Répercussions économiques de l’exploitation des ressources de schiste et de réservoirs étanches

Un produit issu de la Conférence des ministres de l’Énergie et des Mines

L’exploitation des ressources de schiste et de réservoirs étanches pourrait contribuer grandement à l’économie canadienne. Parmi les retombées, il y a des emplois pour les Canadiens, des redevances et des paiements de location pour les gouvernements provinciaux ou territoriaux qui sont propriétaires des ressources, ainsi que des impôts versés aux gouvernements municipaux, provinciaux, territoriaux et fédéral.

Parmi les répercussions macroéconomiques, on compte également les investissements accrus, une balance commerciale plus solide et une dépendance réduite à l’égard des importations d’énergie.

Économie canadienne

En 2014, l’industrie du pétrole et du gaz représentait 7,8 p. 100 du PIB (produit intérieur brut) nominal du Canada et soutenait plus de 190 000 emplois directs et plus de 170 000 emplois dans le domaine de la construction. L’industrie était responsable de 83 milliards de dollars ( 31 p.  100) du total des dépenses en immobilisations au Canada et de 137 milliards de dollars en exportations nationales.

Les gouvernements fédéral, provinciaux, territoriaux et municipaux tirent profit de recettes directes des industries de l’énergie découlant des impôts sur le revenu des sociétés, des taxes indirectes, des redevances à la Couronne et de la vente de terres domaniales.

Les recettes associées à la production de pétrole et de gaz dont tirent profit les gouvernements servent à respecter les priorités de ces gouvernements, comme l’augmentation des revenus provenant de l’impôt, la réduction du déficit, le soutien aux projets d’infrastructure et la prestation de différents programmes et services à la population.

Entre  2009 et 2013, les recettes du gouvernement découlant de l’industrie du pétrole et du gaz atteignaient, en moyenne, 21,9 milliards de dollars.

Prix du gaz naturel

Prix du gaz naturel (AECO)Note de bas de page 1
(CAD/MMBtu)

Figure 1 - Prix du gaz naturel (AECO)
Version textuelle - Figure 1

Figure 1: Graphique linéaire montrant la baisse du prix du gaz naturel entre 2003 et 2014 et la moyenne annuelle du prix pour chaque année.

Depuis 2008, la croissance rapide de la production de gaz de schiste aux États-Unis a contribué à un excès d’offre sur le marché du gaz naturel en Amérique du Nord. Par conséquent, la moyenne des prix du gaz naturel au Canada a baissé de près de 71 p. 100 , atteignant des bas prix record en décembre 2015.

Même si le prix du gaz naturel au Canada atteignait, en moyenne, 4,6 $ le gigajoule au cours de la dernière décennie, le prix en Europe et en Asie atteignait, en moyenne, 10 $ le gigajoule.

En raison du faible prix du gaz naturel et afin de demeurer concurrentiels, les producteurs canadiens ciblent de plus en plus les gisements de gaz naturel riches en  liquides de gaz naturel (p. ex. éthane, propane, butanes et pentanes). Le prix de ces liquides de gaz naturel est lié au prix du pétrole. Ils se vendent donc à un prix supérieur à celui du gaz naturel. Cependant., récemment, la croissance de la production des liquides de gaz naturel a créé une surabondance au Canada et aux États-Unis, et ce marché sursaturé entraîne également une baisse des prix des liquides de gaz naturel.

Les faibles prix du gaz naturel ont eu des effets positifs pour les industries, les entreprises et les ménages canadiens.

Au Canada, le gaz naturel est utilisé par les consommateurs résidentiels et commerciaux comme source de combustible pour chauffer les locaux, chauffer l’eau, faire sécher les vêtements et cuisiner. Dans les maisons canadiennes, le gaz naturel sert à chauffer près de 50  p. 100 des espaces et 67 p.  100 de l’eau. La baisse du prix du gaz naturel après la révolution du gaz de schiste et de réservoirs étanches a permis aux ménages de réaliser des économies annuelles de plus de 300 $ sur la facture de chauffage des locaux.

En raison du faible prix du gaz naturel, les services publics ont choisi d’investir dans la production d’électricité au gaz. Cela a été, en outre, bénéfique pour les entreprises et industries consommant énormément de gaz naturel comme matière première et combustible, comme les sables bitumineux ou des installations qui produisent des produits chimiques, des engrais, des produits pharmaceutiques ou du plastique.

Commerce des produits énergétiques

D’importantes pressions sont exercées sur les exportations canadiennes de pétrole et de gaz naturel par la production de schiste et en réservoir étanche commercialisable aux États-Unis, pays qui est notre client le plus important dans le domaine de l’énergie. Depuis le milieu des années 2000, la demande pour le pétrole et le gaz naturel importés aux États-Unis a diminué.

D’ici 2017, les États-Unis pourraient être un exportateur net de gaz naturel et produire jusqu’à 10,6 millions de barils de pétrole brut par jour d’ici 2020. Du fait de ce développement, ainsi que de limites sur le plan de l’infrastructure actuelle de pipelines, la production canadienne subit des pressions pour trouver de nouveaux marchés, grâce à la construction de pipelines et à la création de terminaux d’exportation du gaz naturel liquéfié (GNL) au Canada.

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