L’emploi dans le secteur des minéraux

Bulletin d’information, 2016

(publié en août 2017)

Le secteur des minéraux du Canada est un acteur de premier plan de l’économie nationale, soutenant l’emploi et l’activité économique ainsi qu’un niveau de vie élevé dans toutes les régions du pays. Le Compte satellite des ressources naturelles (CSRN) nouvellement créé par Statistique CanadaFootnote 1 indique que 403 000 personnes ont été directement employées par le secteur des minéraux du Canada (qui comprend l’exploitation minière et l’extraction, les activités de soutien, ainsi que la transformation de minéraux et la fabrication de produits minéraux en aval) en 2016, ce qui est comparable au nombre d’emplois enregistré en 2015. Plus de la moitié de tous les emplois dans le secteur des minéraux était concentrée dans les activités de transformation et de fabrication en aval (figure 1).

En outre, le secteur des minéraux constitue une source importante d’activité économique et d’emplois dans d’autres secteurs de l’économie canadienne par l’achat de biens et services, représentant environ 193 000 emplois indirects en 2016Footnote 2, qui font partie de l’environnement commercial du secteur canadien des minéraux et qui contribuent à asseoir la réputation du Canada à titre de chef de file mondial dans l’industrie minérale. De tels emplois se trouvent dans tous les secteurs de l’économie, dont la finance, le droit, l’ingénierie, le transport et la construction, et englobent plus de 3 000 fournisseurs d’équipements et de services miniers. Ainsi, le secteur des minéraux employait, directement ou indirectement, environ 596 000 personnes en 2016.

Selon des données tirées des statistiques sur le travail du Système de comptabilité nationale de Statistique CanadaFootnote 3Footnote 4, le nombre d’emplois directs dans le secteur canadien des minéraux a baissé de 6,7 % de 2007 à 2016, équivalant à une perte de 27 000 emplois. Les gains de plus de 25 000 emplois créés pour des activités en amont, dont pour l’exploration et l’extraction minières, ont été contrebalancés par la perte de plus de 52 000 emplois pour des activités en aval (incluant la transformation et la fabrication de minéraux) au cours de la même période de dix ans (figure 2). Cette tendance met en lumière la richesse du Canada en matière de ressources naturelles, ses points forts sur le plan de l’extraction des minéraux et l’évolution des modes de production et de l’utilisation dans les chaînes de valeur.

L’emploi dans le secteur des minéraux selon l’industrie

Dans l’industrie de l’extraction minière et de l’exploitation en carrièreFootnote 5, on comptait 71 380 travailleurs en 2016, ce qui représente une légère baisse (‑0,8 %) par rapport à l’année précédente (figure 2). La stabilité de ces données résulte du nombre d’ouvertures et de réouvertures de mines (tableau 1), lesquelles viennent contrebalancer les fermetures survenues au cours de l’année. Le taux d’emploi est demeuré stable en 2016 dans le sous‑secteur de l’extraction de métaux, alors que les pertes d’emplois dans l’extraction du minerai de fer (‑3,1 %), l’extraction des métaux de base (‑9,6 %) et l’extraction d’autres métaux (‑3,9 %) ont été contrebalancées par des gains relativement à l’extraction de l’or et de l’argent (+12,0 %). Le nombre d’emplois a augmenté dans le sous‑secteur de l’extraction de non‑métaux (+1,3 %) en 2016, grâce à des hausses dans l’exploitation du gravier et du sable (10,7 %), l’extraction de la pierre et l’exploitation des carrières de pierres (4,8 %) et l’extraction de diamants (2,1 %), compensant ainsi les pertes subies dans l’industrie de la potasse (‑8,7 %) suivant la fermeture des installations de la Potash Corporation à Picadilly, au Nouveau‑Brunswick. L’extraction du charbon a affiché un recul de 16,3 %, maintenant ainsi la tendance baissière amorcée en 2014. La rémunération globale par emploi de 115 174 $ dans l’industrie de l’extraction minière et de l’exploitation en carrière représentait près du double de la moyenne nationale de toutes les industries confondues (59 903 $).

