Indicateur : Émissions et absorptions de carbone des forêts

En 2015, les émissions nettes en équivalent dioxyde de carbone (éq. CO2) de la forêt aménagée (voir l’encadré) au Canada correspondaient à environ 221 millions de tonnes (Mt).

On calcule le total des émissions nettes en additionnant les émissions et les absorptions causées par les activités humaines aux émissions et aux absorptions causées par les perturbations naturelles à grande échelle dans les forêts aménagées du Canada.

En 2015, les activités humaines dans la forêt aménagée du Canada ont permis d’absorber environ 26 Mt éq. CO2, tandis que les perturbations naturelles à grande échelle ont généré des émissions d’environ 247 Mt éq. CO2 en 2015. Ainsi, les émissions de 247 Mt éq. CO2 moins les absorptions de 26 Mt éq. CO2 ont produit des émissions nettes de 221 Mt éq. CO2.

Dans la forêt aménagée du Canada :

  • Les terres forestières aménagées pour la production de bois ont constitué un puits continu (piège) de carbone (26 Mt éq. CO2 en 2015).
  • La superficie qui a brûlé dans la forêt aménagée en 2015 était de plus de deux millions d’hectares, soit près du double de la superficie qui a brûlé en 2014. Il en a résulté davantage d’émissions issues des perturbations naturelles qu’au cours de l’année précédente.
  • L’impact du dendroctone du pin ponderosa en Colombie-Britannique continue de diminuer.

Le Rapport d’inventaire national 1990–2015 du Canada (rapport publié en 2017 duquel ont été tirés les résultats) a instauré une nouvelle approche d’estimation et de consignation des émissions et des absorptions qui résultent des activités humaines dans la forêt aménagée. Pour obtenir de plus amples renseignements concernant ces changements, veuillez consulter l’encadré Nouvelle approche en matière de production de rapports.

À titre de signataire de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC), le Canada doit rendre compte une fois par an des émissions de gaz à effet de serre de la forêt aménagée.

La forêt aménagée est composée de toutes les forêts sous l’influence directe de l’humain. Il s’agit d’un sous-ensemble de la zone forestière totale du Canada, qui comprend les forêts aménagées à des fins de récolte, celles qui sont visées par la gestion des feux et des insectes et les forêts protégées, par exemple, les forêts des parcs nationaux et provinciaux.

Aux fins des rapports sur les gaz à effet de serre, la superficie de forêt aménagée au Canada compte environ 226 millions d’hectares ou 65 % de la zone forestière totale du pays. La superficie forestière qui reste est considérée comme non aménagée.

Les données de cet indicateur s’accordent avec celles des rapports de la CCNUCC. Pour obtenir de plus amples renseignements sur les définitions et les méthodes, consultez le Rapport d’inventaire national 1990–2015 du Canada (2017).

Carte montrant les zones de forêts aménagées et non aménagées au Canada et dans les limites provinciales et territoriales.
Émissions nettes de carbone dans les forêts aménagées du Canada : Superficie touchée par des activités humaines, de 1990 à 2015
Le graphique montre (1) l’évolution des émissions et de l’absorption de gaz à effet de serre dans les forêts aménagées du Canada par année entre 1990 et 2015 (en million de tonnes d’équivalent de dioxyde de carbone par année); (2) les superficies annuelles perturbées (en hectare) entre 1990 et 2015 par les activités forestières..
Données du graphique
Le tableau présente l’évolution des émissions et de l’absorption de gaz à effet de serre dans les forêts aménagées du Canada entre 1990 et 2015 (en million de tonnes d’équivalent de dioxyde de carbone par année). Un nombre positif indique une émission nette d’équivalent de dioxyde de carbone par les forêts aménagées du Canada. Un nombre négatif indique une absorption nette. Le tableau présente également la superficie des activités forestières dans la forêt aménagée du Canada en hectares.
Année Aménagement forestier
(hectares)
Émissions et absorptions de gaz à effet de serre
(million de tonnes)
1990 919 991 -112,9
1991 913 762 -108,4
1992 961 120 -102,1
1993 950 279 -97,1
1994 1 011 928 -93,9
1995 1 097 041 -79,8
1996 1 058 219 -83,4
1997 1 086 241 -83,3
1998 1 035 607 -87,7
1999 1 159 317 -78,0
2000 1 206 469 -61,0
2001 1 138 271 -74,6
2002 1 203 996 -57,0
2003 1 172 998 -64,6
2004 1 301 489 -34,2
2005 1 281 561 -30,2
2006 1 202 967 -27,3
2007 1 050 083 -29,8
2008 931 135 -24,8
2009 819 142 -38,1
2010 940 355 -19,7
2011 971 669 -17 9
2012 1 028 501 -22,7
2013 1 040 824 -21,6
2014 987 089 -25,1
2015 977 351 -26,2

