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Le Lower Mainland de la Colombie-Britannique se prépare aux inondations

Photo aérienne montrant la proximité de l'aéroport international de Vancouver au fleuve Fraser. Crédit photo : Josef Hanus (ThinkStock: 154420349)

L'aéroport international de Vancouver et le fleuve Fraser

Les passagers arrivant à l'aéroport international de Vancouver sont accueillis avec des vues grandioses de l'océan Pacifique, alors qu'ils descendent sur l'île de Sea à Richmond, en Colombie-Britannique. Toutefois, cette sereine proximité de l'océan soulève des préoccupations quant aux inondations côtières que pourraient provoquer les changements climatiques.

L'aéroport se trouve sur des terres basses de l'estuaire du fleuve Fraser, où il est vulnérable aux ondes de tempête et à l'élévation du niveau de la mer au fil du temps, décrite dans le rapport de 2016 intitulé Risques climatiques et pratiques en matière d'adaptation pour le secteur canadien des transports, qui fait partie de l'évaluation nationale Le Canada dans un climat en changement. Le gouvernement du Canada met actuellement à jour Le Canada dans un climat en changement, la prochaine évaluation nationale sur l'évolution du climat au Canada, leurs impacts et la façon dont nous nous y adaptons pour réduire les risques.

Exposé aux inondations

Photo d'un délavage d'autoroute à Sicamous, en Colombie-Britannique en 2012. Crédit photo : Le ministère des Transports de la Colombie-Britannique (Creative Commons)

Une autoroute de la Colombie-Britannique endommagée par les inondations

Un rapport récent du Fraser Basin Council (FBC), organisme non gouvernemental, laisse entendre que, sans investissements dans la planification et l'amélioration de l'infrastructure, le deuxième aéroport le plus achalandé du Canada et les biens vitaux qui l'entourent pourraient être inondés en raison de la montée du niveau de la mer.

Les changements climatiques exposent également le Lower Mainland de la Colombie-Britannique aux inondations printanières du fleuve Fraser. Des températures plus élevées accéléreraient la fonte des neiges, et les pluies printanières augmenteraient le débit des rivières, ce qui entraînerait d'autres inondations. Bien que la région soit protégée par 500 km de digues, une évaluation menée en 2015 a révélé que la plupart d'entre elles pourraient subir une défaillance lors d'une inondation majeure. Presque toutes ces digues ont été construites il y a 30 à 50 ans, et les normes de l'époque étaient différentes de celles d'aujourd'hui.

Un enjeu régional

La ville de Richmond est particulièrement vulnérable aux inondations majeures puisqu'elle est entièrement située dans une plaine inondable. Il en va de même pour les abords inférieurs de Vancouver et pour d'autres communautés avoisinantes de la région. En effet, un grand nombre de réserves des Premières Nations et de terres visées par des traités situées dans les basses-terres continentales ne sont aucunement protégées par des digues.

Le rapport Lower Mainland Flood Management Strategy Report (2016) (rapport sur la stratégie de gestion des inondations dans le Lower Mainland), préparé par le FBC, prévoit des pertes de 19 à 23 milliards de dollars si une importante inondation côtière ou fluviale se produisait aujourd'hui, et beaucoup plus si elle se produisait en 2100, en raison des inondations plus grandes et plus étendues. Le rapport répertorie les installations essentielles, y compris les hôpitaux, les casernes de pompiers, les postes de police et les services de transport, qui seraient endommagés, détruits ou rendus inutilisables. Plus de 200 000 personnes pourraient être déplacées.

L'aéroport s'adapte

Pour l'aéroport international de Vancouver, ces dangers ne sont pas inconnus. L'Administration aéroportuaire de Vancouver, un partenaire de la Stratégie de gestion des inondations dans les basses-terres continentales, est bien consciente des risques que les changements climatiques posent pour la collectivité du Grand Vancouver, déclare Marion Town, directrice de l'environnement au sein de l'organisation.

L'aéroport est doté d'un vaste système de digues, d'équipement de gestion des eaux pluviales et de caissons de pompage qui s'étend sur toute l'île Sea. Pour se prémunir contre de futures inondations majeures, l'Administration aéroportuaire a investi des ressources considérables dans un programme pluriannuel visant à élever les digues à 4,7 m au-dessus du niveau moyen de la mer.

