Secteur forestier du Canada : chef de file en bioéconomie

Qu’il s’agisse d’un arbre résistant à la sécheresse ou d’un exportateur de bois d’œuvre porté par la vague des marchés fluctuants, la capacité d’adaptation aux conditions changeantes est essentielle pour survivre et conserver son avantage concurrentiel. L’industrie forestière du Canada connaît bien cette réalité.

La gamme de produits forestiers du Canada change

Depuis son passé de producteur de bois de chauffage, de bois d’œuvre et de bois de charpente pour la construction navale, le secteur forestier du Canada s’est toujours adapté et réinventé en vue de répondre aux demandes des marchés changeants et émergents. Les investissements dans la recherche et les technologies de pointe ont conduit à la mise au point de produits de papier, de pâte et de bois qui permettent à l’industrie forestière du Canada de demeurer concurrentielle, malgré les fluctuations des marchés des produits forestiers traditionnels.

Grâce à l’importante refonte des processus industriels, de nombreux bioproduits commencent également à faire partie de la gamme de produits forestiers qu’offre le pays. La production de matériaux de pointe, de produits chimiques écologiques et de sources d’énergie renouvelables aide le Canada à percer de nouveaux marchés de produits. Ainsi, le secteur forestier du Canada ressort aujourd’hui comme un chef de file de la bioéconomie en pleine croissance.

Les bioproduits offrent des options peu ou pas polluantes par rapport aux ressources non renouvelables

En bioéconomie, les ressources renouvelables comme les arbres et les cultures agricoles sont transformées en plusieurs types de produits industriels et de consommation, par exemple des additifs alimentaires, des textiles, des matériaux de construction, des pièces d’auto, des bioplastiques, des produits biochimiques et des carburants conçus pour les véhicules et les avions.

La bioénergie constitue la deuxième source d’énergie renouvelable en importance (après l’hydroélectricité) au Canada. En 2000, on comptait au pays cinq projets de chauffage par biomasse dans des collectivités. En 2014, ce nombre s’élevait à 150.

Les bioproduits offrent l’avantage de pouvoir tirer une plus grande valeur des arbres sans produire trop de déchets. Même les résidus de sciures de bois et de copeaux de bois résultant de l’usinage et d’autres processus de foresterie peuvent servir à créer des bioproduits. En outre, ils viennent remplacer des sources d’énergie et des matériaux non renouvelables, et en ce sens les bioproduits peuvent aider à diminuer la dépendance aux combustibles fossiles, à réduire les émissions de gaz à effet de serre et à limiter les répercussions des activités industrielles sur l’environnement.

C’est une bonne nouvelle pour le Canada, dont les forêts gérées de façon durable comportent une grande quantité de fibres ligneuses renouvelables et d’autres types de biomasse forestière. La bioéconomie du Canada se trouve avantagée par l’abondance des matières premières du pays.

Gros plan de certains des matériaux de pointe entrant dans la composition d’un bâtiment en bois en construction, et un travailleur de la construction.
Des matériaux de pointe faits à partir de bois sont utilisés dans la construction d’édifices de moyenne et de grande hauteur, soit de 6, 10 ou même 18 étages.

Les bioproduits accélèrent la transition du Canada vers une économie à faibles émissions de carbone et à forte croissance

Photo d’une cuiller en bois entourée de feuilles de bouleau contenant du xylitol, un édulcorant, avec un peu du produit renversé sur la table. Les arbres servent à produire des édulcorants hypocaloriques, des vêtements, du plastique biodégradable et bien plus encore.

À mesure que la gamme de bioproduits du secteur forestier s’élargit, le Canada poursuit son virage concurrentiel marqué au sein des marchés mondiaux, dans lesquels les attentes modernes de la société et des consommateurs valorisent grandement la croissance économique.

Pour mettre en marché davantage de bioproduits, il faut également disposer d’une main-d’œuvre encore plus qualifiée. Cela signifie augmenter l’offre d’emplois bien rémunérés dans l’ensemble du secteur forestier et des industries connexes dans tout le pays. On créera ainsi de nouvelles possibilités économiques dans les communautés urbaines, rurales et autochtones. (Voir l’article Collectivités autochtones et économie forestière.)

La capacité à suivre le rythme de la bioéconomie dépend de l’innovation et de l’adaptation continues du secteur forestier

À l’image des arbres qui s’adaptent aux conditions environnementales en changement perpétuel, le secteur forestier doit continuer à innover et à évoluer s’il compte anticiper puis combler la demande du marché et des consommateurs pour de nouveaux produits forestiers. Il s’agit de la clé de la survie de l’industrie forestière depuis plus de 150 ans.

Par contre, le potentiel du marché mondial des bioproduits, estimé à un montant largement supérieur à 100 milliards de dollars, semble changer la donne. Dans la nouvelle bioéconomie mondiale, les membres du secteur forestier du Canada sont non seulement prêts à survivre, mais également prêts à travailler fort.

Une foule de produits sont fabriqués à partir des arbres du Canada

  • Des produits biochimiques renouvelables faits avec du sucre et de la lignine dérivée de copeaux de bois sont utilisés dans la fabrication de produits qui servent quotidiennement, par exemple des colles, des agents nettoyants, des solvants et de l’isolant en mousse.
  • Les biomatériaux de grande valeur provenant de fibres ligneuses sont utilisés dans de nombreux processus de production d’énergie et de fabrication industrielle. Par exemple :
    • la cellulose nanocristalline est utilisée dans la fabrication de peintures, de vernis, de matériel électronique à écran à cristaux liquides, de capteurs et de composites pour les avions et les voitures, et sert de transporteur dans des traitements pharmacologiques;
    •  les filaments de cellulose sont utilisés dans les composites, les emballages et les produits de papier et de plastique;
    •  le biométhanol peut servir à fabriquer des solvants, des produits antigel et du carburant.
  • Des recherches en cours visent à transformer les usines de pâtes en bioraffineries, leur permettant d’utiliser les résidus des processus de fabrication des pâtes destinés à la création de nouveaux bioproduits.

Voir le glossaire sur les Produits forestiers ligneux du Canada pour obtenir la description de ces bioproduits et d’autres bioproduits.

 
Sources

Mason, Glenn, sous-ministre adjoint, Service canadien des forêts [conférence donnée à La conférence annuelle de l'industrie des pâtes et papiers au Canada, Montréal, QC, du 13 au 17 février 2017].

Ressources naturelles Canada – Service canadien des forêts. Production de bioénergie à partir de la biomasse.

Ressources naturelles Canada – Service canadien des forêts. Bioéconomie, bioénergie et bioproduits forestiers.

Ressources naturelles Canada – Service canadien des forêts. Les produits du bois : partout et pour tous.

Natural Resources Canada – Canadian Forest Service, Industry and Trade Division, Annual Report 2015/2016. [rapport interne non publié]

Natural Resources Canada–Canadian Forest Service, Industry and Trade Division, Results Bulletin Board, 2014/2015. [rapport interne non publié]

Références photographiques
  • Image de la phase 1 du Projet de construction de la résidence d’étudiants Brock Commons. Image reproduite avec l’aimable autorisation de naturally:wood® [en anglais seulement].