En 2015, les activités de gestion forestière dans la forêt aménagée du Canada, notamment de récolte et de régénération, ainsi que l’utilisation et l’élimination des produits du bois, ont créé un puits net d’environ 26 Mt éq. CO2.

Émissions nettes de carbone dans les forêts aménagées du Canada : Superficie touchée par des perturbations naturelles, de 1990 à 2015
Le graphique montre (1) l’évolution des émissions et de l’absorption de gaz à effet de serre dans les forêts aménagées du Canada par année entre 1990 et 2015 (en million de tonnes d’équivalent de dioxyde de carbone par année); (2) les superficies annuelles perturbées (en hectare) entre 1990 et 2015 par les feux de forêt et les insectes.
Données du graphique
Le tableau présente l’évolution des émissions et de l’absorption de gaz à effet de serre dans les forêts aménagées du Canada entre 1990 et 2015 (en million de tonnes d’équivalent de dioxyde de carbone par année). Un nombre positif indique une émission nette d’équivalent de dioxyde de carbone par les forêts aménagées du Canada. Un nombre négatif indique une absorption nette. Le tableau présente également les zones annuelles de forêts perturbées (en hectare) entre 1990 et 2015 par les trois agents que sont (1) les incendies de forêt et (2) les insectes.
Année Incendies de forêt
(hectares)
Insectes
(hectares)
Émissions et absorptions de gaz à effet de serre
(million de tonnes)
1990 278 644 2 657 419 14,2
1991 583 301 580 634 38,1
1992 107 860 71 510 -13,2
1993 686 300 195 933 35,2
1994 568 968 340 310 46,3
1995 2 273 569 440 255 232,5
1996 638 703 252 456 44,8
1997 173 479 243 037 -5,4
1998 1 607 547 531 532 209,8
1999 644 371 1 603 011 62,1
2000 93 145 2 721 881 -10,7
2001 202 897 3 865 085 15,0
2002 1 445 685 5 464 179 158,0
2003 767 614 8 711 667 110,6
2004 947 406 5 727 847 159,4
2005 639 617 9 090 354 74,8
2006 662 462 12 190 134 93,2
2007 736 598 9 820 058 99,9
2008 390 212 7 735 817 32,4
2009 379 874 4 454 152 60,6
2010 982 154 3 923 593 119,1
2011 1 108 888 3 141 887 138,5
2012 928 260 2 119 224 110,4
2013 480 146 2 434 185 41,3
2014 1 281 563 3 153 839 160,9
2015 2 048 949 1 777 318 247,1

Les perturbations naturelles dans la forêt aménagée du Canada ont engendré des émissions d’environ 247 Mt éq. CO2 en 2015. La cause principale en a été les feux qui ont brûlé près de deux millions d’hectares, la plus grande superficie de forêt aménagée ayant brûlé au Canada depuis 1995.

