Actifs miniers canadiens

Bulletin d’information, décembre 2016

(publié en janvier 2017)

La présence mondiale des sociétés minières canadiennes

(Remarque : Toutes les valeurs sont exprimées en dollars canadiens.)

La valeur totale des actifs miniers canadiensNote de bas de page 1(AMC) s’est chiffrée à 259,1 G$ en 2015, une augmentation de 3,5 % par rapport à celle de 250,3 G$ affichée en 2014. Les actifs miniers canadiens à l’étranger (AMCE) ont pour leur part atteint une valeur totale de 170,8 G$, ce qui représente une hausse de 2,6 % comparativement à celle de 166,4 G$ enregistrée l’année précédente. Les AMCE ont représenté deux tiers des AMC au cours de ces deux années.

Depuis 2013, les fluctuations du taux de change ont eu un effet de plus en plus marqué sur la valeur des AMC des entreprises dont les actifs sont libellés en dollars américains. Bien qu’elles ne représentaient qu’un peu plus de 10 % de l’ensemble des sociétés, ces dernières ont compté pour près de 90 % de la valeur des AMC en 2015. La valeur du dollar américain est passée de 1,153 $ CA à la fin de l’année 2014 à 1,371 $ CA à la fin de l’année 2015, soit une augmentation de 18,9 %Note de bas de page 2. Si le taux de change était demeuré stable, la valeur des AMC aurait chuté de 9,6 % plutôt que bondir de 3,5 % en 2015, alors que le taux de croissance annuel moyen des cinq dernières années en dollars canadiens se serait limité à 2,9 % au lieu d’atteindre 7,6 %.

Les sociétés canadiennes d’exploitation minière et d’exploration ont été présentes dans 102 pays en 2015, soit une diminution par rapport au sommet de 110 atteint en 2011. La majorité des AMCE (66,3 %) se trouvait dans l’hémisphère occidental (les Amériques) et leurs valeurs sont demeurées semblables à celles de l’année précédente. En 2015, la valeur des actifs d’Afrique et d’Asie a crû tandis que celle des actifs d’Océanie et d’Europe s’est contractée. Le tableau 1 présente le montant et le pourcentage des AMCE selon la région et la figure 3 donne davantage de renseignements à l’aide d’une carte des régions. L’aperçu régional présenté ci-dessous fait état des changements les plus importants et de quelques-uns des principaux facteurs contributifs.

En Afrique, la croissance s’est avérée importante (15,9 %) en 2015 alors que les deux pays ayant enregistré les meilleurs gains, soit la Zambie et la République démocratique du Congo, ont vu cette augmentation seulement en partie atténuée par le repli qui s’est produit à Madagascar :

  • République démocratique du Congo (+1,3 G$) : Ivanhoe Mines a réévalué son projet de cuivre de Kamoa à la suite de la vente partielle de ce dernier.
  • Madagascar (-1,6 G$) : Sherritt International a enregistré une baisse de valeur par rapport à son projet d’extraction de nickel et de cobalt d’Ambatovy dans lequel elle détient une participation de 40 %. SNC-Lavalin détenait également une participation de 5 % dans ce projet, qui a été cédée en 2015.
  • Zambie (+2,3 G$) : First Quantum Minerals a inauguré sa mine de cuivre de Sentinel en 2015 et poursuit ses investissements dans la mine de cuivre de Kansanshi, la plus vaste d’Afrique.

En Amérique latine, région représentant 52 % des AMCE, les augmentations qui se sont produites au Brésil, au Panama, et au Pérou ont été contrebalancées par les diminutions constatées au Chili, en République dominicaine et au Guatemala. Cette situation a fait en sorte que la valeur globale des actifs de la région, qui s’était établie à 88,5 G$ en 2015, est demeurée semblable à celle de l’année précédente :

  • Brésil (+1,7 G$) : Silver Wheaton, une société de vente de métaux précieux, a augmenté sa participation dans la mine de cuivre et d’or de Salobo, détenue par Vale.
  • Chili (-2,4 G$) : Barrick Gold a cédé à Antofagasta Plc sa participation de 50 % dans la mine de cuivre de Zaldívar. La mine d’or et d’argent d’El Peñón de Yamana Gold a enregistré une baisse de valeur.
  • République dominicaine (-1,6 G$) : Les propriétaires de la mine d’or, d’argent et de cuivre de Pueble Viejo, Goldcorp (40 %) et Barrick Gold (60 %) ont enregistré des baisses de valeur.
  • Guatemala (-0,9 G$) : Goldcorp a enregistré une baisse de valeur comparativement à la valeur comptable de la mine d’or et d’argent de Martin et s’est départie d’une participation minoritaire dans une société détenant des actifs miniers au Guatemala.
  • Panama (+2,2 G$) : First Quantum Minerals a poursuivi l’aménagement de la mine de cuivre de Cobre Panama.
  • Pérou (+0,9 G$) : Détenue par Hudbay, la mine de cuivre, d’or et de molybdène de Constancia a atteint sa capacité de production commerciale au cours de l’année 2015. Silver Wheaton a fait l’acquisition d’une participation dans les produits extraits par Glencore à la mine de cuivre, de zinc, de molybdène et d’argent d’Antamina. La société Rio Alto, qui détenait la mine d’or de La Arena, a fusionné avec une entreprise dont le siège social est situé hors du Canada, pour ensuite devenir une filiale en propriété exclusive de cette société étrangère.

