Indicateur : Émissions et absorptions de carbone

En 2016, au Canada, les forêts aménagées (terres forestières aménagées pour la production de bois d’œuvre) ont produit environ 78 millions de tonnes (Mt) d’émissions nettes en équivalent dioxyde de carbone (éq. CO2e), ce qui signifie qu’elles constituent une source nette d’émissions.

On calcule le total des émissions nettes en additionnant les émissions et les absorptions causées par les activités humaines aux émissions et absorptions causées par les perturbations naturelles à grande échelle dans les forêts aménagées du Canada.

En 2016, les activités humaines dans la forêt aménagée du Canada ont permis d’absorber environ 20 Mt éq. CO2, tandis que les perturbations naturelles à grande échelle ont généré des émissions d’environ 98 Mt éq. CO2, entraînant des émissions nettes de 78 Mt éq. CO2. (Ces données incluent les émissions de monoxyde de carbone, qui sont rapportées dans une catégorie différente du Rapport d’inventaire national; voir la section 6.9.4 du Rapport d’inventaire national 1990–2016 du Canada [2018]).

  • Les terres aménagées pour la production de bois et les produits du bois récoltés de ces terres ont constitué un puits continu de carbone (20 Mt éq. CO2 en 2016). Un « puits de carbone » absorbe le dioxyde de carbone de l’atmosphère.
  • En 2016, la superficie des forêts aménagées ayant brûlé était de 0,77 million d’hectares, soit près de la moitié de la superficie ayant brûlé en 2015. Cette diminution a entraîné une plus faible production d’émissions par rapport à 2015, principalement en raison de la réduction de la superficie totale brûlée.
  • Les effets du dendroctone du pin ponderosa en Colombie-Britannique continuent de diminuer et les dommages causés par des insectes dans les forêts canadiennes en 2016 étaient relativement mineurs, à l’exception des effets de la tordeuse du bourgeon de l’épinette dans l’est du pays, qui se reflètent sur les estimations actuelles en matière d’émissions.

Le Rapport d’inventaire national 1990-2016 du Canada (2018) duquel ces résultats ont été tirés présente une nouvelle approche d’estimation et de production de rapports des émissions et des absorptions qui résultent des activités humaines dans la forêt aménagée. Pour obtenir de plus amples renseignements concernant ces changements, consultez l’encadré Nouvelle approche en matière de production de rapports.

À titre de signataire de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC), le Canada doit rendre compte une fois par an des émissions de gaz à effet de serre de la forêt aménagée.

La forêt aménagée est composée de toutes les forêts sous l’influence directe de l’humain. Il s’agit d’un sous-ensemble de la zone forestière totale du Canada, qui comprend les forêts aménagées à des fins de récolte, celles qui font l’objet de gestion des feux ou d’insectes et les forêts protégées, comme les forêts des parcs nationaux et provinciaux.

La superficie de forêt aménagée est d’environ 226 millions ha au Canada, soit 65 % de la zone forestière totale du pays. La superficie forestière qui reste est considérée comme « non aménagée ».

Les données de cet indicateur s’accordent avec celles des rapports de la CCNUCC. Pour obtenir de plus amples renseignements sur les définitions et les méthodes, consultez le Rapport d’inventaire national 1990-2016 du Canada (2018).

Carte montrant les zones de forêts aménagées et non aménagées au Canada et dans les limites provinciales et territoriales.

Émissions nettes de carbone dans les forêts aménagées du Canada : Superficie touchée par des activités humaines, de 1990 à 2016

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Données du graphique
Le tableau présente l’évolution des émissions et de l’absorption de gaz à effet de serre dans les forêts aménagées du Canada entre 1990 et 2016 (en million de tonnes d’équivalent de dioxyde de carbone par année). Un nombre positif indique une émission nette d’équivalent de dioxyde de carbone par les forêts aménagées du Canada. Un nombre négatif indique une absorption nette. Le tableau présente également la superficie des activités forestières dans les forêts aménagées du Canada en hectares.
Année Aménagement forestier
(en hectare)
Émissions et absorptions de gaz à effet de serre
(million de tonnes d'équivalent C02 par année)
1990 933 628 -80,3
1991 896 372 -85,5
1992 991 588 -75,5
1993 991 406 -67,5
1994 1 041 093 -65,7
1995 1 093 170 -51,1
1996 1 087 802 -58,5
1997 1 148 962 -58,9
1998 1 094 943 -65,0
1999 1 198 215 -53,7
2000 1 253 435 -38,3
2001 1 182 699 -53,5
2002 1 237 086 -38,2
2003 1 228 826 -43,2
2004 1 348 826 -19,0
2005 1 334 949 -12,4
2006 1 219 889 -20,3
2007 1 077 706 -22,6
2008 949 373 -28,1
2009 836 498 -40,0
2010 975 556 -22,4
2011 1 010 823 -22,8
2012 1 024 805 -26,2
2013 1 049 653 -24,5
2014 1 048 488 -24,9
2015 1 056 225 -18,8
2016 1 036 808 -20,1