Émissions nettes de carbone dans les forêts aménagées du Canada : Toutes les superficies, de 1990 à 2015
Le graphique montre (1) l’évolution des émissions et de l’absorption de gaz à effet de serre dans les forêts aménagées du Canada par année entre 1990 et 2015 (en million de tonnes d’équivalent de dioxyde de carbone par année); (2) les superficies annuelles affectées (en hectare) entre 1990 et 2015 par l’aménagement forestier, les incendies de forêt et les insectes.
Données du graphique
Le tableau présente l’évolution des émissions et de l’absorption de gaz à effet de serre dans les forêts aménagées du Canada entre 1990 et 2015 (en million de tonnes d’équivalent de dioxyde de carbone par année). Un nombre positif indique une émission nette d’équivalent de dioxyde de carbone par les forêts aménagées du Canada. Un nombre négatif indique une absorption nette. Le tableau présente également les zones annuelles de forêts perturbées (en hectare) entre 1990 et 2015 par les trois agents que sont (1) l’aménagement forestier, (2) les incendies de forêt et (3) les insectes.
Année Aménagement forestier
(hectares)
Incendies de forêt
(hectares)
Insectes
(hectares)
Émissions et absorptions de gaz à effet de serre
(million de tonnes)
1990 919 991 278 644 2 657 419 -98,8
1991 913 762 583 301 580 634 -70,3
1992 961 120 107 120 71 510 -115,3
1993 950 279 686 300 195 933 -61,9
1994 1 011 928 568 968 340 310 -47,6
1995 1 097 041 2 273 569 440 255 152,5
1996 1 058 219 638 703 252 456 -38,6
1997 1 086 241 173 479 243 037 -88,7
1998 1 035 607 1 607 547 531 532 122,1
1999 1 159 317 644 371 1 603 011 -15,9
2000 1 206 469 93 145 2 721 881 -71,7
2001 1 138 271 202 897 3 865 085 -59,7
2002 1 203 996 1 445 685 5 464 179 101,0
2003 1 172 998 767 614 8 711 667 46,1
2004 1 301 489 947 406 5 727 847 125,2
2005 1 281 561 639 617 9 090 354 44,6
2006 1 202 967 662 462 12 190 134 65,9
2007 1 050 083 736 598 9 820 058 70,1
2008 931 135 390 212 7 735 817 7,6
2009 819 142 379 824 4 454 152 22,5
2010 940 355 982 154 3 923 593 99,4
2011 971 669 1 108 888 3 141 887 120,6
2012 1 028 501 928 260 2 119 224 87,7
2013 1 040 824 480 146 2 434 185 19,6
2014 987 089 1 281 563 3 153 839 135,8
2015 977 351 2 048 949 1 777 318 221

Le bilan des émissions et absorptions du secteur de la forêt aménagée du Canada, compte tenu à la fois des activités humaines et des perturbations naturelles, génère un total net d’environ 221 Mt éq. CO2 d’émissions en 2015.

Pourquoi cet indicateur est-il important?

  • Le carbone présent sous forme de dioxyde de carbone (CO2) dans l’atmosphère participe largement au réchauffement climatique.
  • Le secteur forestier du Canada contribue à la fois aux émissions et aux absorptions de CO2 de l’atmosphère.
  • Les perturbations naturelles, la plupart indépendantes de la volonté humaine, ont un impact considérable sur la capacité des forêts aménagées du Canada d’absorber en continu plus de CO2 qu’elles n’en émettent.
  • Des modifications dans la gestion des forêts et dans l’utilisation des produits ligneux peuvent contribuer à atténuer l’impact des changements climatiques.

Quelles sont les perspectives?

  • Il est difficile de prédire avec certitude l’impact des changements climatiques sur le bilan des gaz à effet de serre de la forêt du Canada. Il pourrait être positif dans certaines régions (en améliorant, par exemple, la croissance forestière ce qui créerait de plus gros puits de carbone) et négatif ailleurs (en induisant, par exemple, plus de mortalité des arbres, davantage de feux de forêt ou d’épidémies d’insectes).
  • L’accroissement dans l’utilisation des produits ligneux durables à des fins de séquestration du carbone dans le milieu bâti et l’utilisation de produits du bois au lieu de matériaux qui produisent beaucoup d’émissions comme le béton, l’acier et les combustibles fossiles offrent des possibilités d’atténuer les changements climatiques.

Nouvelle approche en matière de production de rapports

Le Système national de surveillance, de comptabilisation et de production de rapports concernant le carbone des forêts du Canada fournit des estimations annuelles du bilan des gaz à effet de serre des forêts aménagées du Canada. Ces estimations d’émissions et d’absorptions sont consignées chaque année dans le Rapport d’inventaire national du Canada conformément à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC).

