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La recherche se poursuit dans le laboratoire maison d’André Arsenault

Juillet 2020

Cet écologiste du Centre de foresterie de l’Atlantique étudie les forêts de Terre-Neuve-et-Labrador, du Québec et de Colombie-Britannique.

Certaines parties de cet article ont été publiées pour la première fois dans Le Gaboteur, le seul journal francophone de Terre-Neuve-et-Labrador.

La pandémie de COVID-19 a entraîné la fermeture des laboratoires du gouvernement, mais elle n’a pas empêché André Arsenault de faire son travail. Il a simplement déplacé son laboratoire de recherche dans sa maison en emportant un microscope et un scanneur pour pouvoir continuer à analyser des échantillons d’arbres et de lichens.

Un homme examine un arbre avec son chien.

André carotte un arbre avec son assistante Opax à Corner Brook. 

Feuilles sur un arbre en forêt.

Thalle de lichen pulmonaire dans le parc national du Canada Terra-Nova – un bio-indicateur d’une forêt en santé.

André travaille comme écologiste des forêts pour le Centre de foresterie de l’Atlantique de Ressources naturelles Canada, dans le bureau du campus Grenfell de l’Université Memorial à Corner Brook (Terre-Neuve-et-Labrador). Il analyse le profil des feux de forêt, des épidémies d’insectes et d’autres perturbations historiques pour mieux comprendre comment les forêts se sont développées dans le passé et pourraient évoluer à l’avenir selon différents modes d’aménagement forestier et scénarios de changements climatiques.

André étudie aussi les effets des perturbations naturelles et de l’exploitation forestière sur la biodiversité des forêts en se servant principalement des lichens – des organismes semblables à de la mousse qui poussent sur les plantes et les rochers – comme indicateurs clés. Le premier objectif de cette recherche est d’orienter l’aménagement forestier durable par le biais de la conservation et de différentes méthodes.

Nouvelles méthodes de travail

Chez lui, André arrive plutôt facilement à poursuivre sa recherche en dendrochronologie (datation et mesure des cernes de croissance annuels de sections transversales d’arbres) avec le microscope, le scanneur et le logiciel spécialisé qu’il utilise dans son laboratoire du bureau. Il peut aussi poursuivre ses autres recherches sur la biodiversité en identifiant et en analysant des échantillons de lichens.

Un spécimen d’érioderme boréal, qui pousse sur les troncs et les branches d’arbres.

Un spécimen d’érioderme boréal, qui pousse sur les troncs et les branches d’arbres.

Un homme examine un spécimen au microscope.

André examine une branche où pousse de l’érioderme boréal, qui est un indicateur d’une forêt en santé.

Pendant un moment, André s’est cependant inquiété du sort de la recherche de quelqu’un d’autre. Juste avant la pandémie, l'un de ses étudiants diplômés avait envoyé des échantillons de sédiments de lac du parc national Terra-Nova, sur la côte est de Terre-Neuve, à un laboratoire spécialisé de l’Université Laval aux fins de datation par le carbone 14. Par contre, le laboratoire a fermé ses portes, bouclant l’accès à ce matériel essentiel pour reconstruire l’histoire des feux de forêt et de la végétation dans le centre de Terre‑Neuve. L’interruption a toutefois été de courte durée : le laboratoire a fini par rouvrir, et André et son étudiant ont obtenu d’excellents résultats.

Voilà le genre de difficultés – prévisibles et imprévisibles – qui surgissent en temps de crise. « Le plus grand défi pour tout le monde pendant la COVID-19, et pas juste pour les chercheurs, c’est l'incertitude », déclare André. « On adapte notre travail à ce qu’on pense qui va se produire dans le domaine cet été, on reste flexible et on attend de voir comment évoluent les restrictions. »

Cette incertitude entraîne de nombreuses complications. En raison de la COVID-19, les recherches d’André pour l’été (une étude sur les caribous et leur lien avec les lichens au Québec et une autre étude sur l’histoire des feux de forêt en Colombie-Britannique) pourraient être repoussées d’un an s’il ne peut pas voyager. Dans ce cas, il pourrait poursuivre sa recherche sur le terrain dans les forêts de l’ouest de Terre-Neuve-et-Labrador, où il serait facile pour lui et son équipe de maintenir la distanciation physique et de travailler dans un environnement à très faible risque.

Donner priorité à ce qui est possible

Depuis le début de la pandémie, André a réussi à rester positif : lorsqu’il était impossible de poursuivre certains types de recherches, il centrait ses efforts sur ce qui était réalisable. Il a également aidé les étudiants qu’il supervise à composer avec ces nouvelles conditions difficiles en les orientant vers d’autres travaux (par exemple, examiner la littérature scientifique sur leurs sujets d’intérêt et rédiger leurs résultats à ce jour) pendant qu’ils attendaient de pouvoir retourner sur le terrain ou effectuer d’autres types d’analyses.

Quant à André, il a participé virtuellement aux conférences et séminaires auxquels il se serait normalement rendu en personne. Il trouve que les plateformes virtuelles sont un excellent moyen de rester en contact avec les chercheurs d’autres organismes avec qui il collabore habituellement.

« Le nouvel environnement créé par la pandémie a beaucoup perturbé le travail, mais j’ai eu la chance de pouvoir m’adapter rapidement. Bizarrement, cette perturbation nous force à repartir de zéro et à regarder les choses différemment. Je n’étais pas très emballé à l’idée d’utiliser les plateformes des médias sociaux, mais je m’y suis habitué, et c’est agréable de voir qu’elles peuvent rassembler les gens en cette période de grande incertitude. »

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