est peut-être pas révolutionnaire, mais le complexe Toundra – qui emploie la réutilisation de déchets comme précieux intrants et une technologie innovante – fait partie de la transition accélérée plus large vers une économie circulaire.

L’économie circulaire est une combinaison de mesures qui contribuent à la transformation de notre économie linéaire, laquelle prend, produit, puis rejette. Dans le contexte d’une économie circulaire, les déchets sont produits à partir des processus de production; les matériaux sont utilisés plus longtemps et les cycles naturels restaurés. À Saint-Félicien, les activités de l’économie circulaire ont été réalisées grâce à de nouvelles relations d’affaires et à de nouveaux investissements qui ont valorisé les résidus d’un procédé de production et les ont utilisés comme intrants dans un autre.

L’économie circulaire est une combinaison de mesures qui contribuent à la transformation de notre économie linéaire, laquelle prend, produit, puis rejette. Dans le contexte d’une économie circulaire, les déchets sont produits à partir des processus de production; les matériaux sont utilisés plus longtemps et les cycles naturels restaurés. À Saint-Félicien, les activités de l’économie circulaire ont été réalisées grâce à de nouvelles relations d’affaires et à de nouveaux investissements qui ont valorisé les résidus d’un procédé de production et les ont utilisés comme intrants dans un autre.

Dans l’ensemble, la bioéconomie circulaire est un secteur de croissance en émergence dans l’économie du Québec et celle du Canada; elle constitue un volet important des engagements pris par le Canada sur les plans national et international, notamment en ce qui a trait au Programme de développement durable à l’horizon 2030 des Nations Unies et au Processus de Montréal.

Étant donné que les intrants — les résidus — sont renouvelables et gérés de manière durable, et que les extrants — les légumes — sont compostables, l’économie circulaire soutient les cycles naturels, notamment le recyclage des éléments nutritifs et la gestion du carbone. Lorsque l’économie circulaire utilise des matières organiques, elle devient une bioéconomie circulaire.

Transformation de la chaleur et du dioxyde de carbone en concombres

En décembre 2016, le complexe des Serres Toundra a achevé la première étape de sa construction, laquelle couvrait 8,5 hectares (ha), produisant des millions de concombres annuellement et employant plus de 100 personnes. À la fin de 2020, le complexe des Serres complètera la deuxième étape de la construction, couvrant 19 ha et employant plus de 150 personnes. Les rejets thermiques de l’usine de pâte adjacente permettront de satisfaire 25 % des besoins de chauffage des serres, réduisant ainsi les coûts en énergie des serres. L’usine pourra également réduire ses émissions de gaz à effet de serre à un rythme équivalant au retrait de plus de 2 000 véhicules du réseau routier par année.

Illustration d’une usine avec deux cheminées industrielles qui représentent les années 2007 et 2017. La différence de leur taille représente la variation des émissions de gaz à effet de serre produites entre les deux années.
Version texte

Illustration d’une usine avec deux cheminées industrielles de différentes tailles. Les cheminées industrielles représentent les années 2007 et 2017. La différence de leur taille représente la variation des émissions de gaz à effet de serre (GES) produites entre les deux années. De 2007 à 2017, les émissions de GES totales ont baissé de 42 %.

À l’aide de la technologie de captage du carbone, les Serres Toundra recueilleront également jusqu’à 30 tonnes de CO2 par jour provenant de l’usine de pâte à papier pour les injecter de manière contrôlée dans la serre afin d’améliorer la photosynthèse et d’optimiser la production. Et conformément à son engagement envers la durabilité environnementale, 98 % de l’eau utilisée est récupérée pour être réutilisée; aucun pesticide n’est utilisé; tous les véhicules dans la serre sont électriques; et tous les systèmes hydrauliques utilisent de l’huile végétale.

Des conséquences de grande envergure

Les Serres Toundra forment le complexe de serres le plus avancé du point de vue technologique au Canada. Elles se servent de capteurs et de l’automatisation pour fournir de la lumière et des nutriments aux plantes. Il s’agit également d’une des serres les plus productives au Canada.

SUBWAYMD a conclu un contrat visant l’approvisionnement de l’ensemble de ses 850 restaurants au Québec et dans l’est du Canada en concombres de Toundra et Sobeys Québec achète suffisamment de concombres pour approvisionner 420 établissements au Québec. La production locale d’aliments représente un aspect important du marché canadien, qui dépend fortement des importations d’aliments. Une production accrue d’aliments à l’échelle locale se traduit par une chaîne d’approvisionnement d’aliments plus durable et plus résiliente ainsi que par la création d’emplois dans la région et l’attraction d’investissements.

Concombres poussant sur une liane dans les Serres Toundra.
Lianes de concombres dans les Serres Toundra.

En reconnaissance de ce succès exceptionnel, les Serres Toundra se sont vu décerner le prestigieux prix d’entreprise québécois Mercure pour le développement durable. Toutefois, le succès du projet a des conséquences beaucoup plus vastes. Il s’agit d’un excellent exemple de la façon dont les projets peuvent réunir des activités de bioéconomie circulaire et d’autres stratégies, comme la numérisation et la gestion du carbone, afin de créer des possibilités de développement local, à faibles émissions de carbone et durables pour les collectivités forestières partout au Canada.

Sources et renseignements
Références photographiques
  • Photos fournies par Serres Toundra.

Cet article est tiré du rapport annuel 2020 de l'état des forêts au Canada. Téléchargez la version PDF de notre base de données des publications.

Table des matières — Rapport sur l'état des forêts au Canada

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