Sables bitumineux : Gestion de l’eau

Une ressource stratégique pour le Canada, l’Amérique du Nord et le marché mondial

Version de PDF, 1,62 MB

Toute production d’énergie d’envergure nécessite de l’eau

Les besoins en eau associés à la production des sables bitumineux varient suivant la technologie utilisée au moment de l’extraction.
Lorsqu’on extrait des sables bitumineux, l’eau aide à séparer le pétrole brut extralourd, aussi appelé bitume, du sable, de l’argile et de l’eau qui forment les sables bitumineux. L’eau est aussi nécessaire à la production d’hydrogène, au moment de laquelle la vapeur et le gaz naturel interagissent pour former de l’hydrogène qui est ensuite utilisé dans le cadre des procédés de valorisation permettant de convertir le bitume en pétrole brut synthétique.

L’exploitation minière à ciel ouvert des sables bitumineux requiert de trois à quatre barils d’eau juvénile pour produire un baril de bitume; dans le cas des procédés in situ, il faut une moyenne de 0,4 baril d’eau juvénileNote de bas de page 1 par baril de bitume produit.

La plupart de l’eau utilisée est recyclée

La plupart de l’eau servant à l’exploitation des sables bitumineux est recyclée : cette proportion est de 80 p. 100Note de bas de page 2 pour les opérations minières établies et d’approximativement 94 p. 100Note de bas de page 3 pour la récupération in situ. Une certaine quantité d’eau juvénile est néanmoins nécessaire, et elle provient d’une variété de sources, y compris du drainage effectué sur place, de la collecte des précipitations (pluie et eau de fonte), des réservoirs souterrains d’eau saumâtre et des bassins versants locaux tels que les rivières.

Les projets in situ dépendent en grande partie des eaux souterraines en fonction de leurs besoins en eau juvénile, avec une quantité de plus en plus grande d’eau saumâtre non potable. L’eau servant aux activités minières est habituellement prélevée dans la rivière Athabasca. Le gouvernement de l’Alberta gère les quantités d’eau pouvant être prélevées dans cette rivière en imposant des limites strictes.

Moins de 1 p. 100 du débit annuel de la rivière Athabasca est utilisé pour l’extraction des sables bitumineux

Le Athabasca River Water Management Framework (cadre de gestion de l’eau pour la rivière Athabasca) permet de s’assurer que les quantités prélevées par les exploitants de sables bitumineux ne sont jamais supérieures à 3 p. 100 du débit de la rivière Athabasca. En réalité, les prélèvements annuels sont souvent inférieurs à 1 p. 100Note de bas de page 4. De plus, le cadre prévoit la restriction, la surveillance et la modification des prélèvements dans la rivière sur une base hebdomadaire. Ces restrictions ont pour but de maintenir le débit de la rivière à son niveau naturel ou près de ce dernier, en tenant compte des conditions en temps réel. Des règlements contrôlent les débits instantanés d’eau en fonction du débit observé au moment opportun car le débit connaît des variations notables d’une saison à l’autre.

Dans le but de maximiser la réutilisation de l’eau et de réduire au minimum les quantités d’eau devant être prélevées dans la rivière, toute l’eau de traitement récupérée est recyclée pour servir au processus de production. Le gouvernement de l’Alberta a également établi des critères de rendement en ce qui concerne la réduction des résidus produits par les procédés miniers; l’objectif à long terme est d’accroître davantage le taux de récupération de l’eau provenant des résidus afin qu’elle puisse être recyclée tout en réduisant les quantités d’eau prélevées dans la rivière.

L’utilisation de l’eau est soumise à une réglementation stricte

Répartition d’eau par secteur en Alberta en 2012

Source : Ministère de l’Environnement et du Développement durable des ressources de l’Alberta.

Les règlements provinciaux sur l’utilisation de l’eau comportent des restrictions s’appliquant à la quantité d’eau pouvant être quotidiennement prélevée dans les cours d’eau de la région et à l’utilisation de l’eau douce provenant des sources souterraines. L’industrie et les gouvernements continuent à chercher des solutions pour réduire la quantité d’eau requise au cours du processus d’extraction. Par exemple, l’Alliance canadienne pour l’innovation dans les sables bitumineux (COSIA) – un groupe de producteurs de sables bitumineux mis sur pied pour améliorer la performance environnementale de l’industrie – supervise l’élaboration de plusieurs technologies qui permettront de diminuer l’utilisation de l’eau. La COSIA s’est aussi récemment engagée à atteindre un objectif de performance pour l’utilisation de l’eau; les membres exploitant des projets in situ s’efforceront de réduire de moitié la quantité d’eau douce servant à produire un baril d’ici à 2022.

En Alberta, pour être en mesure d’utiliser et de dévier des cours d’eau à des fins commerciales, industrielles, agricoles, municipales ou autres, il est nécessaire d’obtenir un permis d’allocation délivré par le ministère albertain de l’Environnement et du Développement durable des ressources. Alors que les allocations relatives à l’irrigation et à l’utilisation de l’eau à des fins agricoles comptent pour près de 44 p. 100 de la totalité des allocations d’eau accordées par l’Alberta en 2012, celles de l’industrie des sables bitumineux ne comptent que pour 8 p. 100.

La qualité de l’eau est assurée

Le gouvernement provincial veille au maintien de la qualité de l’eau de la rivière Athabasca et de la santé des espèces aquatiques en obligeant les exploitants à adopter une politique de « tolérance zéro » en matière de déversements. Cette politique exige que toute eau de traitement utilisée dans l’exploitation des sables bitumineux soit contenue sur place en plus d’interdire la libération de l’eau de traitement dans l’environnement. Les exploitants de sables bitumineux sont également assujettis aux règlements fédéraux interdisant le déversement de substances pouvant nuire aux poissons dans la rivière. Les producteurs qui ne se soumettent pas à ces exigences sont susceptibles de faire l’objet d’une variété de mesures coercitives, y compris des amendes et des poursuites.

Surveillance rigoureuse de l’eau

Le gouvernement du Canada et le gouvernement de l’Alberta ont mis sur pied un programme conjoint de surveillance des sables bitumineux au début de 2012. Celui-ci comporte des mesures sans précédent qui visent à renforcer la surveillance de l’air, des terres, de l’eau et de la biodiversité en vue d’améliorer la capacité à déceler les changements dans l’environnement et de gérer les effets cumulatifs.
Le volet du programme qui porte sur la surveillance de l’eau a pour objectif de quantifier et d’évaluer les contaminants associés aux sables bitumineux dans le réseau hydrographique de l’Athabasca ainsi que l’incidence de ceux-ci sur des composantes clés de l’écosystème aquatique (aussi bien dans la zone d’exploitation des sables bitumineux que dans les milieux récepteurs en aval). La surveillance accrue de l’eau comprend notamment le suivi d’un plus grand nombre d’endroits afin d’étendre la couverture géographique ainsi que l’augmentation de la fréquence de l’échantillonnage et du nombre de différentes substances échantillonnées. Ces initiatives permettront de mieux comprendre les effets cumulatifs à long terme de l’exploitation des sables bitumineux.