Dépenses en capital

Bulletin d’information sur les dépenses en capital

(Publié en août 2019)

Une dépense en capitalNote de bas de page 1 est une somme déboursée pour acheter, construire ou améliorer des actifs matériels, tels qu’une mine, des machines et de l’équipement, laquelle profitera à une entreprise sur une longue période.

L’information sur les dépenses en capital est un des indicateurs utiles servant à mesurer la conjoncture économique de façon générale qui peut fournir un aperçu des opinions des dirigeants sur les demandes futures du marché relativement à la capacité de production actuelle de leur entreprise.

Renseignez-vous sur les dépenses en capital dans le secteur canadien des minéraux et sur ses intentions de dépenser :

Aperçu

Dépenses en capital dans l’industrie minière en amont

Dépenses en capital dans les industries de traitement des minéraux en aval

Ventilation des dépenses par province et territoire

Aperçu

En 2018, les dépenses en capital du secteur des minérauxNote de bas de page 2 canadien ont augmenté de 5 % pour atteindre 13,2 milliards de dollars. En 2019, ces dépenses devraient augmenter de 6 % pour atteindre 13,9 milliards de dollars. Ces augmentations font suite à une baisse survenue entre 2014 et 2017, qui était essentiellement due au cycle des prix des marchandises et qui s’est produite après l’atteinte de niveaux historiques plus tôt au cours de la décennie. Les niveaux de dépenses historiques ont été entraînés par la demande accrue en Chine et dans d’autres économies de marché émergentes pour de nombreux minéraux et métaux particulièrement importants du Canada.

L’élément qui a le plus contribué à l’augmentation générale des dépenses dans l’industrie minière en 2018 a été l’exploitation du minerai métallique, qui a connu une hausse de 1,2 milliard de dollars (22 %) pour s’établir à 6,6 milliards de dollars. Cette augmentation a également été entraînée par la réalisation d’un certain nombre de grands projets dans l’industrie. Fait intéressant, elle est survenue en dépit de l’important recul des dépenses en capital au chapitre de l’exploitation de la potasse, qui s’est chiffré à 32 %, pour des dépenses de 1,2 milliard de dollars.

En termes de croissance, les dépenses en capital dans le secteur des minéraux ont progressé à un taux annuel moyen de 4,5 % au cours des dix dernières années (de 2009 à 2018). Ce secteur a dépassé le taux de croissance de 2,5 % enregistré par l’ensemble du secteur privé au Canada.

Comme le montre la figure 1, l’exploitation minière est de loin l’industrie possédant la plus haute intensité de capital au sein du secteur des minéraux, avec 74 % du total des dépenses en capital. Le secteur des minéraux a représenté 15 % des dépenses en capital dans le secteur des ressources naturellesNote de bas de page 3 et 5 % des dépenses totales du Canada en 2018.

Figure 1 : dépenses en capital, par secteur, en 2018 (dpr)

Figure 1 : dépenses en capital, par secteur, en 2018 (dpr)
Version textuelle - Figure 1
Figure 1 : dépenses en capital, par secteur (milliards de dollars), en 2018 (dpr)
Secteur Valeur
Exploitation minière 9 817,9
Traitement des minéraux 3 379,3
Minéraux et métaux 13 197,2
Énergie 71 546,0
Foresterie 2 191,0
Ressources naturelles 86 934,2
Tous les autres secteurs 159 002,7
Économie totale 245 936,9

Sources : Ressources naturelles Canada, Statistique Canada.
G = milliard, dpr = dépenses préliminaires.

 

Dépenses en capital dans l’industrie minière en amont

Les projets miniers sont des activités à grande échelle : ils nécessitent un investissement initial appréciable suivi de périodes de dépenses soutenues avant qu’un projet ne puisse amorcer la production commerciale et commencer à générer des revenus. C’est pourquoi les tendances en matière de dépenses en capital à l’échelle de l’industrie peuvent parfois être influencées par le fait qu’une ou plusieurs mines passent de l’étape de la construction à l’étape de la production.

Comme le montre la figure 2, les dépenses en capital dans l’industrie minière sont aussi influencées par les prix des minéraux et des métaux. En effet, les entreprises ont tendance à réduire leurs dépenses lorsque les conditions du marché sont défavorables et que les options de financement sont limitées. Elles accélèrent leurs plans d’investissement lorsque les perspectives de demande et de prix s’améliorent, ce qui augmente les flux de trésorerie et la rentabilité.

