Étude de faisabilité de la cartographie énergétique en milieu communautaire : Passerelle vers l’offre et la demande énergétique de l’Alberta – Phase 1 : Méthodologie de collecte des données

Promoteur principal : C3 (maintenant dirigé par CMC Research Institutes)
Lieu : Calgary (Alberta)
Contribution de l’Initiative : 500 000 $
Total du projet : 702 475 $

Contexte du projet :

La cartographie énergétique industrielle consiste à quantifier les flux énergétiques dans une région en fonction du type, de la quantité, de la qualité et de la variabilité temporelle afin de cerner l’énergie gaspillée qui y est associée. Cela est particulièrement important pour le Canada compte tenu du fait que la consommation énergétique du Canada par dollar de PIB est environ 1,5 fois plus élevée que celle des États-Unis et près de deux fois plus élevée que celles du Japon, de l’Allemagne et du Royaume-Uni.

En Alberta, environ 75 p. 100 de toute la consommation provinciale de gaz naturel découle de l’activité industrielle. Des études ont constaté que dans quatre sous-secteurs de la fabrication de l’Alberta (qui comptent pour environ 85 p. 100 de la consommation énergétique industrielle de la province), 74 p. 100 de la consommation énergétique servent à la production de chaleur industrielle directe et indirecte. Le pourcentage élevé de production de chaleur industrielle laisse entrevoir des possibilités de gains d’efficacité énergétique au niveau régional.

Même si l’on croit qu’il existe sans doute une grande quantité de chaleur résiduelle de faible qualité dans les zones industrielles de l’Alberta, l’information sur le type et la quantité d’énergie, de même que sur la qualité de l’offre et de la demande énergétiques nécessaire pour cerner les possibilités régionales touchant l’efficacité énergétique et les énergies renouvelables, n’existe pas. Pour y remédier, C3 (anciennement Climate Change Central) a proposé le projet « Étude de faisabilité de la cartographie énergétique en milieu communautaire dans le centre industriel de l’Alberta et la région industrielle de Strathcona ». L’Initiative écoÉNERGIE sur l’innovation a offert 500 000 $ pour réaliser l’étude.

Résultats :

Les secteurs industriels du Centre et de Strathcona, près d’Edmonton (Alberta), accueillent principalement des entreprises de production et de transformation du pétrole, du gaz et des produits pétrochimiques de même que des entreprises de fabrication de pointe. Au fil des dernières décennies, ces secteurs sont devenus la plus importante région de traitement des hydrocarbures du Canada. Dix-sept entreprises de la région ont participé à l’étude; certaines entreprises connues pour produire de grandes quantités de chaleur résiduelle n’y ont pas participé. En outre, toutes les entreprises participantes n’ont pas fourni de renseignements sur tous leurs principaux flux de chaleur résiduelle (p. ex., certaines entreprises ont fourni des renseignements sur les cheminées d’échappement, mais pas sur les tours de refroidissement).

On a découvert qu’il existe une grande quantité de chaleur résiduelle dans la région étudiée. Géographiquement, la chaleur résiduelle était concentrée dans trois îlots de chaleur répartis dans deux secteurs industriels. L’étude a révélé 293 MW d’énergie résiduelle sensible, dont 64 MW provenaient de cheminées d’échappement peu polluantes présentant des températures variant entre 230 et 1 100 °C; 85 MW provenaient de cheminées présentant des températures variant entre 120 et 230 °C, et 144 MW provenaient de refroidisseurs et de compresseurs dont la température variait entre 80 et 230 °C. Les flux de refroidissement à plus basse température, soit entre 20 et 80 °C ont été exclus en raison de la difficulté inhérente à recycler une chaleur à si basse température.

Pour chaque îlot de chaleur, en présumant que 33 p. 100 de cette énergie résiduelle totale disponible peut être captée et recyclée, les 97 MW d’énergie résiduelle qu’on obtient pourraient en théorie servir à chauffer 14 700 habitations moyennes, à produire 5 MW d’électricité (assez pour alimenter 5 100 habitations) et à réduire les émissions d’équivalent de CO2 dans la région d’environ 147 000 tonnes par an.

Avantages pour le Canada :

Même s’il s’agit de la première étude de cartographie énergétique industrielle régionale réalisée au Canada et mettant spécialement l’accent sur la quantification de la chaleur résiduelle, des exercices similaires ont été réalisés dans d’autres parties du monde. Le Canada doit devenir plus éconergétique pour demeurer compétitif au cours des 20 prochaines années. Les connaissances acquises dans le cadre de cette étude pourraient être appliquées à des études sur d’autres secteurs industriels du Canada. La mise en œuvre d’un plan énergétique régional intégré pour le secteur étudié appuierait la diversification industrielle et améliorerait la compétitivité sur le marché des entreprises se trouvant dans le secteur industriel.

Prochaines étapes :

Avec le succès connu au sein de Heartland, CMC Research Institutes prévoit offrir du leadership pour la mise en œuvre des efforts dans la région, en plus des initiatives de cartographie régionale pour le gaspille énergétique à travers le Canada.

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