Bulletin d’information sur l’exploration minérale canadienne

(publié en août 2019)

L’exploration minérale joue un rôle important pour ce qui est d’assurer la viabilité à long terme de l’industrie minière canadienne. Elle entraîne la découverte et la mise en valeur de gisements minéraux qui pourraient devenir des mines, créer des emplois (souvent dans des communautés isolées et situées dans le Nord) et attirer des investissements importants.

Découvrez les dernières tendances en matière d’exploration minérale au Canada :

Aperçu

Les dépenses canadiennes d’exploration et de mise en valeur de gisementsNote de bas de page 1 ont atteint 2,3 milliards de dollars en 2018, soit une hausse de 6 % par rapport à 2017. Les intentions pour 2019 suggèrent un léger recul de 7 % des dépenses, ce qui donne un total de 2,2 milliards de dollars.

En 2018, les dépenses des grandes sociétés ont augmenté de 19 % par rapport à l’année précédente, ce qui a fait porter le total à 1,3 milliard de dollars. Cependant, celles des petites sociétés ont diminué de 7 %, réduisant ainsi le total à 998 millions de dollars.

L’Ontario était en tête de liste avec des dépenses d’exploration en 2018 de 583 millions de dollars, suivi par le Québec (498 millions de dollars) et la Colombie-Britannique (370 millions de dollars). Les dépenses de ces trois provinces représentaient près des deux tiers du total des dépenses.

Les métaux précieux (principalement l’or), qui demeurent largement les produits minéraux les plus recherchés, représentent environ 60 % des dépenses.

Les dépenses de mise en valeur de gisements, qui comportent les frais liés aux études de faisabilité de projets d’exploration en amont justifiant ou non l’entrée en production, ont représenté le tiers des dépenses de 2018 et devraient être de la même proportion en 2019.

Les dépenses relatives aux activités d’exploration et de mise en valeur de gisements minéraux dépendent pour une large part de la conjoncture du marché et du prix des produits. La figure 1 montre comment les fluctuations des dépenses au Canada et à l’échelle mondiale ont suivi les tendances des prix au cours des 10 dernières années.

Figure 1 : dépenses d’exploration et de mise en valeur de gisements, par type de société, selon l’indice des dépenses d’exploration mondiale et selon l’indice mensuel du prix des métaux et des minéraux, de 2009 à 2019

Figure 1 diagramme
Version textuelle - Figure 1

Ce graphique à barres illustre les dépenses d’exploration et de mise en valeur de gisements par type de société pour les années 2009 à 2019. Chaque barre se subdivise en deux segments : un pour les grandes sociétés et l’autre pour les petites sociétés. Un graphique linéaire indiquant l’indice du prix des métaux et des minéraux de la Banque du Canada a été superposé au graphique à barres. Un deuxième graphique linéaire montre l’indice des dépenses d’exploration mondiale. La superposition des deux graphiques révèle l’étroite corrélation entre les prix des métaux et des minéraux et les dépenses d’exploration et de mise en valeur de gisements.

Sources : Ressources naturelles Canada, Institut de la statistique du Québec, Banque du Canada, S&P Global Market Intelligence.
dpr = dépenses préliminaires, i = intentions de dépenser.

Les prix des métaux et des minéraux ont atteint un sommet cyclique en 2011 sous l’effet de la croissance rapide de la Chine et d’autres économies de marché émergentes. Par la suite, les prix ont connu une baisse en raison d’un accroissement de la production et de l’inondation subséquente des marchés. La reprise des prix s’est amorcée en 2016, une tendance qui s’est maintenue pour la première moitié de 2018, mais qui s’est inversée relativement à la plupart des métaux au milieu de l’année à cause des tensions sur le marché international et d'un recul des activités industrielles de la Chine.

Malgré une hausse du total des dépenses d’exploration en 2018, de nombreux autres indicateurs clés d’activités du secteur ont diminué. Entre 2017 et 2018 :

  • Le nombre de projets a diminué de 8 %, passant d’environ 2 000 à 1 840
  • Le nombre de sociétés a diminué de 5 %, passant de 706 à 672
  • Le total de mètres forés a diminué de 13 %, passant de 4,4 à 3,8 millions de mètres

Ces baisses sont attribuables à un ralentissement dans les activités des petites sociétés, qui mènent 70 % des projets, constituent 78 % des sociétés et sont responsables d’environ 50 % du total des mètres forés.

Petites et grandes sociétés

Le nombre de petites sociétés et leurs dépenses combinées ont diminué de 7 % en 2018 pour se fixer à 526 sociétés et 998 millions de dollars en dépenses. Les intentions de dépenser qui ont été déclarées par les petites sociétés pour 2019 témoignent d’un autre recul, de 4 % cette fois, et s’établissent à un total de 961 millions de dollars.

