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Les réseaux de distribution des produits pétrolier

Les produits pétroliers des raffineries sont livrés aux consommateurs au moyen d'un réseau de transport complexe, par pipeline, par navire, par chemin de fer et par camion. Souvent, l'industrie a recours à plusieurs modes de transport pour prendre livraison des produits pétroliers aux raffineries, aux ports et aux grands terminaux et les acheminer vers des marchés extrêmement dispersés. Les longues distances à parcourir et la diversité des modes de transport utilisés peuvent poser des problèmes aux raffineurs, dont les produits doivent satisfaire à des spécifications rigoureuses. Si l'intégrité du réseau de distribution n'est pas soumise à un contrôle serré, un produit peut se dégrader ou se contaminer au cours du transport; il faut alors lui faire subir un retraitement coûteux au point de livraison. Cet aspect est d'autant plus important que la réglementation environnementale fait en sorte que les produits sont maintenant plus propres et répondent à des spécifications plus rigoureuses.

Échanges de produits

Afin de réduire les coûts de transport et de profiter des économies d'échelle, les raffineurs passent entre eux un grand nombre de contrats d'échange de produits. Il y a échange de produits lorsqu'un raffineur fournit à un autre raffineur des produits spécifiques à un endroit donné en échange d'un volume comparable de produits de même qualité à un autre endroit.

Les échanges de produits réduisent considérablement les volumes de produits transportés, les distances parcourues et, par conséquent, les coûts de transport et les impacts environnementaux. Les ententes de cette nature permettent à l'industrie non seulement de regrouper les opérations aux raffineries, mais aussi de regrouper des terminaux de produits locaux. Il n'est pas rare maintenant de voir un consommateur acheter, chez un détaillant d´une grande marque, de l'essence fabriquée par un concurrent. En l'absence d'échanges de produits, les raffineurs doivent prendre d'autres dispositions pour approvisionner leurs terminaux et le réseau de détaillants. Le choix du mode de transport dépend de plusieurs facteurs, notamment les barrières géographiques, le volume de produits en demande sur chacun des marchés et les coûts relatifs du transport. Chaque mode de transport a ses points forts et ses points faibles.

Transport entre les raffineries et les terminaux

Les terminaux de produits sont répartis sur une plus large étendue que les raffineries et sont généralement installés à proximité des grands marchés. Le réseau pipelinier est le mode de transport le plus sûr, le plus fiable et le plus rentable pour acheminer les grands volumes de produits pétroliers qui circulent chaque jour au Canada. Cependant, comme les pipelines coûtent extrêmement cher à construire, on les fait passer uniquement par les endroits qui reçoivent de très grands volumes de produits pendant une longue période. La période de récupération de l'investissement dans des projets pipeliniers est souvent de l'ordre de 15 à 20 ans ou plus.

Lorsque le volume de produits pétroliers à transporter ne peut justifier la construction d'un pipeline, l'industrie a recours au transport terrestre, par camion et chemin de fer, et au transport maritime, par navire-citerne. Dans le Canada atlantique, tous les terminaux de produits pétroliers sont desservis par la voie des eaux. Ailleurs au Canada, le chemin de fer et le camion ont beaucoup plus d'importance. Le camion est le mode de transport le plus coûteux, mais aussi le plus souple. Ces véhicules autoroutiers prennent livraison de l'essence aux terminaux ou aux raffineries pour aller remplir les réservoirs souterrains des détaillants.

Au Canada, le réseau de distribution de produits pétroliers est exploité en majeure partie par trois grandes sociétés nationales (Shell, PetroCanada et l´Impériale) et quelques raffineurs régionaux (Irving Oil, Ultramar, Suncor Energy, Federated Co-op, Husky et Chevron). Sauf quelques exceptions, tous les terminaux de produits appartiennent à l'une ou l'autre de ces entreprises.

Au Canada, l'industrie pétrolière aval peut être divisée en trois régions : l'Ouest du Canada, l'Ontario et le Québec/Canada atlantique. Chacune d'elles a toujours été autosuffisante, ce qui n'empêche pas des mouvements de produits entre elles, comme les expéditions des raffineurs québécois en Ontario. En 2005, l'Ontario est devenu un importateur net avec la fermeture de la raffinerie d'Oakville, ce qui a entraîné une augmentation des mouvements de produits en provenance des raffineries du Québec.

Les importations de produits peuvent combler une grande partie de la demande au Canada. La disponibilité des importations de pétrole brut et de produits pétroliers dans chaque région dépend du facteur géographique. Certaines régions sont mieux placées que d'autres pour recevoir des produits importés. La géographie confère à chaque région des particularités uniques.

Atlantique / Québec

Dans la région du Canada atlantique/Québec, le transport des produits entre les raffineries et les terminaux se fait principalement par navire. Une exception cependant : le train unitaire utilisé par Ultramar entre sa raffinerie située près de Québec et Montréal. Cette compagnie prévoit actuellement de construire un pipeline entre sa raffinerie de Saint-Romuald, sur la rive sud du Saint-Laurent en face de Québec, et l'extrémité est de Montréal, qu'elle utilisera en tandem avec le train unitaire.

