Thermopompes à air

Section 4 - Le chauffage et le refroidissement à l'aide d'une thermopompe

Les thermopompes à air extraient la chaleur contenue dans l'air extérieur durant la saison de chauffage et évacuent la chaleur de la maison pendant l'été.

Il existe deux types de thermopompes à air. Le plus répandu est la thermopompe air-air, qui puise la chaleur contenue dans l'air pour la transférer, selon la saison, à l'intérieur ou à l'extérieur de la maison.

Le second type est la thermopompe air-eau, qui convient aux maisons équipées d'un système de chauffage à eau chaude. Durant la période de chauffage, la thermopompe extrait la chaleur contenue dans l'air extérieur et la fait passer dans l'eau du système de chauffage. Si le système est conçu pour le refroidissement durant l'été, le processus est alors inversé : la pompe extrait la chaleur de l'eau circulant dans le réseau de distribution de la maison et pompe celle-ci à l'extérieur afin de refroidir l'intérieur. Comme ces systèmes sont peu répandus et que nombre d'entre eux ne sont pas équipés pour le refroidissement, l'exposé qui suit se concentre sur les installations air-air.

Dernièrement, des mini-thermopompes bibloc sans conduites ont fait leur entrée sur le marché canadien. Ces appareils conviennent parfaitement lorsqu'on décide d'améliorer le rendement énergétique d'une maison déjà munie d'un système de chauffage à eau chaude ou de plinthes électriques. Ce sont des unités murales alimentées à l'air libre qui peuvent être installées dans des pièces séparées de la maison. Il est possible de raccorder jusqu'à huit unités intérieures distinctes à un appareil placé à l'extérieur.

Une thermopompe à air peut être d'appoint, entièrement électrique ou bivalente. Les thermopompes d'appoint sont conçues pour être utilisées avec une source de chauffage supplémentaire, par exemple un système électrique, au mazout ou au gaz. Les thermopompes à air entièrement électriques comportent leur propre installation de chauffage supplémentaire sous la forme d'un système à résistances électriques. Quant aux thermopompes bivalentes, elles constituent un type spécial mis au point au Canada; elles comprennent un brûleur au gaz ou au propane qui augmente la température de l'air qui entre dans le serpentin extérieur. En conséquence, elles peuvent fonctionner à des températures extérieures plus basses.

Les thermopompes à air ont également été utilisées dans certains systèmes de ventilation résidentiels pour récupérer la chaleur contenue dans l'air vicié expulsé à l'extérieur, puis la transférer à l'air frais pompé vers l'intérieur ou à l'eau chaude de consommation.

Fonctionnement de la thermopompe à air

Les thermopompes à air ont trois cycles : le cycle de chauffage, le cycle de refroidissement et le cycle de dégivrage.

Le cycle de chauffage

Au cours du cycle de chauffage, la chaleur est captée de l'air extérieur et pompée à l'intérieur de la maison.

  • Dans un premier temps, le frigorigène liquide traverse le détendeur et se transforme en un mélange basse pression de liquide et de vapeur. Il s'écoule ensuite vers le serpentin extérieur, qui fait fonction d'évaporateur. C'est là qu'il absorbe la chaleur de l'air extérieur et atteint le point d'ébullition, ce qui le fait se transformer en vapeur à basse température.
     
  • Cette vapeur traverse le robinet inverseur jusqu'à l'accumulateur, qui recueille tout le liquide qui reste avant que la vapeur passe au compresseur. La vapeur est ensuite comprimée, ce qui a pour effet d'en réduire le volume et d'en augmenter la température.
     
  • Enfin, le robinet inverseur achemine le gaz ainsi chauffé vers le serpentin intérieur, qui est le condenseur. La chaleur contenue dans le gaz chaud est libérée dans l'air intérieur, et le frigorigène se liquéfie sous l'effet de la condensation. Ce liquide retourne vers le détendeur, et le cycle recommence. Le serpentin intérieur est situé dans les conduites, près du système de chauffage.

C'est la température de l'air extérieur qui détermine la capacité de la thermopompe de transférer la chaleur dans la maison. Toute baisse de température réduit la capacité de la thermopompe d'absorber la chaleur.

Au point d'équilibre, la puissance de la thermopompe correspond aux pertes de chaleur de la maison. Sous cette température, la thermopompe ne comble que partiellement les besoins de chaleur servant à maintenir une température confortable dans les aires de séjour; il faut donc utiliser alors un chauffage d'appoint.

