Comment les perturbations façonnent-elles les forêts du Canada?

Les feux, les insectes et les maladies attaquent constamment les forêts du Canada. Ces perturbations naturelles, avec d’autres comme la sécheresse, les inondations et les tempêtes de vent, peuvent renouveler des paysages forestiers entiers et, avec le temps, façonner la composition, la structure et la diversité des habitats de la forêt.

Les perturbations naturelles varient en gravité, en étendue et en fréquence, et leur importance relative diffère d’une région à l’autre. Il en résulte que les forêts du Canada sont en transformation constante et qu’elles font partie d’un paysage dynamique.

Causes des feux de forêt au Canada (2007–2017)
Graphique présentant les causes des feux de forêt au Canada entre 2007 et 2017 selon le nombre moyen de feux : (1) 44 % pour la foudre; (2) 41 % pour les humains (excluant l’industrie); (3) 8 % pour les causes inconnues et (4) 7 % pour l’industrie. Graphique montrant les causes des feux de forêt au Canada entre 2007 et 2017, par superficie moyenne brûlée : (1) 74 % pour la foudre; (2) 22 % pour les causes inconnues; (3) pour les humains (excluant l’industrie) et (4) 1 % pour l’industrie
Version textuelle

Graphique présentant les causes des feux de forêt au Canada entre 2007 et 2017 selon le nombre moyen de feux : (1) 44 % pour la foudre; (2) 41 % pour les humains (excluant l’industrie); (3) 8 % pour les causes inconnues et (4) 7 % pour l’industrie

Graphique montrant les causes des feux de forêt au Canada entre 2007 et 2017, par superficie moyenne brûlée : (1) 74 % pour la foudre; (2) 22 % pour les causes inconnues; (3) pour les humains (excluant l’industrie) et (4) 1 % pour l’industrie

Les perturbations naturelles permettent le renouvellement de la forêt

Les perturbations naturelles, notamment les feux, les infestations d’insectes et les maladies, constituent une partie importante du cycle naturel des forêts, en particulier la forêt boréale du Canada.

Le feu est l’agent principal de changement et de renouvellement en zone boréale, car il expose le parterre forestier à la lumière et libère non seulement des éléments nutritifs, mais aussi les graines des cônes de certaines espèces.

Les perturbations ont des effets à la fois positifs et négatifs

Il arrive que des maladies et des épidémies d’insectes à grande échelle déciment des peuplements forestiers, ce qui a pour effet de libérer les éléments nutritifs des arbres touchés et de réduire la concurrence entre les arbres qui ont survécu ou ceux qui sont nouvellement établis. Ceci permet à la forêt de se renouveler et de recommencer son cycle de succession. Toutefois, l’introduction de maladies et d’insectes exotiques résultant de la mondialisation du commerce peut avoir des effets négatifs plutôt que positifs, car les forêts indigènes du Canada peuvent ne pas y être adaptées.

Les perturbations naturelles sont essentielles à la santé et à la regénération des forêts; toutefois, elles peuvent avoir un effet négatif sur les individus, les collectivités et les entreprises qui se trouvent dans ces forêts ou qui dépendent de celles-ci. En plus de menacer la sécurité des êtres humains, les biens et les infrastructures, les feux peuvent endommager le bois et en réduire le volume, et ainsi avoir une incidence sur le bien-être socioéconomique des collectivités et des citoyens.

Les perturbations se répercutent sur le cycle du carbone

Étant donné que les forêts absorbent le carbone quand elles croissent et en relâchent quand elles meurent, se décomposent, ou quand elles brûlent, elles jouent un rôle important dans le cycle du carbone. Les effets des perturbations naturelles, en particulier le feu, font partie des multiples facteurs complexes qui déterminent si, chaque année, une forêt aura absorbé plus de carbone qu’elle en aura libéré. 

Sources et renseignements
  • Boulanger, Y., Gauthier, S., et al. 2014. A refinement of models projecting future Canadian fire regimes using homogeneous fire regime zones. Revue canadienne de recherche forestière 44, 365–376.
  • Gauthier, S., Bernier, P., et al. 2014. Climate change vulnerability and adaptation in the managed Canadian boreal forest. Environmental Reviews 22, 256–285.
  • Gauthier, S., Bernier, P., et al. 2015. Boreal forest health and global change. Science 349, 819–822.
  • Base de données nationale sur les forêts. Incendies de forêt. (document consulté le 3 juillet 2018).
    • Les données de 2017 sur les feux de la Base de données nationale sur les forêts proviennent du Centre interservices des feux de forêt du Canada (CIFFC).
    • Le graphique présente les données sur les feux entre 2007 et 2017, divisées par origine. Le Rapport sur l’état des forêts au Canada : Rapport annuel 2018 contient des données de 2017, comme publiées sur le site Web de la Base de données nationale sur les forêts; cependant, ces données sont préliminaires et leur classification par origine n’a pas été finalisée. Par conséquent, veuillez prendre note que la catégorie « Indéterminée » de 2017 est surreprésentée dans les calculs. « Activité humaine (excluant l’industrie) » comprend « Causes diverses connues », « Récréation », « Résidants », « Chemins de fer » et « Incendiaires »; « Industrie » comprend « Industrie forestière » et « Autres industries ».
  • Nealis, V., et Cooke, B. 2014. Risk assessment of the threat of mountain pine beetle to Canada’s boreal and eastern pine forests. Ottawa, Ontario. Conseil canadien des ministres des forêts.
  • Sambaraju, K., DesRochers, P., et al. 2016. Forest ecosystem health and biotic disturbances: Perspectives on indicators and management approaches. Tiré de G. Larocque (éd.), Ecological forest management handbook, 459–515. Boca Raton, FL: CRC Press.