En 2016, l’emploi dans l’industrie des activités de soutien à l’extraction minièreFootnote 6 qui englobe les activités d’exploration, a baissé à 24 730, soit de 3,1 %, ce qui perpétue ce déclin pour la quatrième année consécutive dans cette importante industrie (figure 2). Cette dernière a été durement frappée par la récession économique mondiale de 2009, ce qui a forcé les entreprises à restreindre considérablement leurs activités d’exploration et de mise en valeur des minéraux. En conséquence, l’emploi a chuté pour atteindre un creux cyclique de 18 810 emplois cette année‑là. Stimulées par une reprise rapide et inattendue, les données sur l’emploi ont grimpé au cours des années antérieures pour atteindre 33 000 emplois en 2012, avant de reculer de nouveau. Un vent d’optimisme souffle à nouveau dans le secteur des minéraux à travers le monde, ce qui pourrait mener à une augmentation des activités d’exploration, et des observations préliminaires laissent présager une hausse des taux d’emploi dans ce sous‑secteur pendant la première partie de 2017Footnote 7. La rémunération globale par emploi en 2016 dans l’industrie s’élevait à environ 104 917 $, ce qui représente une légère baisse par rapport à l’année antérieure, tout en demeurant parmi les valeurs les plus élevées ayant été enregistrées.

L’industrie de la fabrication de produits minéraux non métalliques comprend les établissements dont l’activité principale est la fabrication de chaux, de ciment, de béton, de verre et autres produits minéraux non métalliques. En 2016, l’emploi dans cette industrie a baissé à 54 685, soit de 2,8 %, ce qui représente le premier recul par rapport à l’année précédente depuis 2011 (figure 2). Malgré les pertes d’emplois, la rémunération globale par emploi a augmenté pendant sept années consécutives, pour atteindre 70 636 $ en 2016.

L’industrie de la première transformation des métaux, qui comprend surtout des entreprises de fonte et d’affinage de métaux ferreux et non ferreux, employait 64 740 travailleurs en 2016, ce qui représente une légère hausse de 0,1 % par rapport à 2015 (figure 2). À plus long terme, le taux d’emploi a continué de décliner, alors que le taux d’emploi en 2016 était de 20,8 % de moins que celui de 2007, et de 36,9 % inférieur à celui de 2000. Les pertes d’emploi reflètent l’évolution des activités de fabrication en aval, une croissance plus lente, une productivité accrue et une production moins élevée de métaux, sous l’effet des fermetures de mines au Canada et de la concurrence sur le plan de l’approvisionnement. En 2016, la rémunération globale par emploi se chiffrait à 102 277 $, soit une baisse de 3,1 % par rapport à 2015.

L’industrie de la fabrication de produits métalliques compte pour près de la moitié de tous les emplois liés au secteur des minéraux, et englobe les établissements dont l’activité principale consiste à forger, estamper, former, tourner et assembler des éléments en métaux ferreux et non ferreux. L’emploi a diminué de 2,0 % en 2016 à 187 700, maintenant ainsi la tendance baissière dans cette industrie (figure 2). En 2016, la rémunération globale par emploi se chiffrait à 71 280 $, pour une hausse de 1,7 %.

L’emploi dans le secteur des minéraux selon la région

Les deux tiers de l’ensemble des emplois dans le secteur des minéraux sont situés en Ontario et au Québec, principalement en raison du nombre important d’installations de fabrication en aval dans ces provinces. Par rapport à l’année précédente, le taux d’emploi a baissé dans toutes les provinces et tous les territoires à l’exception du Nunavut, qui a enregistré une hausse dans l’extraction des minerais d’or et d’argent, et du Nouveau‑Brunswick, où le taux d’emploi a grimpé en lien avec les activités de soutien au sous‑secteur de l’extraction minière.

Besoins futurs en matière d’embauche

Les projections émises par le Conseil des ressources humaines de l’industrie minière (Conseil RHiM) concernant les besoins cumulatifs futurs en matière d’embauche dans l’industrie minière varient de près de 43 000 à 130 000 emplois pour la période de 2018 à 2027Footnote 8Footnote 9. Ces besoins résulteront surtout du départ de travailleurs de l’industrie pour diverses raisons, dont la retraite. Par ailleurs, le Conseil RHiM a comparé ces besoins avec des prévisions du bassin de travailleurs potentiels pour plusieurs métiers. Les lacunes potentielles les plus importantes auront trait à des occupations professionnelles et des sciences physiques, ainsi que des postes de superviseurs, de coordinateurs, de contremaîtres et de techniciens. Alors que l’industrie minière vient à dépendre de plus en plus de machineries et de technologies de pointe, la structure d’enseignement de sa main‑d’œuvre continuera elle aussi à évoluer.

