Des faits en bref sur le captage et le stockage du CO2 au Canada

L'information qui se trouvait auparavant dans le site Web du Réseau canadien de captage et de stokage du CO2 (RCTCSC) a été incorporée dans un site Web collaboratif fédéral-provincial créé dans le cadre du Réseau canadien des scénarios de changements climatiques (RCSCC), à l'adresse suivante : www.ccs101.ca Hyperlien externe.

Qu'est-ce que le captage et le stockage du CO2 (CSC)?

Le stockage géologique du dioxyde du carbone (CO2) est le stockage sous-terrain du CO2 provenant de sources industrielles importantes, comme des centrales électriques.
Le captage et le stockage du carbone (CSC), également appelé captage et séquestration du carbone, comprend la séquestration géologique.

Le captage et le stockage du carbone est un processus qui permet de diminuer les émissions de GES dans l'atmosphère en extrayant d'abord le CO2 des flux de gaz qui sont émis lors de la production d'électricité, du traitement du carburant et d'autres processus industriels. Une fois capté et compressé, le CO2 est transporté par gazoduc ou par camion-citerne vers un site de stockage. Ensuite, il est souvent injecté dans un site de stockage souterrain (ou une formation géologique) où il est entreposé à long terme de manière sécuritaire.

Qu'est-ce que le CO2?

Le CO2 est une substance naturelle contenue dans l'air et essentielle à la vie. Dans le cadre du cycle naturel du carbone, les personnes et les animaux inspirent l'oxygène de l'air et expirent le CO2. Les plantes vertes absorbent le CO2 pour procéder à la photosynthèse et rejettent de l'oxygène dans l'atmosphère. Le CO2 est aussi très utilisé à plusieurs fins, notamment pour carbonater les boissons et remplir les extincteurs de fumée.

Comme dans le cas des gaz à effet de serre, sa présence dans l'atmosphère emprisonne la chaleur du soleil. Habituellement, ce processus fait en sorte que le climat est suffisamment chaud pour permettre à la vie de continuer. Cependant, la combustion de carburants fossiles augmente les niveaux de CO2 dans l'atmosphère au-dessus des niveaux naturels, ce qui contribue aux changements climatiques à l'échelle mondiale.

Le stockage du CO2 est-il sécuritaire?

L'injection du CO2 est une technologie utilisée depuis les années 1960, par conséquent, les scientifiques possèdent des décennies de données et celles-ci sont utilisées dans le cadre des projets actuels de stockage.

La subsurface stockage naturellement une myriade de gaz naturels, notamment le CO2. Il s'agit donc d'utiliser les barrières naturelles qui stockent d'autres gaz depuis des millions d'années. Étant donné qu'on injecte et qu'on stocke d'autres gaz, par exemple, le gaz naturel, dans la subsurface depuis des décennies, les chercheurs sont persuadés que le stockage du CO2 est sécuritaire.

Qu'est-ce qui fait que le CO2 demeure dans le sol?

Tout d'abord, le CO2 doit uniquement être injecté dans des sites de stockage qui sont certifiés sécuritaires avant de procéder à son injection.

Un site de stockage sécuritaire est un site où le CO2 peut être injecté dans une couche souterraine profonde contenant des roches poreuses dans lesquelles le CO2 sera stocké. Il doit y avoir une roche couverture au-dessus de la couche poreuse afin d'empêcher le CO2 de remonter.

Cette façon de stocker le CO2 est le même mécanisme qui fait en sorte que le pétrole et le gaz naturel sont conservés sous la surface du sol depuis de millions d'années. Le fait que le pétrole et le gaz naturel sont emprisonnés sous la terre depuis des millions d'années montre bien que le CO2 y sera stocké en sécurité.

Il est impossible de garantir qu'il n'y aura jamais de fuite de CO2, mais il est possible de le stocker à des sites où les risques de fuite sont très faibles et dans des formations où le CO2 se convertit à grande échelle sous une forme autre que gazeuse. Dans le cas peu probable de fuite, nous disposerons de mécanismes pour détecter la fuite et mettre en place des mesures d'atténuation.

Selon les experts, les risques de fuite sont très faibles. Si l'évaluation du site de stockage est effectuée comme il se doit avant l'injection du CO2, les probabilités de fuite au cours des 1 000 prochaines années sont inférieures à 1 pour cent.

Après des milliers d'années, le CO2 commencera à réagir au contact d'autres minéraux pour former du calcaire (une roche solide), ce qui est la forme la plus sécuritaire pour stocker du CO2. Donc, plus le temps passe, plus le stockage du CO2 est sécuritaire.

Que faire s'il y a une fuite de CO2?

Il existe des façons de colmater une fuite de CO2. Les plus grandes probabilités de fuites de CO2 proviennent de la possibilité de présence de fissures dans le puits d'injection. Si cela se produit, le puits doit être fermé et scellé avec du ciment. Et s'il y a des fuites, il est peu probable qu'elles soient toxiques. Des appareils détecteraient ces fuites dès leur apparition.

