Actifs miniers canadiens

Bulletin d’information

(publié en février 2018)

La présence mondiale des sociétés minières canadiennes

(Remarque : Toutes les valeurs sont exprimées en dollars canadiens.)

Le Canada compte environ la moitié des sociétés d’exploitation minière et d'exploration cotées en bourse à l'échelle mondialeNotes de bas de page 1. Grand nombre de ces entreprises sont non seulement actives sur le plan national, mais elles détiennent également d'importantes exploitations à l'étranger. Par conséquent, les actifs miniers canadiensNotes de bas de page 2 (AMC) fournissent des renseignements importants sur l'ampleur et la profondeur de la présence mondiale des sociétés canadiennes d'exploitation minière et d'exploration minérale.

Au total, les AMC étaient détenus par 1 344 entreprises et leur valeur s'est chiffrée à 254,4 milliards de dollars en 2016, soit une baisse de 1,4 % par rapport à la valeur de 258,0 milliards de dollars enregistrée en 2015. De ce total, 651 compagnies détenaient des actifs miniers canadiens à l'étranger (AMCE), d'une valeur totale de 163,9 milliards de dollars, soit une baisse de 3,1 % par rapport à la valeur de 169,1 milliards de dollars enregistrée en 2015. Les sociétés canadiennes ont été présentes dans 101 pays en 2016, soit relativement le même résultat qu'en 2015 (102 pays). Il s’agit toutefois d’une diminution par rapport au sommet de 110 atteint en 2011. Les AMCE représentaient environ les deux tiers des AMC au cours de ces deux années.

Bien que l'année 2016 marque le premier recul d'une année à l'autre des valeurs des AMC et des AMCE, la tendance positive observée au cours des dernières années a été largement favorisée par l'appréciation du dollar américain. De 2013 à 2015, la valeur du dollar américain a augmenté de près de 30 %, passant de 1,064 $ CA à 1,371 $ CANotes de bas de page 3, et a eu une incidence importante sur la valeur des actifs des entreprises déclarant leurs résultats financiers en dollars américains, qui représentent près de 80 % de la valeur totale des AMC. Plus récemment, les taux de change se sont stabilisés, affichant une diminution de 2,8 % en 2016. Si le taux de change était demeuré constant au cours des cinq dernières années (2012 à 2016), la valeur des AMC aurait diminué de 1,6 % en moyenne par année plutôt qu'augmenter de 3,7 %.

AMCE selon la région

Les valeurs des AMCE dans toutes les régions ont enregistré des baisses en 2016, tandis qu'une croissance s'est produite au niveau national. Le tableau 1 présente le montant et le pourcentage des AMCE selon la région. La figure 1 présente le pourcentage des AMCE pour les 10 principaux pays, et la figure 4 donne davantage de renseignements à l’aide d’une carte des régions. L’aperçu régional présenté ci-dessous fait état des changements les plus importants sur le plan de la valeur des actifs et de quelques-uns des principaux facteurs contributifs.

La valeur globale des AMC détenus en Afrique a baissé de 5,5 % en 2016. Les trois premiers pays en termes de valeur (Zambie, République démocratique du Congo [RDC] et Madagascar) ont connu des baisses, la plus importante se produisant en RDC. Cette situation a été partiellement compensée par des gains au Mali et en Afrique du Sud. Les principaux facteurs qui ont contribué aux variations comprenaient :

  • République démocratique du Congo (-1,3 G$) : Lundin Mining a enregistré une perte de valeur à la suite d'une entente définitive visant la vente de sa participation indirecte dans la mine de cuivre-cobalt Tenke Fungurume, laquelle a été conclue en avril 2017.
  • Mali (+308 M$) : B2Gold détient une participation majoritaire dans le projet Fekola Gold, qui était en construction en 2016 et dont la production devrait débuter à la fin de 2017.
  • Afrique du Sud (+401,5 M$) : Platinum Group Metals a intensifié la production de la mine de platine Maseve.

