Dépenses en capital

Bulletin d’information

(Publié en novembre 2018)

Une dépense en capital est une somme déboursée pour acheter, construire ou améliorer des actifs matériels, tels qu'une mine, des machines et de l’équipement, laquelle profitera à une entreprise sur une longue période.

L'information sur les dépenses en capital est un des indicateurs utiles servant à mesurer la conjoncture économique de façon générale qui peut fournir un aperçu des opinions des dirigeants sur les demandes futures du marché relativement à la capacité de production actuelle de chaque secteur industriel.

Renseignez-vous sur les dépenses en capital dans le secteur canadien des minéraux et sur ses intentions en matière de dépenses :

Aperçu

Dépenses en capital dans l’industrie minière en amont

Dépenses en capital dans les industries de traitement des minéraux en aval

Ventilation des dépenses par province et territoire

Aperçu

En 2017, le secteur des minérauxNote de bas de page 1 représentait 7 % du total des dépenses en capital du secteur privéNote de bas de page 2 au Canada, avec des dépenses de près de 12 milliards de dollars. Ces dépenses ont diminué de presque 16 % par rapport à leur niveau de 14,1 milliards de dollars en 2016. Les intentions de dépenser pour 2018 indiquent une autre baisse de 3 % des dépenses en capital du secteur, qui s’établiront à 11,5 milliards de dollars.

Les dépenses en capital dans l’extraction de minerais métalliques ont augmenté de 7 % pour atteindre 5,5 milliards de dollars en 2017. Toutefois, cette augmentation a été compensée par une diminution d’environ 50 % des dépenses dans l’industrie minière de la potasse, qui ont atteint 1,4 milliard de dollars.

En termes de croissance, les dépenses en capital dans le secteur des minéraux au Canada ont augmenté à un taux annuel moyen de 1,1 %, de 2008 à 2017. C’est presque le double du taux de croissance des dépenses en capital enregistré par l’ensemble du secteur privé de l’économie canadienne, qui était de 0,6 %.

Comme le montre la figure 1, il existe une corrélation forte entre les dépenses en capital dans le secteur des minéraux au Canada et les prix des minéraux et des métaux. En effet, les entreprises ont tendance à réduire leurs dépenses lorsque les conditions du marché sont défavorables et que les options de financement peuvent être limitées. Ils accélèrent leurs plans d’investissement lorsque les perspectives de demande et de prix s’améliorent, ce qui améliore les flux de trésorerie et la rentabilité.

Figure 1 : dépenses en capital, par sous-secteur et prix, de 2008 à 2018 (i)

Figure 1 : dépenses en capital, par sous-secteur et prix, de 2008 à 2018 (i)
Version texte - Figure 1
Figure 1 : dépenses en capital, par sous-secteur et prix (milliards de dollars), de 2008 à 2018 (i)
Année Extraction du charbon Extraction de minerais métalliques Extraction de minerais non métalliques Indice des prix des métaux et des minéraux*
2008 0,73 4,37 2,25 100,00
2009 0,36 3,54 2,30 103,79
2010 0,70 5,50 2,85 89,39
2011 0,97 8,11 3,08 102,81
2012 1,09 11,02 4,81 122,18
2013 0,67 9,17 5,24 117,42
2014 0,38 5,30 5,43 99,47
2015 0,23 4,88 5,08 92,87
2016 0,21 5,14 4,29 83,18
2017 (dpr) 0,35 5,50 2,36 81,06
2018 (i) 0,50 5,69 1,89 87,08

Sources : Ressources naturelles Canada, Banque du Canada, Statistique Canada.
(dpr) dépenses préliminaires, (i) intentions de dépenser.
*L’indice des prix des métaux et des minéraux est présenté avec un décalage d’un an.

 

Les données de la figure 1 suggèrent qu’une poursuite de la reprise des prix des minéraux et des métaux pourrait entraîner une hausse des dépenses en capital dans les années à venir.

En 2017, le secteur des minéraux représentait 13,3 % des dépenses en capital totales du secteur des ressources naturellesNote de bas de page 3 qui s’élevaient à 89,1 milliards de dollars (figure 2). Il s’agit d’une baisse de 0,8 % comparativement à 2016.