Lorsque la thermopompe fonctionne en mode chauffage sans apport supplémentaire de chaleur, l'air qui s'en dégage est plus frais que l'air chauffé par un appareil de chauffage conventionnel. L'air que ces appareils distribuent dans les aires de séjour oscille normalement entre 55 °C et 60 °C, tandis que les thermopompes produisent une plus grande quantité d'air variant de 25 °C à 45 °C et fonctionnent habituellement pendant de plus longues périodes.

Le cycle de refroidissement

Le cycle décrit ci-dessus est inversé durant l'été afin de refroidir la maison. L'appareil puise la chaleur dans l'air de la maison et la rejette à l'extérieur.

  • Tout comme pendant le cycle de chauffage, le frigorigène liquide traverse le détendeur et se transforme en un mélange basse pression de liquide et de vapeur. Il se dirige ensuite vers le serpentin intérieur, qui sert d'évaporateur. Absorbant la chaleur de l'air intérieur, il atteint le point d'ébullition et se transforme en vapeur à basse température.
     
  • Cette vapeur traverse le robinet inverseur jusqu'à l'accumulateur, lequel recueille tout le liquide restant, puis se dirige vers le compresseur. Celui-ci comprime la vapeur, ce qui en réduit le volume et en augmente la température.
     
  • Enfin, le gaz ainsi chauffé traverse le robinet inverseur vers le serpentin extérieur, qui fait fonction le condenseur. La chaleur contenue dans le gaz chaud est libérée dans l'air extérieur, et le frigorigène se liquéfie sous l'effet de la condensation. Le liquide retourne au détendeur, et le cycle recommence.

Au cours du cycle de refroidissement, la thermopompe déshumidifie également l'air intérieur. L'humidité contenue dans l'air circulant à la surface du serpentin intérieur se condense sur les parois du serpentin et tombe dans une cuve collectrice située sous le serpentin. Un tuyau d'évacuation du condensat relie la cuve au drain de la maison.

Le cycle de dégivrage

Si la température extérieure s'approche du point de congélation ou descend sous ce point pendant que la thermopompe fonctionne en mode chauffage, l'humidité de l'air circulant à la surface du serpentin extérieur se condense, et le serpentin givre. L'accumulation de givre dépend de la température extérieure et du degré d'humidité de l'air.

La présence d'une couche de givre diminue l'efficacité du serpentin, car elle réduit sa capacité de transférer la chaleur au frigorigène. Il faut donc, à un moment ou à un autre, faire disparaître le givre. À cette fin, la thermopompe passe au mode dégivrage.

  • D'abord, le robinet inverseur règle l'appareil en mode refroidissement. Cela propulse du gaz chaud vers le serpentin extérieur pour faire fondre le givre. Simultanément, le ventilateur extérieur (qui souffle habituellement l'air froid sur le serpentin) se ferme afin de réduire la quantité de chaleur requise pour faire fondre le givre.
     
  • Pendant ce temps, la thermopompe libère de l'air frais dans les conduits. En règle générale, le système de chauffage réchauffe l'air à mesure qu'il est distribué dans la maison.

Il y a deux façons de déterminer le moment où l'appareil passe au mode dégivrage. Dans le premier cas, des commandes de dégivrage sur demande contrôlent la circulation de l'air, la pression du frigorigène, la température de l'air ou des serpentins ou les écarts de pression dans le serpentin extérieur afin de détecter la présence de givre sur celui-ci.

Dans le second cas, une commande de dégivrage à sonde et minuterie est actionnée et interrompue par une minuterie ou par une sonde de température située sur le serpentin extérieur. Le cycle peut se déclencher à intervalles de 30, 60 ou 90 minutes, selon les conditions atmosphériques et la conception de l'installation.

Le déclenchement intempestif du cycle de dégivrage réduit le rendement saisonnier de la thermopompe. En règle générale, il est donc plus efficace de recourir au dégivrage sur demande, étant donné que le cycle de dégivrage n'est déclenché qu'au besoin.

Composition de l'installation

Outre les serpentins intérieur et extérieur, le robinet inverseur, le détendeur, le compresseur et les conduites, l'installation comprend des ventilateurs (qui soufflent l'air sur les serpentins) ainsi qu'une source de chaleur supplémentaire. Le compresseur peut être situé à l'intérieur ou à l'extérieur de la maison.