Les dépenses en capital dans l’industrie minière en amont se sont affaiblies au cours de la récession mondiale de 2008-2009, mais ont rebondi les années suivantes pour atteindre un sommet de 16,9 milliards de dollars en 2012 (figure 2). La croissance post-récession a été largement stimulée par la croissance rapide en Chine et dans d’autres économies de marché émergentes. Elle a atteint un sommet en 2012 lorsque l’offre a rattrapé la demande. L’offre a ensuite dépassé la demande, ce qui a entraîné la chute des prix des minéraux et des métaux.

En 2018, les dépenses en capital dans l’industrie minière canadienne ont augmenté de 6 % pour atteindre 9,5 milliards de dollars. Ce gain était essentiellement le résultat des activités de développement réalisées dans plusieurs mines de métaux précieux. Les intentions de dépenser pour 2019 indiquent que les dépenses augmenteront de 4,9 % pour atteindre 10,0 milliards de dollars. Si tel est le cas, il s’agira de la cinquième année où les dépenses en capital se maintiennent entre 9 et 10 milliards de dollars.

Figure 2 : dépenses en capital, par sous-secteur et en fonction de l’indice des prix des métaux et des minéraux, de 2009 à 2019

Figure 2 : dépenses en capital, par sous-secteur et en fonction de l’indice des prix des métaux et des minéraux, de 2009 à 2019
Version textuelle - Figure 2
Figure 2 : dépenses en capital, par sous-secteur et en fonction de l’indice des prix des minéraux et des métaux (milliards de dollars), de 2009 à 2019
Année Extraction de charbon Extraction de minerais métalliques Extraction de minerais non métalliques Indice des prix des minéraux et des métaux (2008=100)*
2009 0,36 3,54 2,30 101,5
2010 0,70 5,50 2,85 88,5
2011 0,97 8,11 3,08 103,0
2012 1,09 11,02 4,81 120,6
2013 0,67 9,17 5,24 118,3
2014 0,38 5,30 5,43 99,7
2015 0,23 4,88 5,08 94,3
2016 0,21 5,14 4,29 83,9
2017 0,37 5,41 3,20 81,9
2018 (dpr) 0,68 6,63 2,17 88,3
2019 (i) 0,61 6,47 2,87 92,2

Sources : Ressources naturelles Canada, Banque du Canada, Statistique Canada.
dpr = dépenses préliminaires, i = intentions de dépenser.
*L’indice des prix des métaux et des minéraux est présenté avec un décalage d’un an.

 

En 2018, les dépenses en capital dans le sous-secteur du minerai métallique ont connu une hausse substantielle de 22,5 % en raison des augmentations enregistrées par toutes ses composantes.

Développements importants dans le sous‑secteur du minerai métallique

Des augmentations importantes des dépenses ont été enregistrées pour ce qui est de l’extraction de nickel-cuivre (73,4 %), de minerai de fer (53,1 %), de cuivre-zinc (31,4 %) et d’or-argent (12,0 %).

Les intentions de dépenser pour 2019 suggèrent que les dépenses dans ce sous-secteur pourraient diminuer légèrement, soit de 2,5 %, pour s’établir à 6,5 milliards de dollars.

Les mines d’or et de métaux précieux constituent la plus grande composante des dépenses en capital dans ce sous-secteur, représentant environ 60 % de ses dépenses totales en 2018. Cette proportion continue d’être plus élevée que pendant la dernière décennie, laquelle a affiché une moyenne d’environ 40 %. Comme c’est le cas pour d’autres métaux, les dépenses pour l’or et l’argent se sont raffermies en 2018 en raison de la hausse des prix.

Depuis qu’elles ont atteint leur sommet en 2014, les dépenses en capital dans le sous-secteur de l’extraction minière non métallique ont diminué de 60 % pour s’établir à 2,2 milliards de dollars en 2018.

Développements importants dans le sous-secteur de l’extraction minière non métallique

En 2018, l’extraction de potasse a représenté 53 % des dépenses en capital totales du sous-secteur et la baisse s’est essentiellement concentrée dans cette activité (86 %). Cette baisse suit une période d’investissements élevés dans l’extraction de potasse, qui avait donné lieu à l’agrandissement de plusieurs mines et à l’ouverture d’une nouvelle mine (Bethune).

Les intentions de dépenser pour 2019 indiquent que les dépenses en capital augmenteront de 32,2 % pour atteindre 2,9 milliards de dollars, mettant ainsi un terme à la baisse des dépenses qui avait touché ce sous-secteur au cours des dernières années.

En ce qui a trait à l’extraction de charbon, les dépenses ont atteint leur plus haut niveau depuis 2012, s’élevant à 683 millions de dollars en 2018. Ce gain représente une augmentation de 83,3 % par rapport à 2017 et est compatible avec les développements survenus dans les marchés du charbon métallurgique (ou sidérurgique), qui ont connu une augmentation de la demande et une hausse des prix. Les intentions de dépenser pour 2019 suggèrent que les dépenses au chapitre de l’extraction de charbon diminueront de 10,2 % pour s’établir à 613,6 millions de dollars.

