Exploration minérale canadienne

Bulletin d’information

(publié en mars 2018)

Dépenses d’exploration et de mise en valeur de gisementsNote de bas de page 1

L’exploration minérale joue un rôle important pour ce qui est d’assurer la viabilité à long terme de l’industrie minière canadienne. Elle entraîne la découverte et la mise en valeur de gisements minéraux qui pourraient devenir des mines, créer des emplois (souvent dans des communautés isolées et situées dans le Nord) et attirer des investissements importants.

La plus récente enquête nationale sur les dépenses des sociétés relativement à l’exploration et à la mise en valeur de gisements a révélé que les dépenses ont augmenté de 29,6 % au cours de l’année, passant de 1,6 milliard de dollars (G$) en 2016 à 2,1 G$Note de bas de page 2 en 2017. Selon les intentions de dépenser déclarées par les sociétés, on prévoit une hausse supplémentaire de 6,0 % en 2018 pour atteindre 2,2 G$ (figure 1).

Le niveau de dépense associé aux activités d’exploration et de mise en valeur de gisements dépend en grande partie des conditions du marché et des prix des produits minéraux. La conjoncture économique mondiale peut également avoir une incidence sur la capacité des sociétés à financer leurs travaux, puisqu’un bon nombre d’entre elles, plus particulièrement les petites sociétés minières, ont recours au financement par actions pour parrainer leurs activités.

Au cours de la dernière décennie, les fluctuations sur le plan des dépenses, tant au Canada qu’à l’échelle internationale, allaient de pair avec les tendances observées à l’égard des prix (figure 2). Les prix des minéraux et des métaux ont fluctué de façon considérable au cours de cette période, atteignant un sommet historique en 2011 avant de fléchir de façon continue jusqu’en 2016. Les cours de la majorité des métaux précieux et des métaux communs ont connu une hausse en 2017, laquelle se maintient au début de 2018. Par contre, les prix d’autres produits minéraux, comme l’uranium, n’ont pas commencé à se redresser à ce jour.

Le nombre de projets en cours, de sociétés actives et de mètres forés constitue des indicateurs supplémentaires de l’activité d’exploration minérale qui fournissent un bon aperçu des tendances en la matière. De 2016 à 2017, le nombre de projets actifs est demeuré aux alentours de 1 800, alors que la quantité de sociétés minières a augmenté légèrement, passant de 657 à 689. Le nombre de mètres forés a connu une importante hausse (de l’ordre de 53,4 %) au cours de 2017, pour se chiffrer à 4,3 millions (M) de mètres par rapport à 2,8 M de mètres en 2016.

Petites et grandes sociétés

Au Canada, les petites sociétés minières jouent un rôle important sur le plan de la découverte de minéraux et de l’exploitation de projets. Les dépenses totales des petites sociétés minières ont dépassé le cap des 2 G$ en 2008 et en 2011. Elles ont toutefois chuté sous le seuil de 1 G$ en 2013, à la suite du ralentissement économique. En 2015, les petites sociétés minières ont enregistré leur plus bas niveau de dépenses en plus de 12 ans, lesquelles se chiffraient à 577,8 M$.

Les dépenses des petites sociétés minières ont recommencé à s’amplifier en 2016. La progression s’est maintenue en 2017, alors qu’elles ont atteint 947,1 M$, soit une hausse de 49,4 % par rapport à l’année précédente. Selon la nouvelle hausse prévue pour 2018, elles devraient dépasser le cap des 1 G$.

Les dépenses en matière d’exploration et de mise en valeur de gisements des petites sociétés minières ont atteint un sommet en 2007, alors qu’elles représentaient 67,3 % des dépenses totales. Ce taux s’est affaibli au cours des années suivantes et est demeuré sous les 50 % depuis 2011. En 2017, les dépenses de ces sociétés totalisaient 44,9 % du total des dépenses d’exploration et de mise en valeur de gisements comparativement à 38,9 % en 2016. Cette proportion devrait connaître une légère hausse au cours de 2018.

Les dépenses des grandes sociétés minières ont dépassé le seuil des 2 G$ en 2011 et en 2012. Cependant, elles se sont repliées au cours des années suivantes pour se chiffrer à 994,9 M$ en 2016, un niveau qui n’avait pas été revu depuis la crise économique mondiale de 2009. Les dépenses des grandes sociétés minières ont bondi de 17,0 % en 2017 pour atteindre 1,2 G$, un cap qu’elles devraient dépasser légèrement en 2018.

