Régénération naturelle suite aux perturbations

Transcription

Sylvie Gauthier : Je suis Sylvie Gauthier du Service canadien des forêts à Ressources naturelles Canada. Je suis chercheure scientifique en écologie des feux et dynamique forestière.

David Paré : Je m’appelle David Paré, je suis chercheur au Service canadien des forêts. Je conduis des travaux de recherche sur les sols et sur les écosystèmes forestiers.

Sylvie Gauthier : La régénération naturelle est le processus de recrutement continue des individus, des petits arbres sous couvert forestier ou lorsqu’il y a eu des perturbations de grande superficie. À ce moment-là, les graines peuvent arriver par les oiseaux, par les arbres qui sont à proximité des superficies qui sont perturbées et assurer ainsi le renouvellement du peuplement forestier.

David Paré : La régénération naturelle est le processus dominant qui permet aux forêts de se rétablir, suite aux perturbations. Au Canada, à chaque année, il y a des surfaces très grandes de forêt qui sont affectées par des perturbations naturelles. Ce sont des endroits qui sont souvent inaccessibles et la régénération naturelle permet de régénérer la grande majorité de ces surfaces.

Sylvie Gauthier : En fait, la régénération naturelle se distingue de la régénération artificielle par le fait que cette régénération-là s’effectue seule, c’est la nature qui produit la régénération. Alors que quand on fait de la régénération artificielle, les humains, on va faire croître des petits arbres en serre et les amener sur le terrain pour les planter donc faire des aménagements que nous-mêmes on fait.

David Paré : Chaque espèce d’arbre a des conditions idéales pour se régénérer. Certaines espèces préfèrent régénérer sous un couvert forestier, d’autres préfèrent régénérer dans des grandes ouvertures. Certaines espèces ont besoin de conditions de sol particulières, comme le sol minéral exposé ou encore du bois en décomposition.

Sylvie Gauthier : Les feux sont une perturbation importante de la forêt boréale, notamment en rajeunissant l’écosystème forestier, en remettant en circulation des éléments nutritifs et en régénérant la forêt de certaines espèces, comme le pin gris, qui ont besoin du feu pour se régénérer. La forêt boréale canadienne peut être divisée en deux grands territoires, en termes de récurrence des feux. La forêt de l’Ouest canadien brûle à des intervalles moyens d’une centaine d’années ce qui fait que la forêt brûle relativement souvent.

David Paré : À l’extrême est de la forêt boréale, on retrouve des cycles de feu qui sont très longs, qui peuvent être de plusieurs siècles et la forêt est adaptée à ces cycles très longs. Dans d’autres types d’écosystèmes, par exemple dans l’érablière, la perturbation la plus commune est simplement un arbre qui tombe dans la forêt créant une petite trouée. Dans ces forêts, on a des espèces qui sont bien adaptées à ces petites trouées. Par exemple, le bouleau jaune qui va régénérer sur des souches en décomposition.

Sylvie Gauthier : On peut pas toujours se fier sur la régénération naturelle, pour s’assurer du retour d’une forêt. Dans certaines conditions, la régénération naturelle n’est pas suffisante et, dans ce cas-là, il faut aider la nature, si on veut, aller replanter, intervenir pour assurer qu’on aura une forêt à nouveau.

David Paré : Le succès de la régénération naturelle est généralement mesuré par une série d’inventaires qui sont effectués peu de temps après une perturbation, comme la coupe ou le feu. Ce sont les agences provinciales qui sont chargées de ces inventaires et qui font les constats qui s’imposent.

Sylvie Gauthier : La régénération naturelle permet de remettre les territoires qui sont perturbés et de s’assurer qu’elles vont redevenir des forêts et cette régénération-là se fait gratuitement. Donc, au Canada, on note de grands espaces forestiers qui subissent des perturbations relativement souvent donc cette régénération naturelle, lorsqu’elle est bonne, suffit à remettre les territoires en production forestière.