Dans les forêts aménagées du Canada, les activités d’aménagement, comme la récolte, le brûlage des débris forestiers et la régénération, tout comme l’utilisation et l’élimination des produits de bois récoltés, correspondaient en 2016 à un puits net d’environ 20 Mt éq. CO2.


Émissions nettes de carbone dans les forêts aménagées du Canada : Superficie touchée par des perturbations naturelles, de 1990 à 2016

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Données du graphique
Le tableau présente l’évolution des émissions et de l’absorption de gaz à effet de serre dans les forêts aménagées du Canada entre 1990 et 2016 (en million de tonnes d’équivalent de dioxyde de carbone par année). Un nombre positif indique une émission nette d’équivalent de dioxyde de carbone par les forêts aménagées du Canada. Un nombre négatif indique une absorption nette. Le tableau présente également les zones annuelles de forêts perturbées (en hectare) entre 1990 et 2016 par les deux agents que sont (1) les incendies de forêt et (2) les insectes.
Année Incendies de forêt
(en hectare)
Insectes
(en hectare)
Émissions et absorptions de gaz à effet de serre
(million de tonnes d'équivalent C02 par année)
1990 278 644 442 247 -23,2
1991 583 301 346 556 4,7
1992 107 860 98 699 -47,5
1993 686 300 27 718 1,6
1994 568 968 41 907 13,4
1995 2 273 569 59 997 188,4
1996 638 703 62 680 10,3
1997 173 486 81 698 -37,8
1998 1 607 547 433 362 171,4
1999 644 371 1 473 947 33,6
2000 93 145 2 544 546 -41,9
2001 202 897 3 234 629 -15,7
2002 1 445 685 3 861 216 135,8
2003 767 614 5 263 168 79,1
2004 947 406 1 959 207 134,7
2005 639 617 5 009 788 46,4
2006 662 462 7 384 966 75,2
2007 736 598 6 352 347 81,7
2008 390 212 4 574 926 30,4
2009 379 874 1 842 509 54,8
2010 982 154 1 348 995 121,0
2011 1 108 888 1 523 003 137,7
2012 928 260 2 024 464 114,8
2013 480 146 2 705 182 45,5
2014 1 281 563 3 648 846 170,8
2015 2 048 949 3 668 286 255,6
2016 766 144 3 458 692 98,0

Les perturbations naturelles ayant eu lieu dans les forêts aménagées du Canada ont mené en 2016 à l’émission d’environ 98 Mt éq. CO2. Les émissions de gaz à effet de serre (GES) étaient nettement inférieures à celles de 2015, en grande partie en raison de la moindre superficie brûlée par rapport à celle de 2015 et du déclin de l’épidémie de la dendroctone du pin ponderosa en Colombie-Britannique. Cependant, les effets de la tordeuse des bourgeons de l’épinette commencent à se faire sentir dans l’est du pays.


Émissions nettes de carbone dans les forêts aménagées du Canada : Toutes les superficies, de 1990 à 2016

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Données du graphique
Le tableau présente l’évolution des émissions et de l’absorption de gaz à effet de serre dans les forêts aménagées du Canada entre 1990 et 2016 (en million de tonnes d’équivalent de dioxyde de carbone par année). Un nombre positif indique une émission nette d’équivalent de dioxyde de carbone par les forêts aménagées du Canada. Un nombre négatif indique une absorption nette. Le tableau présente également les zones annuelles de forêts perturbées (en hectare) entre 1990 et 2016 par les trois agents que sont (1) l’aménagement forestier, (2) les incendies de forêt et (3) les insectes.
Année Aménagement forestier
(en hectare)
Incendies de forêt
(en hectare)
Insectes
(en hectare)
Émissions et absorptions de gaz à effet de serre
(million de tonnes d'équivalent C02 par année)
1990 933 628 278 644 3 567 171 -103,5
1991 896 372 583 301 1 068 104 -80,8
1992 991 588 107 860 118 534 -123,0
1993 991 406 686 300 196 467 -65,9
1994 1 041 093 568 968 343 233 -52,2
1995 1 093 170 2 273 569 444 862 137,3
1996 1 087 802 638 703 257 592 -48,1
1997 1 148 962 173 486 248 173 -96,7
1998 1 094 943 1 607 547 542 304 106,4
1999 1 198 215 644 371 1 625 948 -20,1
2000 1 253 435 93 145 2 744 263 -80,2
2001 1 182 699 202 897 3 895 452 -69,2
2002 1 237 086 1 445 685 5 448 568 97,6
2003 1 228 826 767 614 8 692 480 35,9
2004 1 348 826 947 406 5 775 158 115,7
2005 1 334 949 639 617 9 138 869 34,0
2006 1 219 889 662 462 12 234 676 54,9
2007 1 077 706 736 598 9 954 448 59,1
2008 949 373 390 212 7 833 815 2,4
2009 836 498 379 874 4 752 245 14,7
2010 975 556 982 154 4 586 512 98,6
2011 1 010 823 1 108 888 4 610 864 114,9
2012 1 024 805 928 260 4 171 583 88,5
2013 1 049 653 480 146 5 308 834 21,0
2014 1 048 488 1 281 563 6 972 380 145,9
2015 1 056 225 2 048 949 7 563 633 236,8
2016 1 036 808 766 144 7 245 791 77,6

