Classification canadienne des écosystèmes forestiers

L’un des engagements pris par le Canada dans la foulée de la Convention sur la diversité biologique était la création d’une classification nationale des écosystèmes forestiers en vue d’être utilisée comme outil de suivi des critères et indicateurs de la conservation de la biodiversité, de la santé des forêts et du développement durable.

L’élaboration de la Classification canadienne des écosystèmes forestiers (CCEF) débutée en 2000 est menée par de nombreux partenaires d’organismes gouvernementaux et non gouvernementaux sous la coordination du Service canadien des forêts de Ressources naturelles Canada.

Traverser les frontières

La CCEF fait partie de la Classification nationale de la végétation du Canada (CNVC) (disponible en anglais seulement), un système plus vaste de classification de tous les types de végétation au Canada. Le CCEF utilise une nomenclature et des critères de classification normalisés pour décrire les communautés végétales des forêts et des terrains boisés. L’objectif premier est de regrouper plus de 4 000 types forestiers provinciaux et territoriaux existants dans une classification nationale commune qui permettra d’établir des comparaisons directes entre compétences.

Les écologistes travaillent en étroite collaboration avec leurs homologues américains pour s’assurer de la compatibilité de la CNVC et de l’U.S. National Vegetation Classification. Ceci leur permettra de disposer d’un cadre de référence commun lors de leurs discussions sur les écosystèmes qui s’étendent de l’autre côté de la frontière internationale.

Comment ça fonctionne?

Les types végétaux de la CCEF (appelés associations) sont définis et décrits à partir des caractéristiques de la végétation qui représentent des variations à petite échelle du climat régional, des régimes nutritifs et hygrométriques propres à un site et des processus écologiques sous-jacents.

Les données sur les caractéristiques du sol, du site et de la végétation des placettes sur le terrain des provinces et des territoires sont examinées et comparées à l’aide des classifications écologiques existantes de chaque province et territoire. Les systèmes de classification existants peuvent être mis à jour pour les rendre plus compatibles avec le CCEF. On assigne ensuite à chaque unité de classification locale une association nationale de la CCEF, ce qui permet de les relier au système canadien.

À terme, la CCEF aura répertorié quelque 1 000 associations normalisées des forêts et des terrains boisés, chacune étant décrite dans une fiche de même format que celle de la CNVC. Les fiches d’information fournissent un résumé des attributs écologiques de chaque association, y compris des données sur la structure des communautés, les caractéristiques des espèces végétales, l’habitat, la répartition biogéographique et les relations avec les processus écologiques.

Ces renseignements seront archivés dans une base de données nationale qui offrira des liens à des produits écologiques cartographiés à l’échelle nationale et régionale, comme les écozones et les écorégions du Cadre écologique national pour le Canada et les classifications écologiques provinciales, ainsi que les compilations nationales comme l’Inventaire forestier national.

Comment sera-t-elle utilisée?

Une fois terminée, la CCEF se prêtera à une large gamme d’usages, y compris :

  • le repérage de l’habitat à des fins d’élaboration de stratégies de conservation et de protection
  • la description de l’évolution de la composition et de la structure de la forêt à la suite de perturbations naturelles et anthropiques, y compris l’influence des changements climatiques
  • le couplage d’information sur les écosystèmes recueillie sur le terrain avec l’information multi-échelles obtenue grâce à des techniques de télédétection.

En tant que cadre systématique pour appliquer les connaissances écologiques sur les forêts et les terrains boisés du Canada aux activités de suivi, de recherche et de production de rapports, la CCEF est essentielle à l’extrapolation de l’information locale aux échelles régionale, nationale et mondiale. Elle aidera ainsi à faire du Canada un chef de file mondial de l’application de la classification des écosystèmes à l’aménagement forestier durable, y compris les valeurs ligneuses et non ligneuses de la forêt.

Personne-ressource du Service canadien des forêts

Ken Baldwin, Écologiste forestier

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