En Asie, la valeur des actifs a connu l’augmentation exprimée en pourcentage la plus substantielle (+18,2 %), en partie en raison des gains effectués en Chine (+0,9 G$), pays dans lequel China Gold International Resources a poursuivi les travaux d’agrandissement de la mine de cuivre et d’or de Jiama.

En Europe, la valeur des AMCE a chuté de 8,0 % en 2015, repli pour la plupart attribuable à la situation en Grèce (-1,1 G$), où Eldorado Gold a enregistré une baisse de valeur en majeure partie attribuable à certains problèmes relatifs à l’obtention de permis et à l’augmentation des coûts d’aménagement de la mine de cuivre et d’or de Skouries.

La valeur des AMCE en Océanie a chuté de 12,2 %. Or, il faut savoir que Barrick Gold a vendu sa mine d’or australienne de Cowal (-399 M$) ainsi que sa participation de 50 % dans la mine d’or et d’argent de Porgera en Papouasie-Nouvelle-Guinée (-204 M$).

La valeur des AMC détenus par les petites sociétésNote de bas de page 3 a bondi de 12,0 % en 2015 puisque quelques sociétés ont avancé leur projet vers la phase de production, y compris Torex Gold Resources et sa mine d’or d’El Limon Guajes au Mexique, Asanko Gold et sa mine d’or d’Asanko au Ghana ainsi que Stornoway Diamond et sa mine de diamants de Renard au Canada. Malgré cette augmentation, plusieurs petites sociétés ont dû composer avec les conditions difficiles du marché, ce qui fait qu’environ 10 % d’entre elles ont disparu. En effet, le nombre de petites sociétés est passé de 1 424 en 2014 à 1 289 en 2015. Plusieurs de ces entreprises ont fusionné ou ont été rachetées alors que d’autres ont quitté ce secteur industriel, sont devenues inactives ou ont déclaré faillite. En 2015, les petites sociétés représentaient plus de 90 % de toutes les sociétés minières et environ 8 % de la valeur totale des AMC. Plus de 40 % de leurs actifs étaient situés au Canada et 35 %, dans le reste des Amériques.

Les grandes sociétésNote de bas de page 3 détenaient une plus petite part de leurs actifs au Canada (33,3 %) et une plus grande part dans le reste des Amériques (44,5 %). En 2015, la valeur globale des grandes sociétés a crû de 2,8 %. Sur le plan de la valeur, les 10 principales entreprises représentaient presque deux tiers du total des AMC et plus de 40 % de l’augmentation nette d’une année à l’autre, pour une valeur cumulative de 163,5 G$.

Variations annuelles

Il est important de comprendre les causes des variations lorsque l’on compare les totaux des actifs sur plusieurs années. Les ajouts sont principalement attribuables au développement et à la construction de biens miniers, alors que les retraits découlent de radiations de biens miniers, de la baisse de valeur, de la vente et de la fermeture de mines. Les fluctuations du taux de change, les changements de méthodes comptables, les fusions et les acquisitions ainsi que le déménagement des sièges sociaux des sociétés contribuent également aux variations annuelles.

Pour l’année 2015, 1 425 sociétés ont été identifiées comme détenant des actifs miniers à l’étranger, parmi lesquelles :

  • 31 (2 %) détenaient des actifs miniers dont la valeur excédait 1 G$;
  • 136 (10 %) généraient des revenus d’exploitation;
  • 714 (50 %) possédaient des participations à l’extérieur du Canada;
  • 523 (37 %) possédaient des actifs miniers dans au moins deux pays.

Utilisation des statistiques sur les AMCE

Il est important de bien réfléchir avant de répondre à la question « Quelle est la valeur des investissements miniers canadiens dans le pays X? » Les AMCE, tels qu’ils sont calculés par Ressources naturelles Canada, diffèrent des chiffres de l’investissement direct canadien à l’étranger (IDCE) qui sont estimés par Statistique Canada. L’IDCE est basé sur l’investissement direct à l’étranger (IDE), tel qu’il est défini à l’échelle internationale, en fonction des systèmes de comptabilité nationaux. Les AMCE sont fondés sur les normes comptables utilisées par les sociétés ouvertes et les vérificateurs au Canada. Les principales différences entre les deux méthodes de calcul sont présentées dans le tableau 2.



