Insectes et araignées comme indicateurs forestiers

Les arthropodes (insectes et araignées) représentent environ 70 % de toutes les espèces forestières et jouent un rôle important dans les écosystèmes forestiers.

Carabe

De plus en plus, les arthropodes sont utilisés comme bioindicateurs, en raison de leur sensibilité aux conditions environnementales, ainsi que de leur diversité et de leur abondance. Par exemple, certaines espèces, comme les carabes, sont utiles à l’évaluation du rétablissement après des perturbations ainsi qu’à l’analyse des impacts des pratiques forestières.

Les chercheurs du Service canadien des forêts (SCF) et des collaborateurs ont déterminé que les assemblages de carabes réagissaient à l’échelle d’une perturbation alors que la réaction d’une espèce particulière et les modifications dans la composition des espèces se produisaient plutôt à l’échelle régionale et à l’échelle des toutes petites différences qui existent à l’intérieur des écosystèmes forestiers. En conséquence, les chercheurs ont conclu qu’il valait mieux exercer la surveillance des carabes aux fines échelles d’évaluation des effets de l’aménagement forestier. De plus, la surveillance d’espèces individuelles d’arthropodes dans de vastes régions entraîne des coûts prohibitifs.

Les chercheurs du SCF examinent la possibilité d’exercer une surveillance des habitats ou des conditions écologiques pouvant être substituée à celle des arthropodes, telle qu’avec la Classification canadienne des écosystèmes forestiers (CCEF) — et ce, à un coût plus raisonnable.

La CCEF est utile à la classification et à la surveillance des communautés végétales des forêts canadiennes. La CCEF a été établie à l’aide de données sur la végétation et de caractéristiques du sol (humidité et richesse des nutriments), des propriétés qui sont également reconnues comme exerçant une influence importante sur la répartition et l’abondance des arthropodes vivant à la surface du sol (épigés), y compris les carabes. En recherche, on suppose que cette classification des communautés végétales forestières est aussi un substitut des communautés d’arthropodes forestiers épigés. En d’autres termes, la CCEF qui est largement utilisée et facile à comprendre, permet non seulement d’évaluer les communautés végétales des forêts canadiennes, mais rend également possible la surveillance indirecte de la biodiversité des arthropodes épigés.

La CCEF, ayant le potentiel d’être appliquée dans de vastes régions dans l’évaluation des changements dans les forêts et dans l’évolution des organismes forestiers, peuvent aussi servir à évaluer les répercussions des changements climatiques, du développement de la bioénergie et de l’extraction des sables bitumineux.

Personne-ressource du Service canadien des forêts

David Langor, Entomologiste, biodiversité et lutte contre les ravageurs

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