Le Canada est reconnu pour son importante cohorte de petites sociétés qui n’ont généralement pas de recettes d’exploitation et misent sur le financement par actions. Elles sont habituellement petites et souples et se spécialisent dans les activités à haut risque de l’exploration initiale. Bien que certaines petites sociétés puissent décider de développer un projet par elles-mêmes ou avec un partenaire, les grandes sociétés sont traditionnellement celles qui mettent une mine en production.

En 2007-2008 et 2011-2012, les dépenses des petites sociétés ont atteint des sommets historiques dépassant les 2 milliards de dollars, mais elles ont chuté en 2015 à 578 millions de dollars, soit leur plus faible niveau en 12 ans. Elles ont ensuite recommencé à grimper en 2016 et ont connu une poussée de 70 % en 2017 pour atteindre 1,1 milliard de dollars.

En 2018, 21 petites sociétés ont dépensé plus de 10 millions de dollars collectivement, soit la moitié du total des dépenses pour ce type de société.

Les dépenses des petites sociétés constituaient 43 % des dépenses totales d’exploration et de mise en valeur de gisements en 2018; cette part devrait augmenter à 44 % en 2019.

Étant donné que traditionnellement, les petites sociétés misent sur le financement des marchés des actions, les fluctuations de leur part des dépenses totales suivent étroitement les conjonctures globales du marché et de l’économie. Cela influe sur la facilité avec laquelle elles peuvent réunir des capitaux. Au cours des 10 dernières années, les dépenses des petites sociétés ont représenté, en moyenne, 45 % des dépenses totales, mais chaque année cette proportion varie entre 31 % et 57 %.

La répartition des dépenses par type de société peut être influencée par d’autres facteurs, par exemple la vente d’un projet à une grande société par une petite société ou le passage d’une petite société de la phase de développement à celle de production, ce qui fait en sorte que cette petite société devient une grande société. Ces facteurs influent de façon marquée sur les résultats d’ensemble lorsqu’ils touchent un projet comprenant d’importantes dépenses.

En 2018, le nombre de grandes sociétés, en hausse de 4 %, s’est élevé à 146, tandis que leurs dépenses combinées, en progression de 19 %, ont atteint un total de 1,3 milliard de dollars. Leurs intentions pour 2019 indiquent toutefois une baisse de 9 %, ce qui donne un total de 1,2 milliard de dollars.

Au cours des 10 dernières années, les dépenses des grandes sociétés ont maintenu sensiblement la même tendance que celles des petites sociétés. Cependant, les grandes sociétés ont connu moins de volatilité que les petites sociétés parce qu’elles disposent de recettes pour financer leurs travaux d’exploration et sont moins sujettes aux grandes conjonctures des marchés boursiers et de l’économie.

Provinces et territoires

En 2018, l’Ontario a recouvré la première place comme province ou territoire comptant les plus importantes dépenses avec 583 millions de dollars, principalement à cause d’une hausse de 12 % des dépenses d’exploration de métaux précieux.

Figure 2 : dépenses d’exploration et de mise en valeur de gisements, par province et territoire, de 2017 à 2019

Figure 2 carte du Canada est superposé un graphique à barres
Version textuelle - Figure 2

Cette carte du Canada, sur laquelle est superposé un graphique à barres (trois barres pour les années 2017, 2018 et 2019), illustre les dépenses d’exploration et de mise en valeur de gisements par province et territoire. Chaque barre se subdivise en deux segments : un pour l’exploration et l’autre pour la mise en valeur de gisements. En 2019, on prévoit que les plus fortes dépenses seront au Québec (555 millions de dollars), en Ontario (517 millions de dollars) et en Colombie-Britannique (318 millions de dollars).

Sources : Ressources naturelles Canada, Institut de la statistique du Québec.
G = milliard, dpr = dépenses préliminaires, i = intentions de dépenser.

Toutes les provinces et tous les territoires ont vu leurs dépenses d’exploration augmenter en 2018, à l’exception du Nunavut et du Québec, où elles ont chuté respectivement de 16 % et 13 %.

La Nouvelle-Écosse a connu la plus forte croissance en proportion pour une deuxième année consécutive. Les dépenses y ont plus que triplé, passant de 5 millions de dollars en 2016 à 18 millions de dollars en 2017, puis à 37 millions de dollars en 2018, soit le double de l’année précédente.

Les plus importantes contributions à la croissance annuelle des dépenses ont été enregistrées en 2018 en Colombie-Britannique (67 millions de dollars), en Saskatchewan (56 millions de dollars) et en Ontario (43 millions de dollars).

