Dendroctone du pin ponderosa

La menace que présente le dendroctone du pin ponderosa sur la forêt boréale canadienne

Dendroctone du pin ponderosa

Où est ce dendroctone maintenant?

Le dendroctone du pin ponderosa (DPP) est un insecte indigène de l’Amérique du Nord, qui attaque les forêts de pins de l’Ouest du continent.

L’infestation actuelle de DPP a débuté en Colombie-Britannique au début des années 1990. L’insecte a depuis tué environ 50 % du volume total des pins tordus latifoliés qui ont une valeur commerciale dans la province. Alors qu’on avait déjà rapporté des cas isolés du DPP en Alberta, l’insecte a migré massivement dans la province en 2006 lors des infestations qui ont sévi en Colombie-Britannique en 2006, et qui se sont par la suite étendues vers l’est.

Aujourd’hui, le DPP se trouve bien au-delà de son aire de répartition historique, qui s’étend maintenant jusqu’au Nord de la Colombie-Britannique vers l’Est de la forêt boréale du Centre-Nord de l’Alberta. Ne se limitant plus à ravager le pin tordu latifolié, ce nuisible se reproduit aussi sur le pin gris, qui constitue l’espèce de pin dominante dans la forêt boréale.

Quels facteurs agissent sur la propagation du dendroctone?

Les scientifiques s’attendent à ce que le DPP continue à élargir sa répartition géographique et pénètre dans la forêt boréale et les pinèdes du Nord et de l’Est du Canada. Plusieurs facteurs détermineront la mesure dans laquelle cette propagation se produira, entre autres :

Carte de déplacement du dendroctone du pin ponderosa en Colombie-Britannique et en Alberta (2002–2011). Carte : Roger Brett

Vecteurs de déplacement annuel

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  • Habilité à se propager – Une caractéristique propre à l’histoire du DPP est la capacité des adultes à voler vers de nouveaux arbres et de les coloniser. Cette possibilité de dispersion sur de longues distances (plus de 100 km) dans des conditions météorologiques favorables est bien documentée.
  • Conditions climatiques favorables à l’infestation – Les hivers plus doux et les étés plus chauds contribuent à l’accroissement du taux de recrutement et de survie du DPP.
  • Vulnérabilité des peuplements de pinèdes boréales à l’infestation – Les pinèdes de la forêt boréale sont typiquement moins denses et ont de plus petits arbres que les forêts de pins tordus latifoliés de la Colombie-Britannique. Ces caractéristiques de peuplement ne sont pas nécessairement optimales pour la dispersion du DPP, mais de nouvelles données probantes permettent de penser qu’elles constitueraient moins un empêchement à son étendue et à son établissement dans les peuplements boréaux que ce qu’on avait cru précédemment.
  • Efficacité des mesures de lutte contre les ravageurs forestiers – Les mesures de lutte en cours réduisent les populations du DPP et aident à ralentir sa propagation, mais la superficie forestière attaquée par ce ravageur continue d’augmenter.

Que font les instances gouvernementales pour ralentir la propagation du dendroctone?

Les provinces et territoires infestés exécutent leurs propres programmes de détection du DPP et de lutte contre ce ravageur. Leurs efforts incluent la détection du DPP dans de nouveaux secteurs et l’enlèvement et le brûlage d’arbres infestés pour réduire d’éventuelles attaques, ou la récolte d’arbres dans les peuplements touchés avant que la valeur commerciale du bois soit perdue ou réduite.

Il reste que la forêt boréale est un nouveau milieu pour ce ravageur et de nombreuses questions — par exemple à quelle vitesse les populations se propageront et quels seront leurs impacts sur les valeurs écologiques, économiques et sociales des forêts — restent sans réponse. Les recherches menées par le Service canadien des forêts et d’autres agences visent à acquérir une meilleure compréhension de l’écologie et de la dynamique des populations du DPP dans ce nouveau milieu.

Cette information est présentement mise à profit dans l’analyse continue du risque de la Stratégie nationale de lutte contre les ravageurs forestiers, cette dernière résultant de la collaboration des experts fédéral, provinciaux et des territoires. Les connaissances générées aident les gestionnaires des forêts à évaluer la menace que pose ce ravageur sur les forêts du Canada et à déterminer des mesures d’atténuation et d’adaptation efficaces.

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Recherche scientifique