L'emplacement des terminaux est choisi en fonction de la proximité des marchés et de la disponibilité des modes de transport. Cette région nous offre un excellent exemple d'échange de produits : l´Impériale et Irving Oil fournissent des produits pétroliers raffinés aux terminaux atlantiques de Shell, de PetroCanada et d'Ultramar, en échange de quantités semblables de produits à Montréal et Québec.

Bien servis par des voies maritimes majeures, le Canada atlantique et le Québec ont facilement accès aux importations du Nord-est des États-Unis et de l'Europe. C'est pourquoi on y trouve un certain nombre de distributeurs indépendants majeurs qui importent à Montréal des produits vendus sur les marchés québécois et ontarien.

Ontario

En Ontario, le transport des produits entre les raffineries et les terminaux s'effectue principalement par pipeline. Certains mouvements se font également par la voie des eaux à Sault Ste. Marie et Thunder Bay. Le terminal de Thunder Bay est également approvisionné par un train en provenance de Winnipeg, et celui de Sault Ste. Marie reçoit une partie de ses produits du Québec par chemin de fer et par navire. L'Est ontarien (Cornwall et Ottawa) reçoit un fort volume de Montréal par le pipeline de Trans Northern Pipeline (TNPL). Trois pipelines de produits pétroliers, deux en provenance des raffineries de Sarnia et l'autre (TNPL) en provenance de Montréal, alimentent la région de Toronto. Presque tous les raffineurs ont des terminaux à Toronto, car la demande de produits y est très élevée. En 2005, on a inversé le débit du tronçon Toronto-Cornwall du pipeline TNPL afin de transporter à Toronto des produits des raffineries du Québec.

L'Ontario a également accès à de grands marchés américains et peut accueillir des cargos en provenance du Québec, de l'Atlantique ou d'outre-mer qui empruntent la voie maritime du Saint-Laurent. Cependant, des facteurs d'ordre logistique, comme le tonnage des navires pouvant naviguer sur la voie maritime et la durée de la saison maritime, augmentent le coût de ces approvisionnements. Il faut avoir recours à d'autres modes de transport, comme le pipeline, le train unitaire et le camion, pour obtenir des produits d'autres régions.

Ouest du Canada

La plupart des provinces de l'Ouest du Canada sont dépourvues de littoral et, par conséquent, ont très peu accès aux approvisionnements des autres régions. Seule la Colombie-Britannique a accès à la mer et peut donc importer. L'infrastructure actuelle n'a pas été conçue pour transporter le pétrole des autres régions dans les Prairies. Cependant, les usines d'Edmonton approvisionnent en produits pétroliers le marché de Vancouver au moyen du pipeline TransMountain (TMPL). S'il y a pénurie dans les Prairies, ces raffineurs albertains ont la possibilité d'équilibrer l'offre et la demande en important des produits de l'État de Washington à Vancouver, de manière à libérer une partie de la production d'Edmonton pour approvisionner les marchés des Prairies.

Dans l'Ouest du Canada, le transport des produits entre les raffineries et les terminaux se fait principalement par pipeline. Des produits sont également acheminés par chemin de fer vers les territoires, les régions intérieures de la Colombie-Britannique et Thunder Bay, dans l'ouest de l'Ontario. Des barges en transportent de Vancouver jusqu'aux terminaux situés sur l'île du même nom et le long de la côte, et à partir des terminaux des Territoires du Nord-Ouest jusqu´à des localités situées encore plus au nord le long du fleuve MacKenzie.

Les raffineries d'Edmonton comblent environ 50 à 60 p. 100 des besoins en produits pétroliers sur le marché de Vancouver. Le reste de la région de Vancouver est approvisionné soit par la raffinerie Chevron de Vancouver, soit par des produits importés des États-Unis.

Le marché de l'Ouest dispose d´un double réseau de pipelines qui a un caractère unique. La ligne 1 du réseau d'Enbridge, qui part d'Edmonton, en Alberta, et qui aboutit à Gretna, au Manitoba, expédie des produits raffinés ainsi que des liquides extraits du gaz naturel (LGN) et du brut synthétique. Le pipeline TMPL, relie Edmonton et Vancouver, transporte des produits raffinés et tous les types de pétrole brut. Le brut laisse des dépôts, comme du soufre, sur les parois du pipeline dans lequel il circule. Ces substances peuvent contaminer les produits propres, comme l'essence, qui passent dans la canalisation à la suite du pétrole brut. L'essence expédiée à Vancouver au moyen du pipeline TMPL doit subir un retraitement avant la vente, pour se débarrasser des impuretés ramassées au cours du transport.