Les fuites peuvent aussi être stoppées si l'injection de CO2 est interrompue et que la pression est réduite. Encore une fois, n'oubliez pas que le CO2 contenu dans les formations prend souvent une forme solide ou se mélange à l'eau, ce qui fait que les probabilités de fuite sous forme de gaz en grande quantité sont plus faibles.

Les autres sources industrielles de CO2 de haute qualité sont les industries du ciment, de l’acier et des pâtes et papiers où la concentration moyenne de CO2 dans les gaz de combustion est généralement supérieure à 20 %. Les concentrations de CO2 des cimenteries sont supérieures à celles des fournaises conventionnelles car plus de la moitié de leur CO2 provient d’une réaction chimique essentielle à la production du ciment (AIE, 2004). Des quantités appréciables de CO2 pourraient être capturées au cours de la production directe de fer (PDF), un procédé utilisé dans les régions où l’on dispose d’une grande quantité de gaz non commercialisable (comme au Moyen-Orient). Les usines de pâtes et les usines d’éthanol récupèrent la « liqueur noire » (la fraction de lignine restante) de leurs procédés industriels et l’utilisent pour produire de l’énergie. Ces installations sont sources d’émissions de CO2 qui, si elles étaient capturées et stockées, pourraient donner lieu à des émissions négatives, tel que mentionné précédemment, selon le caractère durable de la source de combustible.

Il faut disposer de nouvelles technologies à appliquer dans les installations actuelles afin d’en mieux capturer les flux à concentrations élevées. De même, il faut mieux intégrer les procédés pour les technologies de capture du CO2, ce qui pourrait avoir, dans bon nombre de cas, une forte incidence sur la rentabilité de la capture. L’absence d’informations sur l’application de techniques comme le lavage aux solvants et la combustion oxy-combustible dans des industries comme celles de la fabrication du ciment, du verre et des métaux constitue une lacune critique. Les procédés industriels, s’ils sont mis en œuvre correctement, pourraient compter parmi les premiers secteurs à produire des flux de CO2 très purs et à faibles coûts pour la CSC.

Un tremblement de terre peut-il causer des fuites de CO2?

Le CO2 ne sera pas stocké dans des zones où des tremblements de terre sont susceptibles de se produire. Cependant, même si un tremblement se produisait à un site de stockage de CO2, les études ont démontré qu'il y a peu de probabilités que le CO2 s'échappe. Il existe un grand nombre de formations géologiques souterraines près des zones sismiques où d'innombrables tremblements de terre importants se sont produits au cours de plusieurs milliers d'années et il n'y a jamais eu de fuites de pétrole ou de gaz.

N'oubliez pas que les réservoirs de pétrole et de gaz naturel ne fuient pas nécessairement lorsqu'il y a un tremblement de terre.

Quelle quantité de CO2 peut être stockée?

Le Department of Energy (DOE) des États-Unis a évalué la capacité de stockage dans tout le pays et dans certaines régions du Canada et a déterminé qu'il est possible de stocker environ l'équivalent de 600 ans de production de CO2 provenant de la combustion des carburants fossiles aux États-Unis (selon les niveaux actuels).

Pourquoi le CSC représente-t-il une technologie si importante?

Il faudra recourir aux énergies renouvelables, à l'efficacité énergétique et à d'autres outils pour trouver des solutions aux changements climatiques. Le CSC joue un rôle important dans l'atténuation du CO2 qui contribue aux changements climatiques, car il représente la solution actuelle la plus immédiate pour les grands émetteurs de CO2.

Selon les estimations, entre 40 et 60 pour cent des émissions de CO2 dans le monde proviennent de ces sources stationnaires importantes. Lorsque l'augmentation de la demande énergétique provenant de ces sources est envisagée, le CSC représente un moyen pratique d'empêcher ce gaz contribuant aux changements climatiques d'être émis dans l'atmosphère.

Étant donné que nos succès sociaux et économiques dépendent de l'accès aux sources d'énergie, le CSC peut permettre d'atténuer la production de CO2 liée à l'assurance de notre qualité de vie. Le CSC pourrait nous permettre de reporter à plus tard l'utilisation d'autres sources d'énergie.

Où le CSC est-il utilisé actuellement?

Le CSC est utilisé par les industries pétrolières et gazières comme moyen d'accroître la production de pétrole et de gaz depuis plus de 40 ans. Les projets comme ceux de Sleipner en Norvège (depuis 1996) et de Weyburn en Saskatchewan, Canada (depuis 2000) ont permis de stocker du CO2 de manière permanente et sans incidents.

Pour obtenir de plus amples renseignements sur le CSC, visitez le site Web « CCS101 Canada's CO2 Capture & Storage Information Source » à l'adresse www.CCS101.ca