Figure 2 : dépenses en capital, par secteur, en 2017 (dpr)

Figure 2 : dépenses en capital, par secteur, en 2017 (dpr)
Version texte - Figure 2
Figure 2 : dépenses en capital,  par secteur (milliards de dollars),  en 2017 (dpr)
Secteur Valeur
Économie totale 236 753,7
Tous les autres secteurs 147 593,6
Ressources naturelles 89 160,1
Énergie 74 839,8
Foresterie 2 442,4
Minéraux et métaux 11 877,8
Exploitation minière 8 418,1
Traitement des minéraux 3 459,7

Sources : Ressources naturelles Canada,
Statistique Canada.
G = milliard,
(dpr) dépenses préliminaires.

 

En 2017, les dépenses en capital liées aux ressources naturelles représentaient 37,7 % des dépenses en capital totales au Canada et 59,4 % des dépenses en capital du secteur privéNote de bas de page 4.

Dépenses en capital dans l’industrie minière en amont

Le développement minier nécessite un investissement initial important suivi de périodes de dépenses soutenues avant qu’un projet ne commence à générer des revenus. C’est pourquoi, dans le secteur des minéraux, l’industrie minière en amont est celle dont l’intensité en capitaux est la plus forte. Elle représente 70,2 % des dépenses en capital totales.

Les dépenses en capital dans l’industrie minière en amont du Canada ont diminué de 15 % pour atteindre 8,2 milliards de dollars. Cette baisse est principalement due à la réalisation de plusieurs grands projets de développement et d’expansion de la potasse.

Les intentions de dépenser pour 2018 indiquent une autre baisse de 1,4 % à 8,1 milliards de dollars. Bien qu’elles sont faibles par rapport aux données fournies les années précédentes, les intentions de dépenser restent supérieures aux niveaux précédant la récession qui s’élevaient en moyenne à 6,0 milliards de dollars entre 2006 et 2008.

Les dépenses en capital dans l’industrie minière en amont s’étaient affaiblies au cours de la récession mondiale de 2008-2009, mais elles ont rebondi les années suivantes pour atteindre un sommet de 16,9 milliards de dollars en 2012 (figure 1).

Les dépenses ont diminué les années suivantes, parallèlement à la baisse des prix des minéraux et des métaux. Le montant des dépenses en capital a diminué dans tous les sous-secteurs miniers déclarés, mais ce sont les mines de potasse (-2,3 milliards de dollars) et de minerai de fer (-1,9 milliard de dollars) qui ont enregistré les plus fortes baisses.

En 2012, les dépenses en capital dans le sous-secteur du minerai métallique ont atteint un sommet de 11,0 milliards de dollars.

Développements importants dans le sous-secteur du minerai métallique

Le sommet en matière de dépenses en capital dans le sous-secteur du minerai métallique correspond à celui du récent cycle des prix (figure 1). Malgré la diminution de 50 % des dépenses depuis cette période, les dépenses en capital dans ce sous-secteur se sont accrues par rapport à leurs niveaux de 2016, avec une augmentation modérée de 7,2 %.

Les intentions de dépenser pour 2018 indiquent que cette tendance à la hausse devrait se poursuivre, quoique à un rythme plus lent, en augmentant de 3,4 % pour atteindre 5,7 milliards de dollars.

Les mines d’or et de métaux précieux constituent la plus grande composante des dépenses en capital dans ce sous-secteur, représentant environ les deux tiers en 2017. Cette proportion étant la plus élevée des 10 dernières années, elle a affiché une moyenne d’environ 40 %. L’augmentation peut être attribuée aux dépenses soutenues dans ce segment par rapport aux baisses de dépenses pour les autres produits métalliques, surtout le minerai de fer.

Les dépenses en capital dans le sous-secteur de l’extraction minière non métallique au Canada ont constamment augmenté de 2009 à 2014, pour atteindre un sommet de 5,4 milliards de dollars.

Développements importants dans le sous-secteur de l’extraction minière non métallique

Depuis leur sommet en 2014, les dépenses en capital dans le sous-secteur de l’extraction minière non métallique ont connu une baisse de près de 60 % pour atteindre 2,4 milliards de dollars en 2017. Cette chute s’est produite presque entièrement dans le secteur de la potasse (94 %).

Les intentions de dépenser pour 2018 suggèrent que les dépenses en capital de ce sous-secteur diminueront encore de 20 % pour atteindre 1,9 milliard de dollars.

Dans ce sous-secteur, l’extraction de la potasse représentait 59 % du total des dépenses en capital du sous-secteur non métallique en 2017. Cette activité représentait environ 25 % des dépenses en capital liées à l’extraction non métallique en 2006 et 2007, avant de grimper à plus de 75 %, de 2009 à 2014.

