Comment l’industrie forestière évolue-t-elle?

Les changements dans la demande mondiale pour les produits forestiers traditionnels et la croissance de la demande pour les produits non traditionnels viennent transformer l’industrie forestière canadienne.

Alors que les consommateurs abandonnent les imprimés pour les médias numériques, le marché du papier journal et du papier d’impression et d’écriture continue de rétrécir. Les différends commerciaux des dernières années révèlent aussi le caractère vulnérable de ce secteur, essentiellement basé sur les échanges commerciaux de biens de consommation.

Parallèlement, de nouvelles applications portant sur des produits déjà offerts et la mise au point de nouveaux produits aident le secteur forestier à s’adapter à l’évolution des besoins des marchés, à augmenter son rendement financier et à concrétiser son engagement à l’égard du rendement environnemental.

La demande pour les produits de bois canadiens destinés aux infrastructures est en hausse. De récentes avancées dans les nouveaux produits à base de bois et les systèmes de bâtiments, conjointement avec des modifications apportées au Code du bâtiment du Canada, permettent la construction de bâtiments de bois plus hauts, plus durables et énergétiquement efficaces. Depuis 2009, plus de 500 bâtiments en bois de hauteur moyenne ont été construits au Canada, avec du bois comme principal matériau de construction.

Les résidus de fibre de bois et les produits dérivés de la fabrication de produits forestiers peuvent être utilisés dans la fabrication de bioproduits, dont des produits biochimiques, des biomatériaux et de la bioénergie.

Les bioproduits appartiennent à l’une des catégories de produits forestiers en forte croissance. Par exemple, les produits biochimiques entrent dans la fabrication d’une vaste gamme de produits, notamment des produits pharmaceutiques, des plastiques biodégradables, des produits de soins personnels et des produits chimiques industriels.

Infographie de deux pompes à essence accompagné d’un texte indiquant que les revenus générés par les bioproduits canadiens provenant des secteurs de la foresterie et de l’agriculture ont atteint 4,3 milliards de dollars en 2015. Près des deux tiers de ces ventes étaient attribuables à des biocarburants, dont (1) 75,2 % l’éthanol et (2) 24,1 % le biodiesel.

Les nouveaux marchés et les nouveaux défis restructurent le secteur

Le mouvement d’intégration accrue, à l’échelle mondiale, du commerce et des entreprises multinationales a permis à de nombreuses entreprises canadiennes d’acquérir des actifs aux États-Unis. Depuis 2010, les trois plus grandes entreprises canadiennes de pâtes et papier ont fait six acquisitions, dont trois aux États-Unis. Les trois plus grandes entreprises forestières de la Colombie-Britannique possèdent maintenant 45 scieries de bois résineux aux États-Unis et des plans d’investissements dans l’acquisition de nouvelles scieries sont en cours. Autrefois composé d’entreprises canadiennes évoluant dans les marchés nord-américains, le secteur est maintenant composé d’entreprises nord-américaines évoluant dans les marchés mondiaux.

Des avancées technologiques améliorent le rendement environnemental

Les investissements dans de nouvelles technologies constituent un autre facteur de transformation des activités de l’industrie. La production de bioénergie a pour effet de réduire les émissions de carbone et l’utilisation des carburants fossiles. Par exemple, en produisant de la bioénergie à partir de résidus et en augmentant son efficacité énergétique, l’industrie forestière du Canada a réduit sa consommation d’énergie de 31 % et ses émissions de GES de 49 % entre 2005 et 2015. Des recherches sont en cours sur l’intégration des bioraffineries dans les usines de pâtes afin qu’elles puissent utiliser les résidus de la fabrication des pâtes pour fabriquer de nouveaux bioproduits.

 
Sources et renseignements
  • Ressources naturelles Canada. Base de données complète sur la consommation d’énergie (document consulté le 6 mars 2018)
    • Secteur industriecstriel — indusdustries regroupées :
      • Tableau 8 : Consommation d’énergie secondaire et émissions de GES des pâtes et papiers
      • Tableau 15 : Consommation d’énergie secondaire et émissions de GES de l’exploitation forestière
    • Secteur industriel — industries non regroupées :
      • Tableau 28 : Consommation d’énergie secondaire et émissions de GES des produits du bois
      • Tableau 34 : Consommation d’énergie secondaire et émissions de GES de l’industrie des produits en papier transformé
  • Statistique Canada. 2016. Bulletin sur la disponibilité et écoulement d’énergie au Canada (Préliminaire 2014) (document consulté le 20 mars 2018)
    • La méthode d’évaluation de la quantité d’énergie primaire attribuée au bois et utilisée sous forme de liqueurs résiduaires dans le sous-secteur de la fabrication de pâtes et papiers a été mise à jour en 2015, ce qui a occasionné des changements dans les séries de données entre 1995 et 2002. De plus, entre 1990 et 2010, les résidus de bois et la liqueur résiduaire ont été inclus de façon erronée dans d’autres combustibles lorsqu’on a évalué la production d’électricité dans le Bulletin sur la disponibilité et écoulement d’énergie au Canada. Cette erreur portant sur les points des données de 2011, de 2012 et de 2013 a été corrigée, mais ne l’est pas sur les points des données des années antérieures. Ces changements ont directement influé sur les estimations concernant l’énergie industrielle et la production d’électricité, et ils ont influé indirectement sur les émissions estimatives. Il est donc possible que les données chronologiques de la période allant de 2011 à 2013 ne concordent pas parfaitement avec les données des années antérieures.
    • Pour obtenir de plus amples renseignements concernant le Programme Investissements dans la transformation de l’industrie forestière du Service canadien des forêts de Ressources naturelles Canada.
  • Statistique Canada. 2017. Enquête sur la production et le développement de bioproduits, 2015.
    • Les données de l’enquête de 2015 étaient les plus récentes au moment de la publication.
    • Les « bioproduits » comprennent les biocarburants, la bioénergie et les produits chimiques, matériaux et composites organiques, les produits biochimiques et les biomatériaux intermédiaires et autres ainsi que d’autres bioproduits.