La majorité des AMCE (68,6 %) se trouvait dans l’hémisphère occidental (les Amériques), où la valeur des actifs a légèrement diminué par rapport à l'année précédente. L'Amérique latine et les Caraïbes représentaient 54 % des AMCE avec une valeur de 88,0 milliards de dollars en 2016. La valeur totale dans la région a très peu changé par rapport à l'année précédente, puisque la hausse de la valeur d'actifs détenus au Panama, au Brésil et au Pérou a été compensée par la baisse de la valeur d'actifs au Chili et au Mexique. Les principaux facteurs qui ont contribué aux variations comprenaient :

  • Brésil (+808,1 M$) : Wheaton Precious Metals (anciennement Silver Wheaton), une société de vente de métaux précieux, a de nouveau augmenté sa participation dans la mine de cuivre et d’or de Salobo, détenue par Vale, en 2016.
  • Chili (-1,6 G$) : La mine d’or et d’argent d’El Peñón de Yamana Gold a enregistré une baisse de valeur en 2016.
  • Mexique (-1,1 G$) : Aurcana a vendu sa mine d'argent La Negra à un intérêt étranger. Yamana Gold a vendu sa mine d'or Mercedes à Premier Gold Mines, une autre société canadienne, mais l'actif a été comptabilisé à une valeur inférieure. Primero Mining a enregistré une baisse de valeur à sa mine d'or de San Dimas.
  • Panama (+1,3 G$) : First Quantum Minerals a continué de développer sa mine de cuivre Cobre Panama, qui était complétée à 46 % à la fin de 2016 et dont l'amorce des activités de production est prévue pour 2018. Les dépenses en immobilisations pour le projet devraient totaliser 7,3 milliards de dollars.
  • Pérou (+531,8 M$) : Franco-Nevada a acheté des sous-produits de métaux précieux de la mine de cuivre Antapaccay de Glencore.

Aux États-Unis, près de 250 sociétés canadiennes d'exploitation minière et d'exploration détenaient des intérêts relatifs aux minéraux totalisant 24,5 milliards de dollars, ce qui représente 15 % du total. Cette situation est demeurée relativement inchangée par rapport à l'année précédente.

Après avoir connu la plus forte croissance d’AMCE l'année précédente, l'Asie a connu la plus forte baisse en pourcentage (-19,4 %) en 2016. Cette diminution est principalement attribuable à la vente par Eldorado Gold de ses intérêts aurifères en Chine, notamment les mines d'or Jinfeng, White Mountain et Tanjianshan, et le projet aurifère Eastern Dragon.

En Europe, la valeur des AMCE a diminué de 8,5 % en 2016, soit un montant similaire à celui enregistré l'année dernière. La baisse est survenue principalement en Finlande (-1,2 milliard de dollars), où First Quantum Minerals a vendu la mine Kevitsa, exploitant le cuivre, le nickel et les éléments du groupe platine.

En 2016, la valeur des AMCE en Océanie a diminué de 4,2 % pour atteindre 4,1 milliards de dollars. Près des trois quarts de la valeur totale de cette région se situent en Australie (-246 millions de dollars), où Cameco a décidé de radier la valeur totale de son projet d'uranium Kintyre.

AMC selon le type de société

La valeur globale des AMC détenus par les petites sociétésNotes de bas de page 4 se chiffrait à 15,5 milliards de dollars en 2016. Cette situation est demeurée relativement inchangée par rapport à l'année précédente. Cependant, le nombre de petites sociétés a diminué de 6 %, passant de 1 268 entreprises en 2015 à 1 188 en 2016. Plusieurs de ces entreprises ont fusionné ou ont été rachetées alors que d’autres ont quitté ce secteur industriel, sont devenues inactives ou ont déclaré faillite.

En 2016, les petites sociétés représentaient près de 90 % de l’ensemble des sociétés minières et environ 6 % de la valeur totale des AMC. La majorité de la valeur de leurs actifs (40 %) se trouvait au Canada, et 38 % se trouvaient ailleurs dans les Amériques. La figure 2 présente un aperçu des AMC détenus par les petites sociétés, par région.