Les émissions totales nettes et les absorptions des forêts aménagées du Canada — activités humaines et perturbations naturelles considérées — ont été en 2016 d’environ 78 Mt éq. CO2 (-20 + 98 = 78). Cela comprend les émissions liées à la récolte du bois au Canada et à l’utilisation du bois au Canada et ailleurs.

Pourquoi cet indicateur est-il important?

  • Des modifications apportées à l’aménagement des forêts et à l’utilisation des produits du bois récolté peuvent contribuer à atténuer l’impact des changements climatiques.
  • Les perturbations naturelles, la plupart indépendantes de la volonté humaine, ont un impact considérable sur la capacité des forêts aménagées du Canada d’absorber en continu plus de CO2 qu’elles n’en émettent.
  • Le carbone présent dans l’atmosphère sous forme de dioxyde de carbone (CO2) participe largement au réchauffement climatique.
  • Le secteur forestier du Canada contribue à la fois aux émissions et aux absorptions de CO2 de l’atmosphère; toutefois, les forêts aménagées canadiennes ont constitué une source nette de CO2 en 2016.

Quelles sont les perspectives?

  • Il est difficile de prévoir dans l’avenir l’impact des changements climatiques sur le bilan des GES de la forêt canadienne. Il pourrait être positif dans certaines régions (augmentation de croissance forestière menant à de plus gros puits de carbone) et négatif dans d’autres régions (augmentation du taux de mortalité des arbres, plus de feux de forêt ou d’épidémies d’insectes). Comme la région brûlée en 2017 a atteint des proportions démesurées, surtout en Colombie-Britannique, nous nous attendons à la production d’émissions de GES similaires à celles de 2015.
  • L’accroissement de l’utilisation de produits ligneux durables à des fins de séquestration du carbone dans le milieu bâti, et le recours à des produits du bois pour remplacer des matériaux qui génèrent beaucoup d’émissions offrent des possibilités d’atténuation des changements climatiques.

Nouvelle approche en matière de production de rapports

Le Système national de surveillance, de comptabilisation et de production de rapports fournit des estimations annuelles du bilan des GES des forêts aménagées du Canada. Ces estimations d’émissions et d’absorptions sont consignées chaque année dans le Rapport d’inventaire national du Canada conformément à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques.

Au cours des dernières années, les estimations d’émissions et d’absorptions ont été très variables d’une année à l’autre, parce que les perturbations naturelles, en particulier les feux de forêt, ont masqué l’effet plus subtil des activités humaines d’aménagement des forêts. Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) reconnaît ce défi pour les pays, comme le Canada, qui souhaitent mieux comprendre les émissions de GES liées aux activités humaines, mais pour qui ces impacts sont difficiles à observer lorsqu’ils sont combinés aux perturbations naturelles. Ainsi, le GIEC a recommandé l’élaboration de nouvelles approches de comptabilisation qui permettent de séparer les émissions et les absorptions découlant des activités humaines (partie anthropique) de celles découlant des perturbations naturelles (partie naturelle).

Cette séparation des émissions et absorptions liées à l’activité humaine de celles liées aux perturbations naturelles permet de détecter les tendances relatives aux émissions uniquement attribuables l’aménagement des forêts. Ainsi, le Canada peut surveiller plus efficacement les effets des mesures d’atténuation des changements climatiques du secteur forestier, facilitant par le même fait la production de rapports en la matière. Pour obtenir de plus amples renseignements concernant cette nouvelle approche, y compris les définitions et les méthodes, consultez les sections A3.5.2.3 Partie 2 du Rapport d’inventaire national 1990–2016 du Canada (2018).