Au cours des dernières années, les estimations d’émissions et d’absorptions ont été très variables sur une période de douze mois, parce que les perturbations naturelles, en particulier les feux de forêt, ont masqué l’impact plus discret des activités humaines de gestion des forêts.

À cette fin, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat a recommandé aux pays d’élaborer de nouvelles approches de comptabilisation qui permettent de séparer les émissions et absorptions découlant des activités humaines des émissions et absorptions découlant des perturbations naturelles. Ainsi, il devient possible de détecter les tendances relatives aux émissions attribuables à la seule gestion des forêts.

L’application de cette nouvelle méthode améliore la capacité du Canada de surveiller les effets des efforts d’atténuation des changements climatiques du secteur des forêts et d’en faire rapport. Pour obtenir de plus amples renseignements concernant cette nouvelle approche, notamment les définitions et les méthodes, consultez les sections 2.3.4.1 et 6.3.1.2 du Rapport d’inventaire national 1990–2015 du Canada (2017).

Source
Notes
  • L’indicateur est évalué tous les ans au moyen du Système national de surveillance, de comptabilisation et de production de rapports sur le carbone des forêts. Le Système intègre les informations relatives aux inventaires des forêts, à la croissance de la forêt, aux perturbations naturelles, aux activités d’aménagement des forêts et au changement d’utilisation des terres dans l’évaluation des stocks de carbone, des modifications de stocks et des émissions de gaz à effet de serre autres que le CO2 dans les forêts aménagées du Canada. Le Système évalue les transferts vers le secteur de la production ainsi que le devenir des produits ligneux fabriqués à partir du bois récolté au Canada, y compris le stockage du carbone et les émissions résultant de ces produits.
  • Aux fins des rapports sur les émissions de GES, l’expression « terres aménagées » englobe toutes les terres aménagées pour la production de fibre ligneuse ou de bioénergie issue du bois à des fi de protection contre les perturbations naturelles ou de la conservation de valeurs écologiques. Au sein de ces terres aménagées, le mot « forêt » inclut toutes les superficies d’un ha ou plus qui ont le potentiel de développer un couvert forestier d’une fermeture minimale de 25 % et où la hauteur minimale des arbres est de 5 m à maturité in situ.
  • Les superficies touchées par les insectes présentées aux figures 2 et 3 ne comprennent que les zones touchées par les insectes qui causent plus de 20 % de la mortalité des arbres, ce qui a donc un impact considérable sur les émissions et absorptions nationales de carbone forestier.
  • Les données de l’indicateur ne permettent pas encore d’estimer et de déclarer les émissions découlant de l’impact de l’éclosion de la tordeuse des bourgeons de l’épinette au Québec.
  • Lorsque des peuplements sont touchés par le feu, les émissions et les absorptions produites après son passage par la regénération sont calculées séparément pour une durée de 60 ans. Les peuplements touchés par des perturbations partielles causant plus de 20 % de mortalité ont aussi leurs émissions et absorptions calculées séparément jusqu’à ce que se rétablisse leur biomasse perdue.
  • À partir de 2015, les règles internationales des rapports sur les gaz à effet de serre (GES) ont changé en ce qui concerne les produits ligneux récoltés. Par conséquent, le Canada déclare le bilan net des GES des écosystèmes forestiers et le bilan net des GES des produits ligneux récoltés. L’estimation des émissions issues des produits ligneux récoltés fait appel à la méthode de production du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) et inclut les émissions annuelles de tous les produits ligneux récoltés au Canada depuis 1941, indépendamment de leur emplacement actuel. On suppose que les transferts des produits du bois et du papier dans les sites d’enfouissement s’oxydent instantanément en CO2.
  • Par le passé, dans l’hypothèse selon laquelle tout le bois prélevé dans une forêt libérait instantanément dans l’atmosphère tout le carbone stocké, on ne tenait pas compte du stockage à long terme du carbone dans les maisons et autres produits du bois de longue durée. Rendre compte du devenir du carbone dans le bois récolté encourage tant la gestion durable des forêts que la gestion des produits ligneux récoltés visant à prolonger le stockage du carbone.
  • Pour obtenir de plus amples renseignements, voir :