Répartitions des dépenses des sociétés

En 2015, on comptait 644 petites et grandes sociétés minières au total, comparativement à 657 en 2016 et à 689 en 2017 (figure 2). L’augmentation du nombre de sociétés actives renverse la forte tendance à la baisse qui a particulièrement touché les petites sociétés minières et a réduit leur nombre à des niveaux qui n’avaient pas été observés depuis plus de 10 ans.

De 2012 à 2015, il y a eu une baisse considérable du nombre de sociétés dont les dépenses se situaient à 10 M$ ou plus, entre 5 M$ et 10 M$, et entre 1 M$ et 5 M$ (figure 3). Le nombre d’entreprises dont les dépenses correspondent à chacune des fourchettes susmentionnées a commencé à augmenter en 2016 au même titre que le total des dépenses par fourchette. Cette progression s’est maintenue en 2017. En outre, cette hausse suggère que davantage de projets avancés progresseraient vers la prise de décision concernant l’exploitation d’un site ou non.

En 2017, on comptait 22 sociétés dont les dépenses étaient inférieures à 1 M$ en moins qu’en 2016, alors que la croissance enregistrée pour cette fourchette année après année accusait un retard par rapport aux autres fourchettes. Notamment, on compte 27 nouvelles sociétés dont les dépenses se situent dans la fourchette supérieure, entre 1 M$ et 5 M$, ce qui suggère que les budgets d’exploration des sociétés auraient été bonifiés grâce à l’amélioration des conditions du marché (figure 3).

Provinces et territoires

Le Québec a engagé les dépenses les plus importantes en 2017, suivi de l’Ontario et de la Colombie-Britannique (figure 1). À elles trois, ces provinces ont représenté 64,4 % des dépenses totales d’exploration et de mise en valeur de gisements.

L’ensemble des provinces et territoires a affiché une hausse au chapitre des dépenses, à l’exception du Manitoba, de la Saskatchewan et du Nunavut, qui ont enregistré des baisses respectives de 18,5 %, de 17,0 % et de 17,2 %. La Nouvelle-Écosse, le Québec et le Yukon ayant connu les plus importantes hausses à ce titre, on y a observé une augmentation de 264,3 %, de 93,8 % et de 82,7 %, respectivement. Le Québec (hausse de 279,1 M$) et l’Ontario (hausse de 132,0 M$) étaient à l’origine de 85,2 % de l’augmentation totale des dépenses en 2017.

En 2018, on prévoit une diminution des dépenses au Nunavut, en Saskatchewan, en Nouvelle-Écosse et aux Territoires du Nord-Ouest. Les autres provinces et territoires devraient afficher des hausses, notamment l’Alberta et le Manitoba, où l’on s’attend à une augmentation de plus de 40 %. Le Québec, l’Ontario et la Colombie-Britannique, qui ont engagé des dépenses respectives de 656,7 M$, de 593,0 M$ et de 290,9 M$, devraient encore une fois engager les dépenses les plus importantes au cours de 2018.

Produits minéraux

Le groupe de produits minéraux le plus important demeure celui des métaux précieux (l’or en tête), puisqu’il représente 60 % des dépenses totales en 2016 et 65 %, en 2017 (figure 4). Il s’agit de la plus importante proportion affichée au cours des 25 dernières années, ce qui illustre l’importance de l’augmentation du prix de l’or sur le plan des tendances des prix générales récemment observées. Les dépenses associées aux métaux précieux ont atteint un sommet cyclique de 2,3 G$ en 2011, pour ensuite chuter à 849 M$ en 2014. Cette tendance s’est inversée au cours des années suivantes, alors que les dépenses ont atteint 1,4 G$ en 2017, un cap qui devrait être maintenu en 2018, selon les intentions.

Les dépenses dans la catégorie des métaux communs ont augmenté de 21,9 % en 2017 pour s’élever à 294,0 M$ et devraient faire un bond de 38,4 % en 2018 pour atteindre 406,9 M$.

En 2017, les dépenses associées au groupe composé des autres métaux ont connu la plus forte hausse en pourcentage, soit de 81,6 % pour se chiffrer à 88,9 M$, et l’on s’attend à ce qu’elles s’amplifient de 31 % en 2018. Les autres métaux comprennent le cobalt et le lithium, lesquels ont mérité une attention particulière à titre de composante des batteries des véhicules électriques, ce qui explique l’augmentation de la demande.