Terminaux

Par suite d'une rationalisation majeure des terminaux qui a eu lieu au cours des 20 dernières années, certains marchés n'ont qu'un seul terminal où vont s'approvisionner tous les distributeurs. À partir de ces terminaux locaux, les produits pétroliers sont transportés par camion jusqu'aux points de vente au détail ou de consommation. Le réseau de livraison de chaque produit diffère selon la clientèle desservi. Par exemple, le carburéacteur est souvent acheminé par pipeline directement à l'aéroport. Le diesel est distribué par le truchement d'un réseau de points de vente au détail ou d'installations commerciales à lecteurs de cartes optiques où les camionneurs peuvent faire le plein; il peut être également livré directement par camion aux consommateurs. Le mazout de chauffage est distribué directement aux consommateurs résidentiels.

L'essence, qui est le produit le plus visible et le plus largement utilisé, a aussi le réseau de distribution le plus étendu. Avant que l'essence ne quitte le terminal, certains détaillants y ajoutent des additifs de performance et des additifs détergents pour se distinguer de leurs concurrents. La formule de chaque additif varie d'une marque à l'autre. Comme plusieurs compagnies prennent livraison des produits au même terminal, les additifs sont généralement ajoutés au terminal et constituent la seule façon de différencier les essences offertes par les détaillants.

Seul ou mélangé à l´essence, l'éthanol ne peut être transporté par pipeline, car il est soluble dans l´eau. Il peut être expédié par train ou camion. Lorsque le transport se fait par bateau ou par pipeline, le mélange avec l'essence doit être effectué au terminal. Il faut des réservoirs spéciaux pour stocker l'éthanol et l'essence avec laquelle il sera mélangé. Le traitement des mélanges essence-éthanol exige également des modifications à d'autres composantes du réseau de distribution, notamment les camions, les réservoirs souterrains des points de vente au détail et les pompes des stations-service.

Vente au détail

Plusieurs entreprises font la commercialisation et la vente au détail de l'essence. Grosso modo, on peut les diviser en deux grandes catégories. Il y a d'abord les points de vente exploités par les entreprises intégrées de raffinage et de commercialisation qui produisent l'essence, la distribuent et la vendent au détail, souvent par l'intermédiaire d'exploitants affiliés ou autorisés qui sont les propriétaires des stations. Ces entreprises approvisionnent en essence leurs franchisés et d'autres détaillants avec lesquels elles ont passé un contrat. La deuxième catégorie regroupe les distributeurs indépendants, qui ne possèdent pas de raffineries et qui achètent leurs produits auprès de raffineurs canadiens ou en importent. En général, ces entreprises exploitent un petit nombre de points de vente dans des régions spécifiques, mais certaines ont des réseaux très étendus. Parmi les plus vastes réseaux indépendants, mentionnons Wilson Fuels, Couche-Tard, OLCO, Canadian Tire, Cango et Domo. En général, les grandes entreprises indépendantes représentent entre 15 et 25 p. 100 du volume des ventes dans les marchés urbains.

Les trois grands raffineurs – l´Impériale, Shell et PetroCanada, représentent environ 36 p. 100 des détaillants d'une grande marque; du point de vue du nombre de stations, ils dominent dans chacune des régions, sauf le Canada atlantique. L´Impériale est le plus gros détaillant au Canada, avec 1 978 stations Esso; elle est suivie de Shell (1 762) et de PetroCanada (1 375). Il est important de signaler qu'un fort pourcentage des stations arborant l'enseigne d'une grande marque appartiennent à des franchisés indépendants qui ont passé des contrats d'approvisionnement avec les entreprises dont ils vendent la marque.

Selon un rapport publié par MJ Ervin and Associates (décembre 2004), parmi les 14 034 stations-service au Canada, à peine 16 p. 100 sont assujetties à un contrôle des prix de la part de l'une des trois grandes entreprises, et seulement 32 p. 100 sont assujetties au contrôle des prix exercé par l'un des dix raffineurs-détaillants. Les 68 p. 100 qui restent sont exploitées par des propriétaires indépendants, qui fixent leurs propres prix.

Il faut faire une distinction entre le nombre de points de vente que possède une entreprise et sa part du marché. Le volume des ventes varie d'une station à l'autre. Les grandes entreprises enregistrent généralement un plus fort volume des ventes par point de vente au détail, de sorte qu'elles peuvent accaparer une plus grande part du marché avec moins de stations-service. En 2004, il s'est vendu en moyenne 4,1 millions de litres d'essence aux stations-service Shell, et plus de 5,6 millions de litres dans les stations appartenant à Esso et à Petro-Canada. Depuis 2000, les trois grandes pétrolières ont accru leurs ventes de 4,5 p. 100, malgré une réduction de 18 p. 100 du nombre de points de vente qui leur appartiennent.

Tandis que les raffineurs-détaillants majeurs et régionaux fermaient leurs stations les moins performantes, les détaillants indépendants ont accentué leur présence sur le marché de l'essence. Au nombre des nouveaux joueurs, les supermarchés dominent. Les chaînes d'alimentation comme Superstore et Safeway sont entrées sur le marché de la vente de l'essence au détail. Les supermarchés sont reconnus pour leur fort volume des ventes et leur faible marge de profit, et sont considérés par plusieurs comme un nouveau concurrent efficace et agressif dans l'industrie.

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