En 2016, la valeur totale des AMC détenus par les grandes sociétésNotes de bas de page 4 a diminué de 1,6 % pour atteindre 254 milliards de dollars. Les grandes sociétés représentaient plus de 90 % de la valeur des AMC, tandis que les dix principales sociétés représentaient plus de 60 % du total, affichant une valeur cumulative de 158,5 milliards de dollars. Les grandes sociétés détenaient une plus petite part de leurs actifs au Canada (35 %) et une plus grande part dans le reste des Amériques (45 %). La figure 3 présente un aperçu de la valeur des AMC détenus par les grandes sociétés, par région.

Variations annuelles

Il est important de tenir compte des causes des variations lorsque l’on compare les fluctuations des totaux des actifs sur plusieurs années. Les ajouts à l'inventaire des actifs sont principalement attribuables au développement et à la construction d'actifs miniers. Les diminutions découlent de radiations de biens miniers, de la baisse de valeur, de la vente et de la fermeture de mines. Les fluctuations du taux de change, les changements de méthodes comptables, les fusions et les acquisitions ainsi que le déménagement des sièges sociaux des sociétés contribuent également aux variations de la valeur annuelles. 

Utilisation des statistiques sur les AMCE

Les AMCE visent à fournir un aperçu de la présence mondiale des sociétés canadiennes d'exploitation minière et d'exploration ainsi que de l'ampleur de cette présence dans un pays donné. Il est important de bien réfléchir avant de répondre à la question « Quelle est la valeur des investissements miniers canadiens dans le pays X? » Les AMCE, tels qu’ils sont calculés par Ressources naturelles Canada, diffèrent des chiffres de l’investissement direct canadien à l’étranger (IDCE) qui sont estimés par Statistique Canada. L’IDCE est basé sur l’investissement direct à l’étranger (IDE), tel qu’il est défini à l’échelle internationale, en fonction des systèmes de comptabilité nationaux. Les AMCE sont fondés sur les normes comptables utilisées par les sociétés ouvertes et les vérificateurs au Canada. Les principales différences entre les deux méthodes de calcul sont présentées dans le tableau 2. 



 

Figure 1
Pourcentage des AMCE au pays, en 2016 (dpr)

 

 

Source : Ressources naturelles Canada.
(dpr) données provisoires.

Version textuelle

Figure 1
Pourcentage des AMCE au pays, en 2016 (dpr)

La figure 1 est un diagramme circulaire qui montre les principaux pays où se trouvaient des actifs miniers canadiens à l’étranger en 2016. Plus de la moitié des actifs miniers canadiens à l’étranger sont situés dans cinq pays de l’hémisphère occidental : États-Unis (15 %), Mexique (11 %), Chili (11 %), Argentine (8 %) et Brésil (6 %). Les autres pays importants sont le Pérou, la Zambie, le Panama, la République dominicaine et la Chine, dont la part varie de 2 % à 6 %.


Figure 2
AMC de petites sociétés, par région, en 2015 et en 2016 (dpr)

 

 

Source : Ressources naturelles Canada.
(dpr) données provisoires; G$ = milliards de dollars.

Version textuelle

Figure 2
AMC de petites sociétés, par région, en 2015 et en 2016 (dpr)

La figure 2 est un graphique en colonnes qui montre la répartition géographique des actifs miniers canadiens de petites sociétés en 2015 et en 2016. La valeur des actifs se trouvant au Canada était évaluée à environ 6 milliards de dollars après une faible augmentation en 2016. La valeur des actifs dans le reste des Amériques a connu une légère diminution en 2016 pour atteindre un peu moins de 6 milliards de dollars. En Afrique, les actifs avaient une valeur approximative de 2 milliards de dollars, soit une légère baisse par rapport à 2015. Les actifs en Océanie, en Asie et en Europe étaient évalués à près de 0,5 milliard de dollars, 0,3 milliard de dollars et 0,3 milliard de dollars respectivement et avaient relativement la même valeur qu’en 2015.


Figure 3
AMC de grandes sociétés, par région, en 2015 et en 2016 (dpr)

 

 

Source : Ressources naturelles Canada.
(dpr) données provisoires; G$ = milliards de dollars.

Version textuelle

Figure 3
AMC de grandes sociétés, par région, en 2015 et en 2016 (dpr)

La figure 3 est un graphique en colonnes qui montre la répartition géographique des actifs miniers canadiens de grandes sociétés en 2015 et en 2016. Dans les Amériques (sauf le Canada), la valeur des actifs était évaluée à environ 106 milliards de dollars en 2015 et en 2016. Au Canada, la valeur des actifs était évaluée à 83 milliards de dollars en 2015 et en 2016. Pendant cette même période, les actifs en Afrique avaient une valeur approximative de 26 milliards de dollars tandis que ceux en Europe et en Asie avaient une valeur approximative de 10 milliards de dollars. En Océanie, la valeur des actifs en 2015 et en 2016 était d’environ 4 milliards de dollars.


Figure 4
Répartition géographique des AMC, en 2016 (dpr)

 

 

Source : Ressources naturelles Canada.
(dpr) données provisoires; M$ = millions de dollars; G$ = milliards de dollars.
Remarques : Tous les montants sont présentés en dollars canadiens. Le nombre de sociétés par région est valable pour l’année de référence 2016 et ne correspond pas au total, car les sociétés peuvent être actives dans de nombreux pays.

Version textuelle

Figure 4
Répartition géographique des AMC, en 2016 (dpr)

La figure 4 est une carte du monde. Le code de couleur utilisé correspond à une échelle de valeurs des actifs miniers canadiens que possèdent les pays (par exemple, les pays colorés en vert pâle possèdent des actifs miniers canadiens d’une valeur de 10 millions de dollars à 100 millions de dollars). La valeur des actifs canadiens en 2015 et 2016 ainsi que le nombre de sociétés canadiennes sont indiqués pour chacun des continents, ainsi que pour le Canada, les États-Unis et le Mexique individuellement. Veuillez consulter le tableau 1 pour connaître les valeurs spécifiques de chaque région.


Tableau 1. AMC par région, en 2015 et en 2016 (dpr)
Région 2015 2016 (dpr) Variation
(G$) (%)
Afrique 30,3 28,6 -5,5
Amériques (sauf le Canada) 112,8 112,5 -0,3
Asie 11,0 8,9 -19,4
Europe 10,7 9,8 -8,5
Océanie 4,3 4,1 -4,2
Total AMCE 169,1 163,9 -3,1
Canada 88,8 90,4 1,8
Total AMC 258,0 254,4 -1,4

Source : Ressources naturelles Canada.
(dpr) données provisoires; G$ = milliards de dollars.
Remarque : Les totaux peuvent varier en raison de l’arrondissement des chiffres.


Tableau 2. Comparaison de l’IDCE et des AMCE
IDCE AMCE
L’investissement doit provenir de sources canadiennes. La source de financement est sans importance.
Tient compte de tout l’actif et de tout le passif. Tient compte uniquement de la valeur des actifs miniers à long terme.
Les données sont basées sur la destination première (si l’investissement est destiné au Mexique et qu’il passe par une filiale américaine, il est attribué aux États-Unis). Les données sont basées sur la destination finale (pour la transaction présentée dans la colonne de gauche, l’investissement est considéré comme un AMCE au Mexique).
Société canadienne : constituée au Canada avec des sociétés étrangères affiliées. Société canadienne : le siège social doit être situé au Canada et ne pas être sous contrôle étranger.
Les données par région pour l’exploitation minière sont limitées. Les données sur les AMCE sont fournies par pays.

Source : Ressources naturelles Canada.

 

Annexe 1. Actifs miniers canadiens (AMC) selon le pays et la région, en 2015 et en 2016

© Sa Majesté la Reine du chef du Canada, représentée par le ministre des Ressources naturelles, 2018