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Fonte des glaciers, hausse des océans, dégel du pergélisol et niveau phréatique imprévisible : les effets troublants des changements climatiques

Le 2 avril 2019

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Un campement de la Commission géologique du Canada de Ressources naturelles Canada sur la calotte glaciaire Agassiz, dans l’île d’Ellesmere (Nunavut). Photo : David Burgess

Le réchauffement planétaire constitue une toile de fond des plus dynamiques pour les scientifiques qui travaillent de nos jours sur les changements climatiques, notamment à Ressources naturelles Canada (RNCan). Déterminés à mieux comprendre les effets troublants des changements climatiques, les chercheurs de RNCan sillonnent le pays pour étudier la fonte des glaciers, le niveau phréatique imprévisible, la hausse des océans et le dégel du pergélisol.

Les enjeux sont de taille. Déjà, le Canada connaît des chaleurs plus extrêmes et des froids moins extrêmes qu’avant. Nous pouvons aussi nous attendre à être témoins de variations de la fréquence, de la durée et de la gravité de dangers climatiques tels les inondations, les feux de forêts, les sécheresses et les conditions météorologiques extrêmes.

Un million de corrélations

D’ailleurs, nous n’avons pas à chercher bien loin pour voir les incidences des changements climatiques au quotidien. Ainsi, l’eau que nous buvons, l’air que nous respirons et même la façon dont nous nous déplaçons sont touchés.

La science des changements climatiques est complexe. Grâce à la contribution de scientifiques du gouvernement, dont quatre qui travaillent à la Commission géologique du Canada de RNCan, le Rapport sur le climat changeant du Canada (RCCC), publié récemment, établit des liens entre les changements observés. Les changements climatiques y sont examinés sous l’angle du passé, du présent et de l’avenir.

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Perché en haut d’une falaise à la marge de la calotte glaciaire Agassiz, le scientifique David Burgess consigne des données de levés GPS. Photo : Brad Danielson (Fiera Biological Consulting)


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Étudiante de cycle supérieur à l’Université de l’Alberta, Ashley Dubnick inspecte la couche de glace basale le long de la marge du glacier Sverdrup, sur la calotte glaciaire Devon (Nunavut). Photo : David Burgess

Nord canadien : des observations qui donnent froid dans le dos

L’évolution de notre climat est manifeste dans le Nord canadien. Le scientifique de RNCan David Burgess a passé près de 20 ans à étudier les calottes glaciaires de l’Arctique canadien, aussi bien à l’aide de la télédétection qu’en se rendant sur place pour prendre des mesures.

« J’ai vu personnellement des éléments solides indiquant que le réchauffement du climat de ces régions éloignées est beaucoup plus rapide que la normale, de dire M. Burgess. Les glaciers de l’Arctique canadien reculent à un rythme sans précédent. »

Sous la surface des grandes calottes glaciaires, on a vu dernièrement une plus grande accumulation de couches de glace massives, à cause d’une fonte excessive ou de la présence de pluie à des hauteurs où la neige et les températures sous zéro règnent normalement en maîtres absolus, même en été.

Sur les calottes glaciaires de plus petites dimensions, certains pôles de mesure creusés dans la glace il y a plus de 50 ans ont été abandonnés parce que la glace y est maintenant trop mince pour les supporter.

Selon M. Burgess, les incidences combinées des changements climatiques peuvent avoir des effets dévastateurs sur les collectivités côtières.

Nord canadien : le dégel du pergélisol

À l’intérieur des terres, dans le centre et le sud de la vallée du Mackenzie, le pergélisol inquiète : il s’est réchauffé d’environ 0,2 degré par décennie depuis le milieu des années 1980.

« Le pergélisol se réchauffe et dégèle depuis quatre décennies, constate la scientifique Sharon Smith, qui en suit l’évolution. Lorsque le pergélisol riche en glace dégèle, le sol devient instable et se tasse, ce qui peut avoir des répercussions sur les infrastructures et l’environnement. »

Niveau de la mer : toujours de plus en plus haut

Le recul des glaciers et le réchauffement des océans font monter le niveau des océans, une grave préoccupation pour une grande partie du littoral canadien.

« Au Canada, les lignes de côte de l’Atlantique, du Pacifique et de Beaufort, dans l’Arctique, connaîtront une hausse relative du niveau de la mer. De plus, les projections indiquent que le niveau de la mer, dans certains secteurs du Canada atlantique, augmentera davantage que la moyenne mondiale au cours du siècle, selon le scientifique Tom James. L’augmentation locale du niveau de la mer entraînera une multiplication des inondations, ce qui risque de nuire aux infrastructures et aux écosystèmes et d’éroder les côtes. »

Eau souterraine : des printemps plus hâtifs

L’évolution des régimes de précipitation et de température influe aussi sur les niveaux de la nappe, ce qui influe ensuite sur notre accès à l’eau douce.

« Personne ne peut prédire l’ampleur ni même la direction du changement, selon le scientifique Alfonso Rivera. Nous savons par contre que la fonte printanière de la neige et de la glace fait augmenter l’écoulement de l’eau dans les aquifères. La recharge de la nappe phréatique, partout au pays, risque donc de se produire plus tôt en raison de la fonte hâtive de la neige. »

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Récupération des données d’une station météo automatique sur le glacier Sverdrup, sur la calotte glaciaire Devon (Nunavut). Photo : Claire Bernard-Grand’Maison (Université d’Ottawa)

Des changements environ deux fois plus rapides au Canada

Les changements climatiques sont très variables. Au Canada, par exemple, le climat se réchauffe environ deux fois plus vite qu’ailleurs, principalement en raison de notre situation nordique. À mesure que la neige et la glace marine disparaissent, les surfaces réfléchissent moins la lumière. Elles absorbent donc plus la lumière du soleil, ce qui accélère la fonte et le réchauffement. C’est un cercle vicieux.

« Nous ne manquons pas de preuves scientifiques solides pour étayer la prise de bonnes décisions stratégiques pour protéger notre environnement, souligne Don Lemmen, de la Division des impacts et de l’adaptation liés aux changements climatiques de RNCan, qui a travaillé avec les scientifiques à la rédaction du rapport. La responsabilité est partagée et tout le monde a un rôle à jouer. »

Le RCCC est le fruit d’une collaboration entre des scientifiques d’Environnement et Changement climatique Canada, de Pêches et Océans Canada et de RNCan et des experts du milieu universitaire. Il servira de fondement à une série de rapports qui seront publiés d’ici à 2021 en vertu du processus national d’évaluation appelé Le Canada dans un climat en changement : faire progresser nos connaissances pour agir.

Pour en savoir plus sur le Rapport sur le climat changeant du Canada, cliquez ici.

 


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