Dépenses en capital dans les industries de traitement des minéraux en aval

En 2018, les dépenses en capital dans les industries de traitement des minéraux en avalNote de bas de page 2 du Canada sont demeurées relativement stables à 3,4 milliards de dollars. Près de 60 % de ce montant est attribuable aux dépenses d’investissement dans les sous-industries de première transformation des métaux, qui ont augmenté de 33,8 % en 2018, dépassant les 2,0 milliards de dollars. Cependant, les dépenses en capital dans les sous-industries de la fabrication des produits métalliques et de la fabrication des produits minéraux non métalliques ont respectivement connu des baisses de 8,6 % et de 39,2 %.

Les intentions de dépenser pour 2019 dans les industries de traitement des minéraux en aval suggèrent que les dépenses en capital enregistreront un gain de 6,2 % pour atteindre 3,6 milliards de dollars en raison de l’augmentation des dépenses dans les trois sous-industries. Les dépenses dans les sous-industries de la fabrication des produits métalliques, de la première transformation des métaux et de la fabrication des produits minéraux non métalliques devraient respectivement augmenter de 4 %, de 5 % et de 12 %.

Ventilation des dépenses par province et territoireNote de bas de page 4

Les dépenses en capital des provinces et des territoires (figure 3) peuvent connaître une volatilité considérable d’une année à l’autre en fonction du nombre de mines présentes et de leur progression dans le continuum de la mise en valeur des ressources minérales. Les administrations comptant peu de mines peuvent connaître une volatilité particulièrement forte, car la construction d’une seule mine peut représenter une part importante des dépenses globales.

En 2018, les dépenses en capital dans l’industrie minière de l’Alberta ont enregistré une augmentation importante (+219,2 %). Cette croissance coïncide avec l’activité accrue dans l’industrie du charbon. Des augmentations moindres ont été enregistrées au Québec (+21,8 %), à Terre-Neuve-et-Labrador (+19,95 %) et en Ontario (+17,0 %), tandis que des baisses importantes ont été observées en Nouvelle-Écosse (-56,1 %), aux Territoires du Nord-Ouest (-26,1 %) et en Colombie-Britannique (-14,4 %). La Saskatchewan a une fois de plus connu un recul important (-44,4 %) en raison de la concentration de mines de potasse dans cette province.

Figure 3 : dépenses en capital, par administration, de 2017 à 2019

Figure 3 : dépenses en capital, par administration de 2017 à 2019
Version textuelle - Figure 3
Figure 3 : dépenses en capital, par administration (millions de dollars), de 2017 à 2019
Province / Territoire 2017 2018 (dpr) 2019 (i)
Terre-Neuve-et-Labrador 411,3 489,5 549,7
Île-du-Prince-Édouard - - -
Nouvelle-Écosse 202,5 88,9 118,6
Nouveau-Brunswick - - -
Québec 1 625,3 1 979,3 2 120,5
Ontario 1 897,2 2 218,8 2 296,1
Manitoba 190,8 - 318,0
Saskatchewan 2 252,3 1 252,4 1 964,1
Alberta 154,9 494,4 332,5
Colombie-Britannique 954,9 817,6 766,8
Yukon - - -
Territoires du Nord-Ouest 382,6 282,7 199,1
Nunavut - 1 329,9 1 089,7

Sources : Ressources naturelles Canada, Statistique Canada.
(dpr) = dépenses préliminaires, (i) = intentions de dépenser, - = confidentiel.
Remarque : les données de l’Île‑du‑Prince‑Édouard, du Nouveau‑Brunswick, des Territoires du Nord‑Ouest et du Yukon ont été supprimées par la source.

 

Les intentions de dépenser pour 2019 indiquent des augmentations pour la Saskatchewan (+56,8 %), la Nouvelle‑Écosse (+33,4 %) et Terre‑Neuve‑et‑Labrador (+12,3 %). La croissance positive devrait se poursuivre au Québec (+7,1 %) et en Ontario (+3,5 %) tandis que les dépenses devraient diminuer en Alberta (-32,7 %), aux Territoires du Nord‑Ouest (-29,6 %), au Nunavut (-18,1 %) et en Colombie‑Britannique (-6,2 %).

Les dépenses en capital sont concentrées dans une poignée de provinces. En 2018, trois provinces ont compté pour environ 66 % des dépenses en capital dans l’industrie minière : l’Ontario (23,5 %), le Québec (21,7 %) et la Saskatchewan (20,1 %).

Pour en savoir plus