Comprendre les processus géologiques et les géorisques dans les fjords de l’île de Baffin et la baie de Baffin

L’île de Baffin, la plus grande île canadienne, fait partie de l’archipel Arctique, une chaîne d’îles au sein du territoire du Nunavut. Bien que l’île de Baffin soit souvent décrite comme un endroit de paysages pittoresques fréquentés par la faune arctique, la zone fut témoin en novembre 1933 du plus important tremblement de terre connu au nord du cercle arctique. La population clairsemée de l’île, couplée à l’emplacement de l’épicentre au large de la baie de Baffin, peut expliquer le manque de dommages rapporté sur les terres. De nos jours, la région nord-est de l’île de Baffin est une des régions les plus actives de l’est du Canada, avec cinq tremblements de terre de magnitude 6 enregistrés depuis 1933.

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Figure 1: L’équipage de pont du NGCC Hudson déploie un sondeur de profils de courants pour enregistrer les avalanches sous-marines (courants de turbidité) dans le fjord Southwind de la baie de Baffin.

L’été dernier, une équipe de techniciens et de scientifiques de RNCan a voyagé jusqu’à l’île de Baffin pour comprendre les risques que les tremblements de terre et les glissements de terrain continuent à présenter aux petites collectivités côtières de l’île. Les ruptures de pentes sous-marines se produisant dans cette région ont le potentiel de générer des vagues massives de tsunami, lesquelles peuvent causer d’importants dommages aux collectivités côtières. Mener une recherche sur les effets de la stabilité des pentes sur les collectivités côtières du nord aide à la planification et préparation appropriées requises pour soutenir la sécurité des personnes vivant dans ces collectivités.

« Travailler avec d’autres membres ambitieux, intelligents et dévoués de la fonction publique m’a enseigné l’importance de la collaboration et du travail d’équipe. »
- Meaghan MacQuarrie, élève-ingénieure du laboratoire géotechnique

Cette étude de géoscience marine s’est déroulée sur une période de quatre semaines, mais était le résultat de plusieurs années d’efforts et de planification. Des visites et des consultations dans les collectivités ont été requises avant et après l’étude pour comprendre les priorités des collectivités nordiques et s’assurer que cette approche de recherche reflétait les préoccupations nordiques pour l’environnement. Par exemple, pendant les consultations à Qikiqtarjuaq, les membres de la collectivité inuite ont été embarqués à bord du vaisseau CCGS Hudson pour une séance spéciale de participation où ils ont pu émettre leurs opinions et préoccupations. Pour assurer une recherche de qualité, l’équipe a planifié une approche inclusive pour partager les meilleures pratiques. Elles touchent des ministères, des agences et le milieu universitaire pour obtenir des opinions des scientifiques et des techniciens sur leurs méthodes de collecte de données géologiques, hydrographiques et océanographiques. Des étudiants ont également été formés et recrutés pour acquérir de l’expérience en recherche arctique.

De nouveaux outils comme des drones et des techniques scientifiques innovatrices comme une analyse des interactions de l’eau des fonds marins ont également été utilisés dans le processus de sondage. Ils ont aidé l’équipe à mieux comprendre et mesurer les risques que posent les glissements de terrain côtier ou submergé à l’infrastructure et aux collectivités côtières nordiques.

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Figure 2: Le NGCC Hudson

Confrontée à des conditions météorologiques et océaniques toujours changeantes à bord du navire, l’équipe devait travailler d’une manière souple et modifier quotidiennement ses plans et priorités, la santé et la sécurité étant toujours à l’avant-plan. Le temps sur un navire de recherche océanique étant rare et irremplaçable, il était important que ces scientifiques maximisent rapidement les résultats. « Il s’agissait une courbe d’apprentissage prononcée de collecte d’échantillons de sol à bord du CCGSHudson, disait Meaghan MacQuarrie, élève ingénieure au laboratoire géotechnique qui faisait partie de l’équipe. Il fallait des compétences analytiques aiguisées pour déterminer les données les plus critiques à recueillir lors d’une courte fenêtre météorologique, au milieu d’un écosystème sensible. »

Avec son équipe, MacQuarrie a passé aux étapes suivantes du projet, pour communiquer ses résultats à un large public et influencer les changements pour assurer la sécurité des collectivités nordiques, comme celle de Qikiqtarjuaq, à long terme. « Ce projet m’a fourni une occasion de visiter une des parties les plus éloignées du Canada et de vivre la beauté et la culture de première main, dit-elle. Je me sentais motivée à poursuivre ma carrière universitaire et professionnelle, favorisant l’excellence environnementale. »