La biodiversité boréale

Transcription

Narrateur : La biodiversité représente la variété de la vie sur Terre, sous toutes ses formes. Elle englobe les gènes qui composent toutes les espèces de la Terre, les espèces elles-mêmes et la façon dont elles s’assemblent en communautés et en écosystèmes.

La biodiversité assure la stabilité et préserve la résilience des écosystèmes de la planète.

La biodiversité est la pierre angulaire de tous les services écosystémiques dont nous dépendons; elle produit de l’oxygène, de la nourriture, de l’eau potable et emmagasine le carbone.

Cependant, la biodiversité n’est pas la même partout; chacun des écosystèmes a ses propres caractéristiques uniques.

Ian Thompson : La biodiversité dans la forêt boréale se distingue de la biodiversité associée à tout autre biome forestier. Cela s’explique par le fait que la forêt boréale est un écosystème tributaire des perturbations. Ainsi, les animaux doivent-ils être adaptés aux grands changements apportés par le feu, les infestations d’insectes et ainsi de suite.

Narrateur : L’évolution des pratiques de gestion forestière au Canada tente d’imiter la dynamique de ces perturbations naturelles auxquelles se sont adaptées les espèces végétales et animales de la forêt boréale.

Ian Thompson : La planification de la gestion forestière signifie que l’on doit tenir compte de la biodiversité bien avant que quiconque n’entreprenne des travaux dans la forêt. Donc, lorsqu’un exploitant se présente et effectue des coupes en forêt, cela se fait de façon à protéger la biodiversité à plusieurs niveaux.

Narrateur : En dépit du plus grand soin apporté à la planification, la récolte du bois ainsi que d’autres activités dans la forêt boréale ont certaines incidences sur la biodiversité.

La composition et la structure de la forêt subissent des modifications, et les habitats peuvent se morceler.

À la limite, ces changements peuvent être bénéfiques pour certaines espèces, mais néfastes pour d’autres. Par exemple, les populations de lièvre d’Amérique augmentent en nombre dans des forêts qui repoussent après avoir été perturbées par des feux ou par l’exploitation forestière.

De plus, des espèces d’arbres qui ne tolèrent pas l’ombre, notamment le peuplier faux-tremble, ont une meilleure croissance après une coupe de bois. La coupe crée un milieu dégagé dont le tremble a besoin pour s’établir. Elle favorise la croissance de nouveaux arbres en éliminant les grosses tiges et en augmentant la température du sol.

Par contre, le caribou des bois préfère des étendues relativement vastes et continues de terres boisées. Elles lui permettent de se nourrir, de se déplacer de l’habitat d’été à l’habitat d’hiver, de s’accoupler et d’élever ses petits.

Les perturbations naturelles et l’exploitation des ressources ne sont pas les seuls facteurs qui influencent la biodiversité. Les changements climatiques ont également des effets notables sur la forêt boréale.

Ian Thompson : Les changements climatiques ont actuellement des effets sur la biodiversité dans la forêt boréale, à cause des changements que subissent les saisons et à cette phénologie qui s’ensuit, en d’autres mots la façon dont le déroulement des saisons se modifie. Par exemple, l’éclosion des bourgeons se produit plus tôt au printemps. Ainsi il peut y avoir un décalage entre le moment où les animaux mettent bas, notamment l’orignal ou le caribou, et le moment où la végétation riche est disponible.

Narrateur : Compte tenu de l’importance de la biodiversité, les gouvernements fédéral et provinciaux font le suivi d’indicateurs scientifiques particuliers.

En surveillant ces indicateurs de façon continue, les scientifiques peuvent mesurer les pressions sur l’état de la biodiversité ainsi que son évolution.

Ian Thompon : Dans les systèmes forestiers en particulier, nous utilisons des indicateurs pour mesurer à quel point la biodiversité se maintient et comment elle réagit aux diverses formes d’aménagement, autant pour la mise en valeur de pétrole et de gaz, l’exploitation de mines, l’établissement de routes que pour l’exploitation forestière elle-même.

Nous surveillons certains indicateurs à divers niveaux, de façon à pouvoir suivre des espèces individuellement. Par exemple, nous pouvons compter les caribous ou les orignaux. Nous pouvons également dénombrer les oiseaux afin d’évaluer l’état de ces populations ou la façon dont elles réagissent au changement.

Narrateur : En collaboration avec leurs collègues des provinces, les scientifiques du Service canadien des forêts de Ressources naturelles Canada effectuent des recherches pour soutenir l’élaboration de pratiques et de politiques de gestion durable des forêts au Canada.

Ces pratiques et ces politiques sont conçues pour aider à conserver et à protéger la biodiversité unique de la forêt boréale.

Le maintien de la diversité, de l’abondance relative et de la qualité de la biodiversité dans la forêt boréale du Canada est essentiel à la préservation des espèces végétales et animales ainsi que des biens et des services écosystémiques qu’elles fournissent.