Figure 1
Pourcentage des AMCE par pays, en 2015

 

Percentage of CMAA by Country, 2014

 

 

Source : Ressources naturelles Canada.

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Figure 1
Pourcentage des AMCE par pays, en 2015

La figure 1 est un diagramme circulaire qui montre les principaux pays où se trouvaient des actifs miniers canadiens à l’étranger en 2015. Plus de la moitié des actifs miniers canadiens à l’étranger sont situés dans cinq pays de l’hémisphère occidental : États-Unis (15 %), Mexique (11 %), Chili (11 %), Argentine (8 %) et Pérou (6 %). Les autres pays importants sont la Zambie, le Brésil, le Panama, la République dominicaine et la Chine, dont la part varie de 3 % à 5 %.


Figure 2
AMC selon la région et le type de société, en 2015

 

Percentage of CMAA by Country, 2014

 

 

Source : Ressources naturelles Canada.

Version textuelle

Figure 2
AMC selon la région et le type de société, en 2015

La figure 2 est un graphique en colonnes qui montre la répartition géographique des actifs miniers canadiens en le divisant selon les petites et les grandes sociétés. La majorité des actifs miniers canadiens des petites sociétés se trouvent au Canada (42 %) et 35 %, dans le reste des Amériques (sauf le Canada), 17 % en Afrique, 2 % en Océanie, 2 % en Asie et 1 % en Europe. Les actifs miniers canadiens détenus par les grandes sociétés sont moins concentrés au Canada (33 %) et plus concentrés dans le reste des Amériques (sauf le Canada) (45 %); le reste est réparti entre l’Afrique (12 %), l’Asie (5 %), l’Europe (4 %) et l’Océanie (2 %).


Figure 3
Répartition géographique des AMC, en 2015

 

Percentage of CMAA by Country, 2014

 

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Source : Ressources naturelles Canada.
M$ = millions de dollars; G$ = milliards de dollars.
Remarques : Tous les montants sont présentés en dollars canadiens. Le nombre de sociétés par région est valable pour l’année de référence 2015 et ne correspond pas au total, car les sociétés peuvent être actives dans de nombreux pays. Les chiffres de 2015 sont provisoires.

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Figure 3
Répartition géographique des AMC, en 2015

La figure 3 est une carte du monde. Le code de couleur utilisé correspond à une échelle de valeurs des actifs miniers canadiens que possèdent les pays (par exemple, les pays colorés en vert pâle possèdent des actifs miniers canadiens d’une valeur de 10 millions de dollars à 100 millions de dollars). La valeur des actifs canadiens en 2014 et 2015 ainsi que le nombre de sociétés canadiennes sont indiqués pour chacun des continents, ainsi que pour le Canada, les États-Unis et le Mexique individuellement. Veuillez consulter le tableau 1 pour connaître les valeurs spécifiques de chaque région.


Tableau 1. AMC par région, en 2014 et en 2015 (dpr)
Région 2014
(G$)
2015 (dpr)
(G$)
Variation
(%)
Afrique 27,0 31,3 15,9
Amériques (sauf le Canada) 113,4 113,3 -0,1
Asie 9,4 11,1 18,2
Europe 11,7 10,7 -8,0
Océanie 4,9 4,3 -12,2
Total AMCE 166,4 170,8 2,6
Canada 83,9 88,3 5,2
Total AMC 250,3 259,1 3,5

Source : Ressources naturelles Canada.
(dpr) données provisoires.
Remarque : Les chiffres peuvent avoir été arrondis.

Tableau 2. Comparaison de l’IDCE et des AMCE
IDCE AMCE
L’investissement doit provenir de sources canadiennes. La source de financement est sans importance.
Tient compte de tout l’actif et de tout le passif. Tient compte uniquement de la valeur des actifs miniers à long terme.
Les données sont basées sur la destination première (si l’investissement est destiné au Mexique et qu’il passe par une filiale américaine, il est attribué aux États-Unis). Les données sont basées sur la destination finale (pour la transaction présentée dans la colonne de gauche, l’investissement est considéré comme un AMCE au Mexique).
Société canadienne : constituée au Canada avec des sociétés étrangères affiliées. Société canadienne : le siège social doit être situé au Canada et ne pas être sous contrôle étranger.
Les données par région pour l’exploitation minière sont limitées. Les données sur les AMCE sont fournies par pays.

Source : Ressources naturelles Canada.

Annexe 1. Actifs miniers canadiens (AMC) selon le pays et la région, en 2014 et en 2015

© Sa Majesté la Reine du chef du Canada, représentée par le ministre des Ressources naturelles, 2017