Les dépenses associées au minerai de fer se chiffraient à 26,8 M$ en 2017, soit une hausse de 16,9 %. Il s’agit de la première hausse enregistrée depuis que les prix ont culminé et que les dépenses ont atteint des sommets inégalés en 2011 et 2012, alors qu’elles dépassaient les 300 M$.

L’uranium a connu une autre année difficile, puisque les dépenses y étant associées ont affiché un recul de 18,9 % en 2017 et se chiffraient à 135,4 M$. Elles devraient se contracter encore de 23,4 % au cours de 2018, en raison de la baisse de la demande et des perspectives de prix.

Les dépenses associées aux diamants ont légèrement augmenté en 2017 pour s’élever à 78,8 M$. Elles devraient se stabiliser à 76,6 M$ en 2018.

Bien que les dépenses pour les minerais non métalliques (à l’exception des diamants) aient encore diminué en 2017 (recul de 30,6 % pour se chiffrer à 57,5 M$), elles devraient se redresser en 2018 grâce à un bond de 44,2 %.

Les dépenses pour le charbon (thermique et métallurgique) ont enregistré une hausse de 14,8 % en 2017 et devraient bondir encore de 31,1 % en 2018, en raison de l’augmentation des prix des deux types de charbon observée en 2017 et qui devrait être maintenue en 2018.

Phases d’exploration et de mise en valeur de gisements

Les dépenses par phases de travaux fournissent un aperçu de l’activité aux différentes étapes du continuum de l’exploitation. L’exploration hors des sites miniers permet de mettre en lumière la mesure dans laquelle l’exploration primaire ouvre la voie à des projets avancés. La mise en valeur de gisements hors des sites miniers indique la progression des projets avancés vers une décision d’exploitation du site ou non. Les données concernant les sites miniers soulignent les efforts déployés par les sociétés productrices afin de poursuivre leurs activités sur une plus longue période.

Les dépenses associées à l’exploration hors des sites miniers ont considérablement fluctué au cours de la dernière décennie et ont suivi les variations de prix (figure 5). Les dépenses ont atteint un sommet historique de 2,7 G$ en 2011, avant de se contracter au cours des années suivantes et de se chiffrer en moyenne à 1,0 G$ de 2013 à 2015. Elles ont recommencé à augmenter en 2016 avec une hausse de 11,8 %. Cet élan s’est poursuivi en 2017, alors que les dépenses ont bondi de 31,4 % pour atteindre 1,3 G$. Les intentions en matière de dépenses pour 2018 indiquent une légère baisse de 4,5 %, attribuable à un ensemble de facteurs, dont la réduction des budgets alloués aux projets concernant l’uranium et l’avancement de certains projets à la phase de mise en valeur de gisements.

Les dépenses associées à la mise en valeur de gisements hors des sites miniers ont atteint en 2016 le seuil le plus bas enregistré en dix ans, soit 390,9 M$. Toutefois, les dépenses ont augmenté de 45,3 % en 2017 pour s’élever à 568,0 M$. Elles devraient poursuivre sur cette pente ascendante en 2018, grâce à une hausse de 25,4 % qui leur permettra d’atteindre 712,0 M$.

Au cours des six dernières années, les activités d’exploration et de mise en valeur de gisements sur les sites miniers sont demeurées relativement constantes, ce qui porte à croire que les grandes sociétés minières déploient des efforts soutenus en vue de prolonger la vie de leurs mines.

Figure 1. Dépenses d’exploration et de mise en valeur de gisementsNote de bas de page 1, par province et territoire, de 2016 à 2018

La figure 1 est une carte du Canada sur laquelle sont superposés des diagrammes à barres
Version textuelle - Figure 1

La figure 1 est une carte du Canada sur laquelle sont superposés des diagrammes à barres (trois barres pour les années 2016, 2017 et 2018). On y aperçoit les dépenses d’exploration et de mise en valeur de gisements (en dollars courants) pour chaque province et territoire. Chaque barre est divisée en deux sections : une pour l’exploration et l’autre pour la mise en valeur de gisements. Les trois provinces qui devraient connaître les dépenses les plus élevées en 2018 seront le Québec (657 millions de dollars), l’Ontario (593 millions de dollars) et la Colombie-Britannique (291 millions de dollars).