L'Administration aéroportuaire collabore également avec Environnement et Changement climatique Canada à l'amélioration des digues dans les terres au nord de la zone de conservation de l'île Sea, propriété du gouvernement fédéral. De plus, elle a établi un plan de protection des infrastructures essentielles aménagées à l'intérieur des bâtiments, dont certaines se trouvent sous le niveau de la mer.

Vancouver se prépare

Photo de la vue sur le pont Patullo et le pont ferroviaire à partir du parc Brownsville Bar à North Surrey, en Colombie-Britannique. Crédit photo : waferboard (Creative Commons)

Le pont Patullo et le pont ferroviaire à North Surrey, en Colombie-Britannique

Ailleurs, la Ville de Vancouver s'est associée à de multiples intervenants pour commander une évaluation en deux parties du risque d'inondation côtière. Cette étude a permis de cerner les risques d'inondation, les vulnérabilités et les conséquences prévues au cours du prochain siècle, ce qui a mené à l'établissement d'une nouvelle carte des plaines inondables affichant les plus récentes installations de prévention des inondations. De plus, Metro Vancouver a tenu compte des changements climatiques, des pluies abondantes, des événements de fonte des neiges et de l'élévation du niveau de la mer dans son Plan de gestion des déchets liquides, qui vise à protéger la santé publique et à maintenir un environnement sain.

Les partenariats sont essentiels

Pour trouver des solutions au problème de la montée des eaux, tous les ordres de gouvernement doivent collaborer à l'échelle régionale, estime Steve Litke, gestionnaire principal de programme, bassins hydrographiques et ressources en eau, du FBC, « Aucune municipalité ne pourrait y parvenir seule. » La stratégie a comme partenaires des gouvernements municipaux, provinciaux et fédéral; des Premières Nations; le secteur des transports; des organismes académiques; et d'autres organismes du secteur privé et de la société civile.

« Le travail effectué pour établir le rapport du FBC a permis d'améliorer nos connaissances collectives et s'avère très utile pour renforcer et développer des partenariats et sensibiliser les gens au problème » explique M. Litke. « L'enjeu est important, mais les perspectives ne sont pas toutes sombres. »

Points à considérer pour l'avenir

Certains éléments relatifs aux travaux de construction doivent encore être étudiés. Pour assurer leur intégrité structurale, les digues doivent être élargies afin de les élever. Il pourrait y avoir des impacts environnementaux si les digues étaient étendues dans le fleuve Fraser.

Diverses solutions sont envisagées, notamment une planification minutieuse de l'utilisation des terres, la réparation et la relocalisation des digues, la restauration des terres humides et un investissement dans les « digues vivantes » et les rives (voir Pleins feux sur l'innovation). À titre d'exemple, l'organisme américain The Nature Conservancy expérimente la construction de récifs d'huîtres dans le golfe du Mexique, qui agiraient comme de petites îles-barrières pour réduire les effets des ondes de tempête. En Colombie-Britannique, cette stratégie pourrait être appliquée dans des endroits comme Boundary Bay, autrefois une zone productive de pêche aux d'huîtres.

« Nous devons examiner les options logiques selon les différentes conditions locales, » déclare M. Litke, qui recommande une approche prudente et bien documentée. « Il faut conserver une certaine dose d'humilité face aux grands cours d'eau. »

Pleins feux sur l'innovation – Écologisation des rives

Les solutions « douces » comme l'écologisation des rives et la construction de « récifs vivants » pourraient s'avérer efficaces dans certaines situations et pourraient coûter moins cher.

Un rapport de 2014 intitulé Greening shorelines to Enhance Resilience (écologisation des rivages pour renforcer la résilience), préparé par SNC-Lavalin pour le Stewardship Centre for British Columbia, a comparé la viabilité et les coûts des techniques douces de protection des rivages par rapport aux techniques puissantes de « blindage » des rives. Les auteurs ont constaté que les méthodes douces, comme le remblayage des plages, l'aménagement de talus et l'enrochement des récifs, étaient non seulement meilleures pour l'environnement, mais dans certains cas, moins coûteuses que les techniques traditionnelles, dont la construction de digues et d'ouvrages de protection.

Les conclusions du rapport étaient fondées sur des études de cas de trois propriétés riveraines où des inondations sont prévues, soit la plage Qualicum Beach, la rive ouest de Vancouver et une propriété résidentielle de l'île de Vancouver.

L'étude a été financée par Ressources naturelles Canada.

Faire avancer l'adaptation au climat au Canada

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