Éditorial : Bois d’œuvre résineux canadien

Le différend sur le bois d’œuvre entre le Canada et les États-Unis est de retour en force cette semaine. Les Canadiens qui travaillent dans cette industrie, ou qui vivent dans des collectivités qui en dépendent, sont inquiets. Plusieurs en ont assez, et avec raison.

Mais rappelons-nous que nous avons déjà vu ce film, plus d’une fois.

L’histoire commence avec la puissante coalition américaine du bois d’œuvre, qui, dans le but de hausser ses prix et d’augmenter ses profits, réclame des droits punitifs sur les importations de bois d’œuvre résineux canadien. 

Habituellement, le film se termine par une entente négociée sur le bois d’œuvre entre nos deux pays, qui freine les ardeurs du protectionnisme américain… jusqu’à la fin de l’entente. Et ensuite, le cycle recommence encore une fois.

Voici maintenant la version 2017. Cette semaine, le département du Commerce des États-Unis a annoncé des droits compensatoires préliminaires de 19,88 % pour la plupart des producteurs de bois d’œuvre résineux canadien – une mesure qui mettrait en péril des emplois des deux côtés de la frontière et entraînerait une hausse des prix des maisons neuves pour les Américains et leurs familles.

Voici la position du gouvernement du Canada à ce sujet : nous allons défendre vigoureusement les intérêts de l’industrie canadienne du bois d’œuvre résineux et de ceux qui en dépendent, notamment par des litiges.

Nous prévoyons aussi que le Canada aura gain de cause – comme ce fut le cas dans le passé. En effet, les allégations des États-Unis ont toujours été jugées sans fondement.

Mais il est temps de modifier le scénario.

C’est pourquoi notre gouvernement a collaboré étroitement avec les provinces, les dirigeants de l’industrie et les collectivités locales pour renforcer le secteur forestier canadien en misant sur de nouveaux produits et sur le développement des marchés.

Le dernier résultat en date de ces activités est une enveloppe de 6 millions de dollars pour soutenir des mesures supplémentaires visant la promotion de produits ligneux canadiens, novateurs et à faible intensité de carbone, dans des marchés extérieurs prometteurs, y compris en Europe et en Asie, notamment en Chine.

Ces efforts portent leurs fruits. Depuis 2002, les mesures prises pour diversifier nos marchés ont contribué à multiplier par 25 les exportations de produits ligneux en Chine, qui représentent une valeur de 1,6 milliard de dollars.

Et ce n’est pas fini.

Cette semaine, des ministres du Cabinet fédéral poursuivent leur mission à l’internationale à l’appui de nos efforts accrus. Parmi ces ministres, on trouve le ministre du Commerce international, François-Philippe Champagne, qui vient de diriger une délégation de représentants de l’industrie du bois en Chine, et la secrétaire parlementaire du ministre, Pamela Goldsmith-Jones, qui s’est rendue au Vietnam, à Singapour et à Brunéi Darussalam pour explorer d’autres possibilités à l'intention des exportateurs de bois canadien dans la région Asie-Pacifique. 

Dans la foulée du voyage effectué par le ministre Champagne, je prévois emmener en Chine ma propre délégation de dirigeants de l’industrie forestière canadienne au début de juin, afin de promouvoir le bois canadien dans l’industrie chinoise de la construction résidentielle.

Nous savons que la diversification des marchés pour nos produits ligneux créera des emplois au Canada et des retombées pour les collectivités qui dépendent de l’industrie forestière.

En parallèle, nous continuons d’investir en recherche-développement par le biais de FPInnovations, principal incubateur technologique du Canada quant aux produits forestiers.

Aujourd’hui, la fibre ligneuse est utilisée à des fins qu’on n’aurait pu imaginer il y a quelques décennies à peine; par exemple, pour renforcer des pièces composites dans les automobiles, alléger les véhicules, réduire les émissions, remplacer les produits plastiques et chimiques issus de la transformation de combustibles fossiles.

Il y a plusieurs mois, nous avons confié à un groupe de travail fédéral-provincial sur le bois d’œuvre résineux le mandat de diffuser de l’information et des analyses en vue de comprendre les incidences potentielles des droits et d’évaluer les besoins des travailleurs touchés et de leurs collectivités. Encore cette semaine, mes collègues provinciaux et moi-même avons discuté des prochaines étapes.

Nous sommes prêts et bien placés pour faire ce tout ce que des gouvernements peuvent faire, dans la mesure du possible, pour aider l’industrie et ses travailleurs à traverser cette période difficile, et à en sortir grandis.

En travaillant ensemble, gouvernements et industrie, travailleurs et collectivités, nous pouvons relever les défis qui nous attendent, créer les conditions requises pour de plus amples possibilités et susciter de bons emplois bien rémunérés pour la classe moyenne et les générations à venir. 

C’est notre objectif ultime. Nous n’en démordons pas une seule seconde.