En ce qui concerne le sous-secteur de l’extraction du charbon, les dépenses en capital ont atteint un sommet de 1,1 milliard de dollars en 2012 et ont diminué depuis à 335,2 millions de dollars en 2017. Cela représente une chute de presque 70 %.

Les intentions de dépenser pour 2018 indiquent une nouvelle hausse de 50 % à 504,3 millions de dollars. Ces tendances sont sensiblement conformes aux développements récents sur les marchés du charbon thermique et métallurgique, qui ont entraîné une augmentation de la demande en acier et une hausse des prix, ainsi qu’une amélioration de la rentabilité des projets retardés.

Dépenses en capital dans les industries de traitement des minéraux en aval

En 2017, les dépenses en capital dans les industries de traitement des minéraux en aval du CanadaNote de bas de page 2 étaient de 3,5 milliards. Près des deux tiers de ce montant sont attribuables aux dépenses d’investissement dans les industries de première transformation des métaux.

Les intentions de dépenser en 2018 dans ces industries indiquent une réduction des dépenses en capital à 3,0 milliards de dollars, en raison de la réduction anticipée des dépenses en capital dans la transformation de minéraux non métalliques et de la première transformation des métaux.

Les dépenses en capital dans la fabrication de produits métalliques, qui s’élevaient à 0,7 milliard de dollars en 2017, devraient rester sensiblement les mêmes en 2018.

Ventilation des dépenses par province et territoireNote de bas de page 5

Les dépenses en capital de toutes les provinces peuvent connaître une volatilité considérable d’une année à l’autre en fonction du nombre de mines présentes et de leur progression dans le continuum de la mise en valeur de minéraux. Les administrations qui ont peu de mines peuvent connaître une plus grande volatilité, car la construction d’une seule mine peut représenter une part importante de leurs dépenses globales.

Une ventilation par province et par territoire des dépenses en capital de l’industrie minière du Canada révèle des augmentations importantes à Terre-Neuve-et-Labrador (+146,0 %), au Nunavut (+129,1 %) et en Nouvelle-Écosse (+32,6 %). Des augmentations moins importantes ont été enregistrées en Alberta (+14,6 %) et au Manitoba (+7,4 %), tandis qu’une légère baisse a été observée en Ontario (-3,5 %) (figure 3). La Saskatchewan a connu une baisse importante (-44,7 %) en raison de la concentration de mines de potasse dans cette province.

Figure 3 : dépenses en capital, par administration, de 2016 à 2018

Figure 3: Capital expenditures, by jurisdiction, 2016–18
Version texte - Figure 3
Figure 3 : dépenses en capital,  par administration (millions de dollars),  de 2016 à 2018
Province / Territoire 2016 2017 (dpr) 2018 (i)
Terre-Neuve-et-Labrador 209,9 516,3 530,4
Île-du-Prince-Édouard x x x
Nouvelle-Écosse 147,7 195,9 124,1
Nouveau-Brunswick x x 15,9
Québec 1 557,6 1 421,7 1 534,7
Ontario 2 143,1 2 069,1 2 179,3
Manitoba 181,4 194,8 185,8
Saskatchewan 2 931,4 1 621,3 1 230,1
Alberta 122,3 140,1 166,0
Colombie-Britannique 1 180,50 889,5 814,4
Yukon x x x
Territoires du Nord-Ouest 780,8 x x
Nunavut 344,1 788,3 968,5

Sources : Ressources naturelles Canada, Statistique Canada.
(dpr) dépenses préliminaires réelles, (i) intentions de dépenser, (x) confidentiel.
Remarque : les données de l’Île-du-Prince-Édouard, du Nouveau-Brunswick, des Territoires du Nord-Ouest et du Yukon ont été supprimées par la source.

 

En 2018, les intentions de dépenser indiquent des augmentations pour le Nunavut (+22,9 %), l’Alberta (+18,5 %) et Terre-Neuve-et-Labrador (+2,7 %). La croissance positive devrait revenir en Ontario (+5,3 %), tandis que les dépenses devraient diminuer en Nouvelle-Écosse (-36,7 %), en Saskatchewan (-24,1 %), en Colombie-Britannique (-8,4 %) et au Manitoba (-4,6 %).

Les dépenses en capital sont également concentrées dans quelques provinces. En 2017, quatre provinces ont compté pour plus de 70 % des dépenses en capital de l’industrie minière : l’Ontario (25,2 %), la Saskatchewan (19,8 %), le Québec (17,3 %) et la Colombie-Britannique (10,8 %).