Télédétection en foresterie

Les scientifiques du Service canadien des forêts ont une longue histoire de recherches novatrices concernant l’utilisation des technologies de télédétection en vue de recueillir des données relatives aux forêts. L’aménagiste forestier H.E. Seely a montré la voie durant les années 1930 au moment où il a défini la manière d’identifier les essences d’arbres et de calculer les volumes de bois d’œuvre à l’aide de photographies aériennes.

Aujourd’hui, les successeurs de M. Seely collaborent avec des organisations telles que l’Agence spatiale canadienne, le Centre canadien de télédétection, la NASA (la National Aeronautics and Space Agency des États-Unis), l’Agence spatiale européenne et la Japan Aerospace Exploration Agency, et avec les autorités des provinces, des universités et de l’industrie. Tous veulent trouver des façons d’utiliser les données de satellites et de systèmes aéroportés pour cartographier et classifier la couverture forestière et son évolution d’un bout à l’autre du Canada, et d’effectuer le suivi de la santé, la structure, la biomasse et les perturbations naturelles de la forêt.

Les projets et les technologies étudiés englobent ce qui suit :

  • BioSpace — La surveillance de la biodiversité à l’aide des données d’observation de la Terre est un projet conjoint du Service canadien des forêts, de l’Agence spatiale canadienne et de l’Université de la Colombie-Britannique. La télédétection par satellite permet aux chercheurs d’assurer la surveillance de la biodiversité à l’échelle nationale, y compris dans les régions éloignées qui autrement demeureraient inaccessibles.
  • Le projet Observation de la Terre pour le développement durable des forêts (OTDD) est une activité conjointe du Service canadien des forêts et de l’Agence spatiale canadienne. Il vise avant tout à créer un système national de mesurage et de surveillance des forêts à partir des images satellitaires Landsat.
  • L’imagerie hyperspectrale révèle des objets et des données qui ne peuvent être détectés par d’autres capteurs multispectraux. Les chercheurs du Service canadien des forêts sont en voie d’élaborer de nouvelles manières de tirer profit de la technologie dans le domaine de la foresterie, d’améliorer les renseignements relatifs à la santé et à l’inventaire forestier, et d’enrichir les connaissances concernant la biodiversité, les perturbations naturelles ainsi que les effets des changements climatiques.
  • Les images de haute et de très haute résolution (entre 10 et 100 cm/pixel) marquent une transition potentielle entre la cartographie de peuplements forestiers relativement homogènes et l'interprétation de leur contenu d'après des photographies à échelle moyenne, et l'analyse semi-automatique informatisée d'images aériennes ou satellites multispectrales de haute résolution spatiale portant sur la couronne d'un seul arbre.
  • Le SCF a mis au point un système national de suivi du déboisement basé sur la télédétection. Le groupe de travail sur le Suivi du déboisement utilise plusieurs sources de données : celles de l'imagerie satellitaire, de la photographie aérienne, de l'utilisation des terres; des bases de données géospatiales sur les installations pétrolières et gazières, sur les inventaires forestiers et les visites de terrain. L'usage de ces sources multiples sert à obtenir la meilleure estimation possible sur l'étendue et la nature du déboisement au Canada. L'information sur le suivi sert à alimenter le Modèle du bilan du carbone pour le secteur forestier canadien (MBC-SFC3) conçu pour estimer les émissions de gaz à effet de serre; l'information sert aussi à répondre aux besoins de production de rapports et d'analyses, autant sur le plan national qu'international.
  • Le radar présente l’avantage de pouvoir être utilisé dans toutes les conditions météorologiques, ce qui permet ainsi d’acquérir des images de la Terre de jour comme de nuit, peu importe les conditions météorologiques, au travers des nuages, de la brume ou de la fumée.
  • Inventaire de végétation – L’utilisation d’une combinaison de nombreuses technologies de télédétection pour évaluer les attributs de l’inventaire forestier (Multi-source Vegetation Inventory) améliorera grandement l’évaluation des ressources pour les Territoires du Nord-Ouest.