Camp sur l’intégration scientifique et politique et Équipe d’apprentissage pratique sur l’intelligence artificielle

Pour un ministère fondé sur la science comme RNCan, l’intégration de la science et de la politique est essentielle pour mieux comprendre et résoudre les défis émergents et de plus en plus complexes. Au cours des dernières années, nous avons vu des initiatives innovatrices évoluer pour renforcer l’intégration des sciences et des politiques, ainsi que de nouvelles approches pour mobiliser l’éventail de talents, de compétences et de perspectives parmi les disciplines des sciences et des politiques du ministère.

Le camp annuel en leadership sur l’intégration scientifique et politique (ISP) en est un exemple. Lancée en 2016, cette formation intensive d’une semaine encourage une plus grande compréhension interdisciplinaire et intersectorielle entre les communautés scientifiques et politiques. Elle procure également aux participants des outils et des réseaux pour leur permettre d’être des chefs de file tout en contribuant aux efforts continus du ministère de renforcer les prises de décision fondées sur des données probantes. Les participants apprennent et observent directement, car l’intégration scientifique et politique est une « voie à deux sens » : la science informe la politique comme la politique nous aide à déterminer nos besoins scientifiques.

image

Figure 1: Des participants au camp d’entraînement en intégration des sciences et des politiques 2017-2018

Dans le cadre d’une expérience prolongée de camp, des participants avec des antécédents politiques et scientifiques ont formé des équipes d’apprentissage pratique (EAP) pour faire progresser une priorité réelle de RNCan sur une période de six mois, mettant en œuvre leurs compétences nouvelles acquises et une appréciation pour l’intégration scientifique et politique. Comme l’équipe mène des recherches et des analyses, elle est incitée à tenir compte d’une grande variété de perspectives (p. ex, le secteur privé, le secteur public et au-delà). Elle est également incitée à prendre des risques, à être audacieuse, souple et innovatrice. Le résultat final comprenait la présentation de recommandations aux cadres supérieurs pour résoudre leur défi science-politique.

En 2017, les trois thèmes comprenaient les connaissances autochtones, l’intelligence artificielle et la cartographie des fonds marins. Cette année, le camp est axé sur la technologie géospatiale, l’extraction de ressources et les matériaux de pointe. Comme ces divers thèmes le démontrent, le camp procure la souplesse et l’agilité à traiter avec des enjeux émergents et leur liaison à des tendances élargies dans la science et la politique.

EAP sur l’intelligence artificielle comme exemple de modèle de camp

Par exemple, « l’EAP sur l’intelligence artificielle (IA) » avait la tâche de penser de façon critique au sujet de l’IA dans un exercice de « prévision », se concentrant sur les effets à long terme de l’IA pour le ministère. Toutefois, à mi-chemin dans le processus, le mandat de l’EAP a changé et l’équipe devait se retourner pour répondre aux besoins du ministère. L’orientation renouvelée était d’effectuer une recherche sur les effets potentiels de l’IA sur la main-d’œuvre du secteur des ressources naturelles du Canada et de trouver des manières pour l’IA d’aider RNCan à améliorer ses services aux Canadiens et Canadiennes.

L’EAP sur l’IA s’est rapidement mobilisée, mettant à profit ses divers ensembles de compétences et sa position unique comme équipe d’intégration scientifique et politique. L’équipe s’est divisée en deux sous-groupes pour remplir les tâches. L’EAP sur l’IA a assigné un coordonnateur de projet global et deux membres se sont portés volontaires pour être coresponsables de chacune des deux tâches de recherche. Les présidents des rencontres alternaient pour développer un leadership inclusif et des téléconférences ont été tenues régulièrement pour assurer la participation des membres de l’équipe du bureau régional.

« Je pense que ce projet m’a réellement poussé à sortir de ma zone de confort, par exemple à faire des présentations à des comités de cadres supérieurs, et à apprendre de personnes avec lesquelles je n’aurais pas normalement eu la possibilité de travailler. »
- Elizabeth Carmichael
Conseillère en science et technologie

La fluidité du leadership, une communication ouverte et le partage de la charge de travail ont aidé à éliminer le cloisonnement et à développer des compétences professionnelles. Par exemple, les membres les plus novices étaient encouragés à présenter aux comités de cadres supérieurs pour soutenir leur perfectionnement professionnel.

Dans les efforts de l’équipe à chercher de nouvelles approches innovatrices, les membres ont sollicité l’apport de points de vue variés : des secteurs de RNCan, d’autres ministères et d’autres paliers de gouvernement, des instituts de recherche et du secteur privé. Cette portée élargie a enrichi l’expérience d’apprentissage du groupe et les connaissances collectives sur l’IA, et a certainement tracé la voie à suivre.

Un résultat de la recherche comprenait une proposition d’essai pilote à petite échelle pour appliquer une analyse des sentiments aux processus de participation du public. Il s’agissait d’une approche très innovatrice aux applications traditionnelles utilisées antérieurement. L’analyse des sentiments pourrait ouvrir la voie à de futurs processus de participation du public de RNCan pour qu’ils deviennent plus souples, outillés et inclusifs. L’efficacité d’un outil d’IA pour classer les commentaires publics en temps réel a réduit le temps consacré par les analystes à des tâches répétitives, amélioré les taux de participation et libéré plus de temps pour une réflexion critique. Pour améliorer l’inclusivité et le processus démocratique, le projet pilote visait à relever les zones géographiques avec de faibles taux de participation, permettant au ministère de s’assurer que les Canadiens difficiles à joindre auraient des chances égales d’exprimer leurs points de vue sur de futurs projets de développement des ressources naturelles.

image

Figure 2: Comment l’IA peut-elle aider RNCan à mieux servir les Canadiens? Conclusions de l’équipe d’apprentissage par l’action sur l’intelligence artificielle

Dans le cadre de nos dernières recommandations sur la manière que RNCan peut se préparer à l’IA, il existe de nombreux liens au travail du Conseil du Trésor sur l’IA et a proposé des principes dans leur document « Intelligence artificielle responsable au sein du gouvernement du Canada ». Plus précisément, nous nous concentrons sur la manière dont les systèmes d’IA peuvent être déployés d’une manière qui minimise l’effet négatif sur les employés tout en améliorant la prestation des services. Bien que l’IA puisse nous donner de nouvelles capacités dans notre travail et notre prestation de services aux Canadiens et Canadiennes, nous devons nous rappeler qu’il ne s’agit pas d’une solution magique et que le déploiement d’une IA en toutes circonstances doit être réalisé avec une vision éthique.

Comme avec tout projet, il y a eu quelques difficultés en cours de route. Cela comprenait la communication avec les membres de l’équipe des bureaux et des laboratoires régionaux. L’équipe plaisantait souvent au sujet de l’ironie que nous avions souvent des difficultés à mener des vidéoconférences sans problèmes, même si nous traitions d’un sujet de recherche aussi évolué sur le plan technologique que l’intelligence artificielle. Ces simples tâches se sont révélées constituer un vrai défi. Néanmoins, cela faisait partie d’une occasion d’apprentissage, une en parallèle avec la recherche, pour s’assurer que tout le monde était inclus, indépendamment de la distance. L’intégration scientifique et politique est sans aucun doute un effort d’équipe, nécessitant un enthousiasme continu, une curiosité, une collaboration, une excellente communication et, plus important encore, un désir de changement.