Diversité de la main-d’œuvre

En ce qui a trait à la diversité de la main‑d’œuvre, le secteur des minéraux est un grand employeur d’Autochtones, qui fournit un emploi à plus de 11 000 personnes, et ce, surtout pour des activités en amont dans l’industrie de l’extraction minière et de l’exploitation en carrièreFootnote 10. Le Conseil RHiM a souligné la réussite de l’industrie minière comparativement aux autres industries en matière d’embauche d’Autochtones, lesquels représentent 6 % de la main‑d’œuvre dans l’industrie minière, mais seulement 4 % dans les autres industries. En revanche, les peuples autochtones demeurent sous‑représentés dans certaines catégories d’emploi, et surtout dans les postes liés spécifiquement au domaine minier comme les directeurs de services d’ingénierie et les ingénieurs géologues.

Quant aux femmes, le Conseil RHiM a relevé certaines lacunes au sein de l’industrie minière. Les femmes représentent 48 % de la main‑d’œuvre à l’échelle nationale, mais seulement 17 % des effectifs dans l’industrie minière. Un examen plus approfondi des emplois spécifiques au domaine minier a révélé un écart encore plus prononcé, où les femmes n’occupent que 12 % de ces emplois. Le faible taux de représentation des femmes ne se limite pas à l’industrie minière, puisqu’il existe dans les industries liées aux ressources et d’autres industries comme la construction. En essayant de combler ces lacunes, le secteur des minéraux pourrait du même coup surmonter les défis envisagés concernant l’embauche de main‑d’œuvre qualifiée et ajouter des compétences et des perspectives variées à la main‑d’œuvre.

Remarque : L’information contenue dans ce bulletin était à jour en date du 16 juin 2017.


 

Figure 1
Emplois dans le secteur des minéraux, en 2016

Emplois dans le secteur des minéraux, en 2016
 

Source : Statistique Canada, Compte satellite des ressources naturelles.

  • Version textuelle - Figure 1
    Figure 1. Emplois dans le secteur des minéraux, en 2016
    Indirects 196 000
    Directs 403 000
       Exploitation minière (y compris les services) 92 541
       Première transformation 101 208
       En aval 209 330

    Source : Statistique Canada, Compte satellite des ressources naturelles.

 

 

 

Figure 2
Emplois directs dans le secteur des minéraux, de 2007 à 2016

Emplois directs dans le secteur des minéraux, de 2007 à 2016
 

Source : Statistique Canada, Système de comptabilité nationale.

  • Version textuelle - Figure 2
    Figure 2. Emplois directs dans le secteur des minéraux, de 2007 à 2016
    Année Extraction minière et exploitation en carrière Activités de soutien à l’extraction minière Fabrication de produits minéraux non métalliques Première transformation des métaux Fabrication de produits métalliques Total
    2007 50 925 19 515 58 250 81 740 190 680 401 110
    2008 54 780 21 850 55 070 82 960 180 030 394 690
    2009 48 830 18 810 52 215 66 015 164 250 350 120
    2010 52 670 22 350 54 150 70 570 161 075 360 815
    2011 56 330 29 985 53 490 78 980 165 465 384 250
    2012 58 420 33 395 54 390 68 480 169 570 384 255
    2013 66 235 29 425 54 645 69 065 165 550 384 920
    2014 73 590 25 960 55 670 66 180 163 795 385 195
    2015 71 960 25 525 56 275 64 650 162 020 380 430
    2016 71 380 24 730 54 685 64 740 158 770 374 305

    Source : Statistique Canada, Système de comptabilité nationale.

 

Tableau 1. Ouvertures et fermetures de mines en 2016
Mine Mois Province/Territoire Produit principal
FERMETURES
Little Narrows septembre Nouvelle-Écosse Gypse
Picadilly janvier Nouveau-Brunswick Potasse, sel
Harper Ranch octobre Colombie-Britannique Calcaire
Benson Lake juin Colombie-Britannique Calcaire
Quinsam janvier Colombie-Britannique Charbon (thermique)
FERMETURES TEMPORAIRES/POUR RÉPARATION ET ENTRETIEN
Rabbit Lake avril Saskatchewan Uranium
Colonsay juillet Saskatchewan Potasse, sel
Huckleberry août Colombie-Britannique Cuivre, molybdène, or
OUVERTURES
Caribou juillet Nouveau-Brunswick Zinc, plomb, cuivre, argent
Elder janvier Québec Or, argent
Renard décembre Québec Diamants
RÉOUVERTURES
Sleeping Giant août Québec Or, argent
Brule octobre Colombie-Britannique Charbon (métallurgique)

Source : Ressources naturelles Canada.


© Sa Majesté la Reine du chef du Canada, représentée par le ministre des Ressources naturelles, 2017