Les intentions pour 2019 signalent qu’un virage pourrait avoir lieu dans les dépenses puisque les dépenses d’exploration devraient augmenter dans deux provinces seulement : le Québec (+11 %) et la Saskatchewan (+11 %). On prévoit que les niveaux de dépenses au Manitoba et en Alberta seront les mêmes qu’en 2018 alors qu’on envisage des baisses dans les Territoires du Nord-Ouest (-38 %), au Yukon (-31 %), en Nouvelle-Écosse (-27 %), au Nouveau-Brunswick (-22 %), en Colombie-Britannique (-14 %), à Terre-Neuve-et-Labrador (-13 %), en Ontario (-11 %) et au Nunavut (-4 %). Ainsi, le Québec pourrait recouvrer la première place avec des dépenses de 555 millions de dollars, suivi de l’Ontario (517 millions de dollars) et de la Colombie-Britannique (318 millions de dollars).

Produits minérauxNote de bas de page 2

Les métaux précieux (principalement l’or) demeurent les produits minéraux les plus recherchés avec environ les deux tiers du total des dépenses (figure 3). Cette proportion figure parmi les plus élevées des 25 dernières années et s’explique par la hausse des prix de l’or.

Les dépenses d’exploration de métaux précieux ont bondi de 50 % en 2017 pour atteindre 1,4 milliard de dollars. Elles sont demeurées les mêmes en 2018 alors que les intentions de 2019 annoncent une baisse de 17 %. En 2018, on a recensé 12 projets aurifères dont les dépenses dépassent chacun 20 millions de dollars; ensemble, ils représentent environ 0,5 milliard de dollars en dépenses d’exploration de métaux précieux. L’avancement de ces projets et les dépenses connexes coïncident avec une hausse des dépenses d’exploration et de mise en valeur de gisements en 2017 et 2018. En 2019, certains de ces projets devraient passer de la phase de mise en valeur de gisements à celle du développement du complexe minier, ce qui contribue à la baisse prévue des dépenses pour cette année.

L’or demeure le produit le plus recherché dans toutes les provinces et tous les territoires en 2018 et 2019, à l’exception du Nouveau-Brunswick, de la Saskatchewan, de l’Alberta et des Territoires du Nord-Ouest.

Figure 3 : dépenses d’exploration et de mise en valeur de gisements, par produit minéral, de 2017 à 2019

Figure 3 graphique à barres
Version textuelle - Figure 3

Ce graphique à barres illustre les dépenses d’exploration et de mise en valeur de gisements par produit minéral pour les années 2017 à 2019. Pour chaque année, il y a une barre pour les métaux précieux, les métaux communs, l’uranium, les autres métaux, les diamants, les non-métaux, le charbon et le minerai de fer. Les métaux précieux, dont l’or, conservent une avance importante devant tous les autres groupes pour l’ensemble de la période.

Sources : Ressources naturelles Canada, Institut de la statistique du Québec.
dpr = dépenses préliminaires, i = intentions de dépenser.

Les dépenses d’exploration de métaux communs, qui ont augmenté de 13 % pour atteindre un total de 363 millions de dollars en 2018, devraient demeurer au même niveau en 2019. L’ensemble des provinces et des territoires ont signalé une augmentation des dépenses d’exploration de métaux communs en 2018, sauf l’Ontario. En 2019, on prévoit un renversement de la tendance et on s’attend à ce que toutes les provinces et tous les territoires enregistrent une baisse des dépenses d’exploration de métaux communs, à l’exception de l’Ontario, qui devrait connaître une hausse.

Les dépenses d’exploration de l’uranium devraient demeurer stables à 165 millions de dollars pour 2018 et 2019, ce qui est supérieur de 20 % aux dépenses de 2017.

Les dépenses d’exploration de diamants ont grimpé de 28 % en 2018 pour atteindre un total de 107 millions de dollars. On prévoit une autre hausse de 21 %, ce qui donne un total de 130 millions de dollars pour 2019. Ces augmentations sont principalement attribuables aux dépenses faites en Saskatchewan.

Les autres métaux comprennent le cobalt et le lithium, qui font l’objet d’une attention particulière en raison de leur utilisation dans le stockage d’électricité et la construction de véhicules électriques. En 2017, les dépenses d’exploration d’autres métaux ont bondi de 85 % pour un total de 89 millions de dollars. En 2018, elles ont connu une plus légère augmentation, soit de 16 %, pour se fixer à 103 millions de dollars. En 2019, on prévoit une autre hausse, cette fois de 29 %, pour porter le total à 133 millions de dollars. Plus de la moitié des 65 projets d’exploration de lithium en cours en 2018 se trouvaient au Québec et environ la moitié des 62 projets d’exploration de cobalt en cours étaient en Ontario.