À quels cadres de production de rapports cet indicateur contribue-t-il?

Sources et renseignements
  • Environnement et Changement climatique Canada. 2018. Rapport d’inventaire national 1990–2016 : Sources et puits de gaz à effet de serre au Canada. (document consulté le 13 avril 2018)
    • L’indicateur est évalué tous les ans au moyen du Système national de surveillance, de comptabilisation et de production de rapports concernant le carbone des forêts de Ressources naturelles Canada. Le Système intègre les informations relatives aux inventaires des forêts, à la croissance de la forêt, aux perturbations naturelles, aux activités d’aménagement des forêts et au changement d’utilisation des terres dans l’évaluation des stocks de carbone, des modifications de stocks et des émissions de gaz à effet de serre autres que le CO2 dans les forêts aménagées du Canada. Le Système évalue les transferts vers le secteur de la production ainsi que le devenir des produits ligneux fabriqués à partir du bois récolté au Canada depuis 1900, y compris le stockage du carbone et les émissions résultant de ces produits, indépendamment d’où dans le monde ces émissions se produisent.
    • L’expression « terres aménagées » englobe toutes les terres aménagées pour la production de fibre ligneuse ou de bioénergie issue du bois à des fins de protection contre les perturbations naturelles ou de conservation des valeurs écologiques. Au sein de ces terres aménagées, le mot « forêt » inclut toutes les superficies d’un ha ou plus qui ont le potentiel de développer un couvert forestier d’une fermeture minimale de 25 % et où la hauteur minimale des arbres est de 5 m à maturité in situ.
    • Au sein des superficies affectées par des perturbations naturelles, celles affectées par des insectes indiquées dans la deuxième figure comprennent seulement les superficies dont la mortalité des arbres excédait 20 % de la biomasse, tandis qu’à la troisième figure, toutes les superficies touchées par les insectes sont présentées (activités humaines et perturbations naturelles).
    • Lorsque les peuplements sont touchés par des feux non maîtrisés qui renouvellent les peuplements, les émissions et les absorptions qui ont lieu durant la repousse après leur passage sont comptabilisées dans la catégorie « perturbations naturelles ». Lorsque les peuplements en processus de renouvellement atteignent la maturité commerciale, les émissions et les absorptions sont comptabilisées dans la catégorie « mesures de gestion ». Les peuplements touchés par des perturbations partielles causant plus de 20 % de mortalité sont comptabilisés dans la catégorie « perturbation naturelle » jusqu’à ce que se rétablisse leur biomasse perdue.
    • L’estimation des émissions issues des produits ligneux récoltés fait appel à la méthode de production du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) et inclut les émissions annuelles de tous les produits ligneux récoltés au Canada depuis 1900, indépendamment de leur emplacement actuel. On suppose que les transferts des produits du bois et du papier dans les sites d’enfouissement s’oxydent instantanément en CO2.
    • Dans le cas des terres forestières touchées par un changement d’utilisation, les chiffres sur le déboisement et le boisement rendent compte des taux annuels. Les chiffres sur les émissions et absorptions d’équivalent CO2 rendent compte de l’année en cours ainsi que des émissions de l’année visée par le rapport provenant de terres forestières qui ont été converties au cours des 20 années antérieures. Ainsi, les chiffres sur les émissions d’équivalent CO2 comprennent les émissions résiduelles des zones déboisées au cours des 20 dernières années, et les chiffres sur les absorptions d’équivalent CO2 durant l’année visée par le rapport comprennent les absorptions continues par l’ensemble des zones reboisées au cours des 20 dernières années.
      • Les émissions sont caractérisées par le signe positif. Les absorptions sont caractérisées par le signe négatif.
    • À partir de 2015, les règles internationales des rapports sur les émissions de gaz à effet de serre (GES) découlant les produits ligneux récoltés ont changé. Par conséquent, le Canada déclare le bilan net des GES des écosystèmes forestiers et le bilan net des GES des produits ligneux récoltés. Par le passé, dans l’hypothèse selon laquelle tout le bois prélevé dans une forêt libérait instantanément dans l’atmosphère tout le carbone stocké, on ne tenait pas compte du stockage à long terme du carbone dans les maisons et autres produits du bois de longue durée. Rendre compte du devenir du carbone dans le bois récolté favorise tant la gestion durable des forêts que la gestion des produits ligneux récoltés, qui vise à prolonger le stockage du carbone.
    • Pour obtenir de plus amples renseignements, voir :