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Repression des ravageurs forestiers

Les insectes et les pathogènes indigènes jouent un rôle écologique essentiel dans les forêts canadiennes.

En consommant les arbres et les autres matières végétales, les insectes et les microorganismes forestiers contribuent à l’assainissement et à la régénération des écosystèmes forestiers. Ils participent au renouvellement des forêts en éliminant les arbres âgés ou vulnérables, en favorisant le recyclage des éléments nutritifs et en créant de nouveaux habitats et des sources de nourriture pour les espèces sauvages.

Ce n’est toutefois pas pour leurs effets écologiques bénéfiques que les insectes et les pathogènes forestiers font parfois la manchette. En cas d’infestation ou d’épidémie grave, ils peuvent détruire ou ravager de vastes étendues de forêts d’une grande valeur commerciale ou attaquer des produits forestiers canadiens destinés à l’exportation. Les insectes et pathogènes, qu’ils soient indigènes ou exotiques, sont alors considérés comme des ravageurs.

Le dendroctone du pin ponderosa, la tordeuse des bourgeons de l’épinette, la spongieuse et l’agent de la maladie hollandaise de l’orme sont des ravageurs forestiers bien connus qui ont causé des pertes économiques considérables.

 

Espèces indigènes, exotiques et envahissantes

Les insectes et agents pathogènes forestiers présents au Canada sont généralement répartis en trois grandes catégories :

  • Espèces indigènes : espèces présentes au Canada depuis des milliers d’années et causant périodiquement des infestations ou des épidémies. Exemples : tordeuse des bourgeons de l’épinette et dendroctone du pin ponderosa.
  • Espèces exotiques : espèces introduites récemment dans les forêts canadiennes, également qualifiées de non indigènes ou d’étrangères. Exemples : agrile du frêne, longicorne brun de l’épinette ou agent de la maladie hollandaise de l’orme.
  • Espèces envahissantes : espèces capables de se propager dans des écosystèmes non compris dans leur aire de répartition naturelle connue.

Les termes « exotiques » et « envahissantes » font référence à des déplacements d’un écosystème à un autre, et non d’un pays à l’autre. Ainsi, une espèce qui se propage à de nouveaux écosystèmes à l’intérieur d’un même pays peut être considérée comme exotique et envahissante si elle étend son aire de répartition au-delà de ses limites habituelles. La propagation du dendroctone du pin ponderosa des forêts de pin tordu de la Colombie-Britannique aux forêts de pin gris de l’Alberta est un exemple d’insecte forestier indigène qui est devenu envahissant.

Vidéo - Le dendroctone du pin ponderosa et les incendies dans nos forêts

Cette vidéo décrit le rôle joué par les feux et le dendroctone du pin ponderosa au niveau des forêts et comment les stratégies d'aménagement de la forêt comme les brûlages dirigés peuvent aider à rétablir l'équilibre et la santé des écosystèmes forestiers. Durée : 5:03

Lien à la vidéo

D’alliés à ennemis

Les insectes et pathogènes indigènes sont généralement considérés comme peu préoccupants lorsqu’ils sont présents à des densités trop faibles pour qu’ils occasionnent des dommages.

La situation peut toutefois changer si ces organismes deviennent envahissants ou si leurs effectifs ou les dommages qu’ils infligent dépassent un seuil jugé acceptable. Lorsqu’elles entraînent des dommages écologiques et des pertes économiques mesurables (p. ex. dépérissement d’un écosystème ou réduction importante du volume de fibres de bois disponible), les infestations ou épidémies sont considérées comme des perturbations pouvant justifier la mise en place de mesures de lutte active.

Les gestionnaires des ressources forestières ont dès lors la double tâche d’évaluer les risques posés par les infestations et épidémies potentielles, celles en cours et leur propagation et, sur la base de cette évaluation, de prendre des décisions éclairées en vue de gérer les écosystèmes forestiers de manière à réduire le plus possible les répercussions négatives des infestations et épidémies et à maximiser leurs incidences positives.

Lutte contre les ravageurs forestiers au Canada

Les mesures de lutte mises en œuvre contre les ravageurs forestiers au Canada visent principalement à :

  • préserver la santé des forêts du pays en limitant les perturbations attribuables aux ravageurs qui menacent les composantes valorisées des écosystèmes ainsi que l’accès du secteur forestier aux ressources ligneuses et ressources connexes qui présentent une grande valeur commerciale;
  • prévenir l’introduction et la propagation d’espèces exotiques au Canada.

À ces fins, le Canada — les gouvernements provinciaux, territoriaux et fédéral — privilégient une approche de lutte intégrée. Les mesures de lutte intégrée sont choisies d’après leurs incidences à court et à long terme et les caractéristiques de la zone touchée et du ravageur ciblé.

La responsabilité de mettre en place des mesures de lutte contre les ravageurs forestiers au Canada dépend des caractéristiques du ravageur en cause et de l’endroit où se produisent les infestations ou les épidémies. Dans cette façon de faire, on tient compte de la diversité des pratiques et des priorités en matière de gestion forestière qui existent à l’échelle de ce vaste pays en grande partie boisé. En général, c’est le statut de propriété de la forêt touchée qui détermine à qui incombe cette responsabilité. Les gouvernements fédéral, provinciaux, territoriaux et municipaux s’acquittent donc de cette responsabilité à l’échelle du territoire qui relève de leur compétence. Les propriétaires de forêts privées sont responsables de mettre en place leurs propres mesures de lutte antiparasitaire.

Le gouvernement fédéral est également responsable de la lutte contre les espèces envahissantes réglementées partout où elles se trouvent au Canada.

Tous les gestionnaires forestiers se fondent sur les informations scientifiques et la technologie disponibles pour lutter contre les ravageurs à l’échelle du territoire qui relève de leur compétence. Le Service canadien des forêts (SCF) est la principale source de soutien scientifique et technologique concernant les ravageurs forestiers pour tous les intervenants, y compris des organismes fédéraux comme l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) et Environnement Canada.

Les contributions scientifiques et technologiques du SCF incluent la communication d’informations sur l’identité, la biologie et l’écologie des ravageurs forestiers et leurs incidences écologiques et économiques et l’élaboration d’outils et de stratégies spécialisés en appui au processus décisionnel fondé sur la preuve. Le SCF joue un rôle de premier plan dans l’application de la Stratégie nationale de lutte contre les ravageurs forestiers, initiative du Conseil canadien des ministres des forêts visant à harmoniser et à partager les connaissances et l’expertise disponibles dans le secteur complexe de la lutte contre les ravageurs forestiers.

Les infestations d’insectes et épidémies de pathogènes indigènes sont des processus naturels récurrents qui comportent de nombreux avantages écologiques. Elles peuvent toutefois occasionner de graves problèmes lorsque l’ampleur des dommages qu’elles infligent ou la rapidité de leur propagation menace la productivité forestière et compromet la viabilité des composantes valorisées des écosystèmes forestiers.
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