Les dépenses d’exploration du charbon (métallurgique et thermique) ont augmenté de 25 % en 2018, pour se fixer à un total de 70 millions de dollars, en raison des dépenses à la hausse de projets d’exploration de charbon en amont menés en Colombie-Britannique. Les intentions de dépenser en 2019 laissent entrevoir un léger recul de 4 % qui portera le total à 67 millions de dollars.

Les dépenses d’exploration de non-métaux (principalement la potasse et le graphite) ont augmenté de 9 % pour s’élever à 64 millions de dollars en 2018. On prévoit qu’elles augmenteront encore en 2019, cette fois de 29 % pour atteindre 83 millions de dollars. Ces augmentations consécutives feront plus que compenser la baisse de 28 % de 2017. La hausse des dépenses d’exploration du graphite, un autre minéral utilisé dans les technologies avancées de batteries d’accumulateurs, compense la baisse des dépenses d’exploration de la potasse qui avait été enregistrée pour les deux dernières années.

Les phases de travail font partie des étapes d’exploration et de développement :

  • L’exploration s’étale de l’exploration préliminaire (du début) jusqu’à la confirmation que le projet est économiquement viable
  • La mise en valeur de gisements nécessite un travail détaillé dans le cadre d’études de faisabilité qui permettent de décider d’aller ou non en production
  • Le développement des complexes miniers (non traité dans ce rapport) comprend l’aménagement des mines, les usines et les infrastructures connexes
  • Les activités sur les sites miniers permettent de constater les efforts déployés par les sociétés pour prolonger les activités opérationnelles actuelles

Les dépenses d’exploration du minerai de fer ont presque triplé en 2018 lorsqu’elles ont grimpé à 25 millions de dollars comparativement à 9 millions de dollars en 2017. En 2018, des hausses ont été enregistrées à Terre-Neuve-et-Labrador, au Québec et au Nunavut alors que l’augmentation prévue de 26 % en 2019 se concentrera au Québec.

Phases de travail

Les dépenses d’exploration hors de sites miniers ont baissé de 4 % pour s’établir à 1,4 milliard de dollars en 2018. Toutes les provinces et tous les territoires ont enregistré des baisses, à l’exception de l’Alberta, de la Colombie-Britannique, du Manitoba et du Nouveau-Brunswick.

En 2019, les dépenses d’exploration hors des sites miniers devraient baisser à nouveau, cette fois de 10 %, pour se chiffrer à 1,2 milliard de dollars. Toutes les provinces et tous les territoires connaîtront des baisses, à l’exception de la Saskatchewan et de l’Alberta.

Figure 4 : dépenses d’exploration et de mise en valeur de gisements, sur les sites miniers et hors des sites miniers, de 2018 à 2019

Figure 4 diagrammes circulaires
Version textuelle - Figure 4

Ces diagrammes circulaires montrent les dépenses d’exploration et de mise en valeur de gisements sur les sites miniers et hors des sites miniers pour 2018 et 2019. Pour chaque année, l’exploration représente une large part de l’ensemble des dépenses par rapport à la mise en valeur de gisements.

Sources : Ressources naturelles Canada, Institut de la statistique du Québec.
G = milliard, M = million, dpr = dépenses préliminaires, i = intentions de dépenser.

Les dépenses d’exploration sur les sites miniers ont augmenté de 65 % en 2018, pour un total de 163 millions de dollars, principalement en raison d’un regain d’activité en Ontario et dans les Territoires du Nord-Ouest. Les intentions pour 2019 laissent présager une hausse des dépenses de 30 % qui portera le total à 211 millions de dollars. La plupart des hausses des dépenses seront enregistrées au Québec et en Ontario.

Les dépenses de mise en valeur de gisements hors des sites miniers ont grimpé de 21 % pour s’élever à 742 millions de dollars en 2018. Des hausses ont été enregistrées dans toutes les provinces et tous les territoires, à l’exception du Québec, du Manitoba et du Nunavut. Le gros de ces gains était concentré en Colombie-Britannique (charbon et or), en Ontario (or) et en Saskatchewan (uranium). En 2019, on prévoit que les dépenses de mise en valeur de gisements hors des sites miniers baisseront de 9 % pour tomber à 661 millions de dollars. Toutes les provinces et tous les territoires, à l’exception du Québec, de la Saskatchewan et du Manitoba, connaîtront une baisse.

En 2017 et 2018, les dépenses de mise en valeur de gisements sur les sites miniers sont demeurées à 51 millions de dollars, mais en 2019, elles devraient diminuer de 15 % pour s’établir à 44 millions de dollars.

Notes

Notes

  • Les données de 2018 sont préliminaires et celles de 2019 reflètent les intentions de dépenser des sociétés.
  • Les totaux peuvent varier en raison de l’arrondissement des chiffres.
  • Les valeurs sont en dollars canadiens.