Figure 2. Dépenses d’exploration et de mise en valeur de gisementsNote de bas de page 1, par type de sociétés, par nombre de sociétés et selon l’indice mensuel du prix des métauxNote de bas de page 3, de 2008 à 2018

La figure 2 est un diagramme à barres qui indique les dépenses d'exploration et de mise en valeur de gisements
Version textuelle - Figure 2

La figure 2 est un diagramme à barres qui indique les dépenses d’exploration et de mise en valeur de gisements (en dollars courants), par type de société et par nombre de sociétés gérantes de projets, de 2008 à 2018. Chaque barre est divisée en deux sections : le nombre de grandes sociétés et le nombre de petites sociétés. Dans chaque section, un chiffre indique combien de sociétés gérantes de projets font partie de ce type de société. Un graphique linéaire illustrant l’indice des prix des métaux et minéraux de la Banque du Canada est superposé au diagramme à barres. Un second graphique linéaire illustre les dépenses d’exploration mondiale. Le diagramme combiné indique une forte corrélation entre les prix des métaux et les dépenses d’exploration et de mise en valeur de gisements, avec des tendances à la hausse dans l’indice des prix qui correspondent à l’augmentation des dépenses.


Figure 3. Dépenses d’exploration et de mise en valeur de gisementsNote de bas de page 1, par fourchette de dépenses et par nombre de sociétésNote de bas de page 4, de 2008 à 2018

La figure 3 est un diagramme à barres qui indique les dépenses d'exploration et de mise en valeur de gisements
Version textuelle - Figure 3

La figure 3 est un diagramme à barres qui indique les dépenses d’exploration et de mise en valeur de gisements (en dollars courants), par fourchette de dépenses et par nombre de sociétés gérantes de projets, de 2008 à 2018. Chaque barre est divisée en fourchettes de dépenses de 1 million de dollars ou moins à 10 millions de dollars ou plus. Dans chaque fourchette de dépenses, un chiffre indique combien de sociétés gérantes de projets font partie de cette fourchette pour l’année en question. Par exemple, en 2018, on s’attend à ce que 64 sociétés gérantes de projets dépensent 10 millions de dollars ou plus, que 37 dépensent de 5 millions de dollars à 10 millions de dollars et que 173 dépensent de 1 million de dollars à 5 millions de dollars. Le nombre de sociétés qui dépensent moins de 1 million de dollars n’apparaît pas dans le diagramme.


Figure 4. Dépenses d’exploration et de mise en valeur de gisementsNote de bas de page 1, par produit minéralNote de bas de page 5, de 2008 à 2018

La figure 4 est un diagramme à barres qui indique les dépenses d'exploration et de mise en valeur de gisements
Version textuelle - Figure 4

La figure 4 est un diagramme à barres qui indique les dépenses d’exploration et de mise en valeur de gisements (en dollars courants), par produit minéral, de 2008 à 2018. Pour chaque année, il y a des barres pour les métaux précieux, les métaux communs, le minerai de fer, l’uranium, les diamants, les autres métaux, les non-métaux et le charbon. Les métaux précieux (or) maintiennent une avance notable, dépassant les métaux communs, pendant toute cette période.


Figure 5. Dépenses d’exploration et de mise en valeur de gisementsNote de bas de page 1, sur les sites miniers et hors des sites miniers, de 2008 à 2018

La figure 5 est un graphique linéaire qui indique les dépenses d'exploration et de mise en valeur de gisements
Version textuelle - Figure 5

La figure 5 est un graphique linéaire qui indique les dépenses d’exploration et de mise en valeur de gisements (en dollars courants) par phase de travail, de 2008 à 2018. Les phases de travail indiquées englobent l’exploration hors des sites miniers, la mise en valeur de gisements hors des sites miniers, ainsi que l’exploration et la mise en valeur de gisements sur des sites miniers. Le diagramme montre la volatilité des dépenses dans chacune des phases de travail. Les dépenses de 2017 sont provisoires alors que celles de 2018 sont fondées sur les intentions de dépenser des sociétés.


Source : Ressources naturelles Canada, d’après les données du Relevé fédéral-provincial-territorial des dépenses d’exploration minérale, de mise en valeur de gisements et d’aménagement de complexes miniers.

(dpr) données provisoires; (i) intentions de dépenser.

 

Remarques : Les sociétés n’avaient pas toutes réglé les derniers détails de leurs budgets des dépenses pour 2018 au moment de l’enquête. Les données ont été recueillies d’octobre 2017 à la mi-février 2018. Les chiffres indiqués dans ce bulletin ont été arrondis et peuvent ne pas correspondre à la somme de leurs éléments.

© Sa Majesté la Reine du chef du Canada, représentée par le ministre des Ressources naturelles, 2018