Dans le cas d'une thermopompe entièrement électrique, la chaleur supplémentaire provient d'une série de générateurs de chaleur à résistances situés dans l'enceinte principale de circulation de l'air, appelée chambre de distribution, en aval du serpentin intérieur de la thermopompe. Si la
thermopompe est un appareil d'appoint, la chaleur supplémentaire est fournie par un système de chauffage, qu'il fonctionne à l'électricité, au mazout, au gaz naturel ou au propane. Le serpentin intérieur de la pompe est situé dans la chambre de distribution, habituellement juste au-dessus du système de chauffage. Une description du fonctionnement des thermopompes et des systèmes de chauffage combinés figure, à la section intitulée « Systèmes de chauffage supplémentaire ». Dans le cas d'une mini-thermopompe bibloc sans conduites, de la chaleur supplémentaire peut être fournie par le système à eau chaude ou les plinthes électriques.

Efficacité énergétique

Les caractéristiques d'une thermopompe à air déterminent sa puissance frigorifique (RES) et sa puissance calorifique (CPSC) annuelles. Au moment de publier le présent document, le RES des thermopompes à air oscillait entre un minimum de 10 et un maximum d'environ 17, tandis que leur CPSC variait de 5,9 à 8,6 dans la région V prescrite dans la norme CSA C656. Les conditions climatiques de cette région sont semblables à celles d'Ottawa.

Les niveaux minimums d'efficacité énergétique susmentionnés sont actuellement régis par règlement dans un certain nombre de territoires de compétence. De nouvelles normes de rendement minimum devraient être appliquées partout au Canada en 2006. Le RES minimum s'établira probablement à 13, et le CPSC minimum à 6,7. Ces niveaux représentent une amélioration considérable par rapport à l'efficacité moyenne pondérée des thermopompes qu'on vendait il y a à peine quelques années. Cette amélioration est en grande partie attribuable à un meilleur rendement des compresseurs, à l'accroissement de la surface des échangeurs de chaleur, à l'amélioration de la circulation du frigorigène et à d'autres contrôles. Le perfectionnement des compresseurs, des moteurs et des commandes permettra d'accroître encore davantage l'efficacité des appareils.

Grâce aux compresseurs perfectionnés mis au point par divers fabricants (compresseurs alternatifs avancés, compresseurs à conduit de décharge spiralé, compresseurs à vitesse variable ou à deux vitesses combinés aux échangeurs de chaleur et aux commandes les plus perfectionnés), le RES de certaines thermopompes s'élève à 17 et leur CPSC peut atteindre jusqu'à 8,6 dans la région V.

Les thermopompes à air offrant le rendement énergétique le moins élevé sont munies d'un compresseur alternatif à une vitesse. Quant aux unités plus efficaces, elles comprennent généralement un compresseur à conduit spiralé ou un compresseur alternatif perfectionné. On ne constate aucune autre différence de conception apparente entre les deux types d'appareils. Les thermopompes offrant les meilleurs RES et CPSC sont toujours équipées d'un compresseur à conduit spiralé à vitesse variable ou à deux vitesses.

Cotes ÉnerGuide pour les thermopompes

Ressources naturelles Canada (RNCan) et l'Institut canadien du chauffage, de la climatisation et de la réfrigération (ICCCR) ont créé un système de cotation administré par l'industrie et visant à donner une cote de rendement énergétique aux appareils de chauffage, aux climatiseurs centraux et aux thermopompes air-air. L'échelle de cote de l'efficacité énergétique figure sous le symbole ÉnerGuide dans les brochures des fabricants. Comme dans le cas de l'étiquette ÉnerGuide pour les climatiseurs individuels, le triangle inversé et la règle graduée permettent de comparer un modèle particulier avec d'autres genres et types de modèle.

Les nouveaux modèles de thermopompes air-air qui répondent aux exigences ENERGY STAR® consomment jusqu'à 20 p. 100 moins d'énergie que les modèles neufs ordinaires. Afin de répondre aux critères d'admissibilité ENERGY STAR, une thermopompe doit présenter un RES d'au moins 12,0 pour un appareil monobloc et d'au moins 13,0 pour un appareil bibloc.

En choisissant une thermopompe qui répond aux exigences ENERGY STAR et dont la capacité correspond à vos besoins, vous pouvez aider à réduire les GES et les agents à l'origine du smog, à diminuer considérablement votre consommation d'électricité et à accroître le confort de votre maison.

