Cartographie des zones inondées et des terres humides

9.4.3.1 Introduction

L'imagerie RSO s'est avérée très utile pour la cartographie des inondations et la classification de la végétation des terres humides. Les faibles échos des étendues d'eau produisent, sur les images, des zones foncées qui contrastent avec les zones plus claires du sol et des zones végétalisées inondées, ce qui permet d'identifier des zones inondées dépourvues de végétation. Ainsi, il devient possible de déterminer l'étendue de l'inondation, bien que des problèmes puissent survenir lorsqu'on tente de cartographier des zones végétalisées inondées. En outre, la végétation des terres humides présente une variété de formes, de tailles et de répartitions, qui peuvent servir à discriminer entre des types de végétation. L'utilisation de données RSO multidates s'est montrée utile pour la classification des terres humides en raison des changements saisonniers dans la végétation et les niveaux d'eau qui influencent la rétrodiffusion des micro-ondes. Les données RSO polarimétriques peuvent être utilisées pour améliorer l'extraction d'information pour ces applications.

9.4.3.2 Zones inondées

Le saviez-vous?

Les terres humides constituent une composante clé de l'écosystème pour la conservation à la fois de la qualité de l'eau et de sa quantité. En outre, elles représentent des aires de reproduction de premier ordre et sont, par conséquent, des composantes essentielles au maintien de la santé des écosystèmes.

 

Les figures 9-35 à 9-37 présentent diverses images de l'inondation de la rivière Rouge en 1994, prises en bande C par le radar SIR-C. On constate une amélioration appréciable de la cartographie des zones inondées en utilisant l'image HV du 11 avril relativement à l'image VV, où la plus grande partie de la zone inondée est délimitée et, à l'image VV, où l'identification de la zone inondée est difficile. Le 12 avril, il y a peu de différence entre les images pour des polarisations différentes. Le 16 avril, les images HH et HV sont très similaires. Les variations relatives entre les images en polarisations linéaires différentes démontrent l'importance d'utiliser une imagerie en polarisations diverses pour la cartographie des zones d'inondation.

Figure 9-35

Figure 9-35

 

Figure 9-35. Images polarisées linéairement de la rivière Rouge au Manitoba, acquises en bande C par le radar SIR-C, le 11 avril 1994. (Tiré de Sokol et al).

Figure 9-36

Figure 9-36

 

Figure 9-36. Images polarisées linéairement de la rivière Rouge au Manitoba, acquises en bande C par le radar SIR-C, le 12 avril 1994. (Tiré de Sokol et al).

Figure 9-37

Figure 9-37

 

Figure 9-37. Images polarisées linéairement de la rivière Rouge au Manitoba, acquises en bande C par le radar SIR-C, le 16 avril 1994. (Tiré de Sokol et al).

9.4.3.3 Terres humides

On a constaté que l'utilisation d'une imagerie en polarisations multiples permettait d'améliorer la classification des terres humides relativement à l'utilisation de données de radars monocanaux. Il est possible de confondre deux classes dans des images d'une polarisation particulière, alors qu'on peut les distinguer dans des images en polarisations différentes. C'est particulièrement vrai des terres humides où se trouve un mélange de plantes verticales telles que des laiches, des joncs et des herbes, parmi lesquels s'intercalent des arbustes et des arbres, dont les composantes végétales ont une répartition plus aléatoire.

La figure 9-38 présente un exemple d'une image C-RSO d'une région de la vallée du fleuve Saint-Laurent, illustrant la classification de plusieurs terres humides.

Figure 9-38a

Figure 9-38a

Figure 9-38b

Figure 9-38b

 

A = Marais
B = Marais boisé
C = Marécage arbustif / herbacé
D = Marais / marécage arbustif
E = Tourbière boisée

Figure 9-38. Image composite en fausses couleurs, acquise à l'aide du radar C-RSO le 1er septembre 1997, illustrant diverses classes de terres humides le long du fleuve Saint-Laurent, en Ontario : rouge : HH; vert : HV; bleu : VV. Avec la permission du CCT.