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Répercussions économiques

Les pertes de revenus causées par les insectes et pathogènes forestiers au Canada et le coût des mesures de prévention, de lutte et d’atténuation des risques mises en place au fil des ans sont évalués à plusieurs centaines de millions de dollars.

Le principal impact économique direct des infestations d’insectes et des épidémies est la réduction de l’approvisionnement en bois pour le secteur forestier. Une chute des volumes de récolte a de graves conséquences économiques pour les entreprises forestières et les communautés qui en dépendent. Les infestations et les épidémies peuvent également compromettre la production de sirop d’érable et la poursuite d’activités récréatives en forêt comme le camping et l’observation des espèces sauvages et de la nature en général. Dans divers milieux urbains comme les parcs, les places publiques et les boulevards, où les arbres sont très prisés pour les avantages qu’ils procurent (ombrage, habitat pour les oiseaux, valeur esthétique, etc.), les lourdes pertes occasionnées par les infections peuvent entraîner des coûts de remplacement très élevés.

Il peut arriver que des mesures d’atténuation coûteuses soient mises en place pour freiner la propagation des ravageurs en cause avant même que de telles pertes économiques surviennent.

Les mesures de lutte et les mesures réglementaires requises en cas d’infestation ou d’épidémie sont fort coûteuses. Le Canada affecte des sommes considérables au traitement phytosanitaire des produits forestiers potentiellement infestés ou infectés destinés à l’exportation afin de prévenir l’introduction accidentelle de ravageurs dans d’autres pays.

Les répercussions économiques indirectes d’une infestation ou d’une épidémie grave entraînant des dommages écologiques importants incluent une pléthore de coûts environnementaux et sociaux allant de la dégradation de la qualité de l’eau et de l’air et de la perte d’habitat faunique et de diversité génétique à la dégradation de la valeur esthétique des paysages.

Au Canada, les pertes de volume ligneux résultant de la mortalité et de la réduction de la croissance des arbres causées par les insectes et les pathogènes forestiers sont évaluées à plusieurs centaines de millions de dollars. Les ravageurs suivants ont occasionné des dommages particulièrement importants :

  • La tordeuse des bourgeons de l’épinette est un important défoliateur indigène des conifères, principalement du sapin baumier et, occasionnellement, d’autres espèces de conifères. Au milieu des années 1980, ce ravageur a détruit plus de 10 millions de mètres cubes de bois au Québec seulement.
  • Proche parente de l’espèce précédente, la tordeuse occidentale de l’épinette attaque le douglas. Même si elle est la cible du plus ambitieux programme de pulvérisation annuelle au Canada depuis le milieu des années 1990, elle a défolié annuellement plus d’un demi-million d’hectares de forêt en un peu plus d’une décennie.
  • Le dendroctone du pin ponderosa est est un insecte indigène qui inflige périodiquement de graves dommages aux pins matures dans l’Ouest de l’Amérique du Nord. Le pin tordu est son principal hôte dans l’Ouest du Canada, mais le pin ponderosa et même le pin gris sont également attaqués et tués. Entre 1998 et 2009, ce ravageur a détruit quelque 675 millions de mètres cubes de pin en Colombie-Britannique, soit près de la moitié du volume de pin d’importance commerciale dans la province.
  • La rouille vésiculeuse du pin blanc est causée par un pathogène exotique introduit au Canada au début des années 1900. La maladie a causé une forte mortalité annuelle chez deux espèces de pins blancs, une de l’est et l’autre de l’ouest du pays. Dans les seules provinces des Maritimes, par exemple, la maladie a détruit 84 000 mètres cubes de bois entre 1982 et 1987. La rouille vésiculeuse du pin blanc fait partie d’un complexe de plusieurs pathogènes forestiers qui menacent le pin à blanche écorce, espèce de haute altitude en Colombie-Britannique et en Alberta.

Évaluation des coûts

Les chercheurs estiment à plusieurs centaines de millions de dollars les impacts réels et potentiels des ravageurs forestiers au Canada.

Un rapport préparé en 2009 pour le Conseil canadien des ministres des forêts a révélé que le Canada aurait réalisé annuellement des économies de165 millions de dollars en prévenant l’introduction et l’établissement de quatre importants ravageurs forestiers envahissants, à savoir le longicorne asiatique, l’agrile du frêne, le sirex européen du pin et le Phytophthora ramorum (agent de l’encre des chênes rouges).

Selon ce même rapport :

  • l’établissement d’une seule espèce envahissante au pays entraînerait au cours des 20 prochaines années un coût annuel moyen estimé à 34 millions de dollars;
  • pour chaque dollar investi dans des activités intergouvernementales de prévention, le Canada pourrait épargner 3 dollars en mesures d’atténuation, mesures réglementaires et mesures de lutte s’il parvenait à prévenir l’établissement d’une seule espèce envahissante.

Les montants évoqués ci-dessus sont considérés comme des estimations modérées des pertes réelles infligées par les ravageurs forestiers. Le coût de nombreux impacts comme la réduction de la qualité esthétique du paysage ou la perte de diversité biologique à l’échelle d’un paysage forestier ne peut être évalué de façon précise.

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