Autres critères de sélection

hoisissez la thermopompe ayant le CPSC le plus élevé possible. Si d'autres appareils ont des CPSC semblables, comparez leur fonctionnement en régime permanent à –8,3 °C (la température la plus basse à laquelle on les évalue). L'appareil ayant la cote la plus élevée sera le plus efficace dans la plupart des régions du Canada.

Choisissez une thermopompe munie d'une commande de dégivrage sur demande. Le cycle de dégivrage ne sera pas actionné inutilement (l'inversion du système peut à la longue endommager l'appareil), ce qui réduira tant l'énergie consommée par la thermopompe que la nécessité de recourir à du chauffage supplémentaire.

Le niveau de bruit est un niveau sonore pondéré – A avec correction de son pur exprimé en bels. Vous devriez arrêter votre choix sur une thermopompe dont le niveau de bruit extérieur se situe au maximum autour de 7,6 bels. Le niveau de bruit indique le niveau sonore de la partie extérieure de la thermopompe. Plus le niveau est bas, moins l'unité extérieure émet de bruit. Ces cotes sont disponibles chez les fabricants et publiées par le Air Conditioning and Refrigeration Institute (ARI), 4301 North Fairfax Drive, Arlington, Virginia 22203, U.S.A.

Puissance

Les charges de chauffage et de refroidissement devraient être déterminées au moyen d'une méthode de mesure reconnue, par exemple celle de la norme CSA-F280-FM90, « Détermination de la puissance requise des appareils de chauffage et de refroidissement résidentiels ».

Bien que la thermopompe puisse être dimensionnée de façon à répondre à la plupart des besoins de chauffage d'une maison, cette pratique ne constitue pas la solution idéale. Au Canada, en effet, les besoins en chauffage sont plus importants que ceux en refroidissement. Lorsque la thermopompe est dimensionnée en fonction de la charge de chauffage, elle est trop puissante par rapport aux besoins de refroidissement et ne fonctionnera que de façon intermittente pendant l'été, ce qui peut nuire à son rendement et réduire sa capacité de déshumidifier la maison durant cette saison.

Par ailleurs, l'efficacité d'une thermopompe à air décroît à mesure que la température de l'air extérieur baisse. Il ne serait donc pas économique d'essayer de répondre à tous vos besoins en chauffage à l'aide d'une thermopompe de ce genre.

De façon générale, les thermopompes à air doivent être dimensionnées de manière à fournir au plus 125 p. 100 de la charge de refroidissement. Une thermopompe qui répond à ce critère peut assurer de 80 à 90 p. 100 de la charge de chauffage annuel, selon les conditions climatiques de la région, avec un point d'équilibre entre 0 et –5 °C. Cette solution vous offre la meilleure combinaison de coûts et de rendement saisonnier.

Installation

Au moment d'installer une thermopompe de quelque type que ce soit, il importe de suivre attentivement les instructions du fabricant. Vous trouverez ci-après des directives d'ordre général dont il faut tenir compte au moment d'installer une thermopompe à air.

  • Si la maison est munie d'un système de chauffage au gaz naturel, au mazout ou au bois, le serpentin doit être installé du côté chaud (en aval) de l'appareil.
  • Dans les cas où l'on ajoute une thermopompe à un système de chauffage électrique, on place habituellement le serpentin du côté froid (en amont) de l'appareil afin d'accroître l'efficacité de l'installation.
  • L'appareil installé à l'extérieur doit être à l'abri des grands vents, qui peuvent nuire au dégivrage. Cependant, il doit être situé à l'air libre de façon à ce que l'air extérieur ne soit pas réacheminé par le serpentin.
  • Il faut fixer l'appareil sur un support placé de 30 à 60 cm (de 12 à 14 po) au-dessus du sol afin d'empêcher la neige de gêner la circulation de l'air à la surface du serpentin et pour permettre le drainage de l'eau produite lors du dégivrage. Le support doit être ancré dans un socle de béton, qui doit lui-même reposer sur une couche de gravier afin de faciliter le drainage. L'appareil peut aussi être fixé au mur de la maison, sur un support approprié.
  • Il est conseillé de placer la thermopompe hors de portée du larmier de la maison (c'est-à-dire l'endroit où l'eau dégoutte du toit) afin d'empêcher la glace et l'eau de tomber sur l'appareil et, par le fait même, d'entraver la circulation de l'air ou d'endommager le ventilateur ou le moteur.
  • La cuve collectrice située sous le serpentin intérieur doit être reliée au drain situé à l'intérieur de la maison afin d'assurer l'écoulement du condensat qui se forme sur le serpentin.
  • La thermopompe doit être située de façon que les préposés à l'entretien aient assez d'espace pour réparer l'appareil au besoin.
  • Les conduites qui transportent le frigorigène doivent être aussi courtes et droites que possible. On conseille de les revêtir d'une gaine isolante afin de réduire le plus possible les pertes de chaleur et d'éviter la condensation.
  • Les ventilateurs et les compresseurs étant des sources de bruit, il faut prendre soin de placer l'appareil extérieur loin des fenêtres et des constructions adjacentes. Les vibrations qui se font dans certains appareils peuvent également être bruyantes. Afin d'empêcher que cela ne se produise, on conseille de choisir de l'équipement silencieux ou d'installer l'appareil sur une base antibruit.
  • Puisque les thermopompes exigent habituellement des conduites plus grandes que les autres installations de chauffage central, il faut parfois modifier le réseau de conduites en place. Pour que la thermopompe fonctionne bien, la circulation d'air doit être de 50 à 60 litres par seconde (L/s) par kilowatt, ou de 400 à 450 pieds cubes par minute (pi3/min) par tonne de puissance frigorifique.

Le coût d'installation d'une thermopompe à air varie en fonction du type d'appareil choisi et du système de chauffage en place dans la maison. En effet, les frais sont plus élevés s'il faut modifier le réseau de conduites ou augmenter la puissance de l'installation électrique pour être en mesure de répondre à l'augmentation de la demande.

Fonctionnement

Le thermostat intérieur devrait toujours être réglé à la même température (on recommande une température de 20 °C).

Le fait de laisser le ventilateur intérieur fonctionner en permanence peut nuire au rendement de la thermopompe, à moins d'utiliser un moteur à haut rendement à vitesse variable. Il est donc préférable de laisser le ventilateur en mode automatique.

Les thermopompes restent en marche plus longtemps que les systèmes de chauffage classiques puisque leur puissance calorifique est beaucoup moins grande.

Principaux avantages des thermopompes à air

Efficacité

À 10 °C, le coefficient de performance (CP) des thermopompes à air est habituellement de 3,3. Cela signifie que 3,3 kilowattheures (kW/h) de chaleur sont transférés pour chaque kW/h d'électricité fourni à la thermopompe.
À –8,3 °C, le CP est généralement de 2,3.

Le CP décroît à mesure que la température baisse, étant donné qu'il est plus difficile de récupérer la chaleur de l'air plus frais. Cependant, il est à noter que les thermopompes se comparent avantageusement aux installations de chauffage à résistances électriques (CP de 1,0), et ce, même lorsque la température est inférieure à –15 °C .

Le coefficient de performance de la saison de chauffage (CPSC) des thermopompes à air varie de 6,7 à 10, selon la région du Canada et leur cote de rendement. Dans le présent document, nous avons retenu trois régions où l'utilisation d'une thermopompe à air serait avantageuse.

La première est la côte ouest, une région où le climat est doux et où les thermopompes offrent un rendement élevé. La deuxième – qui englobe le sud de l'Ontario, la Nouvelle-Écosse ainsi que la zone intérieure de la Colombie-Britannique – est plus froide et requiert des thermopompes à rendement plus élevé. Enfin, la troisième région comprend les zones plus froides de la Colombie-Britannique, de l'Alberta, de l'Ontario, du Québec, du Nouveau-Brunswick, de même que la Nouvelle-Écosse, l'Île-du-Prince-Édouard et Terre-Neuve-et-Labrador. À l'extérieur de ces régions, l'utilisation des thermopompes à air n'est pas aussi rentable.

Économies d'énergie

Vous pouvez réduire vos frais de chauffage jusqu'à concurrence de 50 p. 100 si vous remplacez votre système électrique par une thermopompe à air entièrement électrique. Vos économies réelles dépendront de plusieurs facteurs, notamment le climat de votre région, le rendement du système de chauffage en place, le prix du combustible et de l'électricité ainsi que la puissance et le CPSC de la thermopompe choisie.

Des thermopompes à air plus perfectionnées peuvent aussi fournir de l'eau chaude de consommation. On appelle ce type de systèmes des unités « intégrées », puisque le chauffage de l'eau de consommation est intégré au système de conditionnement d'air de la maison. Il peut s'avérer très efficace de chauffer l'eau de cette façon, et réduire ainsi vos factures de chauffage de 25 à 50 p. 100.

Entretien

Le fonctionnement efficace et la durabilité de votre thermopompe dépendent avant tout d'un bon entretien. Vous pouvez exécuter vous-même certaines des tâches d'entretien les plus simples, mais il serait bon de demander à un entrepreneur compétent de procéder à une inspection annuelle de votre appareil. Le temps idéal pour faire cette vérification est la fin de la saison de refroidissement, avant que ne commence la saison de chauffage.

  • L'entretien des filtres et des serpentins a une très grande incidence sur le rendement du système et sur sa durée utile. La saleté qui obstrue les filtres, les serpentins et les ventilateurs entrave la circulation de l'air dans l'installation, ce qui en diminue le rendement et peut, à la longue, endommager le compresseur.

Vérifiez les filtres tous les mois et nettoyez-les ou remplacez-les conformément aux instructions du fabricant. Vous devriez aussi nettoyer régulièrement les serpentins avec un aspirateur ou une brosse, selon les instructions données dans le manuel de l'utilisateur. Le serpentin extérieur peut être lavé au tuyau d'arrosage. Au cours du nettoyage des filtres et des serpentins, efforcez-vous aussi de repérer tout indice d'autres problèmes, comme ceux décrits ci-après.

  • Afin de s'assurer que le ventilateur fournit le débit d'air nécessaire au bon fonctionnement de la thermopompe, il convient de le nettoyer une fois par année, mais il ne faut en lubrifier le moteur que si les instructions du fabricant le précisent. Profitez de l'occasion pour vérifier la vitesse du ventilateur. Dans le cas des ventilateurs à entraînement direct, un mauvais réglage des poulies, le relâchement des courroies du ventilateur ou le fonctionnement du moteur à la mauvaise vitesse sont autant de facteurs qui contribuent à réduire le rendement du système.
     
  • Inspectez et nettoyez les conduites au besoin, de sorte que la circulation de l'air ne soit pas gênée par un relâchement de l'isolant, une accumulation excessive de poussière ou tout autre objet qui passe quelquefois à travers les grillages.
     
  • Assurez-vous que les évents et les bouches d'aération ne sont pas obstrués par la présence de meubles, de tapis ou de tout autre objet pouvant gêner la circulation de l'air. Comme on l'a mentionné précédemment, toute obstruction prolongée de la circulation de l'air peut endommager le compresseur.

Vous devrez recourir aux services d'un entrepreneur compétent pour exécuter les tâches d'entretien plus difficiles comme la vérification du niveau du frigorigène et le réglage des pièces électriques et mécaniques de l'appareil.

Les contrats d'entretien des thermopompes sont semblables à ceux visant l'entretien des systèmes de chauffage au mazout et au gaz. Les thermopompes sont toutefois plus perfectionnées que les installations classiques, et leur entretien peut donc coûter plus cher.

Frais de fonctionnement

Les frais de chauffage d'une thermopompe peuvent être inférieurs à ceux des autres installations de chauffage, particulièrement des systèmes de chauffage à l'électricité ou au mazout.

Toutefois, les économies que vous pouvez prévoir dépendent du système de chauffage en place dans votre foyer – à l'électricité, au mazout, au propane ou au gaz naturel – et du prix relatif de ces sources d'énergie dans votre région. L'utilisation d'une thermopompe vous permettra en effet de réduire votre consommation de gaz ou de mazout, mais exigera une plus grande quantité d'électricité. Si vous habitez une région où l'électricité coûte cher, vos frais de fonctionnement peuvent être plus élevés. Compte tenu de ces facteurs, vous pourriez avoir besoin de deux à sept ans pour récupérer votre investissement dans une thermopompe au lieu d'un climatiseur central. Vous trouverez plus loin une comparaison des coûts de chauffage au moyen de thermopompes à air, de pompes géothermiques et de systèmes de chauffage électriques et au mazout.

Durée de service et garanties

La durée utile des thermopompes à air varie de 15 à 20 ans. Le compresseur est l'élément le plus vulnérable de l'installation.

La majorité des thermopompes sont assorties d'une garantie d'un an sur les pièces et la main-d'œuvre et d'une garantie additionnelle de cinq à dix ans pour le compresseur (pièces seulement). Comme ces garanties varient d'un fabricant à l'autre, vérifiez-en attentivement tous les